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Washington durcit le ton, après le camouflet subi par le rejet de la résolution américaine à l’ONU

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Humilié dans sa stratégie de lutte contre le nucléaire iranien, le président américain ne compte pas en rester là. Donald Trump a ainsi affirmé, samedi 15 août, qu’il ne participerait « probablement pas » au sommet sur l’Iran proposé par son homologue russe Vladimir Poutine. « Je pense que nous allons attendre jusqu’à après l’élection », a-t-il dit.

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L’homme fort du Kremlin avait, en effet, appelé vendredi à un sommet des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU avec l’Allemagne et l’Iran sur fond de vives tensions sur une éventuelle prolongation de l’embargo international sur les ventes d’armes à Téhéran. C’est dans cette configuration dite 5+1 qu’avait été négocié et conclu avec l’Iran l’accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015.

Le locataire de la Maison Blanche a, par ailleurs, promis une réponse sous la forme d’un « snapback » la semaine prochaine, un mécanisme qui est en quelque sorte un droit de véto à l’envers, après le camouflet subi par Washington lors du rejet par le Conseil de sécurité d’une résolution visant à prolonger l’embargo.

Des sanctions envisagées

L’embargo contre les ventes d’armes à Téhéran arrive à expiration le 18 octobre, selon les termes de la résolution qui a approuvé l’accord international sur le nucléaire iranien.

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Washington, qui s’est retiré unilatéralement de cet accord en mai 2018 et a imposé de lourdes sanctions à l’Iran, cherche à prolonger cet embargo sur les ventes d’armes conventionnelles à Téhéran.

L’hypothèse d’un « snapback » américain suppose que soit préalablement validé un argument contesté, selon lequel les Etats-Unis sont toujours des « participants » de l’accord nucléaire, et qu’ils peuvent donc forcer un retour des sanctions s’ils constatent des violations des engagements iraniens.

Le Monde avec AFP

via LeMonde

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Afrique

« L’Algérie s’est enfermée depuis 1962 dans une mémoire nationaliste »

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Une banderolle déployée à Bejaïa, le 26 mars 2019, lors d’une manifestation contre le président Abdelaziz Bouteflika.

Guy Pervillé est un historien spécialiste de la guerre d’Algérie, professeur émérite d’histoire contemporaine (retraité de l’université de Toulouse-Le Mirail depuis 2011). Il est notamment l’auteur d’une Histoire iconoclaste de la guerre d’Algérie et de sa mémoire (éd. Vendémiaire, 2018). Dans un entretien au Monde Afrique, il exprime son « scepticisme » quant aux perspectives d’une réconciliation mémorielle franco-algérienne, en raison de la « repentance » exigée de la France par le gouvernement algérien.

Comment voyez-vous le processus de réconciliation mémorielle que tentent d’amorcer les présidents Macron et Tebboune ?

Je suis assez sceptique. La difficulté vient de ce que l’Algérie s’est enfermée depuis l’indépendance dans une mémoire officielle qui prolonge la mémoire du parti nationaliste, celle du Front de libération nationale (FLN), conçue en temps de guerre. Il s’agit en quelque sorte de la continuation de la guerre par d’autres moyens. Je ne vois toujours pas le moindre signe d’un apaisement fondamental des relations franco-algériennes à propos de la mémoire de la guerre d’indépendance.

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Vous considérez que l’attitude de l’Algérie en matière mémorielle est guidée par la revendication de « repentance » adressée à la France. Quand cette revendication est-elle apparue ? Et peut-on réduire la position algérienne à cette requête ?

Cette revendication est apparue dans sa forme explicite lors de la création en mai 1990 de la Fondation du 8 mai 45, qui visait à commémorer la répression des manifestations du 8 mai 1945 [dans la région de Sétif]. Les statuts de cette fondation comportaient la revendication de reconnaissance par la France que sa répression a été un crime contre l’humanité et non pas un crime de guerre. Le gouvernement l’a adoptée en 1995 dans le contexte de tensions bilatérales croissantes liées à la « décennie noire », la guerre civile entre le pouvoir et les islamistes. A l’époque, Alger avait demandé à Paris de le soutenir politiquement dans sa lutte contre le péril islamiste. Or le gouvernement français hésitait, en particulier après l’élection de Jacques Chirac à la présidence, en 1995. Il était partagé entre le soutien inconditionnel au gouvernement algérien et l’encouragement à une négociation politique. C’est à ce moment-là qu’apparaît une campagne d’opinion visant à obtenir de la France une repentance pour « les crimes commis contre le peuple algérien ».

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Biden rouvre les portes des Etats Unis à 8 pays africains

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Afrique

ce tableau de Soulages qui fit « vaciller » Léopold Sédar Senghor

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Avec ses jeux de glacis, de transparences et de superpositions, c’est une toile classique des années 1950 de Pierre Soulages que la maison de ventes Caen Enchères propose samedi 23 janvier. La particularité de cette œuvre, estimée entre 800 000 et 1 million d’euros, est surtout sa provenance, puisqu’elle fut la propriété du poète-président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Ce tableau, en effet, a longtemps été accroché dans son bureau, d’abord à Paris puis dans son manoir de Verson, en Normandie, où il s’était retiré après avoir quitté le pouvoir. Sa femme, Colette, en hérita à sa mort en 2001, avant de le léguer elle-même à sa sœur à son décès, en 2019.

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C’est Georges Pompidou, camarade de prépa au lycée Louis-le-Grand, qui, le premier, initia Léopold Sédar Senghor à l’art de son époque. La légende ne dit pas s’il lui a présenté Pierre Soulages, dont il accrochera quelques années plus tard un tableau dans son bureau de Matignon. Toujours est-il qu’en décembre 1956, Senghor achète cette toile directement à l’artiste.

« La première fois que je vis un tableau de Soulages, ce fut un choc », écrit-il deux ans plus tard dans Les Lettres nouvelles : « Je reçus au creux de l’estomac un coup qui me fit vaciller, comme le boxeur touché qui soudain s’abîme. C’est exactement l’impression que j’avais éprouvée à la première vue du masque Dan. »

« L’expression la plus haute de la peinture pure »

Ce tableau, « chacun y lit ce qu’il veut, un idéogramme, un homme debout, un christ ou un totem », commente Agnès Sevestre-Barbé, experte de la vente. Le linguiste Pierre Encrevé dira de cette toile, comme des trois autres reprenant cette dense organisation de touches en bloc, qu’elles « affrontent de leur force d’imposition son regard comme pour en susciter un retour ».

Le chantre de la négritude ressent vite une affinité avec le maître du noir, en qui il croit déceler « un tempérament riche et généreux, un homme du XXe siècle, qui porte en lui le sens tragique de notre destin », un artiste qui, sans ignorer l’âme, « lui enlève ses vêtements d’emprunt, les niaiseries sentimentales, pour lui rendre la spiritualité ». En 1960, dans les Cahiers du musée de poche, Senghor va jusqu’à saluer en lui le « poète des temps nouveaux », qui a rempli sa mission de « nous divertir de la monotonie mortelle de la prose quotidienne ».

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Cette admiration au long cours culmine en 1974 avec l’organisation d’une exposition au Musée dynamique de Dakar. L’institution construite huit ans plus tôt avait pour vocation de montrer à la fois les arts classiques d’Afrique et l’art moderne international – Chagall et Picasso y précédèrent Soulages.

Lors de l’inauguration, où il se fait l’exégète précis de son travail, Senghor vante « l’expression la plus haute de la peinture pure », dont il espère qu’elle serve de modèle aux jeunes peintres sénégalais. « En effet, poursuit-il, nous n’avons jamais eu l’intention de les enfermer dans un ghetto culturel noir ; mais s’ils se laissent influencer, nous voulons que ce soit par des artistes dont l’art ait des affinités avec l’art nègre. »



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