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En Côte d’Ivoire, les jeunes « retournés » bouleversent l’équilibre des villages

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Sur la colline d’Attécoubé, à Abidjan, en février 2017.

Dans son livre Retour au village, qui sort ce jeudi 26 novembre aux éditions Karthala, l’ethnologue Léo Montaz se penche sur la situation des « retournés » ivoiriens, de jeunes urbains déçus de la ville qui reviennent s’installer au village. Dans les campagnes du pays bété, une région située au centre-ouest de la Côte d’Ivoire, l’arrivée de ces jeunes bouscule l’ordre établi et remet en cause les privilèges des aînés, propriétaire des terres, créant une nouvelle dynamique rurale.

Vous vous êtes intéressé à l’exode urbain en Côte d’Ivoire. Quand le phénomène a-t-il commencé ?

Ce mouvement de retour au village prend sa source dans les crises économiques des années 1970 liés aux chocs pétroliers. A l’époque, de nombreux Ivoiriens perdent leur emploi et commencent à quitter les villes. Le phénomène s’intensifie tout au long des années 1980 et 1990 avec la paupérisation d’une partie de la populationd’Abidjan, à tel point que, depuis 1984, le pays enregistre une décroissance migratoire urbaine.

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Cela ne veut pas dire que les villes ne grandissent pas, loin de là, mais les villages croissent plus vite encore. La crise [post-électorale qui a fait quelque 3 000 morts] de 2010-2011 semble avoir encore accentué la dynamique. Dans le pays bété que j’ai étudié, on estime qu’environ les trois quarts des autochtones dans les villages sont des gens qui ont fait un « retour à la terre ». C’est considérable.

Qui sont ces « retournés » ?

Les profils sont assez divers. Certains sont des étudiants qui ont interrompu leur cursus faute de perspectives professionnelles à Abidjan, où le marché de l’emploi est extrêmement concurrentiel. Mais la plupart de ceux qui reviennent sont des jeunes qui pratiquaient ce qui est communément appelé la « débrouille » : des petits boulots dans les transports, la vente d’unités téléphoniques… Des précaires qui ne parviennent pas à subvenir à leur besoin en ville.

Ces retours au village ne se font pas sans bouleverser les équilibres locaux. Comment se passe l’intégration des « retournés » ?

Les années 1990 coïncident avec une politisation très forte de ces jeunes. Constitués en association de jeunesse villageoise, ils demandent un meilleur accès à la terre. Mais le rapport de force ne leur est pas favorable dans un contexte marqué par une forte présence dans les plantations d’étrangers venus du nord et aux privilèges fonciers des aînés autochtones. Ces derniers reçoivent des dons ou des petites aides financières de la part des allogènes qu’ils autorisent à cultiver leurs terres. Une relation de dépendance qu’ils ne peuvent pas instaurer avec leurs enfants qui se considèrent comme leurs héritiers. Les jeunes se retrouvent donc pour la plupart exclus de l’accès au foncier.

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Les décisions sur le développement du village restent également la chasse gardée des aînés. Les jeunes souhaiteraient avoir leur mot à dire sur la création d’infrastructures, l’organisation des cérémonies ou l’émergence de nouveaux commerces. Par exemple, pendant longtemps les maquis étaient mal vus au village, mais les « retournés » ont fini par les imposer, et avec eux une certaine culture urbaine.

S’ils n’ont pas accès à la terre, que font ces jeunes qui se réinstallent à la campagne ?

La plupart se sont convertis en entrepreneurs de la ruralité. Ils ouvrent des commerces : salon de coiffure, atelier de mécanique, boutique de téléphonie. Des activités qui connaissent un large succès, car il n’y a pas vraiment de concurrence. Alors qu’à Abidjan, chacun se bat pour son petit bout de trottoir, au village, les jeunes sont seuls et réussissent.

Quel impact a leur émancipation financière et politique sur les rapports avec les autres villageois ?

Elle remet en cause une chose très importante en Côte d’Ivoire comme ailleurs en Afrique : le droit d’aînesse. En contestant les privilèges associés à la position des anciens, les jeunes transforment les villages. Ils pèsent dans l’économie, deviennent les moteurs du développement, ont les moyens de prendre en charge financièrement leurs enfants ou d’autres gens de leur génération.

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Notons que cette contestation de l’ordre établi et les tensions intergénérationnelles existent aussi en ville. On l’a vu récemment avec les critiques adressées aux vieilles figures de la politique nationale, qu’elles briguent un troisième mandat comme Alassane Ouattara ou se démènent pour rester chef à 86 ans, comme Henri Konan Bédié. Les jeunes reconnaissent de moins en moins leur légitimité à décider pour eux.

Les villes, notamment Abidjan, sont restées plutôt calmes ces derniers mois, alors que des violences explosaient ici et là à l’approche de l’élection présidentielle. Diriez-vous que les urbains sont moins politisés que les ruraux ?

Oui. Une des premières choses qu’a faite le président Ouattara en arrivant au pouvoir en 2011 a été de casser la « Sorbonne », cet immense parlement de rue niché dans le quartier central du Plateau où les jeunes se rassemblaient pour discuter de l’actualité. Tous ces endroits qui étaient des lieux de rassemblement et de débats ont quasiment disparu des grandes villes, mais pas des villages ! Dans le pays bété, les jeunes se retrouvent le soir pour parler politique, après avoir suivi l’actualité nationale sur leur téléphone durant la journée.

A vous lire, on a le sentiment que les villages ivoiriens sont presque plus dynamiques que les grands centres urbains. On est loin de l’image d’une ruralité ivoirienne moribonde…

Ce qui est certain, c’est que les « retournés » ont apporté une forme d’urbanité au village. Aujourd’hui, on y trouve des espaces zouglou [un genre musical populaire et urbain né en Côte d’Ivoire] qui n’existaient pas il y a dix ans, des maquis, mais aussi des activités de services. La dynamique est aussi politique et on l’a vu lors des dernières élections : les barrages, les marches, les affrontements ont surtout eu lieu en zone rurale et ont été initiés par des jeunes.



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« La RDC ne devrait pas récompenser ceux qui ont pris les armes contre elle »

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Des miliciens de la Codeco montent la garde lors d’une réunion avec d’anciens chefs de guerre à Wadda, en Ituri, le 19 septembre 2020.

Hantées par les guerres du passé, les provinces orientales de la République démocratique du Congo (RDC) sont toujours en proie à des violences impliquant des groupes armés. Les civils sont les principales victimes de ces conflits sans fin, contraints de vivre dans la peur ou de rejoindre les rangs des millions de déplacés. Pour la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), la situation sécuritaire « alarmante » qui prévaut dans cette région frontalière du Soudan du Sud, de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi est la priorité. La majorité de ses près de 15 000 casques bleus y sont déployés.

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En décembre 2020, le retrait de la Monusco de RDC a été décidé par l’ONU et le gouvernement congolais. Il devrait prendre plusieurs années. Sa cheffe et représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU dans le pays, l’Algérienne Leila Zerrougui, dont le mandat se termine en février, dresse un bilan de son action.

Comment se fait-il que les groupes armés continuent de prospérer dans l’est de la RDC, malgré les initiatives en faveur de leur désarmement ?

Pour répondre, il faut remonter le fil des rebellions qui ont marqué l’histoire du pays ces trente dernières années. Après la chute de Mobutu Sese Seko, en 1997, les dirigeants des principaux groupes armés se sont mis d’accord pour se partager le pouvoir. Une loi d’amnistie a été votée et les anciens rebelles ont été intégrés dans les troupes régulières. Certains de leurs chefs se sont reconvertis dans la politique, mais les conflits n’ont pas cessé pour autant, notamment dans les provinces orientales.

Après la deuxième guerre du Congo (1998-2003), de nouvelles amnisties ont été décidées, en 2006, pour essayer de tourner la page de la violence. Mais le problème s’est posé de nouveau quelques années plus tard avec la crise au Nord-Kivu : une fois de plus, il a été décidé d’intégrer dans l’armée les ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), de Laurent Nkunda. La précédente loi d’amnistie a donc été étendue. Et cela s’est reproduit encore en 2013 avec les membres du Mouvement du 23 mars (M23), une rébellion issue du CNDP.

Aujourd’hui, une multitude de groupes armés réclament les mêmes conditions de démobilisation. C’est devenu un cercle vicieux : tuer, violer, massacrer, négocier, demander à intégrer l’armée, réclamer un grade et imposer de rester là où les crimes ont été commis, recommencer… Il faut que ça s’arrête. La RDC ne devrait pas récompenser ceux qui ont pris les armes contre elle. Mais elle ne peut pas non plus laisser quelqu’un qui sait manier les armes mendier dans la rue. C’est là toute la difficulté des programmes dits de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).

Une grande partie des violences qui déchirent aujourd’hui l’Ituri (nord-est) sont attribuées aux miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), un groupe mystico-militaire qui prétend défendre les Lendu et mènent des assauts meurtriers contre des Hema et les militaires congolais. Comment se fait-il que les autorités n’aient pas pu vaincre ce mouvement ?

Depuis des décennies, on s’efforce de traiter les effets du conflit, mais pas le fond du problème. Chaque milice prétend défendre sa communauté et la guerre structure tout : l’économie, les relations entre les ethnies, l’accès à la terre, son utilisation… La priorité du gouvernement, c’est d’asseoir l’autorité de l’Etat dans ces zones. Il faut s’assurer que les militaires et les policiers sont payés, qu’ils sont casernés et ne sont pas tentés, eux-mêmes, de créer des réseaux criminels. C’est un travail qui n’est pas facile à mener, mais il faut le commencer. Sans cela, les groupes armés risquent une fois encore de passer pour des sauveurs alors qu’ils sont en réalité des prédateurs.

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Notre rôle, en tant que représentants des Nations unies en RDC, c’est d’aider les autorités à rétablir la paix. Plutôt qu’une intégration des milices dans l’armée, nous soutenons une intégration dans les communautés, ce qui aide les populations à absorber ceux qui ont pris les armes en leur nom ou contre eux. Cela passe par des créations d’emploi, mais aussi par une certaine stabilité juridique pour que chacun puisse faire valoir ses droits et que ceux qui profitent de la situation de crise soient sanctionnés. C’est la vulnérabilité qui pousse les gens à se placer derrière un groupe armé.

N’est-ce pas surtout un problème de moyens ? Le programme DDR n’est-il pas sous-doté, faute d’engagements des bailleurs de fonds ?

Si un cadre légal est instauré, si l’Etat congolais montre qu’il s’implique dans la durée, qu’il est volontaire pour faire changer les choses, la communauté internationale suivra. La RDC n’est pas un pays pauvre, c’est l’instabilité qui décourage les investisseurs. Pour en finir avec ces violences, il faut des directives très claires et un contrôle de l’Etat sur ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, tout en laissant de la flexibilité dans la mise en œuvre au niveau local en Ituri, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu.

Concrètement, on doit s’interroger sur les conditions de vie des communautés : est-ce que ce sont des éleveurs ? Des agriculteurs ? Faut-il mettre à leur disposition des terres ? Ouvrir une route pour encourager la mobilité ? Vient ensuite la question de la justice transitionnelle et de la réconciliation. Et pour finir, il est indispensable de veiller à ce que deviennent les chefs de guerre, qui doivent à tout prix répondre de leurs crimes. Et quels sont ceux que les communautés sont prêtes à pardonner ? En cas de récidive, ces gens doivent être arrêtés et jugés. C’est comme ça qu’on rétablit la paix.

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Vous êtes à la tête de la Monusco depuis 2017 et vous vous apprêtez à passer la main. A l’heure du bilan, de quoi êtes-vous le plus satisfaite ?

Quand je suis arrivé en RDC, tout le monde pensait que ce pays allait brûler. J’ai essayé de convaincre mon équipe que nous pouvions faire la différence en travaillant à la tenue d’élections relativement pacifiées [tenues en décembre 2018 avec deux ans de retard]. Le contexte était compliqué et le processus n’a pas été parfait : il y a eu beaucoup de tensions, des gens emprisonnés, des manifestations, des personnes tuées… Mais le scrutin a abouti à un transfert de pouvoir et, pour moi, c’était une première étape. Je pense que la Monusco a joué son rôle. Mais il ne faut pas que ce soit un accident de l’histoire.

Et votre plus grand regret ?

Il y a beaucoup de choses que j’aurais voulu ou dû faire et que je n’ai pas faites. Mais je ne suis pas la présidente de la RDC : je représente le secrétariat général d’une mission de maintien de la paix dans un pays souverain. Alors que mon départ approche, il est vrai que je suis un peu inquiète : est-ce que les efforts menés, de même que le processus commencé en 2018, vont se poursuivre ? La RDC va-t-elle replonger dans la crise ? Je regrette que nous n’ayons pas davantage avancé sur le programme DDR. Le processus en est encore à ses balbutiements et j’espère que ceux qui viendront après moi feront mieux.



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pour la famille de Patrice Lumumba, le temps de la restitution « symbolique »

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Patrice Lumumba (à droite), premier ministre du Congo-Kinshasa de l’époque, et Joseph Okito (à gauche), vice-président du Sénat, lors de leur arrestation à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), le 1er novembre 1960.

Soixante ans après son assassinat, la famille de Patrice Lumumba attend toujours un procès à Bruxelles, mais va enfin récupérer ce qui a valeur de « relique » pour les Congolais, une dent du héros de la lutte anticoloniale dont le corps n’a jamais été retrouvé.

« C’est un symbole important pour la famille et tout le peuple congolais », affirme à l’AFP le chef du parquet fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, à propos de cette restitution qui devrait donner lieu dans les semaines ou mois à venir à une cérémonie officielle à Bruxelles, avec les enfants du défunt. Avant l’hommage en République démocratique du Congo.

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En décembre 2020, le président congolais Félix Tshisekedi a lui-même annoncé son intention d’organiser un hommage national le 30 juin 2021, date du 61anniversaire de l’indépendance, après le « rapatriement des reliques ». L’idée est d’offrir enfin une sépulture à celui qui fut un éphémère premier ministre du pays (de juin à septembre 1960).

En fait de « reliques », il s’agit de récupérer puis rapatrier une dent saisie par la justice chez la fille d’un commissaire de police belge ayant contribué à faire disparaître le corps. Juliana Lumumba, fille du héros assassiné, en avait exprimé le souhait dans un courrier adressé à Philippe, roi des Belges, à l’été 2020, en plein mouvement planétaire Black Lives Matter.

« Diable », homme à « éliminer »

Patrice Lumumba a été assassiné par des séparatistes katangais et des mercenaires belges le 17 janvier 1961 dans le sud-est du Congo pendant le chaos qui a suivi la proclamation de l’indépendance. Il avait 35 ans. Son corps, dissous dans l’acide, n’a jamais été retrouvé.

Le 30 juin 1960, devant le jeune roi Baudouin, il avait livré une mémorable diatribe anticolonialiste, appelant ses concitoyens à « une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous a été imposé par la force ».

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Ce dirigeant nationaliste était perçu comme prosoviétique, représentant une menace pour les intérêts belges, particulièrement au Katanga, province riche en cuivre. Jusqu’à être qualifié de « diable », d’homme à « éliminer », selon des télex échangés fin 1960 entre Bruxelles et l’ancienne colonie tout juste indépendante.

Soixante ans plus tard, l’enquête judiciaire ouverte en Belgique pour « crime de guerre » est dans sa phase finale selon l’avocat Christophe Marchand, qui a déposé plainte en 2011 au nom de François Lumumba, l’un des fils. « On se dirige vers une audience cette année devant la chambre du conseil du tribunal de Bruxelles [juridiction de renvoi] pour voir si le dossier peut déboucher ou pas sur un procès en cour d’assises », déclare MMarchand à l’AFP.

Les « excuses » de la Belgique

Pour lui, le temps presse car seules deux des dix personnes initialement ciblées par la plainte sont encore en vie. Il s’agit de l’ancien diplomate Etienne Davignon, 88 ans, et de l’ex-haut fonctionnaire Jacques Brassinne de la Buissière, 91 ans, selon des sources proches du dossier.

La plainte, consultée par l’AFP, accuse « diverses administrations de l’Etat belge » d’avoir « participé à un vaste complot en vue de l’élimination politique et physique de Patrice Lumumba ». Elle rappelle que l’armée belge avait déployé « quelque 200 officiers » pour encadrer les forces de l’ordre de la province sécessionniste du Katanga, où le crime a eu lieu.

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« Il peut y avoir des charges, mais elles doivent devenir des preuves pour justifier un procès ou une condamnation », fait valoir M. Van Leeuw, qui évoque des investigations « particulièrement difficiles » pour une poignée d’enquêteurs confrontés à « des tonnes d’archives ». « Il faut avoir la preuve qu’une personne au sein d’une chaîne de commandement avait connaissance de ce qui allait se passer et voulait vraiment ce qui est arrivé », poursuit le procureur fédéral.

Il assure qu’en qualifiant en 2012 l’assassinat de « crime de guerre [ce qui le rend imprescriptible], la cour d’appel de Bruxelles est allée au-delà de la commission d’enquête » du Parlement belge, qui avait conclu en 2001 à la « responsabilité morale » de la Belgique. L’année suivante le gouvernement belge avait présenté les « excuses » du pays.

Pour l’association antiraciste Bamko, Patrice Lumumba est une figure majeure qui mérite davantage que la « petite placette » à son nom inaugurée en 2018 à Bruxelles, en bordure de Matongé, le quartier de la diaspora africaine dans la capitale belge.

« Des personnes comme lui nous permettent de nous tenir debout et d’être dignes, affirme Mireille-Tsheusi Robert, présidente de Bamko, Belge d’origine congolaise. Lui rendre justice, c’est aussi rendre justice à tous les afrodescendants du Congo. »

Le Monde avec AFP



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Bobi Wine évoque « des fraudes et des violences »

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Bobi Wine, candidat à l’élection présidentielle en Ouganda, lors du vote, à Kampala, le 14 janvier 2021.

En Ouganda, le candidat de l’opposition Bobi Wine, principal adversaire du président sortant Yoweri Museveni, a déclaré vendredi 15 janvier que l’élection présidentielle de la veille avait été entachée « de fraudes et de violences », tout en restant positif sur la « situation ». L’ancien chanteur et député n’a donné aucun détail dans ce message posté sur Twitter, malgré la censure des réseaux sociaux imposée par les autorités, qui affirment que l’élection s’est déroulée dans le calme.

« Malgré les fraudes répandues et les violences observées à travers le pays plus tôt aujourd’hui, la situation semble toujours bonne. Merci à toi l’Ouganda pour être venu […] voter en nombre record », a-t-il écrit peu après minuit. « L’enjeu est maintenant pour M. Byabakama [le chef de la commission électorale] et la commission électorale d’annoncer la volonté du peuple », a-t-il ajouté. Contacté par l’AFP, M. Wine, qui affirmait jeudi soir dans un précédent tweet que son téléphone était « bloqué », n’était pas joignable dans l’immédiat pour apporter des précisions.

Réseaux sociaux suspendus

Jeudi soir, le président de la commission électorale, Simon Byabakama, a estimé que le vote s’est « généralement déroulé dans le calme dans tout le pays », ce qu’a aussi confirmé le porte-parole de la police, Fred Enanga. Ce scrutin présidentiel et législatif, placé sous haute surveillance, s’est déroulé sans accès ou presque à Internet, largement perturbé, pas plus qu’aux réseaux sociaux et services de messagerie, suspendus depuis mardi.

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Les 18 millions d’électeurs ougandais (sur une population totale de 44 millions) étaient appelés à départager M. Wine, devenu à 38 ans le principal candidat de l’opposition, et M. Museveni, qui brigue après trente-cinq ans de pouvoir un sixième mandat, au terme d’une campagne électorale particulièrement violente, émaillée d’arrestations et d’émeutes, et endeuillée par plusieurs dizaines de morts. Mi-novembre, au moins 54 personnes ont été tuées par la police lors de violences déclenchées par une énième arrestation de M. Wine, maintes fois appréhendé depuis 2018.

Jeudi, M. Wine, Robert Kyagulanyi de son vrai nom, a affirmé que plusieurs observateurs électoraux de son parti avaient été arrêtés dans la matinée et a dénoncé les dysfonctionnements de certaines machines biométriques utilisées pour vérifier l’identité des votants. Les résultats de l’élection seront connus « d’ici samedi 16 heures », selon la commission électorale.

Le Monde avec AFP





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