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des djihadistes tués dans la frappe aérienne de dimanche et pas des civils, assurent Bamako et Paris

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C’est non loin des monts Hombori qu’a eu lieu la frappe de l’armée française dimanche 3 janvier 2020.

Les autorités maliennes et françaises ont assuré à l’unisson jeudi 7 janvier qu’une frappe menée dimanche par l’aviation française avait touché uniquement des djihadistes, alors que des villageois ont rapporté des victimes civiles au même moment dans le même secteur.

Les faits qui se sont produits dans le secteur de Douentza et Hombori suscitent depuis plusieurs jours les interrogations sur l’éventualité d’une bavure dans le centre du Mali, l’un des principaux foyers de la violence qui ensanglante le Sahel.

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Des villageois et une association de défense de l’ethnie peule ont fait état d’une frappe aérienne ayant atteint une fête de mariage, faisant une vingtaine de morts dans le village de Bounti. Décrit par plusieurs villageois comme un hélicoptère, l’appareil qui aurait tiré ne pourrait a priori appartenir qu’aux armées malienne ou française, les seules à frapper du ciel.

Après avoir indiqué en début de semaine qu’une patrouille d’avions de chasse français avait frappé un rassemblement de djihadistes et « neutralisé » plusieurs dizaines d’entre eux à l’ouest d’Hombori – donc dans le même secteur –, l’état-major français s’est fendu d’un communiqué jeudi soir pour souligner que « les allégations consécutives à la frappe relèvent de la désinformation » et qu’« aucun dommage collatéral, aucun élément constitutif d’un rassemblement festif ou d’un mariage n’a été observé ».

« Exclure la possibilité d’un dommage collatéral »

Selon l’état-major français, « plus d’une heure avant la frappe, un drone Reaper a détecté une moto avec deux individus au nord de la RN 16 [l’axe routier reliant Bamako à Gao]. Le véhicule a rejoint un groupe d’une quarantaine d’hommes adultes dans une zone isolée. L’ensemble des éléments renseignement et temps réel ont permis d’identifier formellement ce groupe comme appartenant à un GAT [groupe armé terroriste] » et « l’observation de la zone pendant plus d’une heure et demie a également permis d’exclure la présence de femmes ou d’enfants ».

« Compte tenu du comportement des individus, des matériels identifiés ainsi que du recoupement des renseignements collectés, il a été ordonné à une patrouille d’avions de chasse – alors en vol – de procéder à une frappe ciblée à 15 heures locales », « à plus d’un kilomètre au nord des premières habitations de Bounti », poursuit le communiqué.

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« Cette action de combat », effectuée au moyen de « trois bombes », et qui selon l’armée française exclut tout hélicoptère, « a permis de neutraliser une trentaine de GAT » et « les éléments disponibles (…) permettent d’exclure la possibilité d’un dommage collatéral », assure l’état-major.

Les autorités maliennes dominées par les militaires depuis le putsch du 18 août 2020 ont livré plus tôt jeudi une version cohérente avec celle de l’armée française. Un regroupement d’une cinquantaine d’individus, présentés comme membres de la katiba Serma, a été repéré dimanche en fin de matinée, a affirmé le ministère de la défense dans un communiqué.

Une opération conjointe appelée Eclipse

« L’environnement observé n’a montré ni scène de mariage, ni enfants ou femmes. Tous les renseignements recueillis en direct justifiaient que les cibles neutralisées étaient des objectifs militaires confirmés », a-t-il souligné. La katiba Serma, visée par la frappe, est affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), alliance djihadiste elle-même affiliée à Al-Qaida.

Ces frappes s’inscrivent dans une opération conjointe appelée Eclipse et menée par les forces maliennes, françaises et du G5 Sahel dans cette vaste zone dite des « trois frontières » (Mali, Burkina Faso et Niger). Le ministère a annoncé l’ouverture d’une enquête « pour mieux comprendre ce qui s’est passé ».

Le silence observé par les autorités maliennes avait laissé le champ libre aux spéculations, favorisées par les difficultés d’accès à l’information dans une zone dangereuse et éloignée. Aucune image n’est remontée de Bounti. Les versions des armées et des villageois divergent au point que la concomitance de deux événements distincts n’a pu être catégoriquement écartée.

Le Monde avec AFP



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Israël rouvre une mission diplomatique au Maroc

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Le gendre de l’ex-président américain Donald Trump, Jared Kushner, à Rabat, le 22 décembre 2020.

Israël a annoncé mardi 26 janvier la réouverture d’une mission diplomatique au Maroc, vingt ans après la fermeture de sa représentation, les deux pays ayant normalisé leurs relations en décembre. Ambassadeur d’Israël en Egypte entre 2016 et 2020, David Govrin est arrivé dans la journée à Rabat en tant que nouveau chargé d’affaires, a indiqué le ministère israélien des affaires étrangères, estimant qu’il s’agissait d’un « jour de célébrations pour l’Etat d’Israël ».

« David Govrin et son équipe vont travailler à poursuivre les relations bilatérales dans tous les domaines, y compris dans tout ce qui est lié au dialogue politique, au tourisme, à l’économie et aux liens culturels », poursuit le communiqué du ministère.

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Le Maroc a été le quatrième pays arabe à annoncer en 2020 la normalisation de ses relations avec Israël, après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan. Les deux pays ont signé en décembre à Rabat un accord de normalisation de leurs liens parrainé par les Etats-Unis, avec des accords bilatéraux centrés sur les liaisons aériennes directes, la gestion de l’eau, les connexions des systèmes financiers et un accord d’exemption de visa pour les diplomates.

La plus importante communauté juive d’Afrique du Nord

Le gouvernement israélien a officiellement approuvé dimanche cet accord, qui doit toutefois encore obtenir le feu vert des députés. Rabat avait fermé son bureau de liaison à Tel-Aviv en 2000, au début de la seconde Intifada (soulèvement palestinien). Le Maroc abrite la plus importante communauté juive d’Afrique du Nord, avec quelque 3 000 personnes. Environ 700 000 juifs d’origine marocaine vivent en Israël.

Lire aussi « Au Maroc, une victoire diplomatique sur le Sahara au risque d’une défaite morale sur la question palestinienne »

La diplomatie israélienne a par ailleurs annoncé l’ouverture mardi du consulat général d’Israël à Dubaï. Tel-Aviv avait annoncé dimanche l’ouverture d’une ambassade dans la capitale émiratie, Abou Dhabi, un peu plus de quatre mois après la signature de l’accord de normalisation avec cette monarchie arabe du Golfe.

Le Monde avec AFP



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Au Burkina Faso, la lutte sécuritaire met sous pression journalistes et militants

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Yacouba Ladji Bama, rédacteur en chef du journal d’investigation « Courrier Confidentiel », le 14 janvier 2021 devant les locaux de la rédaction à Ouagadougou.

Un bruit étrange, comme un « poc », et la trace d’un impact sur le pare-brise avant de sa voiture. « C’était un tir de balle. Par chance, elle n’a pas traversé la vitre », rapporte le journaliste burkinabé Yacouba Ladji Bama. Ce soir du 10 novembre 2020, le rédacteur en chef du bimensuel d’investigation Courrier Confidentiel prenait la route pour la capitale, Ouagadougou, après avoir coanimé un panel sur la corruption électorale à Dori, dans le nord du pays. Assis à l’avant, côté passager, il a eu le sentiment glaçant d’avoir échappé de peu à la mort.

Depuis, Yacouba Ladji Bama a déposé plainte contre X pour « tentative d’attentat à la vie », mais cherche encore à comprendre. A-t-on voulu l’éliminer ? Et qui ? Il le sait, ses écrits dérangent. Le journaliste est connu pour avoir révélé de nombreux scandales financiers et politiques au sommet du pouvoir. Il y a un an déjà, le 6 janvier 2020, son domicile à Ouagadougou avait été la cible d’une attaque au cocktail Molotov et son véhicule incendié par des individus non identifiés.

Lire aussi « Avant, on ne connaissait pas la faim » : les Burkinabés fragilisés par le djihadisme, le climat et le Covid-19

Les journalistes et les militants au Burkina Faso font face à une pression accrue depuis quelques années. Le pays est pourtant considéré comme l’une des « réussites du continent africain en matière de liberté de la presse » selon l’ONG Reporters sans frontières, qui le classe 38e (sur 180 pays). Mais la lutte antiterroriste menée contre les groupes djihadistes met à rude épreuve la liberté d’informer.

Les fantômes hantent le bureau de Yacouba Ladji Bama. Entre les portraits de Che Guevara et de l’ancien président révolutionnaire Thomas Sankara accrochés au mur, apparaît le visage de Norbert Zongo, le journaliste d’investigation burkinabé assassiné le 13 décembre 1998. Si la chute du régime de Blaise Compaoré en 2014, après vingt-sept ans de règne, a fait souffler un vent de liberté et permis de nombreux acquis démocratiques au Burkina Faso, le rédacteur en chef est de nouveau inquiet.

Intimidation, stigmatisation

En 2020, « au moins six attaques ou intimidations » contre des confrères ont été comptabilisées par l’Association des journalistes du Burkina (AJB). C’est la première fois que cette organisation indépendante enregistre autant de cas depuis l’ère Compaoré.

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Haythem El-Mekki, blogueur de la révolution tunisienne et chroniqueur acéré de la vie politique

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Haythem El-Mekki.

« Qui dit migration dit terrorisme, dit connerie et dit racisme. » D’une voix légère et ironique, Haythem El-Mekki entonne cette phrase sur les notes de la chanson de Stromae, Alors on danse, en direct de l’émission de radio « Midi Show » dans laquelle il intervient quotidiennement sur la fréquence de Mosaïque FM. La parodie vise directement le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, qui, lors d’une visite à Paris en décembre 2020, avait déclaré sur la chaîne France 24 : « Qui dit émigration clandestine, dit terrorisme. » Avant de se rattraper après une remarque de son intervieweur, « pas toujours, heureusement ». La petite phrase n’a pas échappé à Haythem Al-Mekki.

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Depuis dix ans, le poil à gratter des responsables politiques décortique leurs gaffes dans une revue de presse quotidienne, une liberté de ton qui ne lui vaut pas que des amis. « Il y a toujours des pressions. Dans ce cas, je ne m’en plains pas au syndicat des journalistes, par contre je vais parler de mon détracteur en question pendant une semaine à la radio. En général, ça calme », rigole cet ancien blogueur de 38 ans.

Premières images

Cet enfant d’instituteurs qui a grandi dans des quartiers populaires de Tunis, bercé par le flow du rappeur américain Tupac, dit avoir pris conscience assez tôt de la réalité de la dictature sous le régime de Zine El-Abidine Ben Ali, tombé il y a tout juste une décennie. « J’avais des islamistes dans ma famille et j’entendais parler des purges contre les personnes allant faire la prière ou du harcèlement des femmes portant le voile », se rappelle Haythem, marqué aussi par la mauvaise relation entre la police et la jeunesse.

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Après de brèves études en économie et en gestion, il enchaîne, comme beaucoup de jeunes de son âge, des boulots dans des centres d’appel jusqu’à devenir community manager, autrement dit animateur de communautés en ligne. Biberonné à la cause palestinienne et à l’anti-impérialisme américain, il devient blogueur sous le pseudo de Bylasko avant la chute de Ben Ali. Il incarne aujourd’hui l’une des dernières figures publiques de la blogosphère tunisienne qui s’était opposée à la censure d’Internet sous l’ancien dictateur, et qui avait relayé les premières images et informations sur le soulèvement de 2011 sur les réseaux sociaux, au point que certains ont parlé de « révolution Facebook ». La plus connue, Lina Ben Mehni, est morte le 27 janvier 2020 des suites d’une longue maladie.

Mais le phénomène des blogueurs comme leaders d’opinion reste à nuancer, selon le docteur en anthropologie Kerim Bouzouita : « La blogosphère était surtout un fantasme médiatique qui a tenté de simplifier une réalité hétéroclite d’acteurs très différents : hackeurs, journalistes citoyens, dissidents, pas forcément tous reliés entre eux. » Haythem El-Mekki affirme d’ailleurs qu’il ne se considère plus comme un blogueur, « surtout qu’après la révolution, toute personne qui postait un statut Facebook s’octroyait cette appellation », précise-t-il. « Aujourd’hui, je travaille en tant que journaliste et je pense que c’est une façon de toucher une plus grande cible, via les médias classiques. »

« Flou de la politique spectacle »

Ses revues de presse satiriques passent sur l’une des émissions phares de la radio Mosaïque FM, créée en 2003 et en tête des audiences grâce à ses programmes de divertissement et de débats sociétaux. A l’inverse de ses tentatives dans cinq chaînes de télévision où il n’a jamais passé plus d’un an, Haythem apprécie que la radio ne le censure jamais, même si lui-même s’impose certaines lignes rouges, comme la religion. « Je refuse de m’attaquer à des dogmes, ça ne sert à rien », explique-t-il.

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Ses satires lui valent régulièrement menaces et insultes. Il s’est récemment fait traiter de « chien » en plein direct par le sulfureux député Seifeddine Makhlouf, issu de la mouvance conservatrice Al-Karama, dans un contexte où les parlementaires sont régulièrement épinglés par l’opinion publique. Celle-ci leur reproche l’instabilité politique et leurs querelles permanentes au sein de l’Hémicycle. « Dans le flou de la politique spectacle polarisante qui joue sur les émotions des foules et sur les clivages, le rôle des éditorialistes comme Haythem est essentiel pour éclairer les opinions », selon Kerim Bouzouita, qui est un ami du journaliste.

Grâce à son exposition médiatique, Haythem mène d’autres combats, dans la société civile et parmi les apprentis journalistes. Il anime une émission Youtube, « Flousna » (« Nos sous »), pour expliquer des concepts économiques. Il crée aussi des reportages avec des jeunes dans les régions grâce au réseau des Haut-Parleurs, pour former une nouvelle génération, loin des « fake news de Facebook, malheureusement très présentes sur le réseau social en Tunisie », et davantage active sur le terrain.



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