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L’ancien chef de guerre congolais Roger Lumbala arrêté à Paris

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Roger Lumbala à Kampala, en janvier 2013, à l’époque où il était vice-président du mouvement rebelle M23.

Roger Lumbala a passé le Nouvel An dans une prison française. A 62 ans, cet ancien seigneur de guerre congolais soupçonné par les Nations unies de massacres de civils – mais aussi de viols, de torture, de cannibalisme et de pillages –, a été arrêté en pleine rue à Paris le 29 décembre 2020 par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH).

A l’issue d’une garde à vue de quatre-vingt-seize heures, en partie passée dans une chambre sécurisée de l’Hôtel-Dieu en raison d’un état de santé précaire, M. Lumbala a été mis en examen, samedi 2 janvier, pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de crimes contre l’humanité » et « complicité de crimes contre l’humanité ».

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Les faits reprochés à l’ancien chef de guerre se sont déroulés entre 2000 et 2003 dans les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). A l’époque, Roger Lumbala est à la tête du Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N), un mouvement rebelle soutenu par l’Ouganda voisin.

La deuxième guerre du Congo (1998-2003), un conflit régional meurtrier, fait rage. Le rebelle, qui règne par la terreur sur une région reculée et difficile d’accès, profite du conflit pour orchestrer l’exploitation des minerais (or et diamants notamment) et les tueries de civils, le braconnage d’éléphants, selon plusieurs témoins congolais et étrangers.

Pillages, viols, meurtres

« Il était général, avait les armes, l’argent et administrait sa zone avec une sorte de gouvernement et une armée brutale capable de tuer sans raison », se souvient un activiste du Haut-Uélé. D’après un humanitaire occidental, Roger Lumbala s’était montré particulièrement menaçant envers une ONG suisse qui tenait la seule pharmacie opérationnelle de la région. Un établissement qui fut pillé et saccagé par des combattants sous ses ordres, privant ainsi la population de soins. Or, une grande partie des millions de victimes du conflit sont mortes de maladies et de faim.

Les hommes du RCD-N ont également été impliqués dans l’opération « Effacer le tableau » lancée en octobre 2002 avec des éléments du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba pour conquérir un territoire contrôlé par un groupe ennemi. Les équipes onusiennes évoquent, dans un rapport de février 2003, « un schéma de pillage, de meurtre et de viol comme tactique de guerre ».

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« L’accès aux archives est central pour que les jeunes Algériens et Français s’approprient leur passé »

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Aux archives du fort de Vincennes en octobre 2001, où sont rassemblées les archives sur la guerre d’Algérie.

Tribune. Emmanuel Macron a accusé réception, le 20 janvier, du rapport qu’il avait demandé à l’historien Benjamin Stora sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie. Aucun des présidents de la République qui l’ont précédé depuis 1962 n’a affronté cet enjeu mémoriel.

Le général de Gaulle s’est employé à détourner les Français de cette page douloureuse de notre histoire en ravivant la mémoire de la Résistance incarnée par Jean Moulin et les martyrs du mont Valérien, et a renoncé, en juin 1968, à ce que l’amnistie ne s’applique pas à tous les actes des jusqu’au-boutistes de l’Algérie française responsables du putsch de 1961 et des crimes de l’OAS (pour Organisation de l’armée secrète). Georges Pompidou a voulu faire oublier les temps où « les Français ne s’aimaient pas ». Valéry Giscard d’Estaing a réintégré dans sa majorité une partie de la droite antigaulliste qui n’avait pas accepté l’indépendance de l’Algérie.

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Elu président, François Mitterrand s’est tenu à l’écart de cet épisode de la décolonisation où il n’avait pas été particulièrement lucide comme ministre de l’intérieur en 1954, et, où, bien avant de promouvoir l’abolition de la peine de mort en 1981, il l’avait préconisée largement comme ministre de la justice du gouvernement Guy Mollet. Jacques Chirac a échoué dans son pari impossible d’obtenir à la fois un « traité d’amitié » avec l’Algérie et une loi enjoignant aux enseignants de montrer les « aspects positifs de la colonisation ». Nicolas Sarkozy a fait du « refus de la repentance » l’un de ses thèmes favoris. Enfin, François Hollande – malgré les conseils de Benjamin Stora – n’a fait sur ce sujet que de petits gestes trop timides.

Emmanuel Macron, lui, s’en est distingué, avant même son élection, en 2017, en s’en prenant au système colonial lors d’un déplacement à Alger, puis en affirmant à plusieurs reprises au début de sa présidence vouloir s’atteler à cet enjeu mémoriel qui entrave les relations entre les deux pays.

Eclatement des groupes mémoriels

Le rapport que Benjamin Stora a remis au président a le mérite d’aborder les traces des mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie dans la France d’aujourd’hui qui polluent aussi la perception idéologique d’une partie des problèmes de la société française. Il pointe le fait que, dans les années 1960 à 1980, il fallait en France « oublier » l’Algérie, effacer, pour certains, le traumatisme de l’exil, dépasser, pour d’autres, les sentiments de honte ou de culpabilité. Tandis que l’évolution autoritaire de l’Algérie indépendante plongeait la fraction minoritaire de l’opinion qui avait soutenu l’indépendance dans un état de sidération.

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Dix ans après les « printemps arabes », que reste-t-il des soulèvements populaires ?

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Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant tunisien, s’immole devant le gouvernorat de Sidi Bouzid : c’est le premier geste de ce qui allait devenir un véritable big bang géopolitique. Egypte, Yémen, Libye, Bahreïn, Syrie…, l’effet domino est quasi immédiat et sidérant. L’espérance révolutionnaire, portée par les flashs d’information trépidants de la chaîne Al-Jazira, galvanise le monde arabe.

Où en sommes-nous dix ans plus tard ? Si le renouveau espéré n’a pas eu lieu, la réplique de 2019 ouvre de nouvelles perspectives. Du Maroc au Yémen, les peuples aspirent toujours à des changements radicaux.

Correspondant du Monde à Beyrouth et pour le Proche-Orient depuis 2014, Benjamin Barthe répond à vos questions.

Nos articles sur les dix ans des « printemps arabes »



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l’Allemagne va utiliser le traitement vanté par Trump

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La pandémie a fait plus de 2,12 millions de morts dans le monde depuis la fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’Agence France-Presse (AFP). Les Etats-Unis sont de loin le pays comptant officiellement le plus de morts (417 441), suivis par le Brésil (216 445), l’Inde (153 339), le Mexique (149 084) et le Royaume-Uni (97 329).

Quant à la vaccination, elle progresse de manière inégale. Au moins 61,7 millions de doses de vaccins ont été administrées dans le monde. Si 64 pays ou territoires ont entamé leur campagne de vaccination, treize d’entre eux concentrent plus de 90 % des doses injectées.

  • L’Allemagne va utiliser le traitement vanté par Trump

L’Allemagne va devenir le premier pays de l’Union européenne à utiliser le traitement expérimental à base d’anticorps de synthèse administré à Donald Trump. « Le gouvernement a acheté 200 000 doses pour 400 millions d’euros », a déclaré le ministre de la santé, Jens Spahn, ce qui représente 2 000 euros par dose, que les malades recevront gratuitement.

Deux déclinaisons de ce traitement à base d’anticorps « monoclonaux » seront utilisées dans des hôpitaux universitaires la semaine prochaine. Elles ont été approuvées en novembre aux Etats-Unis mais n’ont pas encore reçu le feu vert des autorités européennes de régulation.

  • La Suède interdit l’entrée depuis la Norvège

La Suède a interdit dimanche, pour trois semaines, l’entrée sur son territoire depuis la Norvège, après l’apparition d’un foyer de variant anglais du coronavirus près d’Oslo. La mesure entre en vigueur à partir de lundi 25 janvier minuit et jusqu’au 14 février, date à laquelle ont également été prolongées les interdictions d’entrée depuis le Royaume-Uni et le Danemark, annoncées le mois dernier.

« Comme les boutiques et les magasins d’alcool norvégiens sont fermés, il y a un risque que les Norvégiens viennent en Suède et contribuent à des contagions et à la constitution de regroupements », a affirmé le ministre suédois de l’intérieur, Mikael Damberg, lors d’une conférence de presse. Des exceptions, notamment pour les personnes habitant et travaillant en Suède, sont toutefois prévues.

  • Des milliers de manifestants contre les restrictions à Madrid et à Copenhague

Des manifestants contre les mesures restrictives liées au Covid-19, à Copenhague, le 23 janvier.

En Espagne, des milliers de personnes ont manifesté, samedi 23 janvier, dans le centre de Madrid contre les mesures restrictives du gouvernement pour contenir l’épidémie et ont dénoncé la « tromperie » d’un virus qui, selon certains manifestants, « n’existe pas ». Aux cris de « Liberté ! » et dans une ambiance hostile à la presse, des milliers de personnes ont défilé de la gare d’Atocha à la Plaza Colon.

De nombreux manifestants ne portaient pas de masques, malgré l’obligation légale de le porter en permanence sur la voie publique et au milieu de la troisième vague, qui a fait plus de 400 morts par jour cette semaine. Pour tenter d’enrayer la pandémie, le gouvernement a décrété un couvre-feu nocturne et la restriction de la mobilité entre les régions. Dans celle de Madrid, les hôtels doivent, désormais, fermer à 21 heures.

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Une mobilisation semblable s’est déroulée également à Copenhague au Danemark, samedi en fin de soirée, où un groupe radical a organisé une manifestation antirestrictions, durant laquelle un mannequin à l’effigie de la première ministre, Mette Frederiksen, a été brûlé. Sept personnes ont été arrêtées parmi les quelques centaines rassemblées.

Baptisé « Men in Black Danemark », ce groupe actif sur Facebook organise des manifestations depuis plus d’un mois contre la « coercition » et la « dictature » du semi-confinement anti-Covid en place au Danemark. Malgré une tonalité radicale de manifestants vêtus de noir, l’essentiel du défilé s’est déroulé dans le calme, avec un important encadrement de police. Mais des tensions sont apparues lors de la dispersion de la manifestation, avec notamment des jets de bouteilles sur les forces de l’ordre.

  • L’Egypte entame sa campagne de vaccination

L’Egypte a entamé dimanche sa compagne de vaccination avec le produit du groupe pharmaceutique chinois Sinopharm, a annoncé samedi le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi. Le pays, le plus peuplé du monde arabe avec quelque 100 millions d’habitants, a reçu ses premiers lots de vaccins en décembre. Le laboratoire chinois affirme que son vaccin est efficace à 79 %.

La ministre égyptienne de la santé, Hala Zayed, avait, par ailleurs, précisé début janvier que son pays recevrait également des doses du vaccin du fabricant britannique AstraZeneca. L’Egypte a enregistré plus de 160 000 cas du Covid-19, dont 8 850 morts. Des responsables du secteur de la santé estiment, cependant, que du fait du faible nombre de tests, le nombre réel des contaminations pourrait être au moins dix fois supérieur.

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  • Brésil : l’Amazonas impose un confinement de sept jours

L’Etat d’Amazonas au Brésil, confronté à une nouvelle vague épidémique, a décidé samedi d’imposer un confinement et d’interdire la vente des biens non essentiels pour tenter d’endiguer une forte hausse des contaminations et des décès. Ces nouvelles mesures de restriction, qui font suite à dix jours de couvre-feu nocturne, seront en vigueur « pour sept jours à partir du 25 janvier », ont précisé les autorités locales dans un communiqué.

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Une seule personne par foyer sera autorisée à se rendre dans les établissements ouverts au public, et seules les livraisons de produits essentiels seront autorisées. L’Etat d’Amazonas, qui compte 4,2 millions d’habitants, souffre d’un manque d’unités de soins intensifs et d’oxygène.

Notre sélection d’articles sur le Covid-19

Le Monde avec AFP



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