Cette décision, déjà prise par les Pays-Bas et l’Allemagne, a un « effet immédiat », ont indiqué samedi soir les ministères français des armées et des affaires étrangères.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 21h28, mis à jour à 21h55

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Des combattants rebelles syriens soutenus par la Turquie près de la ville frontalière de Tel Abyad, en Syrie, le 12 octobre 2019.
Des combattants rebelles syriens soutenus par la Turquie près de la ville frontalière de Tel Abyad, en Syrie, le 12 octobre 2019. KHALIL ASHAWI / REUTERS

Après les Pays-Bas et l’Allemagne, la France. Paris a décidé de « suspendre tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Turquie », ont annoncé, samedi 12 octobre, les ministères français des armées et des affaires étrangères.

« Cette décision est d’effet immédiat », ont précisé les deux ministères dans un communiqué. « Le conseil des affaires étrangères de l’UE [Union européenne], qui se réunira le 14 octobre à Luxembourg, sera l’occasion de coordonner une approche européenne en ce sens ».

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« La France réitère sa ferme condamnation de l’offensive unilatérale engagée par la Turquie dans le Nord-Est de la Syrie », poursuit le texte. Celle-ci « remet en cause les efforts sécuritaires et de stabilisation de la coalition globale contre Daech [acronyme en arabe du groupe Etat islamique, NDLR]. Elle entraîne des conséquences humanitaires importantes. Elle porte donc atteinte à la sécurité des Européens ». « La France demande la tenue rapide d’une réunion de la Coalition contre Daech pour évoquer la poursuite des efforts de la coalition dans ce contexte », conclut le communiqué.

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« Cela ne fait que nous renforcer »

Une suspension analogue des ventes d’armes à Ankara a été annoncée vendredi et samedi par les gouvernements néerlandais puis allemand. Le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas, a indiqué, dans le quotidien Bild à paraître dimanche 13 octobre, que Berlin stoppait sa livraison à la Turquie d’armes « qui pourraient être utilisées dans le nord-est de la Syrie » contre les Kurdes, sans préciser le type d’armements concernés ni leur montant.

En réaction à la décision de Berlin, le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a assuré à la radio allemande Deutsche Welle que cette offensive dans le nord syrien était une « question vitale » et « une question de sécurité nationale, une question de survie ».

« Peu importe ce que tout le monde fait, qu’il s’agisse d’un embargo sur les armes ou d’autre chose, cela ne fait que nous renforcer », a-t-il ajouté. « Même si nos alliés soutiennent l’organisation terroriste, même si nous sommes seuls, même si un embargo est imposé, quoi qu’ils fassent, notre lutte est dirigée contre l’organisation terroriste », la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), a-t-il martelé.

La Turquie a déclenché mercredi une offensive dans le nord de la Syrie contre une milice kurde, deux jours après que les Etats-Unis ont retiré des militaires américains déployés dans certains secteurs du nord syrien juste à la frontière avec la Turquie.

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