Une agence américaine confirme que le mois de juillet 2019 a été le plus chaud jamais observé

    Une agence américaine a rendu, son bulletin mensuel et conclut que le mois, marqué par une forte canicule sur l’Europe, surpasse de 0,95 °C la moyenne du XXe siècle.

    Par Publié aujourd’hui à 20h05

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    INA FASSBENDER / AFP

    Le mois de juillet 2019 a été le mois de juillet le plus chaud observé depuis les premiers relevés systématiques de températures, à la fin du XIXe siècle. Et certainement depuis beaucoup plus longtemps. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a publié, jeudi 15 août, son compte rendu mensuel des températures terrestres et indique que juillet 2019 a surpassé de 0,95 °C la moyenne des mois de juillet relevée sur le XXe siècle et se situe à quelque 1,2 °C au-dessus des mois de juillet de l’ère préindustrielle. C’est le vingt-troisième mois de juillet consécutif à être plus chaud que la moyenne, conséquence de la tendance lourde au réchauffement provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre.

    « La majeure partie de la planète a connu une chaleur sans précédent en juillet, les températures ayant atteint de nouveaux sommets au cours de ce mois, le plus chaud jamais enregistré », résume le bulletin de l’agence fédérale américaine. Ses chiffres confirment ceux du service européen de surveillance satellite Copernicus, rendus publics début août. Quant au précédent record, tenu par juillet 2016, il est battu d’une fraction de degré. Une situation d’autant plus notable qu’El Niño – un phénomène naturel périodique qui voit le Pacifique se réchauffer pendant quelques mois – n’est pas actif.

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    Records de chaleur en Europe

    La canicule qui a touché l’Europe à la fin du mois a fait tomber les records. La NOAA rappelle dans son bulletin que le 25 juillet a vu la température grimper à 42,6 °C à Paris, bien au-dessus du dernier record enregistré à cette période. Le 28 juillet 1947, le mercure n’était monté « qu’à » 40,4 °C dans la capitale française. De même, note la NOAA, « la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas ont établi de nouveaux records ». En Allemagne, notamment, le mercure a franchi les 42,5 °C et aux Pays-Bas, la température a franchi pour la première fois – toutes saisons confondues – la barre des 40 °C. Records battus également en Norvège et en Suède, où des stations situées au-delà du cercle polaire ont enregistré des températures frôlant les 35 °C.

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    Cependant, en dépit de cette vague caniculaire qui s’est abattue fin juillet sur une part de l’Europe occidentale, le mois a été loin du record de juillet 2018. Restreint au Vieux continent, juillet 2019 n’a été que le treizième mois de juillet le plus chaud jusqu’à présent enregistré. Au contraire, en Alaska et sur l’ensemble du continent africain, juillet 2019 a été inédit. En Afrique, notamment, le record de 2015 est largement battu – avec un écart de 1,65 °C à la moyenne – et les quatre mois de juillet les plus chauds ont été mesurés au cours des cinq dernières années.

    Au niveau mondial, selon la NOAA, la période couvrant les sept premiers mois de l’année en cours est la deuxième période comparable la plus chaude enregistrée après 2016, à 1,09 °C au-dessus de la moyenne du XXe siècle.

    Sécheresses, incendies et fonte des glaces

    Très variables, les précipitations ont été inférieures, voire très inférieures, à la moyenne sur une grande part de l’Europe occidentale – dont la France –, mais aussi sur une grande part de la Sibérie, l’Argentine, l’Afrique australe, la presque totalité de l’Australie et le centre des Etats-Unis. Combinée aux températures élevées, la sécheresse accentue le risque d’incendie, comme ceux qui continuent à ravager plusieurs millions d’hectares du grand nord russe, ou encore la Grèce.

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    L’effet de ces températures exceptionnelles se reflète aussi dans la très faible étendue des glaces de mers, des rives du continent blanc au sud, à l’océan Arctique au nord. Sur le mois de juillet, la banquise antarctique couvrait une superficie de 15,3 millions de km2 inférieure de plus de 4 % à la moyenne observée entre 1981 et 2010. Au nord, l’effondrement de la glace de mer est plus marqué encore. La banquise arctique a ainsi couvert une superficie de 7,6 millions de km2 inférieure de presque 20 % à la moyenne relevée entre 1981 et 2010.

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    Au total, jamais la somme des surfaces de mer glacées n’a été si faible un mois de juillet depuis qu’elles sont observées, inférieures d’environ 10 % à la moyenne. Si la tendance en cours se poursuit dans l’Arctique, le minimum estival annuel de surface de banquise – atteint chaque année vers la mi-septembre – pourrait se situer sous le niveau record de 2012. Les chercheurs en sciences du climat observent les variations de la banquise avec grande attention : lorsqu’elle se rétracte, elle modifie considérablement l’apport d’énergie dans l’océan, en cessant de réfléchir le rayonnement solaire. Sans cette « climatisation » planétaire offerte par ces grandes étendues blanches des pôles, les températures pourraient grimper plus vite encore qu’elles ne le font.

    Mois après mois, record après record, la perspective de maintenir l’élévation de la température moyenne terrestre sous la barre des 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, s’éloigne irrémédiablement.

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