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Faustin-Archange Touadéra déclaré vainqueur de la présidentielle en Centrafrique

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Le président sortant Faustin-Archange Touadera devant un bureau de vote à Bangui, le 27 décembre.

Les militants du Mouvement Cœurs Unis (MCU) peuvent fêter leur victoire. A Bangui, la capitale centrafricaine, l’Autorité nationale des élections (ANE) a annoncé lundi 4 janvier dans la soirée les résultats provisoires du scrutin présidentiel et législatif du 27 décembre : leur candidat, le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, l’emporte au premier tour avec 53,92 % des voix au terme d’un cycle électoral mouvementé.

Les résultats définitifs doivent être publiés le 19 janvier, après examen des éventuels recours. Mais, déjà, les contestations pleuvent. Dans un document rendu public lundi, plusieurs candidats de l’opposition, dont Anicet-Georges Dologuélé, Martin Ziguélé et Mahamat Kamoun, dénoncent des « bourrages massifs d’urnes », des « tentatives d’intimidation des électeurs » ou encore des « achats de votes ». Le nombre particulièrement important de « votes par dérogation », déjà observé par le réseau d’observateurs de la société civile Arc-en-ciel, est également pointé du doigt.

Les élections présidentielle et législatives étaient considérées comme un test pour la Centrafrique, qui peine à émerger de la crise politico-militaire qui plombe le pays depuis plusieurs années. Une grande partie du territoire est toujours sous le contrôle des groupes armés. Il y a trois semaines, six d’entre eux, parmi les plus importants, ont décidé de fusionner leurs forces au sein d’une nouvelle alliance, la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Dénonçant l’accord de paix du 6 février 2019, qui prévoyait une intégration des groupes armés dans le système politique, ils réclamaient une suspension du processus électoral, et la mise en place d’une concertation nationale.

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Peu après le lancement de cette coalition, des affrontements ont éclaté, opposant les rebelles aux Forces armées centrafricaines (FACA) et à leur partenaire, la Mission des nations unies (Minusca), ainsi qu’à des renforts venus de Russie et du Rwanda. L’ancien président François Bozizé – dont la candidature avait été invalidée au début de décembre par la Cour constitutionnelle – a été soupçonné par le gouvernement et la communauté internationale de collusion avec les groupes armés.

Vote perturbé

Sans réussir à percer jusqu’à Bangui, ces derniers se sont rendus maîtres de plusieurs villes avant le scrutin, et ont perturbé le vote dans plusieurs régions. Dans certains bureaux, les urnes ont été enlevées, et leur contenu brûlé. Néanmoins, les élections se sont relativement bien déroulées à Bangui et dans plusieurs villes de province.

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« La République est en guerre. Sa survie est menacée. Cette guerre asymétrique, nous allons la gagner », avait déclaré, martial, Faustin-Archange Touadéra lors de son discours du Nouvel An. Dans la foulée, quatre importants chefs de groupes rebelles, ayant rang de ministre au sein du gouvernement, ont été limogés. Cette décision, selon certains observateurs, met fin de facto à l’accord de paix du 6 février 2019.

Si la ville de Bangui semble toujours en sécurité aujourd’hui, des combats ont eu lieu au cours du week-end à Damara. Des groupes rebelles auraient également pris la ville de Bangassou, dans le sud-est du pays, selon des sources locales, alors que la Minusca assure de son côté que la ville est « sous contrôle ». Pour autant, selon Thierry Vircoulon, coordinateur pour l’Afrique centrale à l’Institut français de recherches internationales (IFRI), les groupes armés ne visent pas à prendre la capitale, comme ils l’avaient fait en 2013, mais à montrer que leur pouvoir de nuisance est toujours aussi important dans l’arrière-pays. « Ils cherchent à faire de Faustin-Archange Touadéra le président de Bangui, en s’emparant du reste du pays », résume le chercheur.

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Dans la capitale, pourtant, la situation se tend. Du côté des partisans de François Bozizé, on accuse le gouvernement de mener une chasse aux sorcières contre les cadres du parti de l’ancien chef de l’Etat, le Kwa Na Kwa, mais aussi des membres de son ethnie, les Gbayas, dénonçant des arrestations et des enlèvements. Du côté présidentiel, on réfute catégoriquement ces accusations.

Dans un communiqué diffusé ce lundi, le MCU évoque ainsi des « manœuvres cyniques visant à imposer une guerre tribale (…) par le truchement de ceux qui redoutent l’intransigeance de la justice ». Le parquet a par ailleurs annoncé lundi l’ouverture d’une enquête judiciaire contre François Bozizé, ainsi que ses coauteurs et complices, « par rapport aux faits de déstabilisation et des rébellions en cours ». Il a également fait état de l’arrestation de plusieurs rebelles sur les différents fronts de bataille, dont huit ont déjà été présentés au juge d’instruction.



Via LeMonde Afrique

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Au Maroc, la « vraie révolution » se fait toujours attendre

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Publié aujourd’hui à 07h45

En quelques minutes, la nouvelle a fait le tour du quartier. « C’est arrivé », soupire une voisine en tenue de nuit. « Il n’y a pas eu de mort, cette fois », rassure une autre. Un garçon est à l’hôpital, blessé à la jambe. « Espérons qu’il en sorte en un seul morceau », ironise Ismaïl, 40 ans, coach sportif sans emploi. Dans le quartier Cuba, adossé à l’ancienne médina de Casablanca, une maison s’est effondrée dans la nuit du 7 au 8 janvier, anéantie par une pluie torrentielle. Où sont les secours ? « Les secours, l’assainissement, les services de base, tout ça, tu oublies : ici, il n’y a pas d’Etat », explique le coach.

A deux pas du quartier défavorisé de Cuba se dressent les immeubles luxueux de la marina de Casablanca. Un mur a été érigé pour séparer ces deux mondes.
Hicham, 40 ans, rêvait d’être champion d’arts martiaux. Il travaille dans le bâtiment.

La veille, dans l’est de Casablanca, un enfant et ses parents ont perdu la vie, écrasés dans leur sommeil. « On vit tous en sursis », dit tranquillement Ismaïl. A Cuba comme dans beaucoup d’autres quartiers défavorisés de la capitale économique marocaine, les maisons, bâties avec du sable, tiennent debout par miracle. Faute de place, faute de moyens, les habitants ont construit eux-mêmes, entassant un étage sur l’autre, sans autorisation.

Quand les maisons s’écroulent, ils reçoivent un avis d’expulsion et se voient proposer l’acquisition d’un logement social neuf, en périphérie de Casablanca. Pour les jeunes du quartier, la réponse est unanime : « Partir ? Jamais ! ». Il faudrait débourser 140 000 dirhams (environ 13 000 euros) pour aller vivre dans un de ces grands ensembles immobiliers bon marché et souvent défectueux, privés de transports publics, trop isolés pour que leurs habitants trouvent du travail. « Si j’avais cet argent, je serais monté dans une barque : aller simple, direction l’Espagne ! », tranche Abdelghafour, 27 ans.

« Politique du dépérissement »

En plein quartier de la médina, une maison s’est effondrée après de fortes pluies.
Simo, 28 ans, gardien de voiture.

Contrairement aux bidonvilles que les autorités se sont – en vain – efforcées d’éradiquer, depuis 2004, à la suite des attentats de Casablanca (le 16 mai 2003, cinq attentats-suicides avaient fait 33 morts et une centaine de blessés), perpétrés par des jeunes issus de ces quartiers, les habitats non réglementaires (HNR) ne font pas l’objet d’un plan de réaménagement. « C’est la politique du dépérissement. En laissant les maisons s’effondrer toutes seules, l’Etat peut récupérer ces terrains situés au centre, qui représentent une opportunité foncière majeure », analyse la sociologue Soraya El-Kahlaoui, chercheuse à l’université de Gand, en Belgique.

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En Tunisie, des heurts nocturnes entre jeunes et forces de sécurité

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A Ettadhamen, dans la banlieue nord-ouest de Tunis, dans la nuit du 17 janvier 2021.

Jets de pierres contre tirs de gaz lacrymogènes : à Ettadhamen, quartier populaire en périphérie de Tunis, comme dans plusieurs autres villes tunisiennes, de nouveaux troubles nocturnes ont éclaté dimanche 17 janvier en dépit d’un confinement sanitaire, quelques jours après le dixième anniversaire de la révolution.

« S’il y avait quelqu’un pour juger nos abrutis de politiciens… Ces délinquants ne sont que le résultat de leur échec ! », peste Abdelmonem, un serveur de café.

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Des dizaines de jeunes, en majorité des mineurs âgés de 14 à 17 ans, ont été arrêtés après des heurts ces trois derniers jours, a indiqué dimanche à l’AFP Khaled Hayouni, porte-parole du ministère de l’intérieur, quelques jours après le dixième anniversaire de la chute de l’autocrate Zine El-Abidine Ben Ali et de son régime policier.

Si cet anniversaire a été étouffé par un confinement général de quatre jours pour tenter d’endiguer une flambée de cas de Covid-19, il n’a toutefois pas empêché les troubles, dont les motifs exacts ne sont pas connus. Ces heurts interviennent dans un contexte d’instabilité politique et de dégradation de la situation sociale en Tunisie.

« Aucun avenir ici ! »

Dans les rues, des adolescents remplissent leurs poches de pierres. « C’est pour les ennemis », lance joyeusement l’un d’eux, en allusion aux agents de la police.

Le son des sirènes hurlantes ne couvre pas celui des explosions des feux d’artifice jetés depuis des toits de maisons, d’où des jeunes visaient dès la nuit tombée, à coups de pierres, un important dispositif de police et de la garde nationale (gendarmerie).

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« Rentrez chez vous ! », lance avec un haut-parleur de l’un des gendarmes, au moment où les forces de sécurité tiraient massivement des gaz lacrymogènes pour disperser les groupes présents.

Pour Abdelmonem, « ce sont des jeunes adolescents qui s’ennuient qui sont les auteurs de ces violences ». Mais l’homme de 28 ans estime que « c’est la classe politique qui est la cause de ces tensions ».

Très vives entre les différents partis composant un Parlement fragmenté depuis les élections de 2019, les tensions fragilisent le gouvernement largement remanié samedi et en attente d’un vote de confiance.

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Les divisions paralysent le pays au moment où l’urgence sociale s’accentue avec la pandémie de coronavirus (180 090 cas, dont 5 692 décès au 18 janvier), à laquelle s’ajoutent la hausse du chômage et celle des prix et met en évidence la défaillance des services publics.

« Je ne vois aucun avenir ici ! Tout est triste, dégradé, nous sommes vraiment dans la merde ! », lance le serveur à l’AFP, tirant nerveusement sur une cigarette, déterminé à prendre la mer « le plus tôt possible sans jamais revenir ».

« Créer le chaos »

Le mois de janvier est régulièrement le théâtre de mobilisations en Tunisie, car cette période marque l’anniversaire de plusieurs luttes sociales et démocratiques majeures. Mais ici, « il ne s’agit pas de mouvements de protestation, ce sont des jeunes qui viennent de quartiers proches pour voler et s’amuser, estime Oussama, 26 ans, un habitant d’Ettadhamen. Si on proteste, ça sera la journée et à visage découvert. »

Au Kram, quartier populaire du nord de Tunis, Sanad Attia, 18 ans, se préparait à passer la soirée dehors en dépit du couvre-feu qui débute à 16 heures, rejoignant des groupes de jeunes dans un face-à-face tendu avec la police.

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« J’ai arrêté l’école, ça me servait à rien, je m’entraînais avec l’Olympique Kram pour devenir footballeur, explique-t-il. Mais avec le Covid, le club est fermé, on ne peut rien faire. Maintenant, tout ce que je veux c’est partir en Italie. »

Ces derniers jours, des heurts ont eu lieu dans plusieurs quartiers populaires, notamment à Tunis, Bizerte, Menzel Bourguiba (nord), Sousse et Nabeul (est), Kasserine et Siliana (nord-ouest), selon des correspondants de l’AFP et des vidéos publiées sur internet par des habitants. Celles-ci montraient des jeunes dans plusieurs villes brûlant des pneus, insultant la police ou pillant des commerces.

Sur les réseaux sociaux, certains Tunisiens attribuaient ces violences à l’échec de la classe politique à améliorer la situation ? D’autres accusaient des groupes d’instrumentaliser ces troubles pour « créer le chaos ».

Le Monde avec AFP



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Au moins quatre soldats tués par une mine artisanale au Niger

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Quatre soldats ont été tués, lundi 18 janvier, au Niger et huit autres gravement blessés dans l’explosion d’une mine artisanale, dans le sud-est du pays proche du Nigeria, a annoncé le ministère de la défense dans un communiqué. Des éléments de l’armée nigérienne sont « tombés sur un engin explosif improvisé », l’un des principaux modes opératoires djihadistes dans la région.

Ces soldats étaient engagés, selon le texte, dans une « poursuite » de « terroristes » (terminologie employée par les autorités au Sahel pour définir les djihadistes) qui avaient attaqué la veille le poste militaire de Chétima Wangou, dans la région de Diffa (sud-est).

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Les assaillants appartenaient au groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), selon une revendication de l’attaque de dimanche rapportée lundi par l’organisme américain de surveillance des mouvements extrémistes SITE.

« Les soldats du Califat ont attaqué hier (…) l’armée nigérienne apostate près de la ville de Chétimari (…) ce qui a entraîné la mort de trois éléments » de l’armée nigérienne, a affirmé lundi ISWAP dans son communiqué, précisant avoir « capturé » un « véhicule à quatre roues motrices » ainsi que des armes et des munitions. Les autorités nigériennes n’ont pas fait état de pertes humaines dans l’attaque de dimanche. Les « opérations de ratissage et les reconnaissances offensives » se poursuivaient lundi soir, selon le communiqué du ministère.

Des incursions djihadistes fréquentes

Chétima Wangou est un village situé sur le territoire de la commune de Chétimari, à 25 km au sud-ouest de la ville de Diffa. Le secteur, où ont eu lieu l’attaque dimanche et l’explosion lundi, est situé dans une région frontalière où les incursions djihadistes sont fréquentes.

Le poste militaire de Chétima Wangou, attaqué dimanche, avait déjà été pris pour cible par le passé : le 7 mars 2020, une « vingtaine de véhicules lourdement armés » djihadistes avaient attaqué le camp. Huit soldats avaient été tués. Un an plus tôt, en 2019, une attaque dans la même localité de Chétima Wangou avait fait sept morts parmi les soldats nigériens.

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Le groupe djihadiste Boko Haram, né au Nigeria en 2009, a établi des bases sur certains des multiples îlots parsemant le lac Tchad, une vaste étendue marécageuse à la frontière entre le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun.

Depuis 2016, Boko Haram s’est divisé en deux factions : celle d’Abubakar Shekau, le chef historique du groupe, et Iswap, affilié à l’EI – notamment installé autour du lac Tchad. Les autorités de la région ne font pas la différence entre les membres de Boko Haram et de l’Iswap, présentant tous ces combattants djihadistes comme des éléments de Boko Haram.

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Le conflit avec les djihadistes de Boko Haram et de l’Iswap a fait plus de 36 000 morts depuis 2009 dans le nord-est du Nigeria. Près de 2 millions de personnes ont dû fuir leurs foyers.

Le Monde avec AFP



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