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la Grande Muraille verte relancée lors du One Planet Summit

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Des terres desséchées près du lac Ouenia, au Mali, en novembre 2019.

L’initiative panafricaine de la Grande Muraille verte a été relancée à l’occasion du One Planet Summit, organisé lundi 11 janvier à Paris. « Il y a eu des hauts et des bas mais la Grande Muraille verte fait partie des solutions pour fournir un avenir durable aux populations du Sahel », a réaffirmé le président français, Emmanuel Macron, en se félicitant du soutien financier promis par plusieurs banques de développement et bailleurs de fonds bilatéraux. Si les engagements sont tenus, plus de 14,3 milliards de dollars (11,8 milliards d’euros) devraient être mobilisés au cours des cinq ans à venir pour donner forme à ce projet pharaonique dont l’une des ambitions est de restaurer 100 millions d’hectares de terres le long de la bande sahélienne.

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Onze pays sont concernés, du Sénégal à Djibouti, sur un tracé de 8 000 km. Cette somme représente environ un tiers des besoins pour mener à terme le projet, dont à peine 4 % ont été réalisés à ce jour. A l’automne dernier, alors qu’était dévoilé le premier bilan depuis son lancement il y a quinze ans, l’initiative semblait d’ailleurs promise à l’échec. Si l’absence de volonté des Etats africains est souvent mise en avant pour expliquer cet enlisement, l’inconstance des bailleurs de fonds est aussi en cause. Les 4 milliards de dollars annoncés en 2015 au moment de l’accord de Paris sur le climat sont ainsi très loin d’avoir été versés.

Reprise en main

Comment s’assurer que les nouvelles annonces ne connaîtront pas le même sort ? M. Macron a insisté sur la création d’un secrétariat de la Grande Muraille verte, rattaché à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, pour s’assurer du suivi des engagements. L’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte, jusqu’alors chargée de coordonner l’initiative au niveau continental, y sera officiellement associée.

Si les apparences sont sauves, cette décision traduit cependant une reprise en main du pilotage de l’initiative par les donateurs. « Une clarification était nécessaire pour obtenir de nouveaux engagements financiers. L’Agence panafricaine n’est pas un bon instrument de gestion pour un projet de cette envergure. Reste maintenant à voir comment tout cela sera compatible avec le respect des souverainetés nationales », décrypte l’un d’entre eux.

L’Union européenne et la France en particulier – du fait de son engagement militaire au Sahel – souhaitent faire de la Grande Muraille verte une des réponses fortes aux crises sécuritaire et humanitaire que connaissent les pays de la région. Ses objectifs ont ainsi été redéfinis autour de cinq piliers qui, au-delà de la restauration des écosystèmes, traitent de l’accès à l’énergie durable via le solaire ou du développement de l’agroécologie. L’enjeu est aussi de fournir des emplois à une population appelée à doubler d’ici au milieu du siècle.

Il ne s’agit donc plus seulement d’ingénierie écologique pour contrer les effets du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, mais d’un projet plus global de croissance verte à l’échelle d’une des zones les plus vulnérables d’Afrique. Le Fonds international de développement agricole, spécialisé dans l’appui aux petits agriculteurs, a été chargé d’élaborer un programme d’intervention avec le soutien financier du Fonds vert pour le climat.

Seconde chance

A côté des bailleurs de fonds traditionnels (Banque mondiale, Banque africaine de développement, Union européenne ou Agence française de développement), plusieurs acteurs privés se sont aussi engagés à faire de la réussite de la Grande Muraille verte une de leurs priorités.

Parmi eux, des personnalités parfois inattendues, comme Nicole Schwab, codirectrice du Forum économique de Davos. Celle-ci est à l’initiative du programme 1t.org, créé pour encourager les entreprises à financer la plantation de 1 000 milliards d’arbres d’ici à 2030, afin de lutter contre la déforestation et compenser, grâce au carbone séquestré, une partie de leurs émissions polluantes. La fille du fondateur du célèbre rassemblement des élites économiques mondiales a annoncé que serait organisé en mars un concours pour sélectionner les projets les plus innovants pour le Sahel.

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Le prince Charles a fait part de sa conviction que la Grande Muraille verte puisse devenir une puissante démonstration d’un développement respectueux de la nature. « Nous avons besoin de laboratoires vivants pour démontrer qu’il est possible de restaurer les terres et de protéger le climat tout en créant des emplois », a-t-il expliqué depuis Londres en plaidant pour sa « Sustainable Markets Initiative » en faveur de la transition écologique.

La Grande Muraille verte semble donc pouvoir bénéficier d’une seconde chance. Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a salué ce nouvel effort en mettant toutefois en garde contre les fausses promesses : « Alors que le Sahel se débat contre le terrorisme, les crises politiques, la malnutrition, le Covid-19 et d’autres pandémies, le monde commettrait une grave erreur en laissant s’accentuer ici la crise climatique. »



Via LeMonde Afrique

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A Davos, le président sud-africain fustige les pays riches qui « accaparent » les vaccins anti-Covid

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A la morgue de l’agence de Pretoria de la société sud-africaine Avbob, spécialisée dans les services funéraires, le 22 janvier 2021.

Fustigeant les pays riches qui « accaparent » les vaccins anti-Covid, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a mis en garde mardi 26 janvier, lors du sommet économique mondial de Davos, contre tout « nationalisme » dans les stratégies d’acquisition des précieuses doses.

« Les pays riches du monde accaparent ces vaccins. Nous les appelons à mettre à disposition les doses excédentaires commandées et thésaurisées », a-t-il déclaré via un message vidéo depuis Pretoria adressé au sommet de Davos, qui se déroule sous un format virtuel cette année. Les pays pauvres sont mis à l’écart par ceux qui ont les moyens d’acquérir « jusqu’à quatre fois ce dont leur population a besoin », a-t-il ajouté.

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Cet appel fait écho à des avertissements répétés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) contre le « nationalisme vaccinal ». Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait appelé les pays riches à ne pas « couper la file » et mettre à disposition des pays pauvres leurs doses excédentaires par le biais du mécanisme Covax, pour un accès équitable aux vaccins.

Jusqu’à 2,5 fois plus cher qu’en Europe

Ce dispositif de l’OMS doit permettre de vacciner 10 % de la population du continent africain dans le courant de l’année. D’autres vaccins doivent également être fournis par l’intermédiaire de l’Union africaine (UA), qui s’est engagée à procurer 270 millions de doses aux pays du continent. Mais, selon Cyril Ramaphosa, qui a lui-même lancé l’initiative alors qu’il était président de l’UA, celle-ci ne connaît jusqu’ici qu’un « succès marginal ».

Officiellement, le pays le plus touché du continent, l’Afrique du Sud, paiera ses premiers vaccins, acquis par le biais de négociations directes entre le gouvernement et le laboratoire AstraZeneca, 2,5 fois plus cher que les pays de l’Union européenne. L’UE a récemment expliqué avoir dès le début soutenu financièrement le développement de ce vaccin, avant même d’avoir la garantie qu’il serait efficace.

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Relativement épargnés par la première vague de la pandémie, la plupart des pays africains sont désormais sous le coup d’une seconde vague plus virulente. L’apparition de nouveaux variants du virus, dont celui découvert en Afrique du Sud et réputé plus contagieux, a aussi accéléré la ruée vers les vaccins.

Selon les estimations, l’Afrique aura besoin de 1,5 milliard de vaccins pour immuniser 60 % de son 1,3 milliard d’habitants, pour un coût qui oscille entre 5,8 et 8,2 milliards d’euros.

Le Monde avec AFP



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Israël rouvre une mission diplomatique au Maroc

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Le gendre de l’ex-président américain Donald Trump, Jared Kushner, à Rabat, le 22 décembre 2020.

Israël a annoncé mardi 26 janvier la réouverture d’une mission diplomatique au Maroc, vingt ans après la fermeture de sa représentation, les deux pays ayant normalisé leurs relations en décembre. Ambassadeur d’Israël en Egypte entre 2016 et 2020, David Govrin est arrivé dans la journée à Rabat en tant que nouveau chargé d’affaires, a indiqué le ministère israélien des affaires étrangères, estimant qu’il s’agissait d’un « jour de célébrations pour l’Etat d’Israël ».

« David Govrin et son équipe vont travailler à poursuivre les relations bilatérales dans tous les domaines, y compris dans tout ce qui est lié au dialogue politique, au tourisme, à l’économie et aux liens culturels », poursuit le communiqué du ministère.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le Maroc et Israël concrétisent leur normalisation diplomatique

Le Maroc a été le quatrième pays arabe à annoncer en 2020 la normalisation de ses relations avec Israël, après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan. Les deux pays ont signé en décembre à Rabat un accord de normalisation de leurs liens parrainé par les Etats-Unis, avec des accords bilatéraux centrés sur les liaisons aériennes directes, la gestion de l’eau, les connexions des systèmes financiers et un accord d’exemption de visa pour les diplomates.

La plus importante communauté juive d’Afrique du Nord

Le gouvernement israélien a officiellement approuvé dimanche cet accord, qui doit toutefois encore obtenir le feu vert des députés. Rabat avait fermé son bureau de liaison à Tel-Aviv en 2000, au début de la seconde Intifada (soulèvement palestinien). Le Maroc abrite la plus importante communauté juive d’Afrique du Nord, avec quelque 3 000 personnes. Environ 700 000 juifs d’origine marocaine vivent en Israël.

Lire aussi « Au Maroc, une victoire diplomatique sur le Sahara au risque d’une défaite morale sur la question palestinienne »

La diplomatie israélienne a par ailleurs annoncé l’ouverture mardi du consulat général d’Israël à Dubaï. Tel-Aviv avait annoncé dimanche l’ouverture d’une ambassade dans la capitale émiratie, Abou Dhabi, un peu plus de quatre mois après la signature de l’accord de normalisation avec cette monarchie arabe du Golfe.

Le Monde avec AFP



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Au Burkina Faso, la lutte sécuritaire met sous pression journalistes et militants

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Yacouba Ladji Bama, rédacteur en chef du journal d’investigation « Courrier Confidentiel », le 14 janvier 2021 devant les locaux de la rédaction à Ouagadougou.

Un bruit étrange, comme un « poc », et la trace d’un impact sur le pare-brise avant de sa voiture. « C’était un tir de balle. Par chance, elle n’a pas traversé la vitre », rapporte le journaliste burkinabé Yacouba Ladji Bama. Ce soir du 10 novembre 2020, le rédacteur en chef du bimensuel d’investigation Courrier Confidentiel prenait la route pour la capitale, Ouagadougou, après avoir coanimé un panel sur la corruption électorale à Dori, dans le nord du pays. Assis à l’avant, côté passager, il a eu le sentiment glaçant d’avoir échappé de peu à la mort.

Depuis, Yacouba Ladji Bama a déposé plainte contre X pour « tentative d’attentat à la vie », mais cherche encore à comprendre. A-t-on voulu l’éliminer ? Et qui ? Il le sait, ses écrits dérangent. Le journaliste est connu pour avoir révélé de nombreux scandales financiers et politiques au sommet du pouvoir. Il y a un an déjà, le 6 janvier 2020, son domicile à Ouagadougou avait été la cible d’une attaque au cocktail Molotov et son véhicule incendié par des individus non identifiés.

Lire aussi « Avant, on ne connaissait pas la faim » : les Burkinabés fragilisés par le djihadisme, le climat et le Covid-19

Les journalistes et les militants au Burkina Faso font face à une pression accrue depuis quelques années. Le pays est pourtant considéré comme l’une des « réussites du continent africain en matière de liberté de la presse » selon l’ONG Reporters sans frontières, qui le classe 38e (sur 180 pays). Mais la lutte antiterroriste menée contre les groupes djihadistes met à rude épreuve la liberté d’informer.

Les fantômes hantent le bureau de Yacouba Ladji Bama. Entre les portraits de Che Guevara et de l’ancien président révolutionnaire Thomas Sankara accrochés au mur, apparaît le visage de Norbert Zongo, le journaliste d’investigation burkinabé assassiné le 13 décembre 1998. Si la chute du régime de Blaise Compaoré en 2014, après vingt-sept ans de règne, a fait souffler un vent de liberté et permis de nombreux acquis démocratiques au Burkina Faso, le rédacteur en chef est de nouveau inquiet.

Intimidation, stigmatisation

En 2020, « au moins six attaques ou intimidations » contre des confrères ont été comptabilisées par l’Association des journalistes du Burkina (AJB). C’est la première fois que cette organisation indépendante enregistre autant de cas depuis l’ère Compaoré.

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