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Moctar Ouane, un diplomate de carrière pour conduire le gouvernement de transition au Mali

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Moctar Ouane, alors ministre des affaires étrangères du Mali, à Bamako, en mars 2008.

L’ancien ministre des affaires étrangères Moctar Ouane, 64 ans, désigné dimanche 27 septembre pour diriger le gouvernement de transition au Mali est un diplomate chevronné, jouissant d’une solide réputation internationale mais peu connu dans son pays.

Ce natif de Bidi, dans le centre du pays, actuellement la région la plus touchée par les attaques djihadistes qui, entremêlées à des violences intercommunautaires, ensanglantent le Mali, aura la lourde tâche de le conduire jusqu’à des élections pour rendre le pouvoir aux civils dans les dix-huit mois.

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La nomination d’un civil à ce poste était attendue depuis l’investiture vendredi comme président de transition de N’Bah Daw, un colonel à la retraite et ancien ministre de la défense. Les pays d’Afrique de l’Ouest en ont fait leur principale condition à la levée des sanctions imposées au Mali à la suite du putsch contre le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Après des études à Dakar, où il obtient une licence de droit public puis une maîtrise en relations internationales et administration publique, Moctar Ouane entre en 1982 dans la fonction publique malienne. Il occupe plusieurs postes de responsabilité au sein du gouvernement et devient au début des années 1990 conseiller diplomatique du chef de l’Etat.

« Une grande finesse d’analyse »

Après de nouvelles études à l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Paris, il part à New York de 1995 à 2002, en tant que représentant du Mali auprès des Nations unies.

L’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Jean-Marc Châtaigner, en poste à l’époque à la mission permanente de la France auprès de l’ONU se souvient sur Twitter « d’avoir étroitement travaillé à New York sur plusieurs crises africaines avec Moctar Ouane et son équipe », saluant « un diplomate d’une grande finesse d’analyse et de jugement ».

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En 2004, sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, prédécesseur de M. Keïta, Moctar Ouane est nommé ministre des affaires étrangères dans le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga, des fonctions qu’il exercera jusqu’en 2011, dans les gouvernements de Modibo Sidibé.

Depuis 2016, il était délégué général à la paix et à la sécurité de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), après avoir rejoint l’organisation régionale en 2014 en tant que conseiller diplomatique.

Marié et père de trois enfants, il parle couramment le français, l’anglais, le bambara et le peul.

Le Monde avec AFP



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La Côte d’Ivoire en route pour un troisième mandat d’Alassane Ouattara et un avenir incertain

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Le président ivoirien Alassane Ouattara à un meeting à Anyama, au nord d’Abidjan, mercredi 28 octobre.

Si seulement elle le pouvait, Sophie aimerait suspendre le temps. « Vraiment, on ne veut pas que le mois finisse », confie-t-elle. Pour une fois, ce n’est pas son modeste salaire qui la préoccupe, mais cette date du samedi 31 octobre que tous les Ivoiriens ont soulignée sur leur calendrier avec une pointe d’inquiétude.

Dix ans après une élection présidentielle conclue dans le fracas des armes et sur un bilan officiel de plus de 3 200 morts, la Côte d’Ivoire, ou plutôt une partie de la Côte d’Ivoire, s’apprête à voter. Les paramètres ont changé, deux forces militaires ne se font plus face, coupant le pays sur une ligne Nord-Sud, mais la psychose d’une joute électorale qui dérive dans la violence entre communautés, généralement affiliées à l’un des trois grands partis qui ont tour à tour occupé le pouvoir, est réelle.

Plus de 35 000 forces de sécurité

Depuis que le président Alassane Ouattara est revenu, le 6 août, sur sa promesse de départ, du fait de la mort d’Amadou Gon Coulibaly, premier ministre et successeur qu’il s’était choisi, les affrontements survenus dans différentes localités ont fait au moins une trentaine de morts selon les autorités – le double selon l’opposition. Malgré son échec retentissant sur le cas de Laurent Gbagbo, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a envoyé un message d’avertissement, prévenant que ces actes pourraient relever de sa compétence.

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Dans ce contexte, combien des 7,5 millions d’inscrits se rendront-ils aux urnes pour départager quatre candidats, dont deux opposants qui refusent le vote ? La participation est l’un des premiers enjeux, alors que l’opposition s’est coalisée contre le président sortant et sa volonté de briguer un troisième mandat. L’ex-président Henri Konan Bédié et l’ancien premier ministre de Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, ont appelé leurs militants à boycotter et à empêcher le déroulement de ce scrutin encadré par tout ce que la Côte d’Ivoire compte d’uniformes.

Plus de 35 000 soldats, policiers, gendarmes, douaniers, agents des eaux et forêts ont été mobilisés. La lassitude envers des responsables politiques qui, depuis trente ans, se sont lancés dans une lutte mortifère pour le pouvoir pourrait aussi pousser une partie des électeurs à bouder le vote.

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En Algérie, le Hirak en quête d’un nouveau souffle

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Une femme passe devant une affiche annonçant le référendum de dimanche 1er novembre en Algérie, le 27 octobre à Alger.

Yosra [le prénom a été changé] rit souvent, yeux marron malicieux et conviction inébranlable. Agée de 25 ans, l’étudiante ne renonce pas malgré l’étau policier qui se resserre implacablement autour des fidèles du Hirak, le mouvement de protestation dont l’Algérie a été le théâtre au fil de l’année 2019. « On est passé à un stade supérieur de répression », grince-t-elle. Membre du Collectif étudiant de Constantine (CEC), elle est intarissable sur les mille et une vexations que son groupe essuie de la part des autorités. Il est bien loin le temps où ses amis s’activaient librement à la fac autour d’idéaux exaltant une Algérie à reconstruire.

« On nous a complément fermé l’auditorium, se désole-t-elle. Il y a aussi des étudiants infiltrés, et on retrouve les flics de partout, même dans les rassemblements. Au sein de la fac, c’est infesté ! » Yosra a trouvé une parade pour tromper la vigilance de la police. Elle ajuste différemment au gré des circonstances le foulard qui lui recouvre des mèches brunes, le portant parfois en turban, petite ruse lui permettant de déjouer la surveillance.

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A la veille du référendum sur la révision de la Constitution auquel les Algériens sont conviés dimanche 1er novembre à l’appel d’un régime impatient de reprendre la main, le Hirak donne toutes les apparences – mais les apparences seulement – de la démobilisation. L’heure n’est plus où des centaines de milliers de protestataires, parfois des millions, envahissaient chaque vendredi les villes d’Algérie pour réclamer le « départ du système ». Le Covid-19 a eu raison de cette ferveur populaire sans précédent depuis l’indépendance de 1962, les consignes de précaution sanitaires prises par les manifestants eux-mêmes ayant été mises à profit par le régime pour arrêter ou censurer les noyaux les plus actifs. « Le pouvoir a profité de la pandémie du Covid-19 pour casser le Hirak, casser l’opposition et faire taire toutes voix discordantes », déplore Zoubida Assoul, avocate et présidente du parti d’opposition Union pour le changement et le progrès (UCP).

Génération d’irréductibles

« Cassé » peut-être dans ses manifestations les plus visibles, le Hirak survit néanmoins, relayé par une minorité endurcie par les épreuves. Abdenour, étudiant à l’université de Bab Ezzouar (banlieue Est d’Alger), est le prototype de cette génération émergente d’irréductibles. Visage fin piqué d’une barbe clairsemée, casquette kaki sur le crâne, le jeune homme âgé de 21 ans est un membre actif du Rassemblement estudiantin pour le changement (REC), l’une des coordinations qui avaient éclos au printemps 2019 dans les universités. Il est de tous les rassemblements de soutien aux détenus – l’Algérie compte aujourd’hui environ 80 prisonniers d’opinion – devant les prisons ou les tribunaux. C’est lui qui donne le ton dans les chants repris lors des sit-in de soutien au journaliste Khaled Drareni, directeur du site d’informations Casbah Tribune, condamné en septembre à deux ans de prison ferme et devenu une figure emblématique du Hirak réprimé.

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Le Sénégal nie le bilan de 140 morts du naufrage d’un bateau de migrants

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Le gouvernement sénégalais a mis en doute, vendredi 30 octobre, le bilan fourni par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à la suite d’un naufrage qui aurait entraîné la mort de 140 personnes en début de semaine.

« Les services compétents de l’Etat ont récupéré six corps sans vie repêchés par un navire de pêche privé », précise le ministère de l’intérieur dans son communiqué, qui rappelle par ailleurs que « les services de secours ont sauvé respectivement 51 et 40 personnes » lors « d’accidents en mer intervenus le 22 octobre et dans la nuit du 25 au 26 octobre ».

Cette déclaration contredit des informations fournies jeudi par l’OIM qui, se basant sur des propos recueillis auprès de communautés locales, estime que 140 personnes ont perdu la vie, sur un nombre total de 200 personnes à bord. Une information « infondée » rétorque le ministère, qui assure qu’« aucun décès à ces incidents n’a été, pour l’instant, établi ». Les bureaux de l’OIM en Afrique centrale et de l’ouest n’étaient pas immédiatement disponibles pour réagir.

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Recrudescence des tentatives d’émigration

Un peu plus tôt dans la semaine, le porte-parole du gouvernement sénégalais, Ndeye Ticke Ndiaye Diop, avait admis une hausse des départs de bateaux de migrants depuis le pays.

Un certain nombre de migrants ouest-africains, qui tentent de rejoindre à tout prix l’Europe, ont choisi ces dernières années de tenter la traversée vers l’archipel espagnol des Canaries, situé à plus d’une centaine de kilomètres de la côte africaine au plus proche, un voyage dangereux.

Entre le 1er janvier et le 17 septembre, au moins 251 personnes ont péri en mer en tentant la traversée, selon l’OIM, alors que 210 migrants y avaient perdu la vie sur l’ensemble de l’année 2019.

Lire aussi Après un naufrage, le Sénégal s’inquiète de la « recrudescence » des tentatives d’émigration

Le Monde avec AFP



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