D’ampleur limitée et rapidement dispersés, ces petits rassemblements sont un message fort adressé au président égyptien.

Par Publié aujourd’hui à 13h48, mis à jour à 14h00

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Dans les rues du Caire, le 20 septembre.
Dans les rues du Caire, le 20 septembre. STR / AFP

Par groupes de quelques dizaines d’hommes, parfois quelques centaines, armés de courage et en colère, des Egyptiens ont osé défier l’interdit de manifester pour descendre, vendredi 20 septembre au soir, dans les rues du Caire et d’autres grandes villes du pays aux cris de « Sissi dehors ». D’ampleur limitée et rapidement dispersés par les forces de sécurité, ces petits rassemblements sont un message fort adressé au président Abdel-Fattah Al-Sissi au vu de la chape de plomb répressive imposée au pays. Sur fond de marasme économique, la colère monte en Egypte contre le maréchal Sissi et son armée, dont l’implication accrue dans divers secteurs économiques est de plus en plus critiquée.

C’est une série de vidéos qui a enflammé les esprits. Dans ces images en arabe, un entrepreneur égyptien, Mohamed Ali, exilé en Espagne, affirme que les autorités lui doivent des millions de livres égyptiennes pour des réalisations effectuées par sa compagnie de bâtiment Amlaak, en collaboration avec l’armée, qui supervise la construction de nombreux projets en Egypte. Sans fournir de preuves, l’homme accuse notamment l’armée de mauvaise gestion des fonds publics dans la construction d’hôtels de luxe, de palais présidentiels, ainsi que pour la tombe de la mère du président Sissi, morte en 2014. Selon cet entrepreneur, l’armée a « construit de nombreux projets ratés qui n’ont apporté aucun revenu aux gens », et, dans de longs monologues, il fustige parfois avec ironie les « projets orgueilleux » des autorités.

Multiplication de mégaprojets

Les accusations de M. Ali ont trouvé un formidable écho sur les réseaux sociaux, où se sont multipliés les mots-clés dénonçant la corruption de l’armée et appelant le président Sissi à la démission. Le rôle croissant pris par les militaires dans divers secteurs de l’économie depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdel-Fattah Al-Sissi à la faveur d’un coup d’Etat militaire à l’été 2013, et la multiplication de mégaprojets, tels que la nouvelle capitale administrative ou le doublement du canal de Suez, suscitent des critiques. Nombreux sont ceux qui estiment que les milliards de dollars investis dans ces projets auraient été mieux employés à remettre sur pied une économie en plein marasme et à améliorer les services de santé et d’éducation, alors que les mesures d’austérité imposées depuis 2016 ont grevé le budget de millions d’Egyptiens et plongé des millions d’autres dans la pauvreté.

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