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Etrilabs, le labo qui a boosté l’innovation numérique pendant la crise du coronavirus

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Ayéfèmi Oro, directeur des relations publiques d’Etrilabs, à Cotonou, en novembre 2020.

Alerte, fausses informations ! « Ail + miel : recette miracle pour guérir du Covid-19 ». « Le vaccin contient du poison et les Occidentaux veulent anéantir l’Afrique. » « Les Noirs seraient immunisés contre le coronavirus. » Ces rumeurs infondées ont tourné de téléphone en téléphone en Afrique de l’Ouest au début de la pandémie.

Au Bénin, Etrilabs, un laboratoire d’innovation numérique basé à Cotonou, la capitale économique du pays, en a compilé et démonté des dizaines sur un site Web 100 % Covid-19, créé en mars. Sur la plate-forme, une étiquette rouge signale et décrypte les infox. Un onglet de couleur verte rassemble, au contraire, les bons conseils, vérifiés, que les autorités ouest-africaines ont prodigués aux citoyens au pic de la crise.

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« Il y a eu une désinformation totale sur le Covid-19 en Afrique de l’Ouest. Beaucoup de fake news ont circulé. Nous nous sommes vite rendu compte qu’elles étaient plus importantes que la maladie en elle-même, qui nous a très peu touchés », souligne Ayéfèmi Oro, directeur des relations publiques d’Etrilabs.

Ce hub technologique mêlant incubation de start-up, formations au numérique et solutions Web pour organisations, a monté en à peine une semaine sa plate-forme Web dédiée à la pandémie. « On a arrêté toutes nos activités pour se mettre en mode hackathon et apporter une réponse au Covid-19 », ajoute M. Oro.

Suivre en temps réel la crise sanitaire

En plus de démêler le vrai du faux, leur site a aussi rassemblé les statistiques permettant de suivre en temps réel la propagation du virus dans huit pays francophones d’Afrique de l’Ouest. Sur la cartographie évolutive d’Etrilabs, un clic sur le Bénin et les données s’affichent : au 25 novembre, 2 916 cas ont été déclarés positifs au nouveau coronavirus et 43 personnes en sont décédées.

Au niveau des huit pays de la zone étudiée, le laboratoire dénombre 72 473 cas et 1 100 décès. Bénin, Burkina Faso, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Togo et Sénégal : là-bas, le Covid-19 a officiellement fait autant de morts en neuf mois qu’il y en a eu en France en à peine trois jours.

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En revanche, les économies ouest-africaines ont été frappées de plein fouet. Au Bénin, les mesures de restriction prises par les autorités pour lutter contre la propagation du coronavirus ont contraint des milliers de travailleurs à cesser leurs activités. « Les restaurateurs, les coiffeurs ou encore les chauffeurs se sont retrouvés du jour au lendemain au chômage. Derrière, ce sont des familles entières qui ont été privées de toutes ressources financières », explique M. Oro.

Pour soulager une partie de ces familles désœuvrées, Etrilabs a mis ses outils numériques et sa communauté sur le pont pour organiser une collecte de fonds en ligne. Au total, 2,9 millions de francs CFA (4 420 euros) ont été distribués à plus de 65 familles béninoises impactées par la pandémie.

« Par les Africains, pour les Africains »

« C’est du local, mais c’est du concret », souligne Senam Beheton, directeur d’Etrilabs. En 2009, las de voir son travail de consultant en stratégie numérique auprès de gouvernements ouest-africains ne produire que peu d’effets, l’économiste monte Etrilabs pour agir concrètement sur le terrain. Il imagine alors un laboratoire d’innovation « créé par les Africains, pour les Africains », dont la mission sera d’apporter, via le digital, des réponses concrètes aux problèmes qui se posent sur le continent.

Onze ans plus tard, son laboratoire est présent dans dix pays africains. A Cotonou, le QG est une grande villa à étages de 1 200 moù les murs sont soigneusement tagués de citations appelant les entrepreneurs à innover. Partout, les téléphones sonnent et les touches des claviers d’ordinateurs résonnent. Dans les couloirs, les jeunes dirigeants des cinq start-up incubées se croisent et échangent expériences et compétences. Le lieu fourmille. Encore plus, depuis la pandémie.

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Attablée à l’une des tables de conférence, Hadjara Idriss, patronne d’une jeune pousse et âgée de 26 ans, regarde les statistiques de sa plate-forme monter en flèche. Lancée en 2018, Sewema propose aux jeunes Africains des cursus de formation en ligne aux métiers du numérique.

« On est passés de 800 apprenants en février à plus de 11 000 en septembre. Et ça continue ! Avant, les gens ne comprenaient pas l’intérêt d’avoir des formations en ligne, mais depuis la crise sanitaire, tout a changé. Les gens comprennent que le numérique c’est l’avenir », sourit la jeune femme. En juin, elle et ses huit collaborateurs en ont profité pour lancer un nouveau service de formations dématérialisées à destination des entreprises. Sewema Business leur permet de disposer de leur propre plate-forme de formation 100 % digitale et personnalisable.

« Toute cette innovation numérique made in Africa, il faut la célébrer », s’enthousiasme M. Beheton, visiblement heureux de voir le continent s’être pour une fois extrait de ses clichés négatifs lors de la pandémie. « Tout le monde pensait que cette crise allait être une catastrophe en Afrique. Finalement, peu de choses se sont passées et, au contraire, l’innovation africaine s’est développée autour de cette pandémie. C’est formidable et il faut le dire. Pour une fois, l’Afrique était là où on ne l’attendait pas », conclut-il.



Via LeMonde Afrique

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« La RDC ne devrait pas récompenser ceux qui ont pris les armes contre elle »

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Des miliciens de la Codeco montent la garde lors d’une réunion avec d’anciens chefs de guerre à Wadda, en Ituri, le 19 septembre 2020.

Hantées par les guerres du passé, les provinces orientales de la République démocratique du Congo (RDC) sont toujours en proie à des violences impliquant des groupes armés. Les civils sont les principales victimes de ces conflits sans fin, contraints de vivre dans la peur ou de rejoindre les rangs des millions de déplacés. Pour la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), la situation sécuritaire « alarmante » qui prévaut dans cette région frontalière du Soudan du Sud, de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi est la priorité. La majorité de ses près de 15 000 casques bleus y sont déployés.

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En décembre 2020, le retrait de la Monusco de RDC a été décidé par l’ONU et le gouvernement congolais. Il devrait prendre plusieurs années. Sa cheffe et représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU dans le pays, l’Algérienne Leila Zerrougui, dont le mandat se termine en février, dresse un bilan de son action.

Comment se fait-il que les groupes armés continuent de prospérer dans l’est de la RDC, malgré les initiatives en faveur de leur désarmement ?

Pour répondre, il faut remonter le fil des rebellions qui ont marqué l’histoire du pays ces trente dernières années. Après la chute de Mobutu Sese Seko, en 1997, les dirigeants des principaux groupes armés se sont mis d’accord pour se partager le pouvoir. Une loi d’amnistie a été votée et les anciens rebelles ont été intégrés dans les troupes régulières. Certains de leurs chefs se sont reconvertis dans la politique, mais les conflits n’ont pas cessé pour autant, notamment dans les provinces orientales.

Après la deuxième guerre du Congo (1998-2003), de nouvelles amnisties ont été décidées, en 2006, pour essayer de tourner la page de la violence. Mais le problème s’est posé de nouveau quelques années plus tard avec la crise au Nord-Kivu : une fois de plus, il a été décidé d’intégrer dans l’armée les ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), de Laurent Nkunda. La précédente loi d’amnistie a donc été étendue. Et cela s’est reproduit encore en 2013 avec les membres du Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion issue du CNDP.

Aujourd’hui, une multitude de groupes armés réclament les mêmes conditions de démobilisation. C’est devenu un cercle vicieux : tuer, violer, massacrer, négocier, demander à intégrer l’armée, réclamer un grade et imposer de rester là où les crimes ont été commis, recommencer… Il faut que ça s’arrête. La RDC ne devrait pas récompenser ceux qui ont pris les armes contre elle. Mais elle ne peut pas non plus laisser quelqu’un qui sait manier les armes mendier dans la rue. C’est là toute la difficulté des programmes dits de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).

Une grande partie des violences qui déchirent aujourd’hui l’Ituri (nord-est) sont attribuées aux miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), un groupe mystico-militaire qui prétend défendre les Lendu et mènent des assauts meurtriers contre des Hema et les militaires congolais. Comment se fait-il que les autorités n’aient pas pu vaincre ce mouvement ?

Depuis des décennies, on s’efforce de traiter les effets du conflit, mais pas le fond du problème. Chaque milice prétend défendre sa communauté et la guerre structure tout : l’économie, les relations entre les ethnies, l’accès à la terre, son utilisation… La priorité du gouvernement, c’est d’asseoir l’autorité de l’Etat dans ces zones. Il faut s’assurer que les militaires et les policiers sont payés, qu’ils sont casernés et ne sont pas tentés, eux-mêmes, de créer des réseaux criminels. C’est un travail qui n’est pas facile à mener, mais il faut le commencer. Sans cela, les groupes armés risquent une fois encore de passer pour des sauveurs alors qu’ils sont en réalité des prédateurs.

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Notre rôle, en tant que représentants des Nations unies en RDC, c’est d’aider les autorités à rétablir la paix. Plutôt qu’une intégration des milices dans l’armée, nous soutenons une intégration dans les communautés, ce qui aide les populations à absorber ceux qui ont pris les armes en leur nom ou contre eux. Cela passe par des créations d’emploi, mais aussi par une certaine stabilité juridique pour que chacun puisse faire valoir ses droits et que ceux qui profitent de la situation de crise soient sanctionnés. C’est la vulnérabilité qui pousse les gens à se placer derrière un groupe armé.

N’est-ce pas surtout un problème de moyens ? Le programme DDR n’est-il pas sous-doté, faute d’engagements des bailleurs de fonds ?

Si un cadre légal est instauré, si l’Etat congolais montre qu’il s’implique dans la durée, qu’il est volontaire pour faire changer les choses, la communauté internationale suivra. La RDC n’est pas un pays pauvre, c’est l’instabilité qui décourage les investisseurs. Pour en finir avec ces violences, il faut des directives très claires et un contrôle de l’Etat sur ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, tout en laissant de la flexibilité dans la mise en œuvre au niveau local en Ituri, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu.

Concrètement, on doit s’interroger sur les conditions de vie des communautés : est-ce que ce sont des éleveurs ? Des agriculteurs ? Faut-il mettre à leur disposition des terres ? Ouvrir une route pour encourager la mobilité ? Vient ensuite la question de la justice transitionnelle et de la réconciliation. Et pour finir, il est indispensable de veiller à ce que deviennent les chefs de guerre, qui doivent à tout prix répondre de leurs crimes. Et quels sont ceux que les communautés sont prêtes à pardonner ? En cas de récidive, ces gens doivent être arrêtés et jugés. C’est comme ça qu’on rétablit la paix.

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Vous êtes à la tête de la Monusco depuis 2017 et vous vous apprêtez à passer la main. A l’heure du bilan, de quoi êtes-vous le plus satisfaite ?

Quand je suis arrivé en RDC, tout le monde pensait que ce pays allait brûler. J’ai essayé de convaincre mon équipe que nous pouvions faire la différence en travaillant à la tenue d’élections relativement pacifiées [tenues en décembre 2018 avec deux ans de retard]. Le contexte était compliqué et le processus n’a pas été parfait : il y a eu beaucoup de tensions, des gens emprisonnés, des manifestations, des personnes tuées… Mais le scrutin a abouti à un transfert de pouvoir et, pour moi, c’était une première étape. Je pense que la Monusco a joué son rôle. Mais il ne faut pas que ce soit un accident de l’histoire.

Et votre plus grand regret ?

Il y a beaucoup de choses que j’aurais voulu ou dû faire et que je n’ai pas faites. Mais je ne suis pas la présidente de la RDC : je représente le secrétariat général d’une mission de maintien de la paix dans un pays souverain. Alors que mon départ approche, il est vrai que je suis un peu inquiète : est-ce que les efforts menés, de même que le processus commencé en 2018, vont se poursuivre ? La RDC va-t-elle replonger dans la crise ? Je regrette que nous n’ayons pas davantage avancé sur le programme DDR. Le processus en est encore à ses balbutiements et j’espère que ceux qui viendront après moi feront mieux.



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pour la famille de Patrice Lumumba, le temps de la restitution « symbolique »

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Patrice Lumumba (à droite), premier ministre du Congo-Kinshasa de l’époque, et Joseph Okito (à gauche), vice-président du Sénat, lors de leur arrestation à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), le 1er novembre 1960.

Soixante ans après son assassinat, la famille de Patrice Lumumba attend toujours un procès à Bruxelles, mais va enfin récupérer ce qui a valeur de « relique » pour les Congolais, une dent du héros de la lutte anticoloniale dont le corps n’a jamais été retrouvé.

« C’est un symbole important pour la famille et tout le peuple congolais », affirme à l’AFP le chef du parquet fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, à propos de cette restitution qui devrait donner lieu dans les semaines ou mois à venir à une cérémonie officielle à Bruxelles, avec les enfants du défunt. Avant l’hommage en République démocratique du Congo.

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En décembre 2020, le président congolais Félix Tshisekedi a lui-même annoncé son intention d’organiser un hommage national le 30 juin 2021, date du 61anniversaire de l’indépendance, après le « rapatriement des reliques ». L’idée est d’offrir enfin une sépulture à celui qui fut un éphémère premier ministre du pays (de juin à septembre 1960).

En fait de « reliques », il s’agit de récupérer puis rapatrier une dent saisie par la justice chez la fille d’un commissaire de police belge ayant contribué à faire disparaître le corps. Juliana Lumumba, fille du héros assassiné, en avait exprimé le souhait dans un courrier adressé à Philippe, roi des Belges, à l’été 2020, en plein mouvement planétaire Black Lives Matter.

« Diable », homme à « éliminer »

Patrice Lumumba a été assassiné par des séparatistes katangais et des mercenaires belges le 17 janvier 1961 dans le sud-est du Congo pendant le chaos qui a suivi la proclamation de l’indépendance. Il avait 35 ans. Son corps, dissous dans l’acide, n’a jamais été retrouvé.

Le 30 juin 1960, devant le jeune roi Baudouin, il avait livré une mémorable diatribe anticolonialiste, appelant ses concitoyens à « une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous a été imposé par la force ».

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Ce dirigeant nationaliste était perçu comme prosoviétique, représentant une menace pour les intérêts belges, particulièrement au Katanga, province riche en cuivre. Jusqu’à être qualifié de « diable », d’homme à « éliminer », selon des télex échangés fin 1960 entre Bruxelles et l’ancienne colonie tout juste indépendante.

Soixante ans plus tard, l’enquête judiciaire ouverte en Belgique pour « crime de guerre » est dans sa phase finale selon l’avocat Christophe Marchand, qui a déposé plainte en 2011 au nom de François Lumumba, l’un des fils. « On se dirige vers une audience cette année devant la chambre du conseil du tribunal de Bruxelles [juridiction de renvoi] pour voir si le dossier peut déboucher ou pas sur un procès en cour d’assises », déclare MMarchand à l’AFP.

Les « excuses » de la Belgique

Pour lui, le temps presse car seules deux des dix personnes initialement ciblées par la plainte sont encore en vie. Il s’agit de l’ancien diplomate Etienne Davignon, 88 ans, et de l’ex-haut fonctionnaire Jacques Brassinne de la Buissière, 91 ans, selon des sources proches du dossier.

La plainte, consultée par l’AFP, accuse « diverses administrations de l’Etat belge » d’avoir « participé à un vaste complot en vue de l’élimination politique et physique de Patrice Lumumba ». Elle rappelle que l’armée belge avait déployé « quelque 200 officiers » pour encadrer les forces de l’ordre de la province sécessionniste du Katanga, où le crime a eu lieu.

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« Il peut y avoir des charges, mais elles doivent devenir des preuves pour justifier un procès ou une condamnation », fait valoir M. Van Leeuw, qui évoque des investigations « particulièrement difficiles » pour une poignée d’enquêteurs confrontés à « des tonnes d’archives ». « Il faut avoir la preuve qu’une personne au sein d’une chaîne de commandement avait connaissance de ce qui allait se passer et voulait vraiment ce qui est arrivé », poursuit le procureur fédéral.

Il assure qu’en qualifiant en 2012 l’assassinat de « crime de guerre [ce qui le rend imprescriptible], la cour d’appel de Bruxelles est allée au-delà de la commission d’enquête » du Parlement belge, qui avait conclu en 2001 à la « responsabilité morale » de la Belgique. L’année suivante le gouvernement belge avait présenté les « excuses » du pays.

Pour l’association antiraciste Bamko, Patrice Lumumba est une figure majeure qui mérite davantage que la « petite placette » à son nom inaugurée en 2018 à Bruxelles, en bordure de Matongé, le quartier de la diaspora africaine dans la capitale belge.

« Des personnes comme lui nous permettent de nous tenir debout et d’être dignes, affirme Mireille-Tsheusi Robert, présidente de Bamko, Belge d’origine congolaise. Lui rendre justice, c’est aussi rendre justice à tous les afrodescendants du Congo. »

Le Monde avec AFP



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Bobi Wine évoque « des fraudes et des violences »

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Bobi Wine, candidat à l’élection présidentielle en Ouganda, lors du vote, à Kampala, le 14 janvier 2021.

En Ouganda, le candidat de l’opposition Bobi Wine, principal adversaire du président sortant Yoweri Museveni, a déclaré vendredi 15 janvier que l’élection présidentielle de la veille avait été entachée « de fraudes et de violences », tout en restant positif sur la « situation ». L’ancien chanteur et député n’a donné aucun détail dans ce message posté sur Twitter, malgré la censure des réseaux sociaux imposée par les autorités, qui affirment que l’élection s’est déroulée dans le calme.

« Malgré les fraudes répandues et les violences observées à travers le pays plus tôt aujourd’hui, la situation semble toujours bonne. Merci à toi l’Ouganda pour être venu […] voter en nombre record », a-t-il écrit peu après minuit. « L’enjeu est maintenant pour M. Byabakama [le chef de la commission électorale] et la commission électorale d’annoncer la volonté du peuple », a-t-il ajouté. Contacté par l’AFP, M. Wine, qui affirmait jeudi soir dans un précédent tweet que son téléphone était « bloqué », n’était pas joignable dans l’immédiat pour apporter des précisions.

Réseaux sociaux suspendus

Jeudi soir, le président de la commission électorale, Simon Byabakama, a estimé que le vote s’est « généralement déroulé dans le calme dans tout le pays », ce qu’a aussi confirmé le porte-parole de la police, Fred Enanga. Ce scrutin présidentiel et législatif, placé sous haute surveillance, s’est déroulé sans accès ou presque à Internet, largement perturbé, pas plus qu’aux réseaux sociaux et services de messagerie, suspendus depuis mardi.

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Les 18 millions d’électeurs ougandais (sur une population totale de 44 millions) étaient appelés à départager M. Wine, devenu à 38 ans le principal candidat de l’opposition, et M. Museveni, qui brigue après trente-cinq ans de pouvoir un sixième mandat, au terme d’une campagne électorale particulièrement violente, émaillée d’arrestations et d’émeutes, et endeuillée par plusieurs dizaines de morts. Mi-novembre, au moins 54 personnes ont été tuées par la police lors de violences déclenchées par une énième arrestation de M. Wine, maintes fois appréhendé depuis 2018.

Jeudi, M. Wine, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, a affirmé que plusieurs observateurs électoraux de son parti avaient été arrêtés dans la matinée et a dénoncé les dysfonctionnements de certaines machines biométriques utilisées pour vérifier l’identité des votants. Les résultats de l’élection seront connus « d’ici samedi 16 heures », selon la commission électorale.

Le Monde avec AFP





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