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le Maroc à la manœuvre dans la zone tampon de Guerguerat

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Une photo publiée par la page Facebook de l’Armée royale du Maroc, le 13 novembre 2020, montre des membres du Front Polisario, près de la frontière mauritanienne à Guerguerat, au Sahara occidental.

Le Maroc mène des travaux de remblai dans la zone tampon de Guerguerat, dans l’extrême sud du Sahara occidental, sur la seule route menant à la Mauritanie et dans un contexte de tensions avec les indépendantistes du Front Polisario, a constaté un correspondant de l’AFP. Mercredi 18 novembre, des engins s’affairaient le long de la piste de sable qui conduit à la frontière, tandis que des poids lourds circulaient dans les deux sens.

Le royaume a déjà achevé la construction d’un mur de sable jusqu’à la frontière avec la Mauritanie, selon le premier ministre Saad-Eddine El Othmani. L’objectif de ce mur est de « sécuriser définitivement le trafic civil et commercial sur la route de Guerguerat », a-t-il dit dans un entretien à l’agence Reuters partagé mercredi sur son compte Twitter et sur le site de son parti. Cet axe routier est essentiel pour le commerce vers l’Afrique de l’Ouest, notamment pour le transport de fruits et de légumes en provenance du Maroc.

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Après trente ans de cessez-le-feu, le Front Polisario a décrété vendredi « l’état de guerre », en réaction à une opération de l’armée marocaine dans la zone tampon de Guerguerat pour rétablir le trafic routier coupé par des indépendantistes sahraouis. Pour le Polisario, l’intervention marocaine à Guerguerat a sonné le glas du cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’ONU après quinze ans de combats. Les autorités marocaines n’ont pas annoncé le retrait de leurs troupes.

Echanges de tirs ponctuels

Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976 par les indépendantistes, met en garde « tous les Etats du monde pour qu’ils s’abstiennent de toute activité quelconque sur le territoire national sahraoui, qui connaît une situation de guerre ouverte ». « Notre peuple subit une guerre et par conséquent, il se réserve le droit légitime de se défendre conformément au droit international », poursuit le communiqué. La RASD « affirme toutefois être ouverte à tous les efforts africains et internationaux pour un règlement pacifique du conflit ».

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Le roi du Maroc, Mohammed VI, a pour sa part affirmé lundi son « attachement au cessez-le-feu », tout en avertissant qu’il demeurait « fermement déterminé à réagir, avec la plus grande sévérité et dans le cadre de la légitime défense, contre toute menace » à la sécurité de son pays, incluant implicitement la zone du Sahara contrôlée par Rabat. Concernant Guerguerat, le souverain a précisé que son pays avait « rétabli la situation, réglé définitivement le problème et restauré la fluidité de la circulation », selon un communiqué publié après un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Les Nations unies se sont plusieurs fois inquiétées des échanges de tirs ponctuels qui ont opposé les deux camps le long du mur de défense marocain scindant sur 2 700 km l’immense territoire désertique. Elles continuent d’exhorter les parties en conflit à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire baisser la tension, revenir au statu quo et reprendre un processus de règlement politique.

Le Monde avec AFP



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Afrique

Roch Marc Christian Kaboré en tête des résultats partiels

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Des urnes stockées dans un centre local de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Ouagadougou le 24 novembre 2020.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, qui brigue un second mandat, devançait mercredi 25 novembre ses adversaires, selon les résultats partiels de la présidentielle du 22 novembre annoncés au compte-gouttes par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Selon les résultats provisoires de 196 communes, ambassades et consulats généraux (sur 368), égrenés par la CENI, M. Kaboré a recueilli 58,14 % des voix, contre 14,25 % pour le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, et 13,62 % pour Eddie Komboïgo, le président de l’ancien parti au pouvoir.

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Le président Kaboré, souvent taxé « d’immobilisme » face aux attaques djihadistes, vise comme en 2015 une victoire au premier tour de ce scrutin considéré comme le plus ouvert de l’histoire du Burkina Faso, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest qui a connu de multiples coups d’Etat depuis son indépendance. Une victoire dès le premier tour lui permettrait d’éviter un second tour contre un candidat soutenu par l’ensemble de l’opposition.

Sous haute tension sécuritaire

Le double scrutin présidentiel et législatif s’est déroulé dimanche sous haute tension sécuritaire, le pays vivant ses heures les plus sombres depuis l’indépendance, miné par des attaques de groupes djihadistes qui ont fait au moins 1 200 morts en cinq ans.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, Mohamed Ibn Chambas, s’est félicité mercredi du « déroulement pacifique du processus électoral », après une entrevue avec le président Kaboré. Il a aussi évoqué les protestations de l’opposition qui ont menacé de ne pas reconnaître les résultats.

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« Le processus n’est pas encore achevé. Les Nations unies s’associent aux efforts de la Cédéao [Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest], de l’Union africaine [UA] et de l’OIF [Organisation internationale de la francophonie] pour encourager vivement les acteurs politiques à permettre la poursuite du processus électoral dans les meilleures conditions et à recourir aux voies constitutionnelles et légales existantes pour régler les contentieux éventuels », a-t-il précisé.

Une mission tripartite de la Cédéao, de l’ONU et de l’UA, présente au Burkina Faso pour observer le scrutin, a de son côté rencontré des membres de l’opposition et de la majorité pour une « diplomatie préventive », selon un membre de la mission.

Des « fraudes » selon l’opposition

L’opposition burkinabée a estimé lundi que le scrutin était « émaillé de fraudes » et a menacé de « ne pas accepter des résultats entachés d’irrégularités ». Elle avait déjà affirmé, à la veille du scrutin, qu’une « fraude massive » était en préparation.

Parmi les griefs cités par l’opposition figurent la non-ouverture ou l’ouverture tardive de bureaux de vote, le transport non sécurisé des urnes, le manque de matériels ou de personnels ou encore la modification arbitraire de la cartographie des bureaux de vote.

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Les partis de la majorité présidentielle ont appelé mardi au « respect des résultats » du scrutin, considérant que « les insuffisances relevées, bien que regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative le résultat du scrutin ».

Une manifestation de l’opposition, initialement prévue mercredi matin devant le centre de compilation et de consolidation des résultats, a finalement été annulée. Les élections n’ont pas pu se dérouler sur au moins un cinquième du territoire, privant entre 300 000 et 350 000 personnes de vote, selon la commission électorale.

Le Monde avec AFP



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En Algérie, une peine de prison ramenée à un an pour un militant du Hirak accusé d’« offense à l’islam »

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Lecture du Coran à la mosquée Ennidal à Alger, en février 2015.

Accusé notamment d’« offense à l’islam », le militant algérien Yacine Mebarki s’était vu infliger une peine de dix ans de prison en première instance, en octobre. Jugé en appel, mercredi 25 novembre, il a vu sa peine fortement réduite. Il a été condamné à un an de prison par la cour d’appel de Khenchela et à une amende de 50 000 dinars (330 euros), a précisé son avocat, Hachem Saci, sur son compte Facebook.

Engagé localement dans le mouvement de protestation populaire du Hirak, le militant berbériste a été reconnu coupable d’« offense aux préceptes de la religion [musulmane], d’incitation à la discrimination et de possession sans autorisation de matériel de guerre », selon son avocat. En revanche, il a été relaxé des chefs d’inculpation plus graves de « profanation » du Coran, d’« incitation à convertir un musulman à une autre religion » et de « pression sur un musulman pour l’inciter à renoncer sa religion », a précisé Me Saci.

Le militant, qui avait été arrêté le 30 septembre après une perquisition à son domicile, devrait sortir de prison le 1er octobre 2021.

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Vague de répression

Le 10 octobre, Yacine Mebarki, 52 ans, avait été condamné à dix ans d’emprisonnement et à verser une lourde amende de 10 millions de dinars (66 000 euros) par le tribunal de Khenchela. En appel, le parquet avait requis la même peine de prison, la plus lourde ayant jamais visé un activiste du Hirak, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), association de soutien aux prisonniers d’opinion.

Cette condamnation s’inscrit dans une vague de répression, qui cible militants prodémocratie, opposants politiques, journalistes et blogueurs et vise à briser le mouvement de contestation et empêcher la reprise du Hirak, suspendu par la pandémie du Covid-19. Pas moins de 90 personnes sont actuellement emprisonnées pour des faits liés à la contestation en Algérie, la plupart pour des publications sur Facebook, selon le CNDL.

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Un autre partisan du Hirak, Walid Kechida, 25 ans, en détention depuis le 27 avril à Sétif (nord-est), est également poursuivi pour « offense aux préceptes de l’islam », en plus de deux autres chefs d’inculpation. Il lui est notamment reproché d’avoir publié sur les réseaux sociaux des mèmes – images virales comiques ou satiriques – touchant à la religion, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) son avocat, Moumen Chadi.

En juin, la militante féministe Amira Bouraoui avait été reconnue coupable de six chefs d’accusation, dont « offense à l’islam », et condamnée à un an de prison ferme. Elle est en liberté provisoire depuis juillet et son procès en appel est prévu le 17 décembre.

Liberté de conscience ?

La loi punit de trois à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende « quiconque offense le Prophète ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen ». La profanation « volontaire et publique » du Livre sacré est quant à elle passible de cinq à dix ans de prison.

Les autorités « veulent gagner en crédibilité avec la force et la répression. Tu parles, tu vas en prison, tu penses, tu vas en prison ! », s’indigne Oussama Azizi, un ami de Yacine Merbaki.

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« La condamnation de M. Mebarki est extrêmement grave. Elle montre à quel point les autorités judiciaires sont en train de réprimer les activistes », avait réagi Amna Guellali, responsable d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, après la peine infligée en première instance.

La nouvelle Constitution, approuvée lors d’un référendum très largement ignoré par la population le 1er novembre, ne mentionne plus la liberté de conscience comme dans la précédente version. Pour Mme Guellali, cette suppression « consacre les limites de la liberté de conscience qui existent déjà dans la loi algérienne ».

Le Monde avec AFP



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Au Mali, quand Taoudéni, l’ancien bagne, se rêve en « pôle économique »

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A Taoudeni en 2000.

LETTRE DU MALI

Pour ceux qui rêvent de visiter Mars et qui, comme à peu près l’ensemble de la planète, n’ont ni les moyens ni les compétences techniques pour se construire le vaisseau spatial nécessaire, il existe une formule plus économique : envisager un voyage à Taoudéni, à l’extrême Nord du Mali.

Pour cela, il faudra tout d’abord trouver à Tombouctou un véhicule tout-terrain robuste, puis une solide escorte chargée de votre protection et enfin mettre le cap plein Nord en roulant pied au plancher sur 800 kilomètres afin d’éviter de se faire enlever par les djihadistes du Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin (JNIM, ou Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, GSIM), ou leurs sous-traitants. Après quarante-huit heures de voiture, les dunes de sable rouge de cette partie extrêmement aride du Sahara s’offriront à vous.

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Pour nombre de Maliens, le nom de Touadéni résonne encore comme un cauchemar. C’est là que le dictateur Moussa Traoré, au pouvoir entre 1968 et 1991, avait fait construire son bagne. Une prison qui n’avait pas besoin de barreaux et où les pensionnaires à vie étaient chargés, à coups de trique, de récolter le sel des mines à ciel ouvert environnantes. Inutile de penser à s’échapper, le désert et les 50 °C en pleine journée étant le meilleur des filets pour retenir tous ceux qui pouvaient imaginer un instant se faire la belle.

Grain de folie

Lors de ces trente dernières années, Moussa Traoré est tombé, le bagne a fermé, l’Etat a déserté, les rébellions ont prospéré et les groupes djihadistes se sont implantés. Pour répondre aux revendications des Arabes bérabiches qui habitent la zone, une région administrative a été créée – la plus vaste et la moins peuplée du Mali – mais aucun gouverneur, aucun fonctionnaire n’est jamais venu s’installer.

Autant dire qu’il faut beaucoup d’espoir et un sérieux grain de folie pour lancer ici un projet d’envergure. Avec l’appui de la Banque mondiale, de la coopération allemande (GIZ) et du gouvernement malien, Moulaye El Oumrany, le neveu du doyen de la communauté bérabiche, s’est mis en tête de « repeupler » cette capitale fictive dont les habitants sont partis par « commodité » et d’en faire un « pôle économique ».

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Revenu il y a deux ans d’Allemagne, il a notamment imaginé de construire sur cette terre infertile, où les rares points d’eau sont salés, une ferme semi-automatisée. « Du fait de la situation au Mali, le projet a pris un peu de retard mais nous allons maintenant commencer la réalisation », assure le directeur de l’ONG Paix et Progrès. « Quand on a commencé, cela relevait de l’utopie mais d’autres partenaires, comme les Nations unies et l’ambassade de France, commencent à nous suivre », souligne Moulaye El Oumrany.

Avant de démarrer, il a fallu tout d’abord mener des études géophysiques, hydrauliques, sociologiques, économiques. Chargé de la partie prospective, Ali Niang, qui n’est pas du genre à se décourager à la première difficulté venue, raconte avec humour : « Je ne sais pas combien de consultants nous avons embauchés. Ils disent oui et une fois rentrés chez eux vous appellent le lendemain pour dire qu’ils abandonnent. A Touadéni, les gens s’amusent en disant qu’ils n’ont jamais vu un étranger deux fois. »

« Modèle israélien »

Avant de voir plus grand, le projet agricole devrait débuter sur une surface de 4 hectares. « Nous avons conçu une ferme adaptée à son milieu en s’inspirant du modèle israélien avec des palmiers dattiers arrosés par goutte-à-goutte. Mais avant que ceux-ci soient arrivés à maturité dans trois-quatre ans et que les populations puissent vendre les fruits, nous avons débuté avec des activités de maraîchage, avec des plantations d’aubergines, de piments, de pommes de terre et de gombos », expliquent Moulaye El Oumrany et Ali Niang.

Pour accéder à la terre arable, il faut d’abord retirer 80 centimètres de sable, puis corriger l’acidité du sol à la chaux. L’élevage de chèvres monté en parallèle permet de fournir de l’engrais organique.

Lire l’entretien « La crise que traverse le Mali signe aussi l’échec de décennies d’intervention internationale »

« L’objectif est de réinsérer des ex-combattants, mais pour l’instant pas un seul n’est venu », s’esclaffe Ali Niang. Le lieu est cependant protégé par les anciens rebelles du Mouvement arabe de l’Azawad qui ont perçu l’intérêt économique du projet. Celui-ci peut déjà se targuer de n’avoir rencontré aucun incident sécuritaire. « Nos vrais clients sont les communautés bénéficiaires. Si elles sont contentes de notre travail, c’est le meilleur moyen d’être en sécurité », constate-t-il. Les premières récoltes sont attendues pour le mois de septembre 2021.

Retrouvez ici toutes les lettres de nos correspondants.



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