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La RDC annonce la fin de la onzième épidémie d’Ebola de son histoire

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Lors d’une campagne de vaccination contre le virus Ebola à Mbandaka, dans la province de l’Equateur, en mai 2018.

La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement déclaré, mercredi 18 novembre, la fin de la onzième épidémie d’Ebola de son histoire, marquée par la concomitance des urgences sanitaires, le recours aux vaccins et la lutte contre la corruption.

« Je suis heureux de déclarer solennellement la fin de la onzième épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Equateur [nord-ouest] », a déclaré le ministre de la santé, Eteni Longondo, devant la presse. Le ministre a fait cette annonce au terme du délai sanitaire habituel de 42 jours, soit deux fois la période d’incubation, après que le dernier patient guéri a été définitivement testé négatif. Au total, l’épidémie a tué 55 personnes pour 130 cas (119 confirmés, 11 probables), selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le directeur général a félicité la RDC. Elle s’était déclarée le 1er juin, quand la RDC avait pris des mesures restrictives (levées depuis) face au Covid-19.

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Dans un communiqué, le Centre de contrôle des maladies (CDC) d’Atlanta, aux Etats-Unis, a qualifié de « grande réussite » le fait de juguler une épidémie d’Ebola en parallèle de la lutte contre le Covid-19, qui a relativement épargné la RDC (11 918 cas dont 323 décès depuis mars). Au 1er juin, la RDC gérait même deux crises d’Ebola en même temps. En effet, dans l’est du pays, la dixième épidémie d’Ebola n’a pris fin que le 25 juin. Déclarée le 1er août 2018, elle a fait plus de 2 200 morts, la plus grave dans l’histoire du pays.

Plus de 40 000 personnes vaccinées

La onzième épidémie d’Ebola a touché des zones étendues sans accès routier, en forêt, au bord du fleuve Congo ou ses affluents, avec des risques de propagation au Congo-Brazzaville voisin et à d’autres provinces. Comme dans l’est, la vaccination a été largement utilisée – sur « plus de 40 580 personnes », a indiqué l’OMS. Le vaccin utilisé a été le rVSV-ZEBOV-GP, du groupe américain Merck Sharp & Dohme.

Tirant les leçons du passé, la RDC et ses bailleurs de fonds ont tenté de lutter contre les pratiques de corruption qui ont parasité la lutte contre la grande crise d’Ebola dans l’est. Mais de vieilles pratiques ont refait surface : « Certains responsables de secteur santé ont gonflé la liste des prestataires. Cela nous a pris du temps pour régler ces problèmes, explique le ministre Eteni Longondo. C’est pourquoi on n’a pas payé les gens à temps et cela a suscité des grèves. » La réponse à l’épidémie a été de ce fait plus longue que prévu : « Au début, je pensais que cela allait prendre deux, trois mois », mais « cela a pris cinq à six mois ».

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« Nous avons constaté que le peuple congolais en a assez des pratiques de corruption », ont écrit les ambassadeurs des Etats-Unis, du Canada et du Royaume-Uni, de retour mi-septembre d’une mission sur le terrain avec l’épidémiologiste congolais Jean-Jacques Muyembe. « A Mbandaka [capitale de l’Equateur], il y avait plus de 4 000 membres du personnel qui étaient affectés à la réponse contre Ebola, alors qu’on était à 120 cas seulement. Pourquoi 4 000 personnes ? », s’est interrogé l’ambassadeur du Canada. Ces trois pays affirment donner au total environ 850 millions de dollars d’aides humanitaires ou sanitaires par an à la RDC, qui a remercié la communauté internationale pour son soutien logistique.

Le risque de résurgence reste « élevé »

Présente sur le terrain, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) affirme aussi avoir tiré les enseignements de la précédente épidémie pour le traitement et la prévention : « Plus proches, plus flexibles, les équipes médicales engagent la communauté et forment le personnel soignant. » Mais au-delà de ces aides d’urgences, des voix se sont élevées pour dénoncer le manque d’investissement à long terme dans le très fragile système de santé publique en RDC. « J’appelle les autorités congolaises et les bailleurs de fonds à poursuivre leur engagement pour le renforcement du système de santé », a déclaré le coordonnateur humanitaire des Nations unies en RDC, David McLachlan-Karr.

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« Le risque élevé de résurgence reste permanent et doit servir de signal d’alarme pour que le système de vigilance soit renforcé », a averti le ministre de la santé. Identifié en 1976 par Peter Piot et une équipe internationale, le virus Ebola se transmet à l’homme par des animaux infectés. La transmission humaine se fait par les liquides corporels, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements, diarrhées. Depuis la grande épidémie de 2013-2016 en Afrique de l’Ouest (11 000 morts), avec quelques cas parvenus jusqu’en Occident, l’OMS redoute à chaque résurgence d’Ebola une propagation du virus dans le monde. L’agence onusienne avait d’ailleurs élevé la précédente épidémie dans l’est au rang d’urgence sanitaire internationale.

Le Monde avec AFP



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Au Bénin, une démocratie qui chancelle et inquiète, à cinq mois de la présidentielle

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Le président béninois Patrice Talon, au palais de la Marina, à Cotonou, pendant les cérémonie de célébration de l’indépendance du pays, le 1er août 2020.

« Compétition d’apparence », « match amical ». A cinq mois de la présidentielle béninoise, prévue le 11 avril 2021, opposition et représentants de la société civile mettent en garde contre un scrutin dont les jeux seraient faits d’avance. Ils accusent le président Patrice Talon, probable candidat à sa réélection, d’avoir tout planifié pour choisir ses adversaires dans la course à la magistrature suprême. Le symbole, selon eux, d’une démocratie qui chancelle chaque jour un peu plus, quatre ans après l’arrivée au pouvoir de l’homme d’affaires.

Ses adversaires reprochent à Patrice Talon d’avoir opéré un virage autoritaire en ayant fait adopter plusieurs lois taillées pour limiter le champ d’action de l’opposition. Un mouvement amorcé lors des élections législatives d’avril 2019 : seuls les deux blocs de la mouvance présidentielle ont été autorisés à présenter des listes. Disposant d’une écrasante majorité à l’Assemblée, les députés proches du président ont fait passer en novembre 2019 une révision constitutionnelle.

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Cette dernière a introduit la nécessité, pour les aspirants candidats, d’obtenir seize parrainages d’élus avant de déposer leur dossier. Problème : les 170 maires et députés béninois sont quasiment tous dans le camp du président et leur légitimité est remise en cause. « Les partis de l’opposition ont été exclus des dernières élections législatives et municipales à la faveur de règles qui ont été adoptées par la majorité. Ils ne peuvent pas, dans ces conditions, avoir de candidats à la présidentielle. (…) Les lois de notre République sont antidémocratiques, c’est ça le fond du problème », déplore Expédit Ologou, politologue et président de la Civic Academy for Africa’s Future (CIAAF), un centre de recherche sur la gouvernance.

Chasse aux sorcières

Dès 2017, le ministre de la justice, Joseph Djogbenou, qui n’est autre que l’ancien avocat de Patrice Talon, avait annoncé la couleur, promettant de gouverner avec « ruse et rage ». Aujourd’hui, le même Joseph Djogbenou est le président d’une Cour constitutionnelle dont les décisions sont jugées partisanes par l’opposition. Une accusation dont se défend le pouvoir : « Il y a peut-être une présomption de connivence, mais il n’y a jamais de preuves », souligne Alain Orounla, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement. « Est-on obligé d’aller chercher son ennemi pour aller diriger une institution ? Il faut quand même qu’on puisse se faire confiance, composer avec ceux qui partagent une certaine vision », défend-il.

En face, l’opposition s’estime directement attaquée. En 2018, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), une nouvelle juridiction, a visé plusieurs personnalités : Komi Koutché, ex-ministre de l’économie, et Sébastien Ajavon, homme d’affaires et président d’honneur du parti Union sociale libérale (USL) qui fut de la course présidentielle en 2016, ont été respectivement condamnés pour leur implication présumée dans une affaire de détournement de deniers publics et de trafic de cocaïne. Tous deux sont depuis en exil et ont été déclarés, de fait, inéligibles par une décision de la Cour constitutionnelle. Tout comme Lionel Zinsou, candidat malheureux du second tour du scrutin d’il y a quatre ans, condamné, cette fois par le tribunal de première instance de Cotonou, à cinq ans d’inéligibilité et à six mois de sursis pour « usage de faux documents » en 2019.

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Le parti Force Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) de l’ancien président Thomas Boni Yayi a lui aussi cédé, en avril. Accusant Patrice Talon de vouloir diviser son parti pour mieux régner, M. Yayi a claqué la porte du FCBE. Depuis, l’ex-chef d’Etat et ce qu’il reste de l’opposition béninoise tentent de se rassembler au sein d’une nouvelle formation baptisée Les Démocrates. Mais voilà quatre mois qu’ils attendent que le ministère de l’intérieur leur délivre un « récépissé », indispensable à l’existence juridique du parti. « Aujourd’hui, pour créer un parti, il faut que Patrice Talon le veuille. Le pouvoir en place a détruit les partis politiques qui ne sont pas de son obédience. Nous sommes dans un régime de type dictatorial », dénonce avec amertume Eugène Azatassou, l’un des vice-présidents des Démocrates.

La majorité se serait-elle lancée dans une chasse aux sorcières ? « S’il y en a une, c’est bien parce qu’il y a des sorcières », rétorque M. Orounla. Pour le porte-parole du gouvernement, il n’y a ni virage autoritaire ni atteintes à la démocratie, mais « un effort de discipline » demandé par le président Talon. Avec un objectif : consolider une « démocratie plus responsable » qui ne soit plus synonyme de « laisser-aller, d’anarchie et d’impunité ».

« Qui veut perdre le pouvoir ? »

Pour les défenseurs des droits humains, ce nouveau souffle politique est liberticide. Un Code pénal rénové et un Code sur le numérique ont en effet été adoptés pour encadrer la liberté de réunion et de communication en ligne des Béninois.

Des textes qui ont permis aux autorités de justifier l’interpellation d’au moins 64 personnes suite aux violentes manifestations qui ont éclaté lors des législatives d’avril 2019. A Cotonou et dans d’autres villes du pays, les citoyens réclamaient des élections inclusives, fustigeant l’absence de l’opposition. Dans la foulée, l’ONG Amnesty International était montée au créneau, estimant dans un communiqué que « la répression atteignait des proportions inquiétantes au Bénin », avant de dresser un bilan : « au moins quatre morts par balles », lors de ces affrontements inédits entre forces de l’ordre et civils.

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A l’aube d’une présidentielle, certains s’inquiètent que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le Bénin, autrefois vitrine de la démocratie en Afrique de l’Ouest, saluée pour son esprit de consensus et par l’ouverture de son jeu politique, est de plus en plus pointé du doigt. « Cour constitutionnelle, justice, Assemblée nationale : il n’y a plus aucune institution de contre-pouvoir dans notre pays. Le président a tous les pouvoirs », déplore Dieudonné Houinsou, de l’ONG Social Watch Bénin. « Qui veut perdre le pouvoir ? » glisse-t-on au sein de la majorité, en insistant « en off », non sans une certaine fierté, « un travail d’orfèvre » mené depuis quatre ans pour « remettre de l’ordre dans le pays ».



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« La liberté d’expression recule au Bénin », estime le journaliste d’investigation Ignace Sossou

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Ignace Sossou.

En décembre 2019, Ignace Sossou, journaliste d’investigation béninois, participe à un atelier sur les fausses informations (fake news) organisé par Canal France International (CFI), une agence de développement des médias financée en grande partie par le Quai d’Orsay. Il relaie alors sur Twitter les propos tenus par l’un des intervenants, le procureur béninois Mario Metonou, en ces termes : « La législation béninoise, telle qu’elle est, n’offre pas une sécurité judiciaire aux justiciables » ; « La coupure d’Internet le jour du scrutin du 28 avril est un aveu de faiblesse des gouvernants » ; « Le Code du numérique est comme une arme braquée sur la tempe des journalistes ».

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Après la conférence, Mario Metonou estimera que ses propos ont été tronqués et sortis de leur contexte. Ignace Sossou est accusé par les autorités béninoises de « harcèlement par le biais de moyens de communication électroniques ». Il sera condamné de dix-huit mois de détention ferme. Une peine finalement commuée à six mois fermes en appel. Le journaliste de 31 ans est sorti de prison en juin. Dans une interview exclusive accordée au Monde Afrique le 16 octobre, il sort du silence pour défendre la liberté d’expression dans son pays alors que le pays votera pour élire un nouveau président en avril 2021.

Vous êtes resté six mois derrière les barreaux. Comment s’est passée votre incarcération ?

Ignace Sossou J’ai été traité comme tout détenu. Je n’ai pas été torturé ni maltraité outre mesure. J’en ai profité pour enquêter. J’ai pu retrouver des personnes mises en cause dans certaines affaires dont j’avais entendu parler. Je ne compte pas changer de boulot.

Vous vous êtes pourvu en cassation. Qu’attendez-vous de la justice, aujourd’hui ?

J’attends l’annulation de ma condamnation. Il n’y a aucun rapport entre les chefs d’accusation et les faits. On m’accuse de harcèlement en ligne alors que j’ai relayé des propos tenus par un procureur dans un espace public, devant une cinquantaine de journalistes et de blogueurs. J’ai été ciblé parce que ses mots ont eu un écho politique assez important. Mais je n’ai harcelé personne ! Cette condamnation est totalement bidon.

Le Code du numérique adopté en 2017 a permis votre condamnation. Selon Amnesty International, au moins seize autres Béninois ont été, comme vous, poursuivis ou arrêtés pour violation de ce Code. Que pensez-vous de ce texte ?

Le Code du numérique permet d’attaquer un journaliste comme un simple citoyen, à partir du moment où ce qu’il dit est publié en ligne. Mais aujourd’hui, quasiment tous les médias sont en ligne ! Notre loi de l’information protège les journalistes en dépénalisant le délit de presse. Le Code du numérique, lui, les jette en pâture à ceux qui leur en veulent. Alors, quand à cette conférence, j’entends un procureur, un garant des textes, dire que ce Code est « une arme braquée sur la tempe des journalistes », évidemment, je trouve ça important de le relayer, car c’est une réalité.

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Quel bilan dressez-vous de la liberté d’expression dans votre pays ?

Elle recule. Ma condamnation a été un signal envoyé à la presse. Les journalistes, s’ils se prononcent sur des sujets épineux, savent qu’ils risquent d’être condamnés. Nous sommes dans un pays où les gens ont peur de parler, parce qu’ils craignent des représailles. On tend de plus en plus vers un régime autoritaire. Moi, on m’a dit que j’étais à la solde des opposants, que j’ai voulu nuire au régime. Mais je n’ai pas de camp. Je suis journaliste, mon travail est de livrer l’information pour que les gens se fassent leur propre opinion sur des faits.

Dans une lettre d’excuse adressée au ministre de la justice le jour de votre arrestation, Canal France International (CFI), qui vous avait invité, vous a jugé « peu scrupuleux ». Comment l’avez-vous vécu ?

On m’a fait lire cette lettre pendant que j’étais en garde à vue. J’étais sonné. Je n’avais que très peu collaboré avec CFI. Comment pouvaient-ils se permettre de dire que je suis « peu scrupuleux » ? Le rôle qu’ils ont joué dans ma condamnation est déplorable. Je n’ai fait que retweeter trois ou quatre phrases pendant un panel. On nous encourageait d’ailleurs à le faire. Ce qui m’a choqué, c’est qu’à la fin de cette conférence, CFI m’a appelé pour me demander de retirer mes tweets, en me disant que si je ne le faisais pas, ils ne m’inviteraient plus à partir en voyage pour participer à leurs activités. J’ai refusé, parce que ce n’était pas des fausses informations. Je ne suis pas responsable des propos du procureur ! J’ai trouvé ça vraiment déplacé.

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En 2019, vous avez déjà été condamné pour « publication de fausses informations » suite à la publication d’une enquête sur de faits d’évasion fiscale. Vous sentez-vous ciblé pour votre travail ?

Beaucoup de personnes m’ont mis en garde, en me conseillant d’abandonner ce dossier car je m’attaquais à des personnes influentes. En l’occurrence, il s’agissait d’un conseiller au commerce extérieur de la France au Bénin, qui était aussi directeur d’un grand supermarché. Des événements étranges se sont produits. Quand j’enquêtais, j’ai échappé à un accident intentionnel. J’ai été pris en filature alors que je revenais d’un rendez-vous avec un témoin clé. Un véhicule a voulu me mettre dans le fossé. Et puis, deux semaines avant mon procès, une voiture m’a percuté alors que j’étais en moto. J’ai eu une fracture de la clavicule et j’ai dû être opéré.

Aujourd’hui, vous sentez-vous libre d’exercer votre métier ?

Mon travail a commencé à me stresser. Je ne fais plus vraiment ce que j’ai envie de faire. Je contrôle mes sorties, je ne conduis plus et j’ai déménagé. J’essaie de préparer ma famille au pire, car on ne sait pas quand un malheur peut arriver… Mais j’essaie de rester serein. Je n’ai pas peur et je ne vais pas me taire. Les pressions et les intimidations font partie des risques du métier.

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plusieurs centaines de civils massacrés au Tigré

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Amnesty International avait déjà rapporté que « probablement des centaines » de civils avaient été poignardés ou tués à coups de hache le 9 novembre à Mai Kadra

Au moins 600 personnes ont été tuées au cours d’un massacre perpétré par des miliciens tigréens, le 9 novembre, à Mai Kadra, localité du Tigré, au début du conflit dans cette région dissidente du nord de l’Ethiopie, a annoncé, mardi 24 novembre, la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC).

Cette institution publique indépendante dont le directeur, Daniel Bekele, a été nommé par le premier ministre, Abiy Ahmed, accuse dans un rapport préliminaire une milice informelle de jeunes Tigréens et les forces de sécurité loyales aux autorités locales d’être les auteurs du « carnage » visant des saisonniers non-Tigréens.

Amnesty International avait déjà rapporté que « probablement des centaines » de civils avaient été poignardés ou tués à coups de hache le 9 novembre à Mai Kadra, atrocité connue la plus meurtrière depuis le début, le 4 novembre, de l’opération militaire lancée par le gouvernement fédéral contre les autorités régionales du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

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Tué à coups de bâton, couteau, machette ou hachette

Dans son rapport, l’EHRC accuse une milice informelle de jeunes Tigréens, appelée « Samri », épaulée par les forces de sécurité locales loyales au TPLF, d’avoir, « avant de se retirer face à l’avancée de l’armée fédérale », ciblé des paysans saisonniers « identifiés comme d’origine ethnique amhara et wolkait », travaillant dans les exploitations de sésame ou sorgho.

« Tout au long de la nuit », les auteurs ont tué à coups de bâton, couteau, machette ou hachette, ou « en étranglant avec des cordes », se livrant au pillage et à la destruction, décrit l’EHRC qui estime que ces faits « sont susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ».

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S’appuyant sur des témoins et des membres du comité mis sur pied pour enterrer les victimes, « l’EHRC estime qu’au moins 600 civils ont été tués », mais « le bilan pourrait être plus élevé, certaines personnes étant toujours portées disparues lors de la visite de l’EHRC et des corps toujours dissimulés à la vue dans les champs autour de Mai Kadra ». « L’enterrement [des victimes] a duré trois jours en raison de la disparité entre le nombre élevé de corps et les capacités d’inhumation », selon son rapport.

L’ONU a appelé à une enquête indépendante pour déterminer ce qu’il s’est exactement passé à Mai Kadra, alors que le Tigré est soumis à un black out et que les déplacements des journalistes y sont sévèrement restreints. Sans se prononcer sur les auteurs du « massacre », Amnesty avait cité des témoignages l’attribuant aux forces pro-TPLF.

Cependant des habitants de Mai Kadra, ayant fui, comme 40 000 autres Ethiopiens, les combats vers le Soudan, ont accusé les forces gouvernementales d’avoir commis des atrocités dans la localité, théâtre d’intenses combats au début du conflit et depuis aux mains de forces gouvernementales.

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Le Monde avec AFP



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