Mohammad Javad Zarif s’entretient avec le ministre des affaires étrangères français en marge du sommet. Un signe de l’importance accordée par Paris au sujet du nucléaire iranien.

Par Publié aujourd’hui à 17h10, mis à jour à 17h28

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L’avion à bord duquel se trouvait le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s’est posé dimanche 25 août à Biarritz, où se tient le sommet du G7.
L’avion à bord duquel se trouvait le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s’est posé dimanche 25 août à Biarritz, où se tient le sommet du G7. GEORGES GOBET / AFP

C’est un beau coup pour Emmanuel Macron. L’arrivée à Biarritz, dimanche 25 août dans l’après-midi, du ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a été un véritable coup de théâtre lors d’un sommet du G7 sous présidence française dominé par la question iranienne. « M. Zarif n’a pas été invité au sommet mais il est venu rencontrer son homologue français Jean-Yves Le Drian », a expliqué une source diplomatique, précisant qu’aucune rencontre avec des officiels américains n’était prévue « à ce stade ». Mais le diplomate a confirmé implicitement que les Américains étaient au courant depuis la veille de la venue du chef de la diplomatie iranienne. Il n’était toujours pas clair si celui-ci allait rester dans la ville balnéaire basque en fin de journée ou repartir.

Cette visite surprise souligne encore un peu plus l’importance accordée par Paris au sujet du nucléaire iranien qui, malgré les efforts du chef de l’Etat, continue à opposer le président américain à ses homologues des grandes puissances économiques démocratiques (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon, Italie et Canada). En bras de chemise, Emmanuel Macron, avec le président américain Donald Trump à sa droite et la chancelière allemande Angela Merkel à sa gauche, a présidé dimanche dans une grande salle ronde de l’hôtel Bellevue la première grande réunion plénière du sommet, consacrée à « l’agenda stratégique et de sécurité et à l’économie internationale ». Déjà abordé la veille lors du dîner informel, au même titre que les relations avec la Russie et les feux en Amazonie, le sujet iranien a été au cœur des débats.

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Pas de « mandat formel » donné à Macron

« Nos discussions hier sur l’Iran ont dégagé deux lignes de force communes. Aucun membre du G7 ne veut que l’Iran puisse jamais avoir l’arme nucléaire (…) et tous les membres du G7 sont profondément attachés à la stabilité et la paix de la région et donc ne veulent pas engager des actions qui puissent nuire à celles-ci », a expliqué le président français. « Dans ce cadre-là, on a évoqué différentes initiatives », a-t-il ajouté. Mais si le président français compte bien relayer auprès de Téhéran ces points de consensus au G7 pour tenter d’amorcer une négociation, il a expliqué qu’en aucun cas il ne serait porteur d’un message commun.

« Le G7 est un club informel, il n’y a pas de mandat formel qui est donné dans le cadre du G7 à l’un ou à l’autre et donc il y a des initiatives qui continueront d’être prises par les uns et les autres pour parvenir à ces deux objectifs », a-t-il précisé pour mettre fin à quelques cafouillages de communication. Un peu plus tôt, Emmanuel Macron avait déclaré sur la chaîne LCI qu’il y avait un « accord sur ce qu’on va dire sur l’Iran, en commun ». « Il y a un message du G7 sur nos objectifs et le fait qu’on les partage est un élément important, ça évite les divisions, ce qui au fond affaiblit tout le monde », avait insisté le président français, avant d’être démenti par Donald Trump. Une heure plus tard, le président américain avait nié avoir discuté avec ses homologues d’un quelconque message commun à l’Iran.

LeMonde.fr

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