Il s’agit d’une « mauvaise idée », pour le président américain. Les sénateurs, vent debout contre le lâchage des Kurdes, ont annoncé des sanctions « de grande ampleur » contre Ankara.

Par Publié aujourd’hui à 04h29, mis à jour à 04h32

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Donald Trump, à la Maison Blanche, à Washington, le 9 octobre.
Donald Trump, à la Maison Blanche, à Washington, le 9 octobre. JONATHAN ERNST / REUTERS

Donald Trump a commenté en observateur l’offensive turque contre le nord est de la Syrie, un territoire contrôlé jusqu’à présent par des forces kurdes alliées des Etats-Unis dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI). Après avoir facilité cette offensive en ordonnant le retrait de forces spéciales américaines déployées le long de la frontière à la suite d’un échange téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, le 7 octobre, le président des Etats-Unis s’est borné à la qualifier de « mauvaise idée » dans un communiqué, publié en début d’après-midi.

« Dès le premier jour de mon entrée dans l’arène politique, j’ai clairement indiqué que je ne voulais pas mener ces guerres sans fin et sans objectifs, en particulier celles qui ne profitent pas aux Etats-Unis », a assuré le président. « La Turquie s’est engagée à protéger les civils, les minorités religieuses, y compris les chrétiens, et à veiller à ce qu’aucune crise humanitaire ne se produise, et nous les tiendrons comptables de cet engagement », a-t-il ajouté avant d’estimer qu’« il incombe désormais à la Turquie de veiller à ce que tous les combattants de l’EI détenus en captivité restent en prison et à ce que l’EI ne se reconstitue en aucune manière ».

Un peu plus tard dans l’après-midi, Donald Trump a estimé que sa tâche de président « la plus difficile » était d’annoncer la mort de soldats à leurs familles, avant de prendre ses distances d’une étrange manière avec les alliés kurdes des Etats-Unis.

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Les Kurdes « ne nous ont pas aidés avec la Normandie »

Le président a d’abord estimé qu’« ils combattent pour leur terre », sous-entendant que Washington n’a pas à se mêler d’un affrontement jugé séculaire. Puis il s’est fait historien en s’appuyant sur un article publié par un chroniqueur conservateur, Kurt Schlichter sur le site Townhall. « Ils ne nous ont pas aidés pendant la seconde guerre mondiale. Ils ne nous ont pas aidés avec la Normandie, par exemple », a-t-il avancé, avant d’ajouter qu’« en plus de cela, nous avons dépensé des sommes considérables pour [les] aider, en termes de munitions, d’armes, d’argent, de salaires ». « Cela dit, nous aimons les Kurdes », a ajouté Donald Trump.

LeMonde.fr

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