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L’absence du président Tebboune plonge l’Algérie dans la léthargie

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A Alger, le 26 octobre.

La première vague de Covid-19 avait mis fin aux manifestations en Algérie ; la deuxième plonge le sommet de l’Etat algérien dans la léthargie. Vingt-huit jours après son admission à l’hôpital militaire d’Aïn Naadja, près d’Alger, puis son évacuation vers l’Allemagne le 28 octobre, le président Abdelmadjid Tebboune n’a toujours pas réapparu. Sa dernière apparition publique remonte au 15 octobre et le plus grand secret – d’Etat – entoure sa santé.

Les rumeurs orchestrées sur son « retour imminent » ont pour l’instant fait long feu. Il « reviendra sain et sauf, bientôt, en Algérie », assure Slimane Chenine, le président, islamiste, de l’Assemblée nationale. Tout juste sait-on qu’il aurait été contaminé par le coronavirus, selon les communiqués laconiques de la présidence. Lesquels réveillent, en Algérie, le spectre d’une vacance du pouvoir telle que l’avait connue le pays lors des hospitalisations à l’étranger de son prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika.

« Sommes-nous condamnés à n’être dirigés que par des grabataires ou des malades ? », s’interrogeait Mohcine Belabbas, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un parti d’opposition, à l’annonce de l’évacuation de M. Tebboune vers l’Allemagne. L’Algérie serait-elle à nouveau rendue à la situation politique qui prévalait en décembre 2005, quand Abdelaziz Bouteflika avait été envoyé une première fois à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, comme s’en inquiète l’opposant ? Voire dans une configuration encore plus difficile ?

« Mur administratif »

Cette absence du nouveau chef de l’Etat s’inscrit dans le contexte d’une crise protéiforme. Sanitaire, d’abord : l’Algérie, plutôt épargnée par la première vague de Covid-19 au printemps, est désormais frappée de plein fouet par la résurgence de la pandémie. Financière, ensuite : le pays, dont les revenus sont essentiellement tirés de cours d’hydrocarbures en plein marasme, attend toujours les réformes structurelles maintes fois promises qui le sortiraient de sa dépendance aux richesses volatiles de son sous-sol.

« Sauf qu’à l’image de la santé du président, dont je souhaite évidemment et humainement un rétablissement rapide, tout est suspendu », raconte un chef d’entreprise, qui dit avoir assez de trésorerie pour investir mais qui se heurte à un « mur administratif ». « Un an après l’élection de M. Tebboune et les promesses d’une relance économique encourageant les opérateurs nationaux et productifs, c’est toujours la même histoire. L’administration est une coquille vide. On ne répond même pas à vos courriers. C’est un Etat rentier qui comprend qu’il ne peut plus continuer dans cette voie, mais reste prisonnier de sa nature. Il est aujourd’hui en phase de procrastination. Comme si un hypothétique printemps arriverait après l’hiver. »

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L’Afrique, l’autre continent de la bande dessinée

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L’affiche du festival de bande dessinée Bilili à Brazzaville, au Congo, conçue par l’artiste sénégalais Juni Ba.

Quand Joëlle Epée M., alias Eylon’s, lance en 2016 le festival de bande dessinée Bilili à Brazzaville, au Congo, elle rêve déjà d’« un hub de rencontres entre le public, les auteurs et les éditeurs ». Mais, prudente, elle s’en donne le temps. Avec près de 5 000 visiteurs en 2019, contre 300 la première année, la jeune autrice camerounaise tient son pari.

A l’occasion de la cinquième édition qui démarre mardi 1er décembre, la célèbre maison d’édition belge Dupuis dévoilera les noms des quinze auteurs africains qu’elle avait recrutés en 2019 sur Bilili (« Images » en lingala) pour le lancement de sa nouvelle Webtoon Africa. Et Joëlle Epée M. d’espérer que ce précédent donne de l’espoir aux auteurs africains, « qu’ils se disent qu’ils peuvent vivre de leur métier, être crédibles dans leur pays et que l’exode n’est pas l’issue ».

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L’éditeur congolais Dan Bomboko le martèle d’ailleurs : « La bande dessinée fait partie de notre culture générale. » Des générations de bambins d’une quarantaine de pays africains ont été biberonnées au magazine Kouakou qui, trente ans durant, a concilié divertissement et pédagogie « sans manichéisme ni misérabilisme », précise l’historien de la BD Christophe Cassiau-Haurie.

Tous ont également dévoré les aventures de Tintin et Lucky Luke, les mangas japonais comme les éditions Marvel importés sur le continent. Certains auteurs ont su tracer leur route en Europe, à l’instar de Barly Baruti, mentor de la scène congolaise publié chez Glénat, ou de la Franco-Ivoirienne Marguerite Abouet, dont la saga en six tomes d’Aya de Yopougon, réalisée avec le dessinateur Clément Oubrerie, s’est écoulée à 710 000 exemplaires par Gallimard.

Des registres variés

Dans leur sillage, une nouvelle génération de talents africains commence à prendre ses marques depuis dix ans. Leur style ? « Syncrétique », résume Pierre Lungheretti, directeur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, qui organisera en janvier 2021 une exposition sur le 9art en Afrique. « Ces auteurs ont digéré la ligne claire franco-belge, les mangas et les comics, en apportant leur propre singularité, notamment une exubérance dans le traitement des situations ou des couleurs », ajoute le spécialiste.

Ils se sont tout autant affranchis des récits de sensibilisation financés par les ONG et les gouvernements que de la veine caricaturiste en vogue dans les années 1990. Lorsque, en 2005, Marguerite Abouet s’attelle au premier tome d’Aya de Yopougon, elle a un objectif : « Sortir des images colportées par les médias d’une Afrique qui se meurt ou qui va mal. »

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Même aspiration pour Joëlle Epée M. qui, en 2013, a croqué avec humour la Vie d’Ebène Duta, jeune Camerounaise déracinée en Belgique, échappant aux clichés de « la femme africaine qui a des seins et des fesses » ou des migrants clandestins.

Variés, les registres s’étendent aujourd’hui du documentaire, à l’instar de Lucha, chronique d’une révolution sans armes au Congo de la Camerounaise Annick Kamgang, aux contes revisités et à l’afrofuturisme. Une kyrielle de nouveaux super ou antihéros a ainsi vu le jour, avec Scarf, en guerre contre la traite des enfants au Togo, ou le savoureux Delestron, personnage cagoulé qui coupe le courant dans les quartiers d’Abidjan.

Avec les moyens du bord

Plusieurs embûches contrarient toutefois cet élan. A commencer par les difficultés de circulation aussi bien des artistes que des livres. « Avec la poste, on a trois mois d’attente avant de recevoir les livres. Quant aux frais douaniers, ils sont différents selon les pays et parfois très élevés comme au Congo », détaille Dan Bomboko, qui a fondé la maison d’édition Elondja en 2004. Aussi, regrette-t-il, qu’« un livre qui sort à Dakar, mette du temps à être connu à Kinshasa ».

Les possibilités de rencontres sont aussi limitées. Il n’existe en Afrique qu’une dizaine de festivals au long cours comme Fibda à Alger ou Coco Bulles à Abidjan. Si l’édition connaît un vrai boom au Nigeria, à peine une dizaine d’éditeurs sont actifs en Afrique francophone, à l’image d’Elondja ou Ago au Togo. A Madagascar, une seule maison d’édition, Ngah, se maintient, « mais sa ligne éditoriale n’a pas bougé d’un poil en vingt ans », regrette le dessinateur malgache Dwa.

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Faute d’éditeurs, la majorité des auteurs font avec les moyens du bord. « Beaucoup s’autoéditent et ne se débrouillent pas si mal », constate Christophe Cassiau-Haurie. Et de préciser que « ce qui est alternatif en Europe est la norme en Afrique ». Pour publier le premier tome de la Vie d’Ebène Duta, Joëlle Epée a ainsi eu recours au financement participatif, qui lui a permis de lever 15 000 euros.

« Gagner les parents »

Dernier écueil : l’équation complexe entre la qualité, nécessaire pour obéir aux standards internationaux, et le prix bas de diffusion, indispensable pour s’ajuster au pouvoir d’achat en Afrique. « Mes livres sont trop chers pour le marché malgache, regrette Dwa. Je n’en vends pas énormément ici, d’autant que beaucoup associent la BD à un produit gratuit. » Alors pour s’assurer tout de même une diffusion sur le continent, la saga Aya de Yopougon y est distribuée en version souple moins coûteuse que le format cartonné.

Longtemps, Paulin Assem, fondateur de la maison Ago, proposait ses revues en noir et blanc à bas prix, autour d’un euro. Mais lorsqu’il a augmenté la qualité de ses publications, il a dû rehausser ses tarifs, non sans craindre de perdre ses lecteurs en cours de route.

« Les enfants ne pouvaient plus acheter, mais j’ai gagné leurs parents », sourit le jeune entrepreneur, qui ajoute que « la qualité a séduit une bonne partie de la classe moyenne togolaise qui a vu qu’on pouvait ranger les BD à côté d’autres livres dans les bibliothèques ». Quoique vendu à 15 euros, la Vie d’Ebène Duta s’écoule aujourd’hui à 40 % sur le continent.

Pour Dan Bomboko, dont 20 % du chiffre d’affaires s’effectue via les plates-formes numériques et les liseuses, un nouvel horizon se dessine aussi avec le digital. « Rien n’est simple, il faut être motivé et déborder d’idées, reconnaît le vétéran. Mais ça vaut le coup quand je vois la quantité de talents autour de moi. »

Bilili BD Festival, du 1er au 5 décembre, à Brazzaville.

Kubini, les bandes dessinées d’Afrique, du 27 janvier au 26 septembre 2021, Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, www.citebd.org



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le président Kaboré devrait négocier pour former sa majorité

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Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré face à ses partisans, à Ouadougou,  le 26 novembre.

Le parti du président Roch Marc Christian Kaboré, réélu pour un second mandat au Burkina Faso, n’a pas obtenu la majorité législative lors du double scrutin présidentiel et législatif du 22 novembre et devra négocier avec ses alliés et sans doute l’opposition pour obtenir une majorité à l’Assemblée.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est crédité de 56 sièges par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et n’atteint donc pas la majorité absolue qui est de 64 sièges, sur un total de 127.

Le parti de M. Kaboré, élu dès le premier tour de la présidentielle avec 57,87 % des suffrages, pourrait toutefois obtenir cette majorité avec l’aide de partis alliés. Il devrait ainsi faire appel au Nouveau temps pour la démocratie, le parti de l’actuel ministre des transports, Vincent Dabilgou, qui soutenait sa candidature et a obtenu 13 sièges. D’autres petits partis, comme l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (Unir/PS) avec ses 5 sièges, le RPI (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pourraient venir en renfort, mais sans certitudes.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancien parti de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, représente la deuxième force politique avec 20 sièges. Son candidat, Eddie Komboïgo, était arrivé deuxième de la présidentielle, avec 15,48 % des suffrages. L’ex-parti au pouvoir devient ainsi la première formation de l’opposition, en lieu et place de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), de Zéphirin Diabré, qui n’a recueilli que 12 sièges (contre 33 en 2015).

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Arriver à un consensus

Vendredi, le président Kaboré avait annoncé sur Twitter avoir reçu les félicitations des principaux chefs de l’opposition, dont Zéphirin Diabré. Considéré jusque-là comme le chef de l’opposition, M. Diabré est arrivé en troisième position derrière le président Kaboré et Eddie Komboïgo. Ce dernier n’avait pas reconnu le résultat vendredi soir.

La communauté internationale a rencontré des représentants de l’opposition et de la majorité pour arriver à un consensus dans ce pays fragilisé par les attaques djihadistes et une crise économique provoquée par l’insécurité mais aussi le coronavirus.

« Notre classe politique a le devoir de donner le bon exemple, pour le salut du Burkina Faso et des générations futures », avait lancé M. Kaboré lors d’une soirée festive au siège de campagne de son parti.

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Discours rassembleur

Dès l’annonce de sa victoire, le président Kaboré a tenu un discours rassembleur, lançant des appels du pied à l’opposition.

« Dans une élection, il y a un vainqueur et des gens qui ont perdu. Mais cela ne doit pas nous détourner du fait que nous sommes tous des Burkinabè aspirant à construire ensemble un Burkina Faso meilleur pour l’ensemble des populations », a-t-il dit, promettant une « concertation permanente » et « d’être le président de tous les Burkinabés, sans exception ».

Les éventuels recours doivent être déposés devant le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’Etat dans les sept jours à compter de l’annonce des résultats. Ces deux institutions doivent proclamer les résultats définitifs dans les quinze jours qui suivent l’expiration du délai imparti pour les recours.

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Pays sahélien pauvre et enclavé de 20,3 millions d’habitants, le Burkina Faso est en proie depuis 2015 à des attaques djihadistes récurrentes qui ont fait au moins 1 200 morts et plus d’un million de déplacés internes. Des pans entiers du territoire échappent au contrôle de l’Etat. Ce sera le principal chantier du second mandat du président Kaboré, réputé consensuel mais qui a aussi été taxé d’immobilisme dans la lutte contre les groupes djihadistes.

Le Monde avec AFP



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au moins 43 agriculteurs tués par Boko Haram

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La ville de Maiduguri se trouve à une dizaine de kilomètres de la rizière où a eu lieu l'attaque de Boko Haram, le 28 novembre 2020.

Au moins 43 agriculteurs ont été tués, samedi 28 novembre, par des djihadistes présumés de Boko Haram dans un champ du nord-est du Nigeria, selon deux responsables d’une milice pro-gouvernement. « Nous avons retrouvé 43 corps sans vie, tous ont été égorgés, et six personnes gravement blessées », a déclaré Babakura Kolo le responsable de ce groupe d’auto-défense.

Cette attaque s’est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, au moment où se déroulent samedi les premières élections locales organisées depuis le début de l’insurrection de Boko Haram dans cette région en 2009.

« C’est sans aucun doute l’œuvre de Boko Haram qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs », a déclaré M. Kolo qui a participé à l’évacuation des victimes. « Soixante ouvriers agricoles ont été engagés pour récolter le riz dans ce champ. Quarante-trois ont été abattus, et six autres blessés », a confirmé à l’AFP un autre milicien, Ibrahim Liman.

22 agriculteurs tués en octobre

Huit agriculteurs sont portés disparus et présumés kidnappés par les djihadistes, a ajouté cette source. Les corps des victimes ont été transférés dans le village de Zabarmari, à deux kilomètres de la rizière. Ils seront enterrés dimanche, a déclaré à l’AFP un habitant, Mala Bunu, qui a pris part aux opérations de secours.

En octobre, les combattants de Boko Haram avaient égorgé 22 agriculteurs qui travaillaient dans des champs situés non loin de Maiduguri dans deux attaques séparées.

Les attaques attribuées à Boko Haram et à la faction dissidente rivale Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ciblent de plus en plus fréquemment des bûcherons, éleveurs et pêcheurs. Ils les accusent d’espionner et de transmettre des informations aux militaires et milices qui combattent les violences jihadistes dans la région.

Plus de 36 000 personnes ont été tuées dans des violences depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, où plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

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Le Monde avec AFP



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