La réforme annoncée du marché du travail par le gouvernement conservateur du premier ministre Kyriakos Mitsotakis a déjà provoqué deux jours de grève générale depuis la rentrée.

Par Publié hier à 11h51

Temps de Lecture 1 min.

Article réservé aux abonnés

Kyriakos Mitsotakis, premier ministre grec, le 20 juillet 2019, à Athènes.
Kyriakos Mitsotakis, premier ministre grec, le 20 juillet 2019, à Athènes. Alkis Konstantinidis / REUTERS

Restriction du droit de grève, suppression de conventions collectives, développement des explorations pétrolières… le « grand projet de loi pour la croissance » du premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, a déjà provoqué deux jours de grève générale fin septembre et début octobre. Ce texte, qui sera soumis au vote du Parlement d’ici mi-octobre, prévoit aussi de faciliter les privatisations et vise à attirer davantage les investisseurs étrangers. Toutes ces mesures sont censées stimuler l’économie et permettre au pays d’afficher une progression de 2,8 % de son PIB en 2020.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après dix ans de crise, la Grèce « peine à se relever »

Pour la Confédération générale grecque du travail, principal syndicat du privé, « ces mesures restreignent la liberté d’action syndicale et permettent aux employeurs et à l’Etat de passer outre les droits des travailleurs ». « C’est un retour aux politiques d’austérité. Les conventions collectives vont être supprimées et les licenciements facilités », dénonce le parti d’opposition de gauche Syriza.

Les organisations de défense de la nature soulignent, eux, une mesure qui prévoit de délivrer plus rapidement les permis de construire aux investisseurs sans étude environnementale approfondie. La branche grecque du WWF s’étonne, par exemple, que la superficie d’un parc industriel puisse être augmentée de 15 % sans autorisation préalable.

Poursuite de l’extraction d’or dans les mines de Skouries

Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis inquiète d’autant plus les associations écologistes qu’il a autorisé, il y a quelques jours, la poursuite de l’extraction d’or dans les mines de Skouries dans le nord de la Grèce – un projet suspendu par Alexis Tsipras en 2015 – et les explorations pétrolières en mer Ionienne et au large de la Crète.

Le coup est rude pour les groupes écologistes et les habitants de la région qui se mobilisent depuis des années contre ce projet porté par l’entreprise canadienne Eldorado Gold. Ils soulignent que des substances toxiques, comme de l’arsenic, sont utilisées pour extraire les métaux. Les nappes phréatiques, l’air et le sol en subiraient les dommages… De même, l’exploration pétrolière et gazière en mer Ionienne et au large de la Crète « pourrait avoir lieu même dans des zones protégées », s’indignent le WWF et Greenpeace. L’île de Zante et le rivage nord-ouest du Péloponnèse sont, notamment, le refuge de tortues marines Caretta caretta, une espèce menacée et protégée par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

LeMonde.fr

Auteur

Laisser un commentaire