Mickaël Harpon, qui a tué quatre fonctionnaires de la Préfecture de police de Paris, le 3 octobre, fréquentait la mosquée de la Fauconnière, dont l’un des imams est controversé.

Par Publié aujourd’hui à 06h10, mis à jour à 06h30

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Hassan El Houari est un imam accablé. Par les soupçons qui pèsent sur lui et la communauté musulmane de Gonesse (Val-d’Oise) ; par les accusations de radicalisation dont son collègue Ahmed Hilali est la cible. Depuis que Mickaël Harpon a tué quatre fonctionnaires au sein de la Préfecture de police de Paris, le jeudi 3 octobre, la mosquée de la Fauconnière et ses imams font l’objet de toutes les spéculations. Et particulièrement Ahmed Hilali, 35 ans. De nationalité marocaine, l’homme est accusé d’être suivi par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de prêcher un islam salafiste qui aurait pu influencer l’agent de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

Marié et père de deux enfants, c’est lui qui officie depuis le 1er avril 2017 pour les cinq prières quotidiennes, du dimanche au jeudi. Des prières auxquelles assistait régulièrement Mickaël Harpon, parfois à deux reprises en une journée, le matin et le soir. « Je le voyais, mais il était très discret, je ne lui ai jamais parlé, je ne savais rien de lui, je ne connaissais ni son nom, ni sa profession », assure Ahmed Hilali, en préparant un café traditionnel dans la cuisine de la mosquée.

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Contrairement aux informations qui ont circulé, M. Hilali n’a jamais été l’imam principal de la mosquée et n’a jamais prêché, ni le vendredi, ni les autres jours. Du moins, pas à Gonesse. Il ne fait que diriger les prières. « C’est moi qui prêche tous les vendredis depuis 2015, c’est moi qui fixe les lignes du discours de la mosquée, et je ne connais ni les Frères musulmans ni les salafistes, tonne Hassan El Houari, 46 ans, également originaire du Maroc mais naturalisé français en 2005. Je ne peux pas être naïf à ce point-là ! Je m’en serais rendu compte si c’était un intégriste. »

« Je ne prêche pas la haine »

Ahmed Hilali a bien dirigé les prêches d’une mosquée à Sarcelles, en revanche. Pendant trois ans. Une collaboration qui a mal tourné. Il a été renvoyé. Motif ? « Il arrive avec l’apparence d’un ange puis petit à petit, il dresse tout le monde les uns contre les autres, raconte un fidèle de Sarcelles. Il sème le trouble, divise, souffle sur les braises – en parlant des juifs notamment – et remplit la mosquée de mauvaises personnes. Il est un mélange de voyou et de radicalisé. » La communauté a été jusqu’à envoyer un émissaire dans son village d’origine, au Maroc, pour enquêter sur lui. « C’est tout sauf un imam ! Il n’a aucune formation ni aucune légitimité », poursuit le fidèle.

LeMonde.fr

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