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les funérailles de Jerry Rawlings au cœur des élections au Ghana

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L’ancien président ghanéen Jerry Rawlings à Harare, au Zimbabwe, en septembre 2019.

Les hommages à Jerry John Rawlings virent à la foire d’empoigne. Une semaine après la mort de l’ancien président, jeudi 12 novembre, les drapeaux sont en berne et le Ghana plongé dans un deuil national. Mais pour les deux principaux partis en lice pour les élections présidentielle et législatives du 7 décembre, le National Democratic Congress (NDC), représenté par John Mahama, et le New Patriotic Party (NPP), défendu par le président sortant Nana Akufo-Addo, le décès de « JJ » a été l’étincelle dans la poudrière.

« Rawlings est le fondateur du NDC, il appartient à son parti politique ! », s’emporte un militant venu assister à la veillée organisée, dimanche, en mémoire de l’ancien putschiste qui avait rétabli les libertés démocratiques en 1992. « Le NPP n’a jamais aimé Rawlings de son vivant. Mais maintenant qu’il est mort, ils font semblant de l’adorer pour gagner des voix ! », s’indigne un étudiant en vert et rouge, les couleurs du NDC.

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La querelle politique est partie d’un communiqué de Nana Akufo-Addo publié le jour du décès. Le président y annonçait la mort de l’ancien chef de l’Etat, faisait part de ses condoléances à la famille Rawlings et décrétait un deuil national d’une semaine. Un message très classique mais dans lequel l’opposition a vu une impardonnable provocation : Nana Akufo-Addo aurait omis, à dessein, de mentionner le rôle joué par Rawlings dans la fondation du NDC. « Amèrement déçu », le secrétaire général du parti, Johnson Asiedu Nketia, est allé jusqu’à dénoncer « la tentative d’un opposant de détourner les funérailles ».

Depuis, les hommages tournent à la surenchère. Qui affichera la plus grande intimité avec la veuve et les orphelins ? Qui prononcera l’éloge le plus émouvant ? Et surtout, qui organisera les funérailles de l’ancien chef de l’Etat ? Car Nana Akufo-Addo a promis, le jour de sa mort, que Jerry Rawlings aurait des obsèques nationales. Le NDC, de son côté, exige d’être associé à leur organisation – sous peine, menacent certains cadres du parti, de les saboter. « Même si Nana Akufo-Addo enterre Rawlings dans son propre jardin, nous irons voler la dépouille pour l’enterrer de nouveau », s’est enflammé Stephen Atubiga, membre de la communication du NDC.

Entre l’épouse et la fille, le dilemme de « JJ »

Pourtant, Jerry Rawlings avait pris ses distances avec le NDC depuis l’élection de 2016 et la défaite du président sortant, John Mahama, au profit de Nana Akufo-Addo. Le fondateur du NDC avait alors jugé ce ratage « humiliant » et éreinté le candidat vaincu, affirmant qu’il « méritait de perdre » à cause de la corruption de son gouvernement. Outrage suprême, il avait qualifié le vainqueur de « compétent ». Une position qu’il n’avait pas quittée ces quatre dernières années, affichant ouvertement sa bonne entente avec Nana Akufo-Addo. Pour le scrutin de décembre, « JJ » soutenait la candidature de John Mahama du bout des lèvres.

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En juillet, il avait même avoué ne pas avoir voté pour le NDC en 2016, mais pour le National Democratic Party (NDP), un parti concurrent fondé par sa propre femme, Nana Rawlings. Car si les enfants du couple, Kimathi et Zanetor, restent fidèles au parti historique, l’ex-première dame a coupé les ponts depuis 2012, lorsque le NDC lui avait préféré un autre candidat pour le représenter à la présidentielle. Elle était d’ailleurs absente de la veillée funèbre du NDC, alors que ses enfants étaient au premier rang. Et malgré un score anecdotique au scrutin de 2016 (0,15 % des suffrages), celle qui se rêve en Hillary Clinton ghanéenne est de nouveau candidate cette année à l’élection présidentielle.

Dans une interview parue samedi, l’ancien chef d’état-major des forces armées ghanéennes, Joseph Nunoo-Mensah, affirme que Jerry Rawlings était confronté à un « dilemme » : soutenir le parti qu’il avait fondé et où milite sa fille, candidate du NDC pour les législatives, ou soutenir le parti de sa femme. « Lorsque je lui ai demandé pour lequel des deux il voterait, rapporte Joseph Nunoo-Mensah, il n’a pas pu me répondre. »



Via LeMonde Afrique

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le président Kaboré devrait négocier pour former sa majorité

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Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré face à ses partisans, à Ouadougou,  le 26 novembre.

Le parti du président Roch Marc Christian Kaboré, réélu pour un second mandat au Burkina Faso, n’a pas obtenu la majorité législative lors du double scrutin présidentiel et législatif du 22 novembre et devra négocier avec ses alliés et sans doute l’opposition pour obtenir une majorité à l’Assemblée.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est crédité de 56 sièges par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et n’atteint donc pas la majorité absolue qui est de 64 sièges, sur un total de 127.

Le parti de M. Kaboré, élu dès le premier tour de la présidentielle avec 57,87 % des suffrages, pourrait toutefois obtenir cette majorité avec l’aide de partis alliés. Il devrait ainsi faire appel au Nouveau temps pour la démocratie, le parti de l’actuel ministre des transports, Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a obtenu 13 sièges. D’autres petits partis, comme l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS) avec ses 5 sièges, le RPI (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pourraient venir en renfort, mais sans certitudes.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, représente la deuxième force politique avec 20 sièges. Son candidat, Eddie Komboïgo, était arrivé deuxième de la présidentielle, avec 15,48 % des suffrages. L’ex-parti au pouvoir devient ainsi la première formation de l’opposition, en lieu et place de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), de Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

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Arriver à un consensus

Vendredi, le président Kaboré avait annoncé sur Twitter avoir reçu les félicitations des principaux chefs de l’opposition, dont Zéphirin Diabré. Considéré jusque-là comme le chef de l’opposition, M. Diabré est arrivé en troisième position derrière le président Kaboré et Eddie Komboïgo. Ce dernier n’avait pas reconnu le résultat vendredi soir.

La communauté internationale a rencontré des représentants de l’opposition et de la majorité pour arriver à un consensus dans ce pays fragilisé par les attaques djihadistes et une crise économique provoquée par l’insécurité mais aussi le coronavirus.

« Notre classe politique a le devoir de donner le bon exemple, pour le salut du Burkina Faso et des générations futures », avait lancé M. Kaboré lors d’une soirée festive au siège de campagne de son parti.

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Discours rassembleur

Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a tenu un discours rassembleur, lançant des appels du pied à l’opposition.

« Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit, promettant une « concertation permanente » et « d’être le président de tous les Burkinabés, sans exception ».

Les éventuels recours doivent être déposés devant le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’Etat dans les sept jours à compter de l’annonce des résultats. Ces deux institutions doivent proclamer les résultats définitifs dans les quinze jours qui suivent l’expiration du délai imparti pour les recours.

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Pays sahélien pauvre et enclavé de 20,3 millions d’habitants, le Burkina Faso est en proie depuis 2015 à des attaques djihadistes récurrentes qui ont fait au moins 1 200 morts et plus d’un million de déplacés internes. Des pans entiers du territoire échappent au contrôle de l’Etat. Ce sera le principal chantier du second mandat du président Kaboré, réputé consensuel mais qui a aussi été taxé d’immobilisme dans la lutte contre les groupes djihadistes.

Le Monde avec AFP



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au moins 43 agriculteurs tués par Boko Haram

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La ville de Maiduguri se trouve à une dizaine de kilomètres de la rizière où a eu lieu l'attaque de Boko Haram, le 28 novembre 2020.

Au moins 43 agriculteurs ont été tués, samedi 28 novembre, par des djihadistes présumés de Boko Haram dans un champ du nord-est du Nigeria, selon deux responsables d’une milice pro-gouvernement. « Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés, et six personnes gravement blessées », a déclaré Babakura Kolo le responsable de ce groupe d’auto-défense.

Cette attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, au moment où se déroulent samedi les premières élections locales organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram dans cette région en 2009.

« C’est sans aucun doute l’œuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs », a déclaré M. Kolo qui a participé à l’évacuation des victimes. « Soixante ouvriers agricoles ont été engagés pour récolter le riz dans ce champ. Quarante-trois ont été abattus, et six autres blessés », a confirmé à l’AFP un autre milicien, Ibrahim Liman.

22 agriculteurs tués en octobre

Huit agriculteurs sont portés disparus et présumés kidnappés par les djihadistes, a ajouté cette source. Les corps des victimes ont été transférés dans le village de Zabarmari, à deux kilomètres de la rizière. Ils seront enterrés dimanche, a déclaré à l’AFP un habitant, Mala Bunu, qui a pris part aux opérations de secours.

En octobre, les combattants de Boko Haram avaient égorgé 22 agriculteurs qui travaillaient dans des champs situés non loin de Maiduguri dans deux attaques séparées.

Les attaques attribuées à Boko Haram et à la faction dissidente rivale Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ciblent de plus en plus fréquemment des bûcherons, éleveurs et pêcheurs. Ils les accusent d’espionner et de transmettre des informations aux militaires et milices qui combattent les violences jihadistes dans la région.

Plus de 36 000 personnes ont été tuées dans des violences depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, où plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Assassinat de Français au Niger : l’EI est parvenu à se « régénérer », selon des experts de l’antiterrorisme

Le Monde avec AFP



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L’Ethiopie annonce avoir pris le « contrôle » de la capitale du Tigré

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Addis-Abeba a annoncé samedi 28 novembre que l’armée fédérale avait pris le « contrôle » de Mekele, la capitale régionale du Tigré, désignée comme l’offensive ultime de l’opération militaire entamée il y a trois semaines dans cette région dissidente du nord de l’Ethiopie.

Dans un premier temps, Abiy Ahmed, le premier ministre éthiopien, a annoncé que l’armée était « entrée » dans cette ville, dont l’aire urbaine comptait quelque 500 000 habitants avant le début du conflit. « Nous avons réussi à entrer dans la ville de Mekele sans que d’innocents civils ne soient ciblés », a déclaré M. Abiy dans un communiqué diffusé par la télévision officielle éthiopienne, EBC.

Cette déclaration a été immédiatement suivie de celle du chef de l’armée, Berhanu Jula, qui a affirmé dans un message diffusé sur le même média que « les forces gouvernementales contrôl[ai]ent complètement Mekele ». M. Jula affirme également que l’armée « traque les membres du TPLF qui se cachent. »

Une tentative de contacter le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) n’a pas abouti, le TPLF n’étant pas joignable dans l’immédiat.

La vérification sur le terrain et de source indépendante des affirmations de l’un et de l’autre camp est difficile, le Tigré étant quasiment coupé du monde depuis le début du conflit.

« Plusieurs milliers de morts dans les combats »

Jeudi, le premier ministre éthiopien avait ordonné à l’armée d’enclencher la « dernière phase » de l’intervention démarrée le 4 novembre en ciblant Mekele, fief des dirigeants du TPLF – qu’il combat.

Après quarante-huit heures où rien ne filtrait quant à la situation sur place, les autorités tigréennes ont déclaré plus tôt ce samedi que des « tirs à l’arme lourde » avaient touché la capitale régionale, dans laquelle elles sont retranchées.

« Les prochains enjeux-clés sont de savoir quelles intentions et quelles capacités les forces tigréennes ont à continuer la résistance armée », a déclaré après l’annonce William Davison, de l’International Crisis Group (ICG). Il s’interroge également sur la façon dont les Tigréens vont « réagir face au gouvernement provisoire qui va être installé » par Addis-Abeba.

Aucun bilan précis des combats n’est disponible jusqu’à présent, mais l’ICG a estimé vendredi que « plusieurs milliers de personnes [étaie]nt mortes dans les combats ».

Les tensions entre M. Abiy et le TPLF n’ont cessé de croître depuis l’arrivée au pouvoir du premier ministre en 2018. Elles ont culminé avec l’organisation au Tigré, en septembre, d’un scrutin régional qualifié « d’illégitime » par Addis Abeba, puis avec l’attaque début novembre de deux bases de l’armée fédérale, attaque attribuée aux forces du TPLF – ce que dément ce dernier.

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Le Monde avec AFP



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