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La branche d’Al-Qaida au Sahel revendique la mort de deux soldats français

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Le sergent Yvonne Huynh et le brigadier Loïc Risser, de la force « Barkhane », tués le 2 janvier 2021 par un engin explosif dans la région de Ménaka, au Mali.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), alliance djihadiste affiliée à Al-Qaida, a revendiqué l’attaque qui a coûté la vie à deux soldats français, samedi 2 janvier, au Mali, dans un communiqué publié par sa plate-forme de propagande Al-Zallaqa.

Le GSIM, qui dénonce notamment le passé colonial français, confirme avoir « fait exploser un engin explosif » au passage du véhicule de deux soldats de la force antidjihadiste « Barkhane », dont une femme, « portant le bilan total à 5 morts en moins d’une semaine », selon ce communiqué.

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Le sergent Yvonne Huynh et le brigadier Loïc Risser, tous deux issus du 2e régiment de hussards de Haguenau, près de Strasbourg (est) ont été tués dans la région de Ménaka (nord-est). Cinq jours plus tôt, trois autres soldats français avaient été tués dans la zone frontalière avec le Niger et le Burkina Faso lors d’une mission d’escorte.

Au total, 50 soldats français ont été tués au Sahel depuis 2013 dans les opérations « Serval » puis « Barkhane ».

« L’occupant français »

Le GSIM clame en revanche son innocence dans l’attaque de deux villages de l’ouest du Niger près de la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, qui a fait 100 morts samedi, la plus meurtrière commise par des djihadistes contre des civils au Sahel.

« Cette attaque, quels qu’en soient les auteurs, n’est pas différente des massacres de l’occupant français et de ses milices criminelles », estime le GSIM, qui revendique que son « djihad » (guerre sainte) n’est pas tourné contre son peuple et promet des représailles à court ou à long terme. Une allusion implicite à son grand rival dans la région, le groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS), contre lequel les combats sont très violents dans la zone depuis plusieurs mois.

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En 2020, la France a engagé 600 soldats supplémentaires au Sahel, portant ses effectifs à environ 5 100 militaires. Elle examine actuellement l’évolution de cet engagement.

Fin novembre, le commandant de « Barkhane », Marc Conruyt, avait désigné devant les députés français le GSIM comme l’« ennemi le plus dangereux » au Sahel. Un an auparavant, c’est l’EIGS qui avait été désigné comme ennemi numéro un dans la région.

Le communiqué a été authentifié par le centre américain de surveillance des sites djihadistes SITE.

Le Monde avec AFP



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Emmanuel Macron veut « convaincre » Joe Biden de la pertinence de la stratégie française de défense

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Emmanuel Macron passe les troupes en revue, à Brest, le 19 janvier 2021.

C’est par cinq mots à peine, lancés au détour d’un discours de quelque quarante-cinq minutes, que le président de la République Emmanuel Macron a finalement annoncé, mardi 19 janvier, son intention de revoir le déploiement des troupes françaises engagées dans l’opération « Barkhane » au Sahel depuis 2014. Les « bons résultats » obtenus ces derniers mois « vont nous permettre d’ajuster l’effort », a-t-il ainsi brièvement déclaré, à Brest, à l’occasion de ses vœux aux armées.

Le format de cette annonce qui ne s’assume pas complètement ne doit rien au hasard. Depuis plusieurs mois déjà, l’état-major des armées et le ministère de la défense faisaient œuvre commune pour défendre l’option d’un début de retrait français du Sahel, préparant ainsi l’arbitrage élyséen. Mais la mort de cinq militaires français au Mali entre Noël et début janvier – dont, pour la première fois, une femme – a retardé cette prise de parole présidentielle, tout en la rendant particulièrement délicate.

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Dans un monde idéal, l’annonce de M. Macron aurait dû intervenir dans un contexte moins amer pour les armées. Un an après l’envoi de 600 hommes supplémentaires dans l’opération « Barkhane » (sur un total de 5 100), l’Elysée espérait pouvoir afficher, en plus de ses succès strictement militaires, une solide montée en puissance des armées de la coalition du G5 Sahel (Niger, Mali, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie). Le but : pouvoir se désengager progressivement sans risquer un effondrement politique de la zone. Il n’en est rien.

« Consolider la souveraineté de l’Irak »

Lors de ce discours prononcé sur les pavés trempés de la préfecture maritime de l’Atlantique, le chef de l’Etat s’est donc gardé de préciser le calendrier et le nombre de soldats qui pourraient rentrer en France. « Les décisions structurantes », a-t-il souligné, seront prises lors d’un sommet prévu en février à N’Djamena (Tchad), avec justement les forces armées du G5 Sahel, premières concernées par l’expansionnisme du terrorisme djihadiste. Une façon aussi d’ouvrir les tractations, alors que différents scénarios circulent déjà.

Ces scénarios devront tenir compte d’une éventuelle redéfinition de l’engagement américain en Afrique. Actuellement, les Etats-Unis sont indispensables à Barkhane, notamment en raison de leur soutien en matière de renseignement. Alors que les vœux du chef de l’Etat sont opportunément survenus la veille de la prise de fonctions du nouveau président Joe Biden, M. Macron a fait référence à cette collaboration, au Sahel comme sur d’autres théâtres, en insistant sur la nécessité de « convaincre [les Etats-Unis] de nos choix », « de leur pertinence », et ce « dans la durée ».

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France-Algérie : réconcilier les mémoires

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Editorial du « Monde ». Près de six décennies après son dénouement, la guerre d’Algérie continue d’empoisonner à la fois les relations de Paris avec son ancienne colonie et le vivre-ensemble, dans une France où cohabitent ses anciens protagonistes et leurs descendants. A l’amnésie et au refoulement français a succédé une profusion de témoignages oraux ou écrits. Mais, dans un pays dont 7 millions d’habitants (pieds-noirs, harkis, appelés, immigrés) sont liés personnellement ou familialement au drame de cette décolonisation, les mémoires cloisonnées n’ont cessé de se concurrencer, parfois de s’affronter. En Algérie, au contraire, le régime a saturé l’espace d’un récit guerrier glorieux propre à masquer les conflits entre Algériens, à asseoir un récit national et à légitimer son autoritarisme.

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Sortir enfin de ce conflit mémoriel est une nécessité à la fois diplomatique (il brouille le message de la France au Maghreb) et politique (il compromet la cohésion nationale, en particulier l’intégration des enfants d’immigrés et de harkis). Convaincus de l’importance de l’enjeu, Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy s’étaient déjà attelés à la tâche. A chaque fois, l’instrumentalisation des questions mémorielles et identitaires à des fins électorales, s’ajoutant aux soubresauts de la situation en Algérie, avait ruiné leurs tentatives.

Une commission « Mémoire et vérité »

Emmanuel Macron, premier chef d’Etat français à être né après l’indépendance de l’Algérie, a fait preuve en la matière d’un volontarisme de bon augure, en demandant à l’historien Benjamin Stora de lui proposer des gestes susceptibles de contribuer « à l’apaisement et à la sérénité de ceux que [la guerre d’Algérie] a meurtris (…) tant en France qu’en Algérie ». Le rapport que l’universitaire devait lui remettre mercredi 20 janvier est à la fois prudent et ambitieux.

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Prudent parce qu’il évacue comme une impasse la question de la « repentance », qui n’a cessé d’envenimer le débat, pour se focaliser sur la « reconnaissance » d’événements précis. Ambitieux parce qu’il propose de restituer à l’Algérie certaines archives, de faire la lumière sur les assassinats d’Européens à Oran en juillet 1962, d’identifier systématiquement les disparus de la guerre des deux côtés et de travailler avec les Algériens sur les contaminations consécutives aux essais nucléaires poursuivis par la France dans le Sahara jusqu’en 1966. Suggestion centrale, une commission « Mémoire et vérité » réunissant des responsables et des membres de la société civile des deux pays, impulserait des initiatives mémorielles communes.

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Le président de la République doit tout faire pour relayer l’impulsion donnée par les propositions Stora et les mettre en œuvre. Ainsi, faute de pression de sa part sur l’armée pour l’ouverture des archives, le rapport de l’historien risque de n’être qu’un ballon d’essai.

Certes, la tâche apparaît singulièrement ardue sur le plan diplomatique. Pour le régime algérien, toujours dominé par les militaires, la culpabilité coloniale et les conflits mémoriels alimentent une rente toujours utile et l’un des rares leviers à sa disposition dans ses relations avec Paris.

Reste l’enjeu franco-français. A un moment où les fractures sociales se multiplient, un discours et des orientations présidentielles claires pourraient aider à créer des ponts entre des mémoires blessées ou conflictuelles, à sortir des dénis et des mensonges, à admettre la complexité de la guerre d’Algérie. Et à permettre à la société française de reconnaître l’héritage fécond d’un passé enfin dépassé.

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la sélection musicale du « Monde Afrique » #37

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Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, nous vous proposons une immersion dans les rues d’Accra, de Cotonou et de Lilongwe avec trois groupes solidement ancrés dans les réalités de leur pays, mais dont l’énergie rayonne à l’international.

« Fauziah », d’Alostmen (feat. Yaa Pono)

« Nous étions perdus dans la rue », résume Stevo Atambire pour expliquer le nom de son groupe, Alostmen, dont l’album Kologo paraîtra le 29 janvier. Le kologo est un instrument traditionnel du Ghana que Stevo et ses acolytes accordent à des sonorités plus modernes, comme dans le morceau Fauziah, qui raconte l’histoire d’une vendeuse de « lamugin » (une boisson à base de gingembre populaire dans le nord du pays) et voit la participation du rappeur ghanéen Yaa Pono. « Mon peuple écoute attentivement mes paroles, donc je ne chante jamais des choses futiles », assure le leader du groupe.

« Abobo », de BIM

Sept chanteurs et musiciens qui conjuguent le rap et le rock avec la culture vaudoue : c’est le Benin International Musical, « BIM » pour les intimes, dont le single Abobo (« le cri de la victoire »), paru début décembre, annonce la sortie prochaine d’un nouvel album qui viendra couronner une tournée internationale de deux ans et plus de soixante-dix dates dans une vingtaine de pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord. C’est d’ailleurs entre les Etats-Unis et le Bénin qu’a été enregistré ce titre qui se veut « une ode aux valeurs ancestrales et à leur résonance essentielle dans le monde actuel ».

« Ndalakwanji », de Madalitso Band

« Comme nous ne pouvons pas nous offrir d’instruments, nous avons construit les nôtres », disent Yobu Maligwa et Yosefe Kalekeni, qui forment le Madalitso Band. Début décembre, ce duo du Malawi, auteur en 2019 d’un premier album, Wasalala, a fait paraître le single Ndalakwanji, qui signifie « Qu’ai-je mal fait ? » et, sous une apparence de légèreté, décrit une dure réalité : « Les défis sont partout, les prix ont augmenté, la maladie rôde. » Cela n’a pas empêché les deux compères de partir à la conquête de l’Europe, une aventure que résume un mini-documentaire sur YouTube (en anglais).

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