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Un retour de cas de polio en Afrique lié à une souche vaccinale alimente le complotisme anti-Bill Gates

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Fin août, l’Organisation mondiale de la santé annonçait que le poliovirus sauvage (PVS), agent pathogène responsable de la polio, avait été éradiqué d’Afrique après quatre années consécutives sans cas déclaré. Quelques jours plus tard pourtant, treize cas étaient rapportés au Soudan. Selon certaines publications sur les réseaux sociaux, c’est le vaccin lui-même qui serait responsable de ces nouveaux cas. Ces articles font références à des conséquences avérées du programme de vaccination, mais occultent un fait essentiel : ce même vaccin a permis de réduire le nombre de cas de polio de plus de 99 %. Explications.

Ce que disent ces publications :

« Alors que des organisations internationales comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se vantent régulièrement d’avoir soi-disant éradiqué la polio grâce aux vaccins, il semble que ce soit le contraire qui se produise (…) car de nombreux enfants sont paralysés par une souche mortelle de l’agent pathogène dérivé d’un vaccin actif », avance un texte repris sur de très nombreux sites comme Guyboulianne, Aubedigitale ou Wikistrike, qui estime qu’il s’agit de « l’un des plus grands scandales en matière de santé publique ».

Captures d'écran prises le 11/09/20

DU VRAI ET DU FAUX

  • Souche sauvage et souche vaccinale

Le 25 août, l’OMS a annoncé l’éradication de la poliomyélite de souche « sauvage » du continent africain, en concluant : « Avec cette étape historique, cinq des six régions de l’OMS – représentant plus de 90 % de la population mondiale – sont désormais exemptes du poliovirus sauvage, rapprochant le monde de l’éradication mondiale de la poliomyélite» L’information a été reprise par de nombreux sites d’information qui ont parfois omis de préciser que des dérivés de souche vaccinale de la maladie continuent de circuler en Afrique.

Dans le communiqué cité par la publication, l’OMS explique que des cas de polio contractés à cause de virus de type 2 dérivés d’une souche vaccinale (PVDVc2) ont été détectés le 9 août au Soudan. Les autorités sanitaires du pays ont notamment signalé deux cas de paralysie aiguë sur de très jeunes enfants ayant été vaccinés.

  • Qu’est-ce qu’une souche vaccinale de polio ?

« Ces souches [vaccinales] émergent parfois dans des zones où la population n’est pas très bien immunisée, à cause de l’utilisation du vaccin oral (VPO). C’est très rare, mais ça arrive », explique au Monde Oliver Rosenbauer, porte-parole du programme d’éradication de la poliomyélite pour l’OMS.

La maladie était répandue partout dans le monde, jusqu’à la découverte d’un vaccin dans les années 1950

La poliomyélite est une maladie infectieuse très contagieuse, qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans. Elle est provoquée par le poliovirus, qui envahit le système nerveux et peut entraîner des paralysies irréversibles. Il n’existe pas de traitement et entre 5 % et 10 % des malades paralysés en meurent. La maladie était répandue partout dans le monde, jusqu’à la découverte d’un vaccin dans les années 1950. Il existe actuellement deux types de vaccins :

– le vaccin poliomyélitique inactivé injectable (VPI) nécessite plusieurs injections et des rappels réguliers. C’est pourquoi son coût a longtemps limité sa diffusion à certains pays développés, comme la France ;

– le vaccin poliomyélitique oral (VPO), moins cher, a la particularité d’être administré sans injection et interrompt la transmission de personne à personne, « ce qui explique qu’il ait été jusqu’à maintenant l’outil privilégié du programme d’éradication », souligne l’Institut Pasteur.

Le VPO contient une forme atténuée du poliovirus qui se réplique dans l’intestin de l’enfant vacciné pendant une période limitée, et permet de développer une immunité, explique l’OMS. Dans les zones où l’assainissement est insuffisant, ces virus vaccinaux affaiblis peuvent se propager une fois excrétés et ainsi protéger d’autres enfants par le biais de « l’immunité passive », avant de s’éteindre.

Cependant, ces virus affaiblis peuvent aussi continuer à circuler et muter dans de très rares cas, lorsque des populations ont une très faible immunité : « le virus acquiert, par mutation, la capacité de provoquer une paralysie » devenant alors ce qu’on appelle un « poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale (PVDVc) », précise l’OMS. C’est le cas du virus détecté le 9 août au Soudan. Pour l’année 2019, 195 cas de virus liés à des souches dérivées ont ainsi été notifiés selon les données de l’organisation.

Capture d'écran réalisée sur le site de l'OMS le 14/09/20

Ce risque est toutefois très limité, et ne vient pas du vaccin lui-même, car une population avec une « bonne couverture vaccinale » est protégée à la fois contre les poliovirus sauvages et ceux dérivés de souches vaccinales, précise Oliver Rosenbauer. C’est ce qu’il appelle le « paradoxe du VPO » : « le seul moyen d’arrêter cette souche est de faire une campagne de vaccination de VPO ».

  • 99 % de cas de poliomyélite en moins depuis 1988

Ces cas de mutation du virus ne sont pas nouveaux. « La première fois qu’on a observé des souches dérivées du vaccin c’était en 1999, sur l’île d’Hispaniola », explique M. Rosenbauer, qui précise qu’il y a eu de « nombreuses flambées depuis ». 

Cela a conduit l’OMS à publier dès 2002 un document dans lequel elle évoque un risque « dans un cas pour trois millions de doses environ – que le VPO entraîne une paralysie soit chez l’enfant vacciné soit chez un contact proche ». L’OMS ne cherche donc pas à passer sous silence ces contaminations liées à des mutations post-vaccinales, contrairement à ce que laisse entendre le texte diffusé sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, il est trompeur de dire que le VPO serait un vecteur majeur d’épidémie, car c’est précisément ce vaccin qui a largement contribué à réduire le nombre de cas de poliomyélite de plus de 99 % depuis 1988. « Avant, il y avait chaque année 50 000 enfants paralysés en Afrique à cause du poliovirus sauvage et personne ne posait de questions sur deux cents cas dus à des souches dérivées, mais comme aujourd’hui il n’y a plus de poliovirus sauvage, les seuls enfants qu’on voit paralysés sont de sources dérivées », explique le porte-parole du programme d’éradication.

L’OMS assure que le VPO aurait « permis à au moins cinq millions d’enfants d’échapper à une paralysie permanente »

L’OMS, qualifie le VPO de vaccin « sûr et efficace » et assure qu’il aurait « permis à au moins cinq millions d’enfants d’échapper à une paralysie permanente ». Elle ajoute que la poliomyélite représente pour les enfants un risque « bien supérieur » à celui associé au vaccin antipoliomyélite. Toutefois, Olivier Rosenbauer reconnaît que ces mutations posent problème : « Notre but, c’est d’éradiquer tous les poliovirus, mais c’est un processus en étapes. Il faut d’abord éliminer la souche sauvage, parce que c’est la plus dangereuse, et le seul moyen pour le faire c’est en utilisant le VPO. Après ça, il faudra arrêter d’utiliser ce vaccin », estime-t-il.

L’OMS mise sur le développement d’un nouveau vaccin, plus stable génétiquement, le nVPO2, pour réduire le risque de mutations pouvant entraîner des paralysies. Deux cents millions de doses devraient être prêtes « d’ici à la fin 2020 », selon le Global Polio Eradication Initiative (GPEI), une instance mondiale chargée de la lutte contre la polio.

  • Un vaccin financé par Bill Gates ?

Par ailleurs, le texte viral assure que « les organismes de santé internationaux ont accidentellement réintroduit la maladie au Pakistan » et « en Afghanistan » avec ces souches vaccinales de la maladie. C’est faux, car ces deux pays n’ont jamais éradiqué le poliovirus sauvage en premier lieu.

Autre affirmation : « Le vaccin oral contre la polio est distribué à la population africaine par (…) un consortium qui est soutenu et financé par la Fondation Bill et Melinda Gates ». Cette fois, c’est vrai : la Fondation Bill et Melinda Gates est effectivement l’un des contributeurs du GPEI. Mais ce programme est financé par de nombreuses autres organisations, comme l’OMS, l’Unicef, l’organisation humanitaire Rotary International et plusieurs pays. Notons enfin que le vaccin oral, le VPO, est utilisé depuis 1964, alors que la Fondation Gates n’a été créée qu’en 2000.



Via LeMonde Afrique

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le premier ministre et le gouvernement ont démissionné

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Un changement politique était attendu au Togo depuis que Faure Gnassingbé a été réélu en février à la présidence pour un quatrième mandat, mais ce changement a été retardé par la pandémie due au nouveau coronavirus.

Le président togolais a accepté la démission du premier ministre, Komi Sélom Klassou, et de son gouvernement, annonce, vendredi 25 septembre au soir, un communiqué publié sur le site officiel de la présidence. « Le chef de l’Etat a félicité le premier ministre et toute l’équipe gouvernementale pour les efforts engagés sur le plan économique, politique et social ainsi que les résultats encourageants obtenus malgré le contexte difficile marqué par la crise sanitaire que traverse actuellement le monde entier », déclare le communiqué.

M. Klassou était premier ministre depuis 2015. Faure Gnassingbé « a remercié le chef du gouvernement pour son sens élevé du devoir et l’a chargé d’expédier les affaires courantes », précise le communiqué de la présidence.

Economie frappée par la pandémie

La victoire de Faure Gnassingbé à l’élection présidentielle a été acquise après un amendement de la Constitution qui lui a permis d’être de nouveau candidat. Faure Gnassingbé a été déclaré vainqueur au premier tour du scrutin du 22 février avec 70,78 % des suffrages devant Agbéyomé Kodjo (19,46 %). L’opposition a dénoncé des bourrages d’urnes, des procès-verbaux présignés et des reports de résultats falsifiés.

La famille Gnassingbé dirige depuis plus d’un demi-siècle ce pays d’Afrique occidentale. Faure Gnassingbé préside le Togo, un pays de huit millions d’habitants, depuis 2005, date à laquelle il a succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, décédé, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant trente-huit ans.

Lire aussi Au Togo, Faure Gnassingbé investi président, l’opposition continue à contester l’élection

L’économie du Togo a été frappée par la pandémie de Covid-19, les autorités ayant imposé des restrictions pour limiter la propagation du coronavirus. A ce jour, 1 722 cas de contamination et 44 décès dus au virus ont été enregistrés au Togo.

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Le Monde avec AFP



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le Soudan dit avoir réuni les indemnités

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Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, à Khartoum, le 21 août 2020.

Le Soudan a affirmé avoir réuni le montant des indemnités réclamées par Washington dans le cadre d’un accord sur l’indemnisation des familles des victimes américaines d’attentats perpétrés en 1998 contre des ambassades des Etats-Unis en Afrique.

« La promulgation par le Congrès américain de la loi immunisant le Soudan de toutes poursuites ultérieures est le seul point encore en suspens avant la mise en application de l’accord sur le paiement des indemnités » aux familles des victimes, a indiqué mercredi 23 septembre le premier ministre, Abdallah Hamdok, cité par l’agence officielle Suna. Des médias américains ont évoqué le montant total de 335 millions de dollars d’indemnités (environ 287 millions d’euros).

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Avec cet accord, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie soudanaise, Omer Gamareldin Ismail, en déplacement à Genève, le Soudan pourra plus facilement dire aux Etats-Unis : « Retirez-nous de la liste des Etats soutenant le terrorisme et allons de l’avant. » Cette sanction, synonyme d’entrave aux investissements pour le Soudan, remonte à 1993 : le pays dirigé par Omar al-Bachir était alors devenu un paria pour avoir accueilli le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden.

Course contre la montre

La crise s’est envenimée quand deux attentats revendiqués par Al-Qaïda ont été perpétrés en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, faisant plus de 200 morts. Washington avait alors accusé le Soudan d’avoir appuyé les responsables des attaques et avait exigé des compensations pour les familles des victimes américaines, compensations qui sont un préalable au retrait du pays de la liste noire.

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Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est aujourd’hui engagé dans une course contre la montre pour dénouer le contentieux de son pays avec le Soudan avant l’élection présidentielle aux Etats-Unis, le 3 novembre, et se rapprocher d’un éventuel accord de normalisation avec Israël, le Soudan étant vu comme le prochain pays arabe à pouvoir reconnaître l’Etat hébreu. Son « plan » prévoit le versement par Khartoum, sur un compte bloqué, de fonds qui ne seront versés que sous conditions aux Etats-Unis pour indemniser les plaignants.

Parmi les conditions du Soudan figurent le retrait du pays de la liste noire antiterroriste et l’adoption d’un texte de loi proclamant la « paix légale » avec Khartoum pour écarter le risque de nouvelles poursuites.

Le Monde avec AFP



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à l’approche de la présidentielle, la crainte de « graves menaces sur la paix »

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Des supporteurs du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (« ADO »), à Abidjan, le 19 septembre 2020.

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), organisme public de Côte d’Ivoire, s’est inquiété jeudi 24 septembre de « graves menaces sur la paix sociale » à l’approche de l’élection présidentielle du 31 octobre et a appelé à un « dialogue inclusif », dans un communiqué.

Précisant avoir rencontré ces derniers jours les responsables des principaux partis d’opposition ainsi que du parti au pouvoir, le CNDH exprime sa « vive préoccupation » face à une situation sociopolitique « qui crée assurément les conditions de graves violations des droits de l’homme et fait peser de graves menaces sur la paix sociale » en Côte d’Ivoire.

Lire aussi Présidentielle en Côte d’Ivoire : le représentant de l’ONU appelle à la « retenue »

Alors que de nombreux militants d’opposition et d’ONG ont été arrêtés ces derniers mois, le CNDH, qui est un organe consultatif pour le gouvernement, demande des « mesures pour garantir (…) l’exercice des libertés publiques par l’ensemble des forces politiques de la nation » et appelle à « l’ouverture d’un dialogue pressant et inclusif » pour « trouver des solutions consensuelles durables ». Le CNDH demande aussi « l’ouverture d’enquêtes sur les allégations de violences constitutives de violations des droits de l’homme ».

Quelque 3 000 morts en 2010

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait quelque 3 000 morts. Des violences, dans le sillage de l’annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.

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Une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, qui avait appelé en août à des manifestations contre un troisième mandat du président Ouattara, est incarcérée depuis un mois. Justin Koua, président de la jeunesse de l’opposition FPI (pro-Gbagbo) a été arrêté il y a une semaine sur son lieu de travail à Korhogo (Nord) et transféré quelques jours après dans une prison à Bouaké (centre), a déploré son parti.

Mercredi, une dizaine de proches de l’ancien chef rebelle et ex-premier ministre Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle du 31 octobre n’a pas été retenue par le Conseil constitutionnel, ont été libérés après neuf mois de prison.

Le Monde avec AFP



Via LeMonde Afrique

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