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Sur les îles Canaries, les arrivées massives de migrants africains font craindre l’apparition d’une « nouvelle Lesbos »

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Une pirogue sur laquelle sont arrivés quarante-quatre migrants d’Afrique subsaharienne, sur la plage de Mas Palomas, dans l’île de Grande Canarie, au début de novembre.

Un port transformé en campement de fortune, des migrants transférés de manière précipitée dans des hôtels ou d’anciennes installations militaires : depuis le début de l’année, plus de 16 700 migrants africains sont arrivés illégalement sur les côtes des îles Canaries.

Débordée par ces arrivées, l’Espagne a activé sa diplomatie : vendredi 20 novembre, le ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, doit se rendre à Rabat, au Maroc, avant une visite au Sénégal de la ministre des affaires étrangères, Arancha Gonzales, samedi.

L’archipel de l’océan Atlantique, situé au large des côtes nord-ouest du continent africain, connaît en 2020 une immigration onze fois supérieure aux niveaux atteints en 2019. Selon le gouvernement régional des Canaries, au moins cinq cents personnes ont péri durant ces tentatives de traversée extrêmement dangereuses, les côtes africaines les plus proches se trouvant à plus d’une centaine de kilomètres.

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La crise est centrée actuellement sur Arguineguin, un petit port de l’île de Grande Canarie, l’une des sept îles de l’archipel. Depuis plusieurs jours, ce port abrite environ deux mille migrants, dans des tentes de campagne, où ils sont testés contre le Covid-19. Et si de l’eau et de la nourriture leur sont fournies, les conditions de vie sur place sont dénoncées par plusieurs organisations humanitaires.

  • Quelles sont les causes de cette nouvelle crise migratoire ?

La brusque accélération du nombre de traversées est « plus ou moins » équivalente à celle de l’année 2006, quand 30 000 migrants étaient arrivés aux Canaries en quelques mois, selon l’estimation d’un porte-parole de la Croix-Rouge à l’Agence France-Presse (AFP).

« Beaucoup fuient les persécutions et la violence dans la région du Sahel ou en Côte-d’Ivoire, tandis que d’autres partent en raison de l’extrême pauvreté, ont estimé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) dans un communiqué commun, le 16 novembre. Les conséquences de la pandémie de Covid-19, l’insécurité alimentaire et le changement climatique sont parmi les autres facteurs à l’origine de cet exode. »

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Depuis plusieurs mois, les migrants africains ont aussi préféré la route des Canaries à celles de la Méditerranée, à la suite du renforcement des contrôles frontaliers permis par les accords conclus entre l’Union européenne (UE) avec la Libye, ainsi que la Turquie. La coopération entre l’Espagne et le Maroc sur la surveillance du détroit de Gibraltar a aussi été renforcée en 2019, poussant les réseaux de passeurs à proposer des traversées depuis le littoral du sud du pays, directement orienté vers l’archipel des îles Canaries. « Quand vous fermez une route [migratoire], une autre s’ouvre, plus chère et plus dangereuse », a commenté Judith Sunderland, vice-directrice pour l’Europe de l’organisation Human Rights Watch (HRW).

  • Quels sont les dangers de la traversée vers les Canaries ?

La route des Canaries « est la plus dangereuse, c’est celle où [les migrants] prennent le plus de risques, et il y a donc plus de morts », a déclaré à l’AFP le préfet de l’archipel, Anselmo Pestana. « Ils peuvent mettre quarante-huit heures ou plus d’une semaine, avec une mer traîtresse, des vents qui tournent et peuvent transformer les nuits en un véritable enfer », précise à l’agence Txema Santana, membre de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés, une organisation non gouvernementale (ONG) locale.

Les moyens de transports gérés par les réseaux de passeurs consistent en de longues pirogues en bois, fragiles et surchargées pour de tels trajets : une vingtaine d’opérations de secours menées en seulement vingt-quatre heures, entre le 18 et 19 novembre, ont permis de sauver 630 migrants, selon les chiffres de Salvamento Maritimo, une organisation de secours en mer.

Les nombreuses arrivées d’embarcations sur l’archipel des Canaries, au début de novembre, ont contraint les secouristes à en abandonner certaines en mer une fois les migrants transférés, par manque de temps de les remorquer vers la côte.

Depuis la fin de l’été, les naufrages se multiplient : deux embarcations transportant près de trois cents migrants ont notamment été secourues de justesse, le 26 octobre, après une panne de moteur au large de la Mauritanie. Quelques jours plus tôt, un incendie s’était déclaré à bord d’une pirogue au large de Mbour, à plus de 80 kilomètres au sud-est de Dakar, provoqué par « une explosion du moteur et des fûts de carburant à bord ». L’estimation officielle du nombre de morts est depuis contestée par les familles de disparus dont les corps n’ont pas été retrouvés.

  • Quelle est la réponse des autorités ?

« Nous n’allons pas transformer les Canaries en une nouvelle Lesbos », a assuré lundi le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, en référence à l’emblématique île grecque, porte de l’Union européenne (UE) dont les camps sont submergés et avec des conditions de vie dénoncées par de nombreuses organisations internationales. Vendredi, celui-ci doit se rendre en visite à Rabat et rencontrer les autorités « pour renforcer la collaboration et travailler de manière conjointe (…) pour éviter ces départs » de migrants, a détaillé la ministre de la politique territoriale espagnole, Carolina Darias.

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Pour Madrid, empêcher une saturation des capacités d’accueil de l’archipel passe par l’accentuation d’une « politique de retour » déjà engagée depuis plusieurs années : à peine arrivés sur l’île, les migrants auxquels il est adressé un ordre d’expulsion sont le plus rapidement raccompagnés en avion vers leur pays d’origine. Une stratégie soutenue par la Commission européenne, qui plaide pour « augmenter les retours » des migrants « qui n’ont pas besoin de protection internationale », a expliqué sa commissaire aux affaires intérieures, la Suédoise Ylva Johansson, en visite la semaine dernière dans les Canaries.

L’une des responsables de l’ONG Amnesty International en Espagne, Virginia Alvarez, a déploré, mercredi 18 novembre, des mesures prises trop tardivement alors que les premières alertes avaient été lancées « dès septembre ». L’organisation humanitaire a également demandé que le droit d’asile soit garanti aux migrants remplissant les conditions et qu’une aide juridique soit proposée à ceux risquant l’expulsion. Mme Carolina Darias a, de son côté, annoncé vouloir renforcer les moyens de surveillance maritimes et aériens, en détachant plusieurs navires, un sous-marin, un avion et un hélicoptère entre les Canaries et l’Afrique.

Le Monde avec AFP



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L’Afrique, l’autre continent de la bande dessinée

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L’affiche du festival de bande dessinée Bilili à Brazzaville, au Congo, conçue par l’artiste sénégalais Juni Ba.

Quand Joëlle Epée M., alias Eylon’s, lance en 2016 le festival de bande dessinée Bilili à Brazzaville, au Congo, elle rêve déjà d’« un hub de rencontres entre le public, les auteurs et les éditeurs ». Mais, prudente, elle s’en donne le temps. Avec près de 5 000 visiteurs en 2019, contre 300 la première année, la jeune autrice camerounaise tient son pari.

A l’occasion de la cinquième édition qui démarre mardi 1er décembre, la célèbre maison d’édition belge Dupuis dévoilera les noms des quinze auteurs africains qu’elle avait recrutés en 2019 sur Bilili (« Images » en lingala) pour le lancement de sa nouvelle Webtoon Africa. Et Joëlle Epée M. d’espérer que ce précédent donne de l’espoir aux auteurs africains, « qu’ils se disent qu’ils peuvent vivre de leur métier, être crédibles dans leur pays et que l’exode n’est pas l’issue ».

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L’éditeur congolais Dan Bomboko le martèle d’ailleurs : « La bande dessinée fait partie de notre culture générale. » Des générations de bambins d’une quarantaine de pays africains ont été biberonnées au magazine Kouakou qui, trente ans durant, a concilié divertissement et pédagogie « sans manichéisme ni misérabilisme », précise l’historien de la BD Christophe Cassiau-Haurie.

Tous ont également dévoré les aventures de Tintin et Lucky Luke, les mangas japonais comme les éditions Marvel importés sur le continent. Certains auteurs ont su tracer leur route en Europe, à l’instar de Barly Baruti, mentor de la scène congolaise publié chez Glénat, ou de la Franco-Ivoirienne Marguerite Abouet, dont la saga en six tomes d’Aya de Yopougon, réalisée avec le dessinateur Clément Oubrerie, s’est écoulée à 710 000 exemplaires par Gallimard.

Des registres variés

Dans leur sillage, une nouvelle génération de talents africains commence à prendre ses marques depuis dix ans. Leur style ? « Syncrétique », résume Pierre Lungheretti, directeur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, qui organisera en janvier 2021 une exposition sur le 9art en Afrique. « Ces auteurs ont digéré la ligne claire franco-belge, les mangas et les comics, en apportant leur propre singularité, notamment une exubérance dans le traitement des situations ou des couleurs », ajoute le spécialiste.

Ils se sont tout autant affranchis des récits de sensibilisation financés par les ONG et les gouvernements que de la veine caricaturiste en vogue dans les années 1990. Lorsque, en 2005, Marguerite Abouet s’attelle au premier tome d’Aya de Yopougon, elle a un objectif : « Sortir des images colportées par les médias d’une Afrique qui se meurt ou qui va mal. »

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Même aspiration pour Joëlle Epée M. qui, en 2013, a croqué avec humour la Vie d’Ebène Duta, jeune Camerounaise déracinée en Belgique, échappant aux clichés de « la femme africaine qui a des seins et des fesses » ou des migrants clandestins.

Variés, les registres s’étendent aujourd’hui du documentaire, à l’instar de Lucha, chronique d’une révolution sans armes au Congo de la Camerounaise Annick Kamgang, aux contes revisités et à l’afrofuturisme. Une kyrielle de nouveaux super ou antihéros a ainsi vu le jour, avec Scarf, en guerre contre la traite des enfants au Togo, ou le savoureux Delestron, personnage cagoulé qui coupe le courant dans les quartiers d’Abidjan.

Avec les moyens du bord

Plusieurs embûches contrarient toutefois cet élan. A commencer par les difficultés de circulation aussi bien des artistes que des livres. « Avec la poste, on a trois mois d’attente avant de recevoir les livres. Quant aux frais douaniers, ils sont différents selon les pays et parfois très élevés comme au Congo », détaille Dan Bomboko, qui a fondé la maison d’édition Elondja en 2004. Aussi, regrette-t-il, qu’« un livre qui sort à Dakar, mette du temps à être connu à Kinshasa ».

Les possibilités de rencontres sont aussi limitées. Il n’existe en Afrique qu’une dizaine de festivals au long cours comme Fibda à Alger ou Coco Bulles à Abidjan. Si l’édition connaît un vrai boom au Nigeria, à peine une dizaine d’éditeurs sont actifs en Afrique francophone, à l’image d’Elondja ou Ago au Togo. A Madagascar, une seule maison d’édition, Ngah, se maintient, « mais sa ligne éditoriale n’a pas bougé d’un poil en vingt ans », regrette le dessinateur malgache Dwa.

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Faute d’éditeurs, la majorité des auteurs font avec les moyens du bord. « Beaucoup s’autoéditent et ne se débrouillent pas si mal », constate Christophe Cassiau-Haurie. Et de préciser que « ce qui est alternatif en Europe est la norme en Afrique ». Pour publier le premier tome de la Vie d’Ebène Duta, Joëlle Epée a ainsi eu recours au financement participatif, qui lui a permis de lever 15 000 euros.

« Gagner les parents »

Dernier écueil : l’équation complexe entre la qualité, nécessaire pour obéir aux standards internationaux, et le prix bas de diffusion, indispensable pour s’ajuster au pouvoir d’achat en Afrique. « Mes livres sont trop chers pour le marché malgache, regrette Dwa. Je n’en vends pas énormément ici, d’autant que beaucoup associent la BD à un produit gratuit. » Alors pour s’assurer tout de même une diffusion sur le continent, la saga Aya de Yopougon y est distribuée en version souple moins coûteuse que le format cartonné.

Longtemps, Paulin Assem, fondateur de la maison Ago, proposait ses revues en noir et blanc à bas prix, autour d’un euro. Mais lorsqu’il a augmenté la qualité de ses publications, il a dû rehausser ses tarifs, non sans craindre de perdre ses lecteurs en cours de route.

« Les enfants ne pouvaient plus acheter, mais j’ai gagné leurs parents », sourit le jeune entrepreneur, qui ajoute que « la qualité a séduit une bonne partie de la classe moyenne togolaise qui a vu qu’on pouvait ranger les BD à côté d’autres livres dans les bibliothèques ». Quoique vendu à 15 euros, la Vie d’Ebène Duta s’écoule aujourd’hui à 40 % sur le continent.

Pour Dan Bomboko, dont 20 % du chiffre d’affaires s’effectue via les plates-formes numériques et les liseuses, un nouvel horizon se dessine aussi avec le digital. « Rien n’est simple, il faut être motivé et déborder d’idées, reconnaît le vétéran. Mais ça vaut le coup quand je vois la quantité de talents autour de moi. »

Bilili BD Festival, du 1er au 5 décembre, à Brazzaville.

Kubini, les bandes dessinées d’Afrique, du 27 janvier au 26 septembre 2021, Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, www.citebd.org



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le président Kaboré devrait négocier pour former sa majorité

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Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré face à ses partisans, à Ouadougou,  le 26 novembre.

Le parti du président Roch Marc Christian Kaboré, réélu pour un second mandat au Burkina Faso, n’a pas obtenu la majorité législative lors du double scrutin présidentiel et législatif du 22 novembre et devra négocier avec ses alliés et sans doute l’opposition pour obtenir une majorité à l’Assemblée.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est crédité de 56 sièges par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et n’atteint donc pas la majorité absolue qui est de 64 sièges, sur un total de 127.

Le parti de M. Kaboré, élu dès le premier tour de la présidentielle avec 57,87 % des suffrages, pourrait toutefois obtenir cette majorité avec l’aide de partis alliés. Il devrait ainsi faire appel au Nouveau temps pour la démocratie, le parti de l’actuel ministre des transports, Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a obtenu 13 sièges. D’autres petits partis, comme l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS) avec ses 5 sièges, le RPI (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pourraient venir en renfort, mais sans certitudes.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, représente la deuxième force politique avec 20 sièges. Son candidat, Eddie Komboïgo, était arrivé deuxième de la présidentielle, avec 15,48 % des suffrages. L’ex-parti au pouvoir devient ainsi la première formation de l’opposition, en lieu et place de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), de Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

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Arriver à un consensus

Vendredi, le président Kaboré avait annoncé sur Twitter avoir reçu les félicitations des principaux chefs de l’opposition, dont Zéphirin Diabré. Considéré jusque-là comme le chef de l’opposition, M. Diabré est arrivé en troisième position derrière le président Kaboré et Eddie Komboïgo. Ce dernier n’avait pas reconnu le résultat vendredi soir.

La communauté internationale a rencontré des représentants de l’opposition et de la majorité pour arriver à un consensus dans ce pays fragilisé par les attaques djihadistes et une crise économique provoquée par l’insécurité mais aussi le coronavirus.

« Notre classe politique a le devoir de donner le bon exemple, pour le salut du Burkina Faso et des générations futures », avait lancé M. Kaboré lors d’une soirée festive au siège de campagne de son parti.

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Discours rassembleur

Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a tenu un discours rassembleur, lançant des appels du pied à l’opposition.

« Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit, promettant une « concertation permanente » et « d’être le président de tous les Burkinabés, sans exception ».

Les éventuels recours doivent être déposés devant le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’Etat dans les sept jours à compter de l’annonce des résultats. Ces deux institutions doivent proclamer les résultats définitifs dans les quinze jours qui suivent l’expiration du délai imparti pour les recours.

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Pays sahélien pauvre et enclavé de 20,3 millions d’habitants, le Burkina Faso est en proie depuis 2015 à des attaques djihadistes récurrentes qui ont fait au moins 1 200 morts et plus d’un million de déplacés internes. Des pans entiers du territoire échappent au contrôle de l’Etat. Ce sera le principal chantier du second mandat du président Kaboré, réputé consensuel mais qui a aussi été taxé d’immobilisme dans la lutte contre les groupes djihadistes.

Le Monde avec AFP



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au moins 43 agriculteurs tués par Boko Haram

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La ville de Maiduguri se trouve à une dizaine de kilomètres de la rizière où a eu lieu l'attaque de Boko Haram, le 28 novembre 2020.

Au moins 43 agriculteurs ont été tués, samedi 28 novembre, par des djihadistes présumés de Boko Haram dans un champ du nord-est du Nigeria, selon deux responsables d’une milice pro-gouvernement. « Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés, et six personnes gravement blessées », a déclaré Babakura Kolo le responsable de ce groupe d’auto-défense.

Cette attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, au moment où se déroulent samedi les premières élections locales organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram dans cette région en 2009.

« C’est sans aucun doute l’œuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs », a déclaré M. Kolo qui a participé à l’évacuation des victimes. « Soixante ouvriers agricoles ont été engagés pour récolter le riz dans ce champ. Quarante-trois ont été abattus, et six autres blessés », a confirmé à l’AFP un autre milicien, Ibrahim Liman.

22 agriculteurs tués en octobre

Huit agriculteurs sont portés disparus et présumés kidnappés par les djihadistes, a ajouté cette source. Les corps des victimes ont été transférés dans le village de Zabarmari, à deux kilomètres de la rizière. Ils seront enterrés dimanche, a déclaré à l’AFP un habitant, Mala Bunu, qui a pris part aux opérations de secours.

En octobre, les combattants de Boko Haram avaient égorgé 22 agriculteurs qui travaillaient dans des champs situés non loin de Maiduguri dans deux attaques séparées.

Les attaques attribuées à Boko Haram et à la faction dissidente rivale Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ciblent de plus en plus fréquemment des bûcherons, éleveurs et pêcheurs. Ils les accusent d’espionner et de transmettre des informations aux militaires et milices qui combattent les violences jihadistes dans la région.

Plus de 36 000 personnes ont été tuées dans des violences depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, où plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

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Le Monde avec AFP



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