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Hassan Moustafa, un règne sans partage sur le handball mondial

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L’Egyptien Hassan Moustafa, président de la Fédération internationale de handball, lors du match d’ouverture du Mondial de handball en France, le 11 janvier 2017.

Illustre souverain égyptien, Toutankhamon a changé de nom au cours de sa vie pour rétablir le polythéisme. Hassan Moustafa, le président égyptien de la Fédération internationale de handball (IHF), surnommé « le Pharaon », n’en est pas arrivé à ce stade. Mais il pourra se targuer d’avoir vu de son vivant une enceinte sportive rebaptisée à son nom, fin décembre 2020.

Pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit d’une salle de 5 200 places jouxtant les pyramides de Gizeh, près du Caire, qui doit accueillir des matchs du championnat du monde, dont le coup d’envoi doit être donné mercredi 13 janvier. Comme une empreinte de l’omnipotence de cet homme de 76 ans, bien installé au sommet de la pyramide du handball mondial depuis 2000.

Si le Mondial 1999, déjà organisé en Egypte, fut pour lui une rampe de lancement vers la présidence de l’IHF, ce nouveau cru à domicile a vocation à rehausser son prestige et constitue « une espèce de couronnement », selon Daniel Costantini, ancien sélectionneur de l’équipe de France et suiveur attentif de l’actualité du handball.

Un prestige amoindri par le renoncement, in extremis, à accueillir une jauge de 20 % de spectateurs dans les salles. Une des rares choses qu’il n’ait pas réussi à obtenir en plus de vingt ans de présidence. Il n’est pas exagéré de dire qu’Hassan Moustafa finit par obtenir tout ce qu’il désire. « Il est à la fois très autoritaire et très affectif », ajoute Daniel Costantini.

Prêt pour un probable sixième mandat

Soupçonné de corruption pour « irrégularités dans la commercialisation de droits sportifs » en 2011 par la justice allemande, pointé en 2009 pour une augmentation mirobolante de son salaire, accusé de faire taire ses opposants au sein de la fédération, Hassan Moustafa résiste à toutes les tempêtes. Ceux qui ont osé l’affronter ou, pire, le critiquer l’ont regretté.

« Il obtient ce qu’il veut en menaçant les gens, à l’intérieur et en dehors de l’IHF, affirme une ancienne membre de la Fédération souhaitant rester anonyme. Certaines fédérations ont déclaré qu’elles avaient été menacées de se voir retirer des événements au cas où elles ne seraient pas d’accord avec ses exigences. »

Dernier exemple en date, Mauricio Moccia s’était opposé en janvier 2018 à la division en deux entités de la Fédération panaméricaine de handball (PATHF) décidée par Hassan Moustafa. Le dirigeant argentin avait dénoncé, dans un communiqué, une « atteinte à la souveraineté » et la « politique de la peur » menée par l’Egyptien.

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Le lycée d’excellence où a été scolarisée Diary Sow, une fabrique d’élites pour le Sénégal

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Le lycée scientifique d’excellence, à Diourbel.

Un établissement d’excellence

Diary Sow, une brillante étudiante sénégalaise en deuxième année de classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, à Paris, n’est jamais retournée en cours après les vacances de Noël. Une disparition qui a mis le Sénégal en émoi, jusqu’à ce qu’un proche publie des échanges dans lesquelles la jeune fille dit aller bien et avoir pris « une petite pause pour retrouver [ses] esprits ». Dans son pays, Diary Sow est connue pour avoir remporté en 2018 et en 2019 le titre de « meilleure élève du Sénégal ».

Une photo de Diary Sow, prise à Dakar, le 7 août 2020.

En 2020, elle a aussi publié son premier roman, Sous le visage d’un ange, aux éditions L’Harmattan. Réputée sérieuse et intelligente, la jeune élève s’est vite démarquée sur les bancs de l’école de sa petite ville, Malicounda. Elle passe alors en 2016 le concours pour intégrer le lycée scientifique d’excellence de Diourbel, où aujourd’hui les élèves comme le proviseur et les professeurs sont dans ­l’attente de la moindre information venue de France.

Une institution créée en 2016

Le lycée scientifique d’excellence de Diourbel, à 170 kilomètres à l’est de Dakar, a fait sa première rentrée en 2016, sous l’impulsion du président de la république, Macky Sall. Dans un pays où 46 % d’une classe d’âge est scolarisée dans le secondaire, « le niveau en sciences des élèves avait baissé », constate Ousmane Sagna, le proviseur. « Nous manquons de professeurs qualifiés en sciences et le niveau n’est pas suffisant dans les écoles d’ingénieurs », renchérit Amadou Yacine Diatta, professeur de sciences physiques. Il est ravi de pouvoir « approfondir le programme et les notions scientifiques » avec des élèves triés sur le volet.

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A la suite d’un concours national, seuls les 60 meilleurs élèves seront sélectionnés pour poursuivre leur scolarité dans le prestigieux établissement. « Ce concours est ouvert à tous, nous avons d’ailleurs plus de filles que de garçons », relève le proviseur Sagna. Public et gratuit, ce lycée d’excellence se différencie des autres lycées de bonne réputation, souvent payants et donc réservés à une élite économique.

Une politique de mixité

Ici, les 180 élèves, venus de tout le Sénégal, sont tous en internat, reçoivent une bourse mensuelle et paient seulement les frais d’­inscription annuels classiques (environ 60 euros). Un prix qui permet d’accueillir des élèves aux profils sociologiques diversifiés. « Certains viennent de milieux et de régions défavorisés », témoigne Amadou Yacine Diatta.

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Au milieu de ces élèves excellents s’est démarquée Diary Sow, ­première de sa promotion de la seconde à la terminale et elle-même issue d’un milieu modeste. « Diary avait la particularité d’être bonne dans les matières scientifiques comme ­littéraires », se ­rappelle son professeur.

Un partenariat international

Le baccalauréat en poche, la ­plupart des élèves continuent leurs études à l’étranger, principalement en France, pour fréquenter les grandes écoles, grâce à l’obtention d’une bourse d’excellence. « Cinq de nos élèves, dont Diary Sow, ont intégré Louis-le-Grand avec qui nous avons un partenariat », se félicite le proviseur Sagna. D’autres sont partis au lycée Henri IV, ailleurs en France, en Europe, voire au Canada. « L’idée est qu’ils reviennent ensuite au Sénégal, car nous sommes en train de ­former une élite qui pourrait ­diriger le pays », ambitionne M. Sagna.



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« L’Algérie s’est enfermée depuis 1962 dans une mémoire nationaliste »

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Une banderolle déployée à Bejaïa, le 26 mars 2019, lors d’une manifestation contre le président Abdelaziz Bouteflika.

Guy Pervillé est un historien spécialiste de la guerre d’Algérie, professeur émérite d’histoire contemporaine (retraité de l’université de Toulouse-Le Mirail depuis 2011). Il est notamment l’auteur d’une Histoire iconoclaste de la guerre d’Algérie et de sa mémoire (éd. Vendémiaire, 2018). Dans un entretien au Monde Afrique, il exprime son « scepticisme » quant aux perspectives d’une réconciliation mémorielle franco-algérienne, en raison de la « repentance » exigée de la France par le gouvernement algérien.

Comment voyez-vous le processus de réconciliation mémorielle que tentent d’amorcer les présidents Macron et Tebboune ?

Je suis assez sceptique. La difficulté vient de ce que l’Algérie s’est enfermée depuis l’indépendance dans une mémoire officielle qui prolonge la mémoire du parti nationaliste, celle du Front de libération nationale (FLN), conçue en temps de guerre. Il s’agit en quelque sorte de la continuation de la guerre par d’autres moyens. Je ne vois toujours pas le moindre signe d’un apaisement fondamental des relations franco-algériennes à propos de la mémoire de la guerre d’indépendance.

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Vous considérez que l’attitude de l’Algérie en matière mémorielle est guidée par la revendication de « repentance » adressée à la France. Quand cette revendication est-elle apparue ? Et peut-on réduire la position algérienne à cette requête ?

Cette revendication est apparue dans sa forme explicite lors de la création en mai 1990 de la Fondation du 8 mai 45, qui visait à commémorer la répression des manifestations du 8 mai 1945 [dans la région de Sétif]. Les statuts de cette fondation comportaient la revendication de reconnaissance par la France que sa répression a été un crime contre l’humanité et non pas un crime de guerre. Le gouvernement l’a adoptée en 1995 dans le contexte de tensions bilatérales croissantes liées à la « décennie noire », la guerre civile entre le pouvoir et les islamistes. A l’époque, Alger avait demandé à Paris de le soutenir politiquement dans sa lutte contre le péril islamiste. Or le gouvernement français hésitait, en particulier après l’élection de Jacques Chirac à la présidence, en 1995. Il était partagé entre le soutien inconditionnel au gouvernement algérien et l’encouragement à une négociation politique. C’est à ce moment-là qu’apparaît une campagne d’opinion visant à obtenir de la France une repentance pour « les crimes commis contre le peuple algérien ».

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ce tableau de Soulages qui fit « vaciller » Léopold Sédar Senghor

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Avec ses jeux de glacis, de transparences et de superpositions, c’est une toile classique des années 1950 de Pierre Soulages que la maison de ventes Caen Enchères propose samedi 23 janvier. La particularité de cette œuvre, estimée entre 800 000 et 1 million d’euros, est surtout sa provenance, puisqu’elle fut la propriété du poète-président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Ce tableau, en effet, a longtemps été accroché dans son bureau, d’abord à Paris puis dans son manoir de Verson, en Normandie, où il s’était retiré après avoir quitté le pouvoir. Sa femme, Colette, en hérita à sa mort en 2001, avant de le léguer elle-même à sa sœur à son décès, en 2019.

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C’est Georges Pompidou, camarade de prépa au lycée Louis-le-Grand, qui, le premier, initia Léopold Sédar Senghor à l’art de son époque. La légende ne dit pas s’il lui a présenté Pierre Soulages, dont il accrochera quelques années plus tard un tableau dans son bureau de Matignon. Toujours est-il qu’en décembre 1956, Senghor achète cette toile directement à l’artiste.

« La première fois que je vis un tableau de Soulages, ce fut un choc », écrit-il deux ans plus tard dans Les Lettres nouvelles : « Je reçus au creux de l’estomac un coup qui me fit vaciller, comme le boxeur touché qui soudain s’abîme. C’est exactement l’impression que j’avais éprouvée à la première vue du masque Dan. »

« L’expression la plus haute de la peinture pure »

Ce tableau, « chacun y lit ce qu’il veut, un idéogramme, un homme debout, un christ ou un totem », commente Agnès Sevestre-Barbé, experte de la vente. Le linguiste Pierre Encrevé dira de cette toile, comme des trois autres reprenant cette dense organisation de touches en bloc, qu’elles « affrontent de leur force d’imposition son regard comme pour en susciter un retour ».

Le chantre de la négritude ressent vite une affinité avec le maître du noir, en qui il croit déceler « un tempérament riche et généreux, un homme du XXe siècle, qui porte en lui le sens tragique de notre destin », un artiste qui, sans ignorer l’âme, « lui enlève ses vêtements d’emprunt, les niaiseries sentimentales, pour lui rendre la spiritualité ». En 1960, dans les Cahiers du musée de poche, Senghor va jusqu’à saluer en lui le « poète des temps nouveaux », qui a rempli sa mission de « nous divertir de la monotonie mortelle de la prose quotidienne ».

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Cette admiration au long cours culmine en 1974 avec l’organisation d’une exposition au Musée dynamique de Dakar. L’institution construite huit ans plus tôt avait pour vocation de montrer à la fois les arts classiques d’Afrique et l’art moderne international – Chagall et Picasso y précédèrent Soulages.

Lors de l’inauguration, où il se fait l’exégète précis de son travail, Senghor vante « l’expression la plus haute de la peinture pure », dont il espère qu’elle serve de modèle aux jeunes peintres sénégalais. « En effet, poursuit-il, nous n’avons jamais eu l’intention de les enfermer dans un ghetto culturel noir ; mais s’ils se laissent influencer, nous voulons que ce soit par des artistes dont l’art ait des affinités avec l’art nègre. »



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