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« M. Macron fait l’apologie des droits du peuple français, mais oppose un déni au peuple algérien qui revendique les mêmes droits »

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Emmanuel Macron à Alger, en décembre 2017.

Tribune. C’est à travers une interview publiée le 20 novembre dans l’hebdomadaire Jeune Afrique que le président français s’est invité dans les affaires algériennes. En évoquant Abdelmajid Tebboune, le chef de l’Etat algérien, Emmanuel Macron marque une entrée par effraction dans le débat intérieur du pays.

Il apporte son soutien à un président « courageux », dit-il, alors que cela fait des semaines que M. Tebboune est absent et que sa légitimité n’a jamais été aussi contestée. En témoignent les dernières élections (référendum pour la Constitution) pendant lesquelles le taux de participation le plus bas de l’histoire a été enregistré.

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Les propos de M. Macron tombent d’autant plus mal qu’ils interviennent en pleine campagne d’arrestations de militants du Hirak, de recul des libertés individuelles et collectives, et de purges intestines au sein des services de sécurité. Le système algérien traverse une phase d’instabilité inhérente à son fonctionnement : les luttes des clans deviennent sa marque de fabrique.

Le seul « courage » auquel Emmanuel Macron devrait faire écho est celui d’un peuple pacifique qui réclame, depuis plus d’un an, les mêmes droits que le peuple français : à savoir un Etat civil et démocratique. Ses paroles remuent les douleurs d’un passé commun dont les plaies ne sont pas encore refermées.

S’immiscer dans des luttes intestines

Prompt à dénoncer les pays non africains (comme la Turquie et la Russie) qui alimentent le sentiment anti-français sur le continent, le président français se permet de s’immiscer dans des luttes intestines qui ne peuvent susciter que polarisation et cristallisation de la crise en Algérie.

Dans son interview sur la chaîne Al-Jazira le 31 octobre, Emmanuel Macron a rappelé les fondements de ce qu’est la société française en disant : « Je défendrai toujours dans mon pays la liberté de dire, d’écrire, de penser, de dessiner (…). Ces droits de l’homme qui ont été pensés, voulus, créés en France, je considère que c’est notre vocation de les protéger et de protéger aussi la souveraineté du peuple français qui le veut. »

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C’est au nom de la liberté de dire et d’écrire que le journaliste Khaled Drareni a écopé de deux ans de prison ferme en Algérie. C’est au nom de la liberté de dessiner que le caricaturiste Nime a été incarcéré et condamné à trois mois de prison ferme. C’est au nom de la liberté de penser et de conscience que le militant Yassine Mbarki a été condamné à dix ans de prison ferme. Et c’est pour ces mêmes droits qu’un contingent de plus de quatre-vingts détenus politiques croupit dans les prisons du « courageux » président algérien.

Le président Macron fait l’apologie des droits et de la souveraineté du peuple français, mais oppose un déni au peuple algérien qui revendique les mêmes droits : deux poids, deux mesures. Les droits universels ne peuvent faire objet de hiérarchisation des peuples.

Répression, corruption, atteinte aux libertés

« Je ferai tout ce qui est en mon possible pour aider le président Tebboune dans cette période de transition », promet le président français, sans définir la nature de cette transition qui est plus intrasystème que dans l’intérêt du peuple algérien. Les tenants des leviers du pouvoir en Algérie considèrent que la stabilité du système est prioritaire sur celle du pays. Toutes les décisions politiques s’orientent dans cette optique avec pour corollaire des violations des libertés.

Evoquer une transition dans cette configuration d’une « Algérie nouvelle » relève de l’absurdité plus que d’une réalité avérée. Cela, le président français tente de l’occulter.

La jeunesse algérienne aspire à vivre dans son pays en exerçant pleinement ses droits citoyens. Appuyer un système dont la gouvernance repose sur la répression et l’atteinte aux libertés, la corruption comme mode de gestion, la violence comme moyen de contrôle, génère un climat de désespoir.

La jeunesse, démographiquement majoritaire, se voit ainsi encouragée à emprunter les chemins migratoires qui deviennent le seul imaginaire porteur d’espoir. La vision court-termiste du président français, quant à une transition imaginaire, est un pari hasardeux. L’habituel défaut du politique est de ne pas prévoir l’orage par beau temps.

Comment est-il possible pour le président Macron de vouloir plaire à l’opinion dite « arabe » en affirmant, via la chaîne panarabe Al-Jazira, qu’il défend les droits de l’homme et toutes les libertés, et en même temps d’apporter sa caution à ses dirigeants autoritaires qui bafouent et piétinent tous ces principes ? Le grand écart n’a que trop duré.

Djaffer Amokrane, militant du Hirak ; Mohamed Kacimi, écrivain et dramaturge ; Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme ; Samir Yahiaoui, architecte, militant du Hirak.



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importantes manœuvres algériennes à la frontière marocaine

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David T. Fischer, ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, devant une carte du pays reconnaissant le territoire du Sahara occidental comme faisant partie du royaume chérifien, à Rabat, le 12 décembre 2020.

L’armée algérienne a procédé à d’importantes et spectaculaires manœuvres aéroterrestres à Tindouf (sud), province frontalière du Sahara occidental et du Maroc, selon des images de la télévision publique algérienne diffusées lundi soir 18 janvier.

Cet exercice, baptisé Al-Hazm 2021 (« Résolution » 2021), s’est déroulé dimanche 17 et lundi 18 janvier sous la supervision du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Saïd Chanegriha. Il survient au moment où l’Algérie s’inquiète des risques potentiels de conflit à ses frontières, en particulier depuis la reprise des hostilités au Sahara occidental.

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Pendant près d’un quart d’heure, la télévision a montré un exercice tactique à tirs réels de missiles, dont la dernière version du missile antichar russe Kornet. Al-Hazm 2021 a mobilisé des chars, des véhicules tout-terrain, des hélicoptères Mi28, des avions de combat Soukhoï SU-30 MKA et des appareils ravitailleurs Illiouchine IL-78 Midas. Seul armement non russe en démonstration, l’armée algérienne a pour la première fois exhibé un avion américain de reconnaissance électronique Beechcraft 1900 MMSA-Hissar.

Ces exercices « s’inscrivent dans le cadre de l’évaluation de la première phase du programme de préparation au combat au titre de l’année 2020-2021 », selon un communiqué du ministère de la défense. Ils ont « pour objectif de développer l’expérience au combat », a déclaré le général Chanegriha dans un discours.

« Menaces imminentes »

Evoquant l’instabilité régionale, le chef d’état-major a souligné que l’Algérie « mérite que son armée soit constamment à la hauteur des enjeux auxquels elle fait face aujourd’hui, et qu’elle demeure éternellement libre, souveraine et tenace face aux ennemis d’hier et d’aujourd’hui », sans citer ces ennemis. Equipée de matériel russe, l’armée algérienne est de loin la première puissance militaire du Maghreb.

Dans son numéro de décembre, l’influente revue de l’ANP, El-Djeïch, avait appelé les Algériens à se « tenir prêts à faire face à des “menaces imminentes” ». Son éditorial faisait état de « la détérioration de la situation régionale le long de notre bande frontalière et [de] la menace que font peser certaines parties ennemies sur la sécurité de la région ces derniers temps ».

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Plus grand pays d’Afrique, l’Algérie partage plus de 6 500 kilomètres de frontières avec sept pays, dont certains sont en proie à des conflits. Alger a récemment dénoncé des « manœuvres étrangères » visant à la déstabiliser et a pointé du doigt Israël, après la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en contrepartie d’une normalisation des relations de Rabat avec Tel-Aviv.

Le Maroc contrôle une grande partie du Sahara occidental qu’il considère comme partie intégrante de son territoire. Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger, réclament un référendum d’autodétermination prévu par l’ONU.

Par ailleurs, un groupe de navires de guerre russes – composé d’une frégate, d’un remorqueur et d’un pétrolier ravitailleur – a accosté lundi au port d’Alger dans le cadre d’une « escale technique » de trois jours, selon un communiqué du ministère algérien de la défense. Cette escale s’inscrit dans le cadre des « activités de coopération militaire » entre les deux pays, alliés de longue date, précise le communiqué.

Le Monde avec AFP



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En Egypte, les féministes poursuivent le combat contre le harcèlement

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En s’envolant vers l’Espagne pour y poursuivre ses études, Ahmed Bassem Zaki a sans doute éprouvé du soulagement. Il s’éloignait des accusations de harcèlement sexuel qui s’étaient multipliées en 2018 – à voix feutrée – à son encontre, à l’Université américaine du Caire, établissement de la jeunesse dorée égyptienne. Deux ans plus tard, pourtant, le passé le rattrape. En quelques jours, son visage et son nom déferlent sur les réseaux sociaux, dans un flot de témoignages accablants. Des jeunes femmes l’accusent de chantage et de harcèlement. D’autres d’agression sexuelle ou de viol. Puis le scandale s’étale sur les écrans de télévision égyptiens.

Zeina Amr Al-Dessoky, 20 ans, dénonce le harcèlement de rue sur son compte Instagram Catcalls in Cairo. Ici au Caire, le 12 janvier.

« Le harcèlement et la violence sexuels sont soudain devenus un sujet de conversation publique », résume Zeina Amr Al-Dessoky, étudiante de 20 ans, qui anime un compte Instagram dénonçant le harcèlement de rue. Ce fléau est endémique en Egypte, où presque toutes les femmes disent avoir été victimes d’agressions verbales ou de gestes déplacés. Si l’écho est cette fois aussi fort, c’est en grande partie parce qu’Ahmed Bassem Zaki, 21 ans, appartient à « l’élite, tout comme ses accusatrices », estime Aida El-Kashef, cinéaste et féministe engagée. D’ordinaire, divers motifs, telles que les frustrations engendrées par le manque de perspectives d’avenir ou l’incapacité financière à se marier, sont avancés pour expliquer le harcèlement sexuel. « Ces prétendus arguments s’écroulent », note Shady Nour, l’un des lanceurs d’alerte dans cette affaire.

Ahmed Bassem Zaki (« ABZ ») est arrêté début juillet 2020. Six mois plus tard, il est condamné à trois ans de prison pour harcèlement sexuel envers deux jeunes femmes. Ce délit fait l’objet d’une loi spécifique, adoptée en 2014, mais la définition du viol reste très restrictive. Le procès en appel a été repoussé à début février, ainsi qu’une autre affaire le visant pour « agression » contre trois mineures. « Il ne s’agit pas du premier procès pour harcèlement », souligne Mozn Hassan, chargée de l’ONG féministe Nazra (« regard ») qui a soutenu des dizaines de plaignantes devant les tribunaux. Le cas d’« ABZ » est cependant novateur par le vaste soutien qu’il a suscité et parce que ceux qui ont mené la mobilisation ne sont pas les victimes directes, avec ce message implicite : endiguer le harcèlement, le taharoch en arabe, est l’affaire de tous.

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Un mouvement enraciné de longue date

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le variant sud-africain n’est pas plus mortel mais 1,5 fois plus contagieux

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Des agents de santé transportent un patient présentant des symptômes du Covid-19, à Pretoria, le 15 janvier 2021.

Le nouveau variant du coronavirus identifié en Afrique du Sud en octobre – et désormais prédominant dans le pays – n’est pas plus mortel mais il est 1,5 fois plus contagieux, a affirmé lundi 18 janvier un panel d’experts sud-africains. Baptisée 510Y.V2, cette mutation « est 50 % plus transmissible », mais « rien n’indique que le nouveau variant est plus sévère », a déclaré le professeur Salim Abdool Karim, épidémiologiste et coprésident du comité scientifique au ministère sud-africain de la santé. Ces conclusions sont notamment tirées de données collectées dans les principaux foyers de contamination du pays.

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Pays le plus touché du continent, l’Afrique du Sud compte plus de 1,3 million de cas de coronavirus, dont quelque 37 000 morts. Durement frappé par la seconde vague, le pays a toutefois enregistré lundi une diminution de 23 % du nombre de cas, a annoncé lundi le ministre de la santé, Zweli Mkhize. L’Afrique du Sud a sans doute atteint le « point d’inflexion » de cette seconde vague, a-t-il déclaré, « mais il est trop tôt pour célébrer » car dans le même temps, les admissions dans les hôpitaux ont augmenté de 18,3 % par rapport à la semaine précédente.

20 millions de vaccins

La seconde vague exerce une pression énorme sur le système de santé du pays, à bout de souffle. « Si les patients sont plus nombreux, la mortalité hospitalière n’a pas changé » entre la première et la seconde vague, a toutefois souligné une spécialiste du panel, la docteure Waasila Jassat. La découverte d’un nouveau variant a forcé les autorités sud-africaines à mettre en place de nouvelles restrictions en décembre. « Le monde a sous-estimé ce virus : ce virus peut évoluer et s’adapter », a reconnu un autre scientifique du panel, le professeur Alex Sigal, de l’Institut de recherche sur la santé en Afrique.

Les craintes liées au nouveau variant ont également isolé la première puissance industrielle d’Afrique, plusieurs compagnies aériennes réduisant leurs liaisons.

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Le président Cyril Ramaphosa a récemment annoncé l’arrivée de 20 millions de vaccins dans les six prochains mois, pour une population de 59 millions de personnes, sans donner de détails. « Des vœux pieux et de la manipulation malhonnête », a dénoncé lundi, dans un communiqué, l’Alliance démocratique (DA), le principal parti d’opposition, qui exige des clarifications sur le programme de vaccination du gouvernement. « Aucune preuve de l’efficacité des vaccins actuels contre le variant du coronavirus n’a encore été apportée », a par ailleurs reconnu le professeur Abdool Karim, soulignant que « de nombreuses études sont en cours ».

Le Monde avec AFP



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