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Migrants : « Tu vois les personnes mourir et tu ne peux rien faire »

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Entre le Sénégal et les îles Canaries, les naufrages de pirogues ont causé la mort de 480 personnes en octobre, d’après l’ONG Alarm Phone.



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Afrique

très peu de victimes de violences conjugales déposent plainte

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Illustration de la page d’accueil Facebook du collectif Masaktach (« Je ne me tairai pas » en dialecte arabe marocain), qui lutte contre les violences faites aux femmes.

Rares sont les femmes victimes de violences conjugales qui saisissent la justice au Maroc : 2 % quand il s’agit de violences sexuelles, 7 % après des agressions physiques, selon une étude officielle publiée jeudi 26 novembre à Rabat.

Pour les violences subies dans l’espace public, 22 % des victimes portent plainte quand il s’agit d’agression physique, 3,5 % quand l’agression est sexuelle, selon cette étude publiée par le Haut-Commissariat au plan, avec le soutien de l’ONU-femmes.

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Seules 3,5 % des victimes de violences sexuelles conjugales quittent leur foyer, 16 % quand il s’agit de violences physiques, moins d’une sur dix (8 %) cesse ses « engagements familiaux » quelle que soit l’agression subie, selon la même étude.

Les stigmates de la violence physique des époux vont des égratignures et ecchymoses (dans 52,2 % des cas), aux fractures, « incisions profondes », fractures ou cassures des dents. Les violences sexuelles entraînent « blessures et déchirures au niveau des organes génitaux » dans plus 13 % des cas, avec des grossesses non désirées dans 3,5 % des cas.

Le « coût social »

Moins de la moitié des victimes des violences les plus graves font appel à un professionnel de la santé. Pour les femmes actives, les violences – qu’elles soient ou non subies dans le cadre conjugal – ont entraîné une perte moyenne de quatorze jours de travail par an. Environ 40 % de femmes victimes de violences dans un cadre professionnel ont dû changer de travail, 7 % ont « carrément quitté le marché du travail », souligne l’étude.

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Plus d’une femme sur deux a été victime d’une forme de violence au Maroc en 2019, selon les statistiques officielles. Cette étude sur le « coût social » de ces violences a été menée entre février et juillet 2019, avant la pandémie de Covid-19 sur une population de 15 à 74 ans. Plusieurs organisations féminines se sont inquiétées ces derniers mois de la hausse des violences conjugales pendant les longs mois de confinement liés à la crise sanitaire.

Le Maroc a adopté en 2018 une loi contre les violences faites aux femmes, rendant pour la première fois passible de peines de prison les actes « considérés comme des formes de harcèlement ou de mauvais traitement ». L’étude qui ne prend notamment en compte que les violences conjugales a été jugée insuffisante par des associations féministes.

Le Monde avec AFP



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La réélection contestée de Kaboré, dans un Burkina sous pression djihadiste

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Des partisans du président sortant, Roch Marc Christian Kaboré, fêtent sa réelection, le 26 novembre à Ouagadougou (Burkina Faso).

Une victoire sans effusion. Après plus de trois jours d’attente sans véritable suspens, un décompte au compte-gouttes et de nombreux cafouillages, le verdict des urnes est tombé, jeudi 26 novembre. Le président sortant du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a été réélu, à l’issue d’un scrutin qui s’est déroulé dans le calme mais a été, dans certaines zones, émaillé de difficultés à cause de la menace terroriste et de problèmes logistiques.

Avec 57,87 % des suffrages, selon les résultats provisoires, les partisans de « Roch » peuvent se féliciter d’un « coup KO » – la victoire au premier tour promise, comme en 2015, par le candidat du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), et qui était devenue le slogan d’une campagne morose.

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Les Burkinabés ont donc préféré la continuité à une opposition dispersée entre douze adversaires, parmi lesquels figuraient des poids lourds de l’ancien régime.

L’homme d’affaires Eddie Komboïgo, qui espérait revenir en force en surfant sur la nostalgie du parti de l’ex-président Blaise Compaoré, déchu suite à une insurrection populaire en 2014, n’a obtenu que 15,48 % des voix. Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, termine troisième avec 12,46 %. Le taux de participation assez faible, environ 50 % (contre 60 % en 2015), soit 2,9 millions de votants pour 5,8 millions d’électeurs, en dit long sur le désarroi qui règne dans ce pays, endeuillé depuis cinq ans par des violences djihadistes qui ont fait plus de 1 600 morts et un million de déplacés.

Insécurité

De l’aveu même de son président, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne « s’imaginait pas », il y a quelques mois, « que cette élection puisse avoir lieu ». A cause de la menace des groupes djihadistes, affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique (EI), près d’un cinquième du territoire a été classé en zone rouge par la CENI et a été exclu d’office du scrutin. Le 25 août, les députés ont modifié le code électoral pour qu’en cas de « force majeure ou de circonstances exceptionnelles », seuls les résultats des bureaux de vote ouverts soient pris en compte.

Au total, plus de 2 000 bureaux de vote (sur 21 154), principalement dans le nord et l’est du pays, n’ont pas pu ouvrir dimanche à cause de l’insécurité, impactant plus d’un demi-million d’électeurs, selon les chiffres de la commission. Dans la journée, certains centres ont dû fermer leurs portes après avoir brièvement ouvert dans la région de l’Est, suite à des menaces. « Il y a eu des appels, parfois des hommes armés sont passés pour dire qu’il n’y aurait pas d’élections, des habitants ont préféré aussi rester chez eux craignant des représailles s’ils se faisaient prendre avec de l’encre sur leur doigt », rapporte un conseiller municipal de Diapaga, dans la province de la Tapoa, où seulement 111 bureaux sur 335 ont pu ouvrir.

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Pour la CENI, organiser ce double scrutin – la présidentielle et les législatives –, alors même que les forces de l’ordre burkinabées, mal formées, manquant de moyens humains et matériels, peinent à couvrir l’ensemble du territoire, était un défi de taille. Plus de 45 000 éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) étaient mobilisés pour la sécurisation des opérations de vote. Des hélicoptères ont même été affrétés pour transporter le personnel et le matériel électoral jusqu’aux zones à risques.

« Vous savez combien nous avons dû batailler pour trouver des gens pour ouvrir les bureaux de votes dans certains endroits ? Ces élections ont été la croix pour beaucoup d’entre nous », a expliqué le président de la CENI Ahmed Newton Barry, dimanche soir à la télévision nationale, se félicitant malgré tout que le scrutin puisse se tenir dans 336 communes (sur 351) et sans « perte de vie humaine ». Le 11 novembre, en pleine campagne, quatorze militaires avaient été tués dans l’attaque de leur convoi, revendiquée par l’EI, sur la route de Tin-Akoff, au nord du pays. Trois jours plus tôt, le chauffeur d’un candidat aux législatives avait été assassiné sur la route de Gorom-Gorom.

« Gestion chaotique » dans l’organisation du scrutin

Jusqu’à la fin, ces élections ont été fastidieuses. Les opérateurs ont dû reprendre le décompte manuel, qui n’avait pas été réalisé dans certains centres, en plus de la saisie électronique obligatoire, et acheminer les résultats des dernières communes enclavées en zone rouge par les airs. Des nuits blanches de compilation.

Puis l’impatience s’est mêlée d’inquiétude au Burkina Faso. L’opposition, qui croyait ferme à un second tour, a fait monter la pression lundi. Alors que la commission électorale venait d’égrener les premiers chiffres, donnant le président sortant largement en tête, six candidats ont estimé que le double scrutin était « émaillé de fraudes », menaçant de ne pas accepter « des résultats entachés d’irrégularités », dénonçant notamment des « violations du code électoral », la modification « à la dernière minute » de la cartographie des bureaux de vote ou encore le manque de matériels et de personnels. La CENI a dû suspendre dans la foulée ses travaux après le départ des cinq commissaires de l’opposition de la plénière.

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Pour éviter la crise, les diplomates de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédeao), de l’Union africaine (UA) et des Nations unies (ONU), présents pour le scrutin, ont immédiatement enclenché une diplomatie préventive. Une manifestation prévue par des opposants a été annulée au dernier moment. En coulisses, plusieurs observateurs se sont agacés des « nombreux cafouillages » et d’une « gestion chaotique » dans l’organisation du scrutin. Jeudi 26 novembre, l’opposition a finalement déclaré prendre « acte des résultats provisoires » et se réserver « le droit d’utiliser les voies légales de recours pour traiter les irrégularités », réaffirmant leur volonté de « préserver la paix » au Burkina Faso.

Mais ces dysfonctionnements ont réveillé chez certains la crainte de fraudes, six ans après la chute de l’autocrate Blaise Compaoré. Ils ont aussi frustré ceux qui se félicitaient de l’élection réussie de 2015, la première organisée librement depuis plus de trente ans et qui avait consacré le pays au rang de modèle de démocratie dans une sous-région, régulièrement ébranlée par les crises post-électorales.

« Un nouveau départ »

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, à l’annonce des résultats, le 26 novembre à Ouagadougou (Burkina Faso).

Le président Kaboré devra donc rassembler et convaincre. Après un premier bilan mitigé, les attentes des Burkinabés sont immenses. Le pays est confronté à une crise sécuritaire, humanitaire, économique, sociale, le tout étant amplifié par la pandémie de Covid-19, qui devrait coûter quatre points de croissance (de + 6 % à + 2 %) pour l’année 2020. Près de 2 millions de Burkinabés souffrent de la faim – soit un habitant sur dix – et 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Roch Marc Christian Kaboré assure que ce sera son « dernier » mandat. Dans son entourage, on promet « un nouveau départ » et « qu’il a appris de ses erreurs ». Critiqué pour son manque de réactivité et de fermeté, cet ancien banquier de 63 ans devra remettre sur pied une armée profondément désorganisée et fragilisée depuis la chute de l’ancien régime et reconquérir ces pans de territoire qui échappent encore à l’autorité de l’Etat.

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Réforme du système de sécurité, renforcement de la justice, respect des droits humains… M. Kaboré, connu pour sa bonhomie et son habilité dans la recherche de consensus, devra également régler le dossier sensible de la réconciliation nationale et du retour de l’ancien président Blaise Compaoré, réfugié depuis six ans en Côte d’Ivoire. Une question qu’il a promis d’aborder « dès le premier semestre 2021 ». Enfin, et surtout, il s’agira de regagner la confiance d’une partie de la population, profondément échaudée par l’engrenage des violences et qui se sent de plus en plus marginalisée.

« En l’absence de réponse, l’insécurité pourrait s’ajouter aux autres facteurs que sont les difficultés socio-économiques et la corruption – pour alimenter des mouvements de protestation », prévient l’ONG International Crisis Group. L’exemple du Mali voisin hante les esprits.



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Roch Marc Christian Kaboré réélu au premier tour

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Roch Marc Christian Kaboré a été réélu pour un second mandat.

Le président sortant Roch Marc Christian Kaboré a été réélu dès le premier tour avec 57,87 % des suffrages à la tête du Burkina Faso pour un second mandat, selon des résultats préliminaires communiqués jeudi 26 novembre par la Commission électorale. Les résultats doivent encore être validés par le Conseil constitutionnel après examen d’éventuels recours.

« M. Kaboré, Roch Christian Marc, avec 57,87 % des suffrages, est déclaré élu provisoirement dès le premier tour comme président du Faso », a affirmé le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Newton Ahmed Barry.

Eddie Komboïgo, candidat du parti de l’ex-président Blaise Compaoré, arrive deuxième avec 15,48 % des voix, devant Zéphirin Diabré (12,46 %), considéré comme le chef de l’opposition jusque-là.

Certains observateurs de la vie politique burkinabée anticipaient un scrutin plus serré, le premier mandat de Roch Kaboré ayant été marqué par la résurgence des violences ethniques et par la propagation d’insurrections islamistes qui concernent désormais une grande partie de l’Afrique de l’Ouest.

Le double scrutin présidentiel et législatif s’était déroulé dimanche sous haute tension sécuritaire, le Burkina Faso vivant ses heures les plus sombres depuis l’indépendance, miné par des attaques de groupes djihadistes qui ont fait au moins 1 200 morts en cinq ans.

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L’opposition menaçait de ne pas reconnaître les résultats

L’opposition burkinabée avait estimé lundi que le scrutin était « émaillé de fraudes » et avait menacé de « ne pas accepter des résultats entachés d’irrégularités ». Elle avait déjà affirmé, à la veille du scrutin, qu’une « fraude massive » était en préparation.

Parmi les griefs cités par l’opposition figurent la non-ouverture ou l’ouverture tardive de bureaux de vote, le transport non sécurisé des urnes, le manque de matériels ou de personnels ou encore la modification arbitraire de la cartographie des bureaux de vote.

Les partis de la majorité présidentielle ont appelé mardi au « respect des résultats » du scrutin, considérant que « les insuffisances relevées, bien que regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative le résultat du scrutin ».

Les élections n’ont pas pu se dérouler sur au moins un cinquième du territoire, privant entre 300 000 et 350 000 personnes de vote, selon la Commission électorale.

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Le Monde avec AFP



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