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en Tunisie, des femmes DJ se rebiffent contre le sexisme

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Set de démonstration à La Fabrique Art Studio pour ces jeunes femmes qui souhaitent s’initier au DJing à Tunis, en novembre 2020.

A La Fabrique Art Studio, petit appartement du centre-ville de Tunis équipé d’un studio d’enregistrement, cinq femmes âgées de vingt à quarante ans sirotent un café en attendant leur premier cours d’initiation au DJing. Elles n’ont pas hésité à braver les intempéries de ce dimanche pluvieux pour venir profiter de cette formation qui durera trente-six heures réparties sur trois mois, le tout à un prix très abordable (280 dinars, soit 86,50 euros).

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« Il y a de tout, des jeunes filles qui viennent par curiosité, certaines qui ont déjà leur mix et veulent sauter le pas et d’autres encore qui souhaitent en faire leur métier », confie Haifa Bazdeh, 25 ans, formatrice et DJ professionnelle sous le nom d’Astrid. Voici quatre ans qu’elle en a fait son métier à temps plein. Elles ne sont qu’une dizaine sur le Grand Tunis à s’être fait une place dans ce monde très masculin et peu ouvert aux nouvelles venues. Dans l’univers international des festivals techno, les femmes ne représentaient que 15 % des sets en 2017.

« Se sentir libre d’expérimenter »

« A Tunis, le monde de la nuit est très petit, on se connaît tous et les cercles de réseautage sont très restreints. C’est difficile d’accès quand tu débutes, encore plus si tu es une femme », témoigne Fouchika, Yasmina de son vrai nom, une autre DJ active à la DJ Academy. Cette formation a été créée en 2018 par Olfa Arfaoui et Mohamed Ben Slama, deux acteurs du monde culturel tunisien. Active depuis plus de dix ans dans la coopération internationale autour des questions d’égalité de genre, Olfa voulait encourager les femmes de tout âge réticentes à franchir le cap à cause des préjugés de la société sur le travail nocturne. « Cette formation se doit d’être un safe space où les jeunes femmes puissent se sentir libre d’expérimenter la pratique, sans jugement », résume-t-elle.

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Olfa se sert aussi de la DJ Academy comme plateforme de sensibilisation. Suivant l’appel annuel d’ONU Femmes pour éradiquer toutes les formes de violences basées sur le genre à travers seize jours de militantisme, une campagne internationale qui débute mercredi 25 novembre, elle a lancé avec les filles de l’académie un festival de musique en ligne, émaillé d’interviews filmées sur le thème du sexisme. Des sets sont diffusés chaque soir à 20 heures sur la page Facebook de La Fabrique.

La question des violences faites aux femmes reste prégnante en Tunisie, malgré une loi votée en 2017 qui punit également toute forme de harcèlement. Près de 65 000 plaintes ont été enregistrées en 2019, selon les derniers chiffres du ministère de la femme, avec quelque 3 700 affaires traitées en justice. Le monde du mixage illustre à sa façon ce phénomène. « L’engouement général de la jeunesse pour la musique électronique est perceptible mais on peut voir que dans les festivals ou les espaces nocturnes, il y a encore des comportements de harcèlement ou de masculinité toxique », affirme ainsi Olfa.

« Tu mixes bien pour une femme »

Haifa le ressent dès qu’elle se trouve derrière les platines. « On m’a déjà dit : Pour une femme, tu mixes bien ou alors la prochaine fois, mixe avec un débardeur”. Il arrive aussi facilement qu’un mec en soirée commence à toucher la console ou à manipuler les boutons, chose qu’il ne ferait jamais avec un homme », raconte-t-elle. Fouchika s’est vu demander de quitter la scène par un collègue alors qu’elle n’avait pas fini son set sous prétexte « que c’était son territoire à lui », s’agace-t-elle.

Dans le studio d’enregistrement, Haifa commence à délivrer son premier cours. Elle apprend aux débutantes les rudiments d’une console de DJ et ses câblages. Mariem Azizi, 39 ans, enseignante en sciences du langage mais également auteure compositrice et luthiste, fait ses premiers pas dans le DJing : « J’ai eu une formation classique en luth, mais je voulais m’initier au mixage et à la production pour faire dialoguer l’acoustique et l’électronique. »

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L’engagement féministe de la formation l’a aussi séduite, elle qui, en tant qu’instrumentiste, dit être confrontée à « l’invisibilité des femmes dans ce milieu très masculin. Je mène en plus une troupe de musiciens, ce qui est rare pour une femme. J’ai souvent ressenti de la frustration car je n’étais pas reconnue », témoigne-t-elle.

Janet Sebri, 24 ans, ingénieure et étudiante en intelligence artificielle, passionnée de musique, a rejoint l’équipe en tant que coordinatrice de la formation. « Nous avons réussi à créer une communauté qui va à l’encontre des stéréotypes et je trouve que c’est très motivant pour lutter au quotidien contre le sexisme », se réjouit-elle.



Via LeMonde Afrique

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Le magnat franco-israélien Beny Steinmetz condamné à cinq ans de prison ferme en Suisse

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L’homme d’affaires Beny Steinmetz à la sortie du tribunal correctionnel de Genève, le 22 janvier.

Le magnat franco-israélien Beny Steinmetz, 64 ans, a été condamné vendredi 22 janvier par un tribunal suisse de première instance à cinq ans de prison ferme pour corruption d’agents publics en Guinée dans un dossier de permis miniers.

« Il ressort de ce qui a été exposé que les concessions ont été obtenues par la corruption et que Steinmetz a collaboré avec d’autres personnes » en vue de les obtenir, a déclaré la présidente du tribunal correctionnel de Genève, Alexandra Banna, en soulignant les « mobiles éminemment égoïstes » de l’homme d’affaires.

Le tribunal le « condamne à une peine privative de liberté de cinq ans », a-t-elle ajouté, suivant ainsi la demande du parquet. Il a également été condamné à verser une créance compensatrice (une forme de dédommagement) de 50 millions de francs suisses (46 millions d’euros) à l’Etat de Genève.

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C’est une « grande injustice », a déclaré Beny Steinmetz aux médias. Marc Bonnant, l’avocat du diamantaire, a annoncé que son client allait faire appel, et déploré les « contradictions et erreurs » du jugement. Pour l’ONG Public Eye, qui dénonce les injustices ayant leur origine en Suisse, cette affaire constitue une « véritable plongée dans les mécanismes de la corruption internationale, avec en toile de fond la Guinée, l’un des pays les plus pauvres de la planète ».

Le procès, qui s’est tenu du 11 au 18 janvier, est l’aboutissement d’une longue enquête internationale lancée en 2013 en Suisse et portant sur des permis miniers octroyés en Guinée au Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), dans lequel le diamantaire a le titre de conseiller.

Pots-de-vin entre 2006 et 2012

Ce dernier avait obtenu en 2008, peu avant la mort de l’ancien président guinéen Lansana Conté, le droit d’exploiter les blocs 1 et 2 de l’un des plus importants gisements de fer au monde, à Simandou, où il a investi 170 millions de dollars. Il en a depuis revendu 51 % au groupe brésilien Vale, pour 2,5 milliards.

Selon le parquet genevois, Beny Steinmetz aurait promis dès 2005, puis versé ou fait verser, de 2006 à 2012, des pots-de-vin, dont certains auraient transité par des comptes suisses, à la quatrième épouse de l’ancien président Conté, Mamadie Touré, en échange de ces droits miniers dans ce pays pauvre d’Afrique. Personnage-clé de cette affaire, Mme Touré a reconnu avoir reçu des versements et est depuis protégée par la justice américaine. Convoquée comme témoin à Genève, elle ne s’est pas présentée au procès, tout comme une dizaine d’autres témoins de la défense.

Beny Steinmetz était accusé par le parquet d’avoir mis en place un montage financier via des sociétés-écrans afin de verser environ 10 millions de dollars (8,2 millions d’euros) de pots-de-vin à Mme Touré, afin que BSGR supplante le groupe anglo-australien Rio Tinto. La présidente du tribunal a relevé que « l’argent versé à Mamadie Touré provient bien de BSGR » et que « le président Conté n’avait aucun intérêt à retirer les droits à Rio Tinto… si ce n’est pour en retirer un interêt personnel ou favoriser un tiers, en l’occurrence sa quatrième épouse ».

Un Français également condamné

Beny Steinmetz, qui résidait à Genève lorsque les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés, a assuré pendant le procès n’avoir « jamais » demandé à quiconque de verser des fonds à Mme Touré, et l’a accusée de raconter des « mensonges ».

Selon la défense, cette dernière n’était pas l’épouse de l’ancien président Conté, mais une maîtresse n’exerçant aucune influence. Mais pour la présidente du tribunal, Mamadie Touré était bien « la quatrième épouse du président Conté, peu importe s’il s’agissait d’un mariage coutumier ». Pendant le procès, M. Steinmetz a cherché à minimiser son rôle, assurant n’être qu’un « conseiller » au sein de BSGR peu au fait des détails financiers.

Une vision rejetée par le tribunal genevois, dont la présidente a notamment souligné qu’il ressort d’une réunion de 2007 que « Steinmetz connaît tous les projets du groupe et est très impliqué » dans les questions financières. Après des années de bataille juridique, Beny Steinmetz et la nouvelle présidence guinéenne d’Alpha Condé sont parvenus début 2019 à un accord convenant que BSGR renonce aux droits sur Simandou en échange d’un abandon des poursuites pour corruption en Guinée.

M. Steinmetz était jugé aux côtés de deux partenaires d’affaires, dont le Français Frédéric Cilins, qui en 2014 a été condamné à deux ans de prison aux Etats-Unis pour obstruction à la justice dans ce dossier. Selon des enregistrements du FBI cités par le procureur genevois, il a promis plusieurs millions de dollars à Mme Touré en échange de la destruction de certains documents compromettants. Il a été condamné jeudi à trois ans et demi de prison ferme, et à verser une créance compensatrice de 5 millions de francs suisses.

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Le Monde avec AFP



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« Elle est partie de son plein gré, il n’y a rien d’autre à ajouter »

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Diary Sow en compagnie de sa mère à Dakar, le 7 août 2020, alors qu’elle vient de recevoir le prix de la « meilleure élève » du Sénégal au palais présidentiel.

Diary Sow « va bien », selon son parrain, Serigne Mbaye Thiam, le ministre de l’eau et de l’assainissement du Sénégal. Cette jeune étudiante de 20 ans, en deuxième année de classe préparatoire scientifique au lycée parisien Louis-le-Grand, n’avait plus donné signe de vie depuis le 4 janvier.

Depuis, la disparition de la « meilleure élève » du Sénégal avait bouleversé son pays et d’autres nations africaines. En France, les services consulaires, sur ordre direct du président sénégalais Macky Sall, et la diaspora se sont mobilisés comme jamais pour tenter de la retrouver. Une enquête pour « disparition inquiétante de majeur » a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Celle-ci privilégiait, depuis quelques jours, la piste d’une disparition volontaire, ce qui semble bien être le cas.

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En effet, jeudi 21 janvier au soir, Serigne Mbaye Thiam a publié sur son compte Twitter, avec l’accord de la famille, des extraits d’une lettre qu’il a reçue de Diary Sow et dans laquelle elle « brise le silence » après plusieurs échanges ces derniers jours. Dans cette missive adressée à cet ancien ministre de l’éducation nationale – et dont le contenu est pour le moins mystérieux –, Diary Sow assure être « partie librement ». « Je ne me cache pas. Je ne fuis pas. Considère cela comme une sorte de répit salutaire dans ma vie, écrit-elle. Si je ne m’étais pas manifestée jusqu’à présent, c’est pour la simple raison que j’étais dans l’impossibilité de le faire. »

Une « petite pause pour retrouver mes esprits »

La jeune femme ne donne pas plus d’explication sur les raisons de son départ. Elle fait comprendre qu’elle a eu un « désir irrépressible, irraisonné et si profondément irrationnel » de faire une « petite pause, pour retrouver mes esprits ». Ce désir n’aurait rien avoir avec la difficulté de ses études.

Issue d’une famille modeste de Malikounda, près de Mbour (ouest), titulaire d’une bourse d’excellence, elle affirme n’avoir pas « disjoncté » à cause de la pression de la prépa comme d’autres boursiers ont pu souffrir des sacrifices consentis pour intégrer les prestigieuses écoles françaises. « Il ne s’agit ni de surmenage, ni de folie, ni de désir de liberté. (…) Je n’aurais jamais cru que mon nom allait alimenter autant de débats, qu’autant de gens allaient s’inquiéter », précise-t-elle.

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Diary Sow se dit « en sécurité » et affirme être « terriblement, profondément désolée ». « Ceux qui cherchent une explication rationnelle à mon acte seront déçus, puisqu’il n’y en a aucune, écrit-elle. Contrairement à ce que les gens semblent penser, aux paroles qu’on me prête, je ne renonce pas à ma vie d’avant. Je ne suis pas désolée d’être partie, je suis désolée des gênes occasionnées par mon départ et des gens que j’ai fait souffrir. »

Ces nouvelles données par l’étudiante suscitent l’incompréhension de certains, tout en rassurant ceux qui s’étaient le plus inquiétés. « Nous sommes soulagés pour sa famille, pour le peuple sénégalais et pour les étudiants qui se sont fortement mobilisés », réagit Marie-Louise Ndong, chargée du suivi des boursiers d’excellence au sein du Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger (SGEE), rattaché à l’ambassade du Sénégal à Paris.

« Il faut lui donner le temps de revenir »

« Elle est partie de son plein gré, il n’y a rien d’autre à ajouter. Je lui souhaite le meilleur et tout ce qu’elle veut dans sa vie », ajoute Thierno Laye Fall, le président de la Fédération des étudiants et stagiaires sénégalais de France (Fessef). L’étudiante a aussi eu une « prise de contact » avec la police judiciaire, a annoncé l’AFP et elle est « libre de ses mouvements et [de ses] choix », a précisé cette source proche du dossier.

Il y a quelques jours encore, en apprenant que la piste criminelle était écartée et que Diary Sow aurait volontairement pris le large, certains diplomates des services consulaires et des étudiants sénégalais se sont demandé s’ils n’étaient pas allés trop loin dans la mobilisation pour la retrouver.

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« Cela a dû lui faire peur », avait souligné l’un d’eux. Ces derniers temps, la ligne était de moins parler à la presse et cesser les actions médiatiques « pour faire retomber la pression » et « l’aider à revenir sans qu’elle se fasse lyncher sur les réseaux sociaux ». « On ne regrette rien de ce qui a été fait. Cet acte de solidarité devait exister. Nos actions ont permis d’avoir des éléments indiquant un départ volontaire », explique Thierno Laye Fall.

Désormais, un seul message est martelé : laissez Diary Sow « tranquille ». « Il faut arrêter les spéculations et les rumeurs. Il faut lui donner le temps de revenir. Si elle veut nous expliquer la raison de son départ, elle le fera, mais elle n’est pas obligée de le faire », argue Mme Ndong. « Vos encouragements ont aidé Diary à surmonter cette période difficile, a commenté le ministre Serigne Mbaye Thiam. A présent, elle a besoin de sérénité. Elle écrira certainement. » Sans doute, même si beaucoup vont continuer à se demander où se trouve Diary Sow.



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Le lycée d’excellence où a été scolarisée Diary Sow, une fabrique d’élites pour le Sénégal

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Le lycée scientifique d’excellence, à Diourbel.

Un établissement d’excellence

Diary Sow, une brillante étudiante sénégalaise en deuxième année de classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, à Paris, n’est jamais retournée en cours après les vacances de Noël. Une disparition qui a mis le Sénégal en émoi, jusqu’à ce qu’un proche publie des échanges dans lesquelles la jeune fille dit aller bien et avoir pris « une petite pause pour retrouver [ses] esprits ». Dans son pays, Diary Sow est connue pour avoir remporté en 2018 et en 2019 le titre de « meilleure élève du Sénégal ».

Une photo de Diary Sow, prise à Dakar, le 7 août 2020.

En 2020, elle a aussi publié son premier roman, Sous le visage d’un ange, aux éditions L’Harmattan. Réputée sérieuse et intelligente, la jeune élève s’est vite démarquée sur les bancs de l’école de sa petite ville, Malicounda. Elle passe alors en 2016 le concours pour intégrer le lycée scientifique d’excellence de Diourbel, où aujourd’hui les élèves comme le proviseur et les professeurs sont dans ­l’attente de la moindre information venue de France.

Une institution créée en 2016

Le lycée scientifique d’excellence de Diourbel, à 170 kilomètres à l’est de Dakar, a fait sa première rentrée en 2016, sous l’impulsion du président de la république, Macky Sall. Dans un pays où 46 % d’une classe d’âge est scolarisée dans le secondaire, « le niveau en sciences des élèves avait baissé », constate Ousmane Sagna, le proviseur. « Nous manquons de professeurs qualifiés en sciences et le niveau n’est pas suffisant dans les écoles d’ingénieurs », renchérit Amadou Yacine Diatta, professeur de sciences physiques. Il est ravi de pouvoir « approfondir le programme et les notions scientifiques » avec des élèves triés sur le volet.

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A la suite d’un concours national, seuls les 60 meilleurs élèves seront sélectionnés pour poursuivre leur scolarité dans le prestigieux établissement. « Ce concours est ouvert à tous, nous avons d’ailleurs plus de filles que de garçons », relève le proviseur Sagna. Public et gratuit, ce lycée d’excellence se différencie des autres lycées de bonne réputation, souvent payants et donc réservés à une élite économique.

Une politique de mixité

Ici, les 180 élèves, venus de tout le Sénégal, sont tous en internat, reçoivent une bourse mensuelle et paient seulement les frais d’­inscription annuels classiques (environ 60 euros). Un prix qui permet d’accueillir des élèves aux profils sociologiques diversifiés. « Certains viennent de milieux et de régions défavorisés », témoigne Amadou Yacine Diatta.

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Au milieu de ces élèves excellents s’est démarquée Diary Sow, ­première de sa promotion de la seconde à la terminale et elle-même issue d’un milieu modeste. « Diary avait la particularité d’être bonne dans les matières scientifiques comme ­littéraires », se ­rappelle son professeur.

Un partenariat international

Le baccalauréat en poche, la ­plupart des élèves continuent leurs études à l’étranger, principalement en France, pour fréquenter les grandes écoles, grâce à l’obtention d’une bourse d’excellence. « Cinq de nos élèves, dont Diary Sow, ont intégré Louis-le-Grand avec qui nous avons un partenariat », se félicite le proviseur Sagna. D’autres sont partis au lycée Henri IV, ailleurs en France, en Europe, voire au Canada. « L’idée est qu’ils reviennent ensuite au Sénégal, car nous sommes en train de ­former une élite qui pourrait ­diriger le pays », ambitionne M. Sagna.



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