D’ici la fin novembre, 10 000 exemplaires du Véligo seront disponibles, et la région espère bien porter cette quantité à 20 000 en 2020.
D’ici la fin novembre, 10 000 exemplaires du Véligo seront disponibles, et la région espère bien porter cette quantité à 20 000 en 2020. William Beaucardet / IDFMobilites

Voilà ce qui s’appelle un marché hautement concurrentiel. Des milliers de Véligo, vélos à assistance électrique bleu turquoise, font leur apparition ce 11 septembre dans les villes de l’agglomération parisienne. Au même moment, Smovengo, opérateur des 15 000 Vélib’vert et bleu franciliens, annonce avoir dépassé pour la première fois, le 3 septembre, les 100 000 locations en une journée. Et Uber continue de déployer dans Paris ses 4 000 vélos écarlates baptisés Jump.

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Ce mercredi, Valérie Pécresse, présidente (ex-LR) de la région, devait présenter, à Châtillon (Hauts-de-Seine), le Véligo, proposé à la location aux habitants de l’Ile-de-France. Contrairement aux vélos en libre-service, que l’on emprunte dans une station, ce nouveau venu se loue pour une durée de six mois minimum, charge à l’usager de l’entreposer chez lui.

D’ici la fin novembre, 10 000 exemplaires seront disponibles, et la région espère bien porter cette quantité à 20 000 l’an prochain. Après réservation sur le site veligo-location.fr, les vélos sont à récupérer dans l’un des 250 points de retrait de la région, notamment les bureaux de poste ou les parkings Urbis Park.

La batterie, dont l’autonomie annoncée est de 70 kilomètres, se recharge sur une prise simple. En plus du vélo, les usagers peuvent louer un casque, un siège pour bébé à attacher au porte-bagages et un mini-casque pour ledit enfant. Comparé au prix d’achat d’un vélo à assistance électrique, environ 1 500 euros pour une qualité correcte, le tarif de location du Véligo demeure intéressant, 40 euros par mois, entretien inclus. La moitié de cette somme peut en outre être remboursée par l’employeur.

En cas de vol, il leur en coûtera 1 200 euros

Les utilisateurs sont responsables de leur vélo. En cas de vol, il leur en coûtera 1 200 euros. Fluow, l’opérateur du Véligo, qui réunit quatre entreprises, La Poste, le groupe de transport Transdev, le spécialiste de la maintenance Vélogik et le prestataire de services Cyclez, propose une assurance mensuelle.

La région se félicite déjà du succès du nouveau venu. Avant même la mise en service, 1 500 personnes s’étaient pré-inscrites. La structure des premiers abonnés laisse présager un usage très différent de celui du Vélib’. Parmi eux, 77 % vivent dans les départements de petite ou de grande couronne, et 23 % à Paris. A l’inverse, alors que les stations Vélib’sont déployées dans 55 communes d’Ile-de-France, 80 % des trajets sont effectués à Paris, indique Smovengo.

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Le Vélib’, comme ses homologues à Bordeaux, Lyon ou Nantes, convient aux courts trajets urbains et séduit les touristes. Le Véligo aura en revanche vocation à arpenter la petite et la grande couronne. En région parisienne, plus on s’éloigne du cœur de l’agglomération, plus il est fréquent de disposer d’un garage ou d’une cour pour entreposer son vélo.

Avec ce service, ainsi que la création de parkings sécurisés et le financement de pistes cyclables, Mme Pécresse espère « tripler, d’ici 2021, la part des trajets à vélo, qui s’élève à seulement 1,6 % aujourd’hui ». La région entend ainsi limiter la pollution, la sédentarité, mais aussi soulager les transports publics de leur congestion chronique.

La bataille du vélo

Mais une fois que l’on a loué, ou acheté, une bicyclette, encore faut-il se sentir suffisamment en sécurité pour s’aventurer dans la dense circulation francilienne. Les pistes cyclables séparées manquent encore cruellement. Ou lorsqu’elles existent, elles ne sont pas toujours entretenues, ni indiquées par des panneaux de signalisation.

La plupart des ponts qui traversent la Seine, la Marne ou l’Oise, sont aménagés pour la seule circulation motorisée. Passer le carrefour Pompadour, dans le Val-de-Marne, constitue un exercice périlleux. Dans les Hauts-de-Seine, la D920, qui relie, en ligne droite, Antony à Paris, s’apparente à une autoroute urbaine.

Le Collectif vélo Ile-de-France, qui rassemble 29 associations locales, plaide pour la constitution d’un réseau structurant, le « RER V », comme vélo. « Dans les départements de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et à Paris, ainsi qu’à la région ou à la métropole du Grand Paris, la volonté d’encourager les déplacements à vélo est claire », constate Alexis Frémeaux, son président. « Et avant les élections municipales, les communes se sentent un peu obligées de s’y mettre », ajoute-t-il.

Une semaine avant le lancement du Véligo par Mme Pécresse, Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris, a inauguré, devant les caméras et sur un Vélib’, le nouveau réseau cyclable parisien. Qui aurait imaginé, il y a quelques années, que la concurrence entre ces deux rivales politiques se matérialiserait sur un vélo ?

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