Lors de la deuxième étape de l’International Swimming League, nouveau circuit privé porté par les stars des bassins, l’Américain Caeleb Dressel a dominé Florent Manaudou sur 50 m nage libre.

Par Publié aujourd’hui à 01h48

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

Les nageurs ont fait leur entrée dans la piscine Felice Scandone de Naples samedi 12 octobre en combinaisons blanches fluorescentes (à gauche).
Les nageurs ont fait leur entrée dans la piscine Felice Scandone de Naples samedi 12 octobre en combinaisons blanches fluorescentes (à gauche). DR/EP

Avec l’esprit un peu tordu, on a failli y détecter une allusion à l’affaire Dupont de Ligonnès. Samedi soir 12 octobre, les nageurs de l’International Swimming League (ISL) ont fait leur entrée dans la piscine Felice Scandone de Naples en combinaisons blanches à capuches façon nettoyeurs de scènes de crime. Sans doute fallait-il plutôt y voir des superhéros futuristes au regard de la stratégie de communication de la dernière-née des compétitions de natation par équipes.

Un circuit privé de sept meetings entre l’Europe et les Etats-Unis, sorti de la tête et surtout de la poche (25 milliards de dollars de budget pour cette saison inaugurale) du milliardaire ukrainien Konstantin Grigorishin. Après une manche inaugurale à Indianapolis les 4 et 5 octobre, le circuit fait étape jusqu’à dimanche dans l’ouest de la cité parthénopéenne, à un jet du San Paolo, le mythique stade du Napoli.

Construite en 1960 mais récemment rénovée, la piscine olympique sans charme extérieur accueille d’ordinaire les équipes napolitaines de water-polo. Sa capacité – 4 500 spectateurs – a été jugée raisonnable pour tester le concept de l’ISL auprès du grand public. Pour l’occasion, les places sont bradées (11 euros). Samedi soir, les deux tribunes en marbre blanc étaient aux trois quarts pleines. Et chaque apparition de la star locale, Federica Pellegrini, déclenchait une ovazione.

« Il y a plus d’ambiance dans le public qu’à Indianapolis, quand les Italiens rentrent ça fait vraiment beaucoup de bruit je trouve ça hyper sympa », apprécie Florent Manaudou, l’un des ambassadeurs de l’ISL.

Un décor « à la Pokémon »

A la manière de la Laver Cup en tennis, compétition-exhibition portée par Roger Federer, les organisateurs de l’ISL jouent la carte du sport-spectacle où l’essentiel est d’abord d’en mettre plein la vue et les oreilles. Des spots et jeux de lumière aveuglants. Derrière les plots de départ, un DJ qui envoie du décibel à vous décrocher le palpitant. Un chauffeur de salle qui joue les intervieweurs après chaque course. Mais contrairement à la Laver Cup, où les sponsors de prestige sont placardés aux quatre coins du court, les sponsors de l’ISL se comptent encore sur les doigts d’une main et leur présence anormalement discrète au bord des bassins. Un décor et des logos à l’esthétique « Pokémon », osa un confrère.

Lire aussi Une « Ligue des champions » pour rendre la natation « sexy » ?

Exit les séries sans fin du matin, au programme, que des finales histoire de ne pas assoupir les (télé) spectateurs et tenter de séduire les diffuseurs (le circuit est retransmis sur Eurosport pour l’Europe et ESPN pour les Etats-Unis). Aux oubliettes donc, les 800 m et 1 500 m. Le format se veut resserré et dense. Au menu : 50, 100 et 200 m de spécialité, 400 m, 200 et 400 m 4 nages, relais 4x100m, 4x100m 4 nages et relais mixtes, ainsi qu’un format inédit, un tournoi de sprint (dit « skins). Le principe ? Huit sprinteurs au départ d’un 50 m NL, les quatre premiers se qualifient pour le deuxième tour, puis les deux premiers du tour suivant se qualifient pour la finale.

LeMonde.fr

Auteur

Laisser un commentaire