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Le « Wakashio » échoué sur les côtes de l’île Maurice s’est « cassé en deux »

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Vue aérienne du « Wakashio », à l’île Maurice, samedi 15 août.

Cela paraissait inéluctable depuis plusieurs jours. Le vraquier japonais Wakashio, qui s’est échoué sur une barrière de corail près de l’île Maurice dans l’océan indien, s’est « cassé en deux », selon les termes de son propriétaire Nagashiki Shipping, dimanche 16 août. Il était sur le point de se briser et déjà, samedi, un « morceau important » s’était détaché de la coque, selon le gouvernement mauricien.

Lorsque ce navire, battant pavillon du Panama et appartenant à un armateur japonais, s’est échoué sur un récif à la pointe d’Esny, au sud-est de l’île le 25 juillet, 3 800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel étaient contenues à bord. Une semaine après, entre 800 et 1 000 tonnes de fioul se sont échappées de ses flancs éventrés et ont souillé les côtes, dont des espaces protégés, des forêts de mangrove abritant des espèces menacées. Samedi, « vers 16 h 30, un détachement majeur de la section avant du navire a été observé », a déclaré, dans un communiqué, le Comité national de crise de l’île Maurice.

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Avant que le bateau ne se brise pour de bon, les équipes d’intervention ont mené une course contre la montre pour pomper le reste du carburant. Mais un reliquat de fioul – estimé à 100 tonnes par les autorités locales – encore contenu principalement dans la cale du bateau, s’est écoulé dès vendredi. « Selon les experts, ce genre de fuite était prévisible et est dû à la manière dont le bateau se tord et se déforme », a rapporté le comité de crise.

Le gouvernement mauricien a alors été accusé de négligence, la population se demandant pourquoi si peu avait été fait entre le moment où le Wakashio s’est échoué et l’apparition de la fuite. Le premier ministre, Pravind Jugnauth, a estimé qu’aucune erreur n’avait été commise et a refusé de présenter des excuses.

Après qu’il a sollicité l’aide de la France et qu’Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un dispositif d’aide et de soutien, c’est le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, qui s’est rendu sur place ce dimanche, pour « aider le gouvernement mauricien à lutter contre la pollution ». Sur BFM-TV, le ministre a dit craindre « l’arrivée de boulettes » de fioul sur les plages de l’île voisine, La Réunion : « on n’en est pas encore certains, c’est le scénario du pire. On doit s’y préparer. »

L’équipe de secours prévoit de remorquer les deux tiers avant de l’épave et de les couler au large pour éviter des dégâts supplémentaires. Selon l’AFP, « la partie restante du bateau est encore coincée dans le récif ». Les autorités ont aussi prévenu que les conditions météorologiques allaient se détériorer dans les prochains jours avec des vagues de 4,5 mètres de haut attendues.

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Des milliers de Mauriciens, d’écologistes, et de touristes volontaires se mobilisent fortement pour travailler ensemble et faire face à cette marée noire provoquée par l’échouement du Wakashio. « Nous sommes tous réunis pour sauver notre lagon », témoigne face caméra une jeune Mauricienne, dans une vidéo de Brut tournée le 11 août, avant que le bateau ne se brise complètement. Le proriétaire lui, s’est déclaré « profondément conscient de [ses] responsabilités » et a promis de répondre « sincèrement » aux demandes de compensation.

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Le Monde avec Reuters

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« L’Algérie s’est enfermée depuis 1962 dans une mémoire nationaliste »

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Une banderolle déployée à Bejaïa, le 26 mars 2019, lors d’une manifestation contre le président Abdelaziz Bouteflika.

Guy Pervillé est un historien spécialiste de la guerre d’Algérie, professeur émérite d’histoire contemporaine (retraité de l’université de Toulouse-Le Mirail depuis 2011). Il est notamment l’auteur d’une Histoire iconoclaste de la guerre d’Algérie et de sa mémoire (éd. Vendémiaire, 2018). Dans un entretien au Monde Afrique, il exprime son « scepticisme » quant aux perspectives d’une réconciliation mémorielle franco-algérienne, en raison de la « repentance » exigée de la France par le gouvernement algérien.

Comment voyez-vous le processus de réconciliation mémorielle que tentent d’amorcer les présidents Macron et Tebboune ?

Je suis assez sceptique. La difficulté vient de ce que l’Algérie s’est enfermée depuis l’indépendance dans une mémoire officielle qui prolonge la mémoire du parti nationaliste, celle du Front de libération nationale (FLN), conçue en temps de guerre. Il s’agit en quelque sorte de la continuation de la guerre par d’autres moyens. Je ne vois toujours pas le moindre signe d’un apaisement fondamental des relations franco-algériennes à propos de la mémoire de la guerre d’indépendance.

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Vous considérez que l’attitude de l’Algérie en matière mémorielle est guidée par la revendication de « repentance » adressée à la France. Quand cette revendication est-elle apparue ? Et peut-on réduire la position algérienne à cette requête ?

Cette revendication est apparue dans sa forme explicite lors de la création en mai 1990 de la Fondation du 8 mai 45, qui visait à commémorer la répression des manifestations du 8 mai 1945 [dans la région de Sétif]. Les statuts de cette fondation comportaient la revendication de reconnaissance par la France que sa répression a été un crime contre l’humanité et non pas un crime de guerre. Le gouvernement l’a adoptée en 1995 dans le contexte de tensions bilatérales croissantes liées à la « décennie noire », la guerre civile entre le pouvoir et les islamistes. A l’époque, Alger avait demandé à Paris de le soutenir politiquement dans sa lutte contre le péril islamiste. Or le gouvernement français hésitait, en particulier après l’élection de Jacques Chirac à la présidence, en 1995. Il était partagé entre le soutien inconditionnel au gouvernement algérien et l’encouragement à une négociation politique. C’est à ce moment-là qu’apparaît une campagne d’opinion visant à obtenir de la France une repentance pour « les crimes commis contre le peuple algérien ».

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ce tableau de Soulages qui fit « vaciller » Léopold Sédar Senghor

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Avec ses jeux de glacis, de transparences et de superpositions, c’est une toile classique des années 1950 de Pierre Soulages que la maison de ventes Caen Enchères propose samedi 23 janvier. La particularité de cette œuvre, estimée entre 800 000 et 1 million d’euros, est surtout sa provenance, puisqu’elle fut la propriété du poète-président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Ce tableau, en effet, a longtemps été accroché dans son bureau, d’abord à Paris puis dans son manoir de Verson, en Normandie, où il s’était retiré après avoir quitté le pouvoir. Sa femme, Colette, en hérita à sa mort en 2001, avant de le léguer elle-même à sa sœur à son décès, en 2019.

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C’est Georges Pompidou, camarade de prépa au lycée Louis-le-Grand, qui, le premier, initia Léopold Sédar Senghor à l’art de son époque. La légende ne dit pas s’il lui a présenté Pierre Soulages, dont il accrochera quelques années plus tard un tableau dans son bureau de Matignon. Toujours est-il qu’en décembre 1956, Senghor achète cette toile directement à l’artiste.

« La première fois que je vis un tableau de Soulages, ce fut un choc », écrit-il deux ans plus tard dans Les Lettres nouvelles : « Je reçus au creux de l’estomac un coup qui me fit vaciller, comme le boxeur touché qui soudain s’abîme. C’est exactement l’impression que j’avais éprouvée à la première vue du masque Dan. »

« L’expression la plus haute de la peinture pure »

Ce tableau, « chacun y lit ce qu’il veut, un idéogramme, un homme debout, un christ ou un totem », commente Agnès Sevestre-Barbé, experte de la vente. Le linguiste Pierre Encrevé dira de cette toile, comme des trois autres reprenant cette dense organisation de touches en bloc, qu’elles « affrontent de leur force d’imposition son regard comme pour en susciter un retour ».

Le chantre de la négritude ressent vite une affinité avec le maître du noir, en qui il croit déceler « un tempérament riche et généreux, un homme du XXe siècle, qui porte en lui le sens tragique de notre destin », un artiste qui, sans ignorer l’âme, « lui enlève ses vêtements d’emprunt, les niaiseries sentimentales, pour lui rendre la spiritualité ». En 1960, dans les Cahiers du musée de poche, Senghor va jusqu’à saluer en lui le « poète des temps nouveaux », qui a rempli sa mission de « nous divertir de la monotonie mortelle de la prose quotidienne ».

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Cette admiration au long cours culmine en 1974 avec l’organisation d’une exposition au Musée dynamique de Dakar. L’institution construite huit ans plus tôt avait pour vocation de montrer à la fois les arts classiques d’Afrique et l’art moderne international – Chagall et Picasso y précédèrent Soulages.

Lors de l’inauguration, où il se fait l’exégète précis de son travail, Senghor vante « l’expression la plus haute de la peinture pure », dont il espère qu’elle serve de modèle aux jeunes peintres sénégalais. « En effet, poursuit-il, nous n’avons jamais eu l’intention de les enfermer dans un ghetto culturel noir ; mais s’ils se laissent influencer, nous voulons que ce soit par des artistes dont l’art ait des affinités avec l’art nègre. »



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Etat d’urgence en République centrafricaine, où l’émissaire de l’ONU veut une hausse « substantielle » des casques bleus

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La République centrafricaine a décrété, jeudi 21 janvier, l’état d’urgence pour quinze jours sur l’ensemble du pays, majoritairement sous contrôle de groupes armés et où le président, Faustin Archange Touadéra, a été réélu officiellement lundi sur fond de nouvelle offensive rebelle.

Plus tôt dans la journée, l’émissaire de l’Organisationdes Nations unies (ONU) en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, a réclamé au Conseil de sécurité une « augmentation substantielle » du nombre de casques bleus déployés dans le pays, après les récentes attaques meurtrières des principaux groupes armés, qui occupent les deux tiers du territoire.

Une semaine avant le 1er tour, le 27 décembre, du scrutin présidentiel et des élections législatives, six des plus puissants groupes armés se sont alliés pour former la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et ont lancé une offensive contre le président Touadéra qui briguait un second mandat.

Depuis qu’ils ont juré de « marcher sur Bangui », les rebelles mènent des attaques sporadiques mais parfois violentes, généralement loin de la capitale, même si deux attaques simultanées d’environ 200 assaillants ont été repoussées le 13 janvier à Bangui.

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Les rebelles se heurtent jusqu’à présent à des forces bien supérieures en nombre et lourdement équipées : quelque 12 000 casques bleus de la force de maintien de la paix de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), présents depuis 2014, mais aussi des centaines de militaires rwandais et de paramilitaires russes dépêchés à la fin de décembre par leurs pays à la rescousse de M. Touadéra et d’une armée démunie.

« Les auteurs, coauteurs et complices présumés de ces crimes imprescriptibles commis contre le peuple centrafricain seront recherchés, arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes », a affirmé lundi au sujet de l’offensive rebelle le président Touadéra dans son premier discours depuis sa réélection officielle, tout en appelant à la réconciliation nationale.

« Grande désertion »

Dans ce contexte, « l’état d’urgence permet aux autorités de procéder à des interpellations sans forcément passer par le procureur de la République », a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) Albert Yaloké Mokpeme, porte-parole de la présidence de la République.

La demande d’augmentation du contingent de la Minusca devrait également aider le président Touadéra à asseoir son autorité, alors que le représentant de l’ONU en Centrafrique a déploré une « grande désertion » depuis décembre des forces de sécurité centrafricaines, qui impose des réformes.

« Il faut une stratégie d’aménagement du mandat » de la Minusca, a insisté Mankeur Ndiaye lors d’une visioconférence du conseil, organisée par les membres africains de cette instance sur demande de Bangui. M. Ndiaye n’a pas précisé le nombre de casques bleus supplémentaires souhaité pour la Minusca qui représente déjà l’une des plus grosses et coûteuses opérations de l’ONU dans le monde. Selon une source proche du dossier, la Minusca souhaiterait le renfort de 3 000 casques bleus avec des moyens aériens importants (drones, hélicoptères d’attaque, capacités de franchissement ou encore forces spéciales).

Mankeur Ndiaye a aussi réclamé une « prorogation de quelques mois » du contingent appelé en renfort en décembre de quelque 300 militaires rwandais détachés de la mission de paix menée au Soudan du Sud. A l’origine, ce renfort, plutôt rare à l’ONU, était prévu pour deux mois. L’émissaire a averti le conseil que « la menace pourrait durer », alors que la Minusca a déjà perdu sept casques bleus depuis le début de l’offensive rebelle.

Les forces de sécurité centrafricaines estimées à environ 2 600 militaires sont trop récentes et trop peu aguerries, et souffrent d’une trop faible chaîne de commandement et d’un manque de sanctions, a aussi relevé l’émissaire.

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Levée de l’embargo

« La résultante est la grande désertion observée lors des premiers assauts des rebelles », a-t-il précisé. Selon une source diplomatique, seuls près de 300 militaires centrafricains ont été déployés après l’annonce en décembre de l’offensive des rebelles. « C’était la débandade », les militaires ont fui, déposé les armes ou se sont réfugiés dans les camps de casques bleus, a précisé cette source.

Les forces de sécurité en République centrafricaine sont principalement formées, depuis longtemps, par l’Union européenne et des instructeurs russes.

Devant le Conseil de sécurité, la ministre des affaires étrangères centrafricaine, Sylvie Baïpo-Temon, s’est livrée à un plaidoyer pour « la levée totale de l’embargo sur les armes lourdes » imposé à son pays. Il crée « un déséquilibre dans le rapport de forces sur le terrain » alors que les groupes armés continuent de s’approvisionner, a-t-elle lancé.

La question continue cependant de diviser le Conseil de sécurité. La Chine et la Russie ont soutenu jeudi cette demande, mais les Occidentaux ont répété leurs réticences à voir un afflux d’armes risquer de tomber entre de « mauvaises mains » dans le pays.

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Le Monde avec AFP



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