L’écrivain est aujourd’hui l’un des grands noms de la fantasy française. Ses « Lames du cardinal » sont republiées tandis qu’un recueil de nouvelles à plusieurs mains paraît en septembre.

Par Publié aujourd’hui à 16h00, mis à jour à 16h02

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

L’écrivain français de fantasy Pierre Pevel, à la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), en 2016.
L’écrivain français de fantasy Pierre Pevel, à la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), en 2016. Jean-Marc ZAORSKI

« Printemps 1633, Paris dort sous un ciel étoilé. Au Louvre, Richelieu s’affaire. Son dragonnet roulé en boule sur le bureau… » En quelques mots, Pierre Pevel a happé Stéphane Marsan, le fondateur de la maison d’édition Bragelonne, dans les intrigues de cour des Lames du cardinal. « Il m’a raconté son livre comme on décrit une scène de film, se souvient l’éditeur. J’étais fasciné par ses talents de conteur. »

Pourtant, quand Pierre Pevel l’avait approché quelques mois plus tôt – on est en 2003 – avec un projet de roman fantasy de cape et d’épée, il avait ­hésité. « Je lui ai dit : “Je veux écrire une histoire de mousquetaires, avec le cardinal Richelieu et des dragons” », s’amuse l’écrivain nancéien, né en 1968. Aujourd’hui florissante, la fantasy se fraie alors péniblement un chemin sur les étagères des librairies. Et le roman histo­rique piétine.

Lire aussi cette critique d’un des premiers romans de Pierre Pevel, en 2001 : Les ombres de wielstadt, de Pierre Pevel

80 000 exemplaires, 14 traductions et 10 ans plus tard, la trilogie des Lames du cardinal, dont l’intégrale vient d’être rééditée (Bragelonne, 768 p., 10 €), est devenue le canon du genre. « Avant elle, la fantasy historique était assez confidentielle en France », confirme Philippe Auribeau, auteur de la maison. Depuis, Jean-Laurent Del Socorro, Grégory Da Rosa, Fabien Cerutti ou Estelle Faye ont creusé le sillon. « Je voulais utiliser l’imaginaire de la fantasy pour mettre en relief les aspérités historiques de l’époque », explique Pierre Pevel. Minutieux, il a étudié des nuits entières les détails de l’histoire pour écrire une saga certes fantastique, mais crédible. « Pierre a fait une petite erreur sur une salle de la Bastille qui n’existait pas en 1633. Il ne s’en est toujours pas remis », plaisante Stéphane Marsan.

« Je fais partie d’une génération qui a regardé la télé avant de savoir lire », raconte l’auteur

Bercé par les films de cape et d’épée, biberonné aux grands classiques de la fantasy anglo-saxonne comme aux Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas, ce fils d’un colonel de l’armée de l’air, qui a passé une partie de sa jeunesse en Allemagne, mêle les influences dans des romans qui naviguent entre uchronie, steampunk, fantasy historique et roman feuilleton. « C’est ce qui fait sa force. Il séduit le lectorat des romans populaires, de divertissement et de genre », analyse Stéphane Marsan.

Le petit écran a, lui aussi, contribué à forger son imaginaire : « Je fais partie d’une géné­ration qui a regardé la télé avant de savoir lire, raconte-t-il. J’ai vécu mes premières émotions devant le générique de Mission impossible ou des Mystères de l’Ouest. » Adolescent, il collectionne les numéros spéciaux des programmes télé américains pour connaître l’actualité des séries. « Avec Les Lames du cardinal, j’ai voulu adapter les techniques narratives des séries à la littérature. Chaque livre de la trilogie est ainsi divisé en épisodes. »

LeMonde.fr

Auteur

Laisser un commentaire