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Mali : la junte qui a renversé Keïta promet un président de transition, « un militaire ou un civil »

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Le colonel-major Ismaël Wagué, le 19 août à Bamako.

La junte qui a renversé mardi le président malien Ibrahim Boubacar Keïta va mettre en place « un président de transition », qui sera « un militaire ou un civil », a affirmé, jeudi 20 août, son porte-parole, le colonel-major Ismaël Wagué, dans une interview sur France 24. « On est en contact avec la société civile, les partis d’opposition, la majorité, tout le monde pour essayer de mettre en place la transition », a-t-il fait savoir.

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« Ça va être une transition qui va être la plus courte possible », a assuré M. Wagué, alors que le second mandat du président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a annoncé qu’il quittait ses fonctions dans la nuit de mardi à mercredi, quand il était aux mains des putschistes, devait s’achever en 2023. Ce n’est « pas une histoire de 2023-2022 », il faut « finir cette transition le plus vite possible et, nous, on va retourner à autre chose », a dit le colonel-major, l’une des figures du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui dirige actuellement le pays.

« Le niveau de corruption était trop élevé »

Le porte-parole a réfuté l’idée que le président Keïta, qui avait affirmé n’avoir pas d’autre choix, avait démissionné sous la contrainte. « Il n’avait pas le choix parce que lui-même a vu comment les gens souffraient, a-t-il déclaré. Ça ne veut pas dire qu’il n’avait pas le choix parce qu’on avait braqué des armes sur ses tempes. » Il a toutefois justifié une nouvelle fois l’intervention des militaires par l’existence d’un « blocage au niveau du pays » depuis longtemps.

« Une partie de la population souffrait. Au niveau même de la défense, il y avait beaucoup de dysfonctionnements dans l’armée. Les militaires n’étaient plus en mesure de faire leurs missions régaliennes. Le niveau de corruption était trop élevé. Je vous dis clairement, je préfère éviter le mot “coup d’Etat” parce que ça n’en est pas un. »

Quant au sort de l’ex-dirigeant malien, « ce n’est pas à nous de décider. [C’est au] système judiciaire de décider. Ce n’est pas notre travail. »

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La Cédéao réclame le « rétablissement » de Keïta

Mais les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), réunis en sommet extraordinaire jeudi, ont de nouveau réclamé le « rétablissement » d’Ibrahim Boubacar Keïta « en tant que président de la République » du Mali. La Cédéao a également annoncé l’envoi d’une délégation à Bamako en vue d’un « retour immédiat à l’ordre constitutionnel ».

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« Le Mali est dans une situation critique, avec des risques graves qu’un affaissement de l’Etat et des institutions n’entraîne des revers dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé », a regretté le chef de l’Etat du Niger, Mahamadou Issoufou, qui assure la présidence tournante de la Cédéao, rappelant aux putschistes « leur responsabilité sur la sûreté et la sécurité du président Ibrahim Boubacar Keïta et des officiels arrêtés ». La Cédéao avait déjà annoncé, mercredi, la suspension du Mali de ses organes de décision.

Le Monde avec AFP

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Rentrée littéraire : la sélection du « Monde Afrique »

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Des fictions de Sindiwe Magona, Gauz ou Saber Mansouri, un roman graphique sur Frantz Fanon, une pièce de théâtre d’Eva Doumbia… Le point sur les parutions de septembre.



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Emery Mwazulu Diyabanza, apôtre de la restitution directe

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Emery Mwazulu Diyabanza, au tribunal pour contester l’interdiction de quitter le territoire français émise par la justice après l’action du Quai Branly, le 24 juin 2020.

Les braqueurs professionnels opèrent habituellement masqués, armés, et en un éclair. C’est à visage découvert, de jour, et en prenant leur temps que quatre hommes et une femme ont tenté d’emporter une sculpture du Congo à l’Afrika Museum de Berg en Dal, aux Pays-Bas, le 10 septembre. Dans une vidéo de vingt-trois minutes postée en direct sur Facebook, leur meneur congolais, Emery Mwazulu Diyabanza, explique reprendre « ce qui nous appartient, ce qu’ils nous ont pris pendant des siècles de colonisation ». Arrêté par la police, le groupe de militants a été relâché après une garde à vue de huit heures, mais leurs téléphones et véhicule ont été confisqués.

L’homme de 42 ans n’en est pas à sa première action. Le 12 juin, il avait été interpellé avec ses compagnons au Musée du Quai Branly alors qu’il tentait d’emporter un poteau funéraire Bari du XIXe siècle, provenant du Tchad, après l’avoir détaché de son socle. Il a été assigné à comparaître le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour « tentative de vol en réunion d’un objet mobile classé ». Annoncée sur son site « panafricain », l’audience s’annonce comme un happening. Il encourt jusqu’à 150 000 euros d’amende et dix ans d’emprisonnement.

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Biographie invérifiable

Qu’importe. Le 30 juin, Emery Mwazulu Diyabanza a déposé plainte pour « vol et recel » contre l’État français. Le 30 juillet, il est arrêté à Marseille, après avoir tenté d’emporter un objet en ivoire du Musée des arts ­africains, océaniens et amérindiens. Les lieux changent, mais la « récupération » est argumentée avec le même ton professoral : « Ces biens nous ont été volés sous la colonisation… Ça nous a été pris sans notre consentement, donc je rentre avec à la maison. Les présidents africains sont incapables de venir récupérer ces biens. Les Africains doivent aller récupérer leur dû dans les musées européens. On ne demande pas au voleur l’autorisation pour reprendre ce qu’il a volé. »

Qui est donc ce serial agitateur ? Sa biographie, invérifiable, déclinée sur son site, cultive la légende. Fondateur du collectif Unité, dignité, courage, Emery Mwazulu Diyabanza se déclare descendant d’une lignée royale. Son prénom, qu’il a en commun avec Patrice Lumumba, leader de l’indépendance congolaise, aurait décidé de sa vocation. À l’en croire, son combat « pour la démocratie et le progrès social » et une candidature en 2011 à l’élection présidentielle ­l’auraient conduit dans les geôles congolaises, où il aurait échappé de peu à la peine de mort.

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Les mauvais génies de Moscou à l’étranger

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Publié aujourd’hui à 13h52, mis à jour à 13h53

L’oligarque monarchiste de Moscou attiré par la lumière et l’ancien bandit pétersbourgeois prudent comme un chat. Konstantin Malofeev, démonstratif et flamboyant ; Evgueni Prigojine, quasi invisible et mystérieux… Ces deux milliardaires ont beau se distinguer de mille manières, chacun, par son parcours et ses ambitions, représente une face de la politique étrangère de la Russie poutinienne, un terrain où se mêlent idéologie et cynisme froid.

Alliés, Malofeev et Prigojine ? Rivaux ? Les deux sont en tout cas des acteurs de premier plan sur un même marché, fructueux et en pleine expansion, celui de la diplomatie privée, de l’action extérieure déléguée à des groupes non-étatiques. Autrement dit, des « entrepreneurs géopolitiques », selon l’expression de la politiste Tatiana Stanovaya, les mauvais génies de Moscou sur la scène internationale, prêts à s’infiltrer dans les espaces vacants laissés par les diplomates de métier ou à suppléer l’Etat pour des opérations sensibles ou secrètes.

L’idée peut paraître contre-intuitive s’agissant d’un pays dont le système politique est souvent assimilé à une « verticale » parfaite. Pourtant, si les grandes orientations en matière de politique étrangère émanent bel et bien du sommet, une multitude d’acteurs – et pas seulement étatiques – sont prêts à apporter leur contribution, en réponse à des ordres ou dans l’espoir d’une récompense future.

« Sans même parler de politique étrangère, les moyens de rendre service à l’Etat sont multiples : soutien aux pauvres, aux vétérans, financement d’un parti politique lié au pouvoir…, détaille Tatiana Stanovaya. Ces pratiques sont répandues dans le monde des affaires. Les intéressés peuvent certes espérer une rétribution, mais il s’agit avant tout d’obtenir des protections. Et sur le marché extérieur, Prigojine et Malofeev sont de loin les acteurs les plus importants. »

Crâne chauve et sourire avare

L’Afrique, au sujet de laquelle Moscou ne cache plus ses ambitions, est leur dernier terrain de jeu. Fin octobre 2019, les deux hommes étaient les vedettes du premier sommet Russie-Afrique organisé à Sotchi, sur les rives de la mer Noire. Chacun avec son style. M. Prigojine n’a pas quitté les coulisses – charge à ses lieutenants (l’activiste franco-béninois antisémite Kémi Séba, par exemple) de parler aux journalistes ou d’animer des tables rondes sur des thèmes tels que la souveraineté des Etats africains face à l’Occident ou la défense des « valeurs traditionnelles », pot-pourri de concepts tournant autour de la famille, déjà éprouvé pour séduire les conservateurs en Europe.

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