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au Sénégal, l’angoisse des proches de Diary Sow

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Diary Sow et sa mère au palais présidentiel de Dakar, le 7 août 2020.

Au Sénégal, la maison familiale de Diary Sow ne désemplit pas. Tantes, oncles, cousines, grands-mères, voisins… Tous sont venus soutenir la mère de cette étudiante de 20 ans, en classe préparatoire scientifique au prestigieux lycée parisien Louis-le-Grand, qui a mystérieusement disparu en France le 4 janvier. Dans ce quartier calme et résidentiel de Malikounda, à 70 km au sud-ouest de Dakar, certains patientent dans la cour, sous les bougainvilliers. D’autres, dans le salon, ont les yeux rivés sur la télévision, à l’affût des nouvelles. Amis et proches font défiler les actualités sur leur téléphone portable ou récitent des prières, assis sur des nattes.

Toute vêtue de blanc, la mère de Diary Sow s’est réfugiée dans une chambre, trop émue pour pouvoir parler de sa fille. Chaque jour à ses côtés, sa cousine Khady reste parfois dormir pour ne pas la laisser seule. « Le plus dur, c’est d’attendre sans avoir d’informations ni savoir quelle sera l’issue », témoigne-t-elle. Lundi 11 janvier, Serigne Mbaye Thiam, parrain de Diary Sow et ministre de l’eau et de l’assainissement, ainsi qu’Antoine Félix Diome, ministre de l’intérieur, sont venus à Malikounda pour apporter leur soutien et évoquer l’enquête menée en France.

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La famille n’est pas en contact direct avec les enquêteurs à Paris, mais « les Etats français et sénégalais semblent avoir mis en place tous les moyens pour la retrouver, cela nous remonte le moral », estime Khady, encore surprise de la disparition de Diary Sow. « Même à distance, je discutais souvent avec elle de ses projets, de ses ambitions. C’est une fille vivante et enthousiaste, avec de grandes idées et une intelligence hors du commun, qui sait ce qu’elle veut et se projette dans l’avenir, décrit-elle avec émotion. Rien n’indiquait que quelque chose n’allait pas. »

Au-dessus de la télévision, deux photographies ont été encadrées : on y voit Diary Sow recevoir en 2019 son titre de « meilleure élève du Sénégal » des mains du président Macky Sall. La jeune fille, considérée dans son pays comme un modèle de réussite sociale, a été distinguée deux années consécutives. Une fierté pour sa famille.

« Une jeune femme exemplaire »

« Diary a reçu une très bonne éducation, insiste Aliou Sow, son oncle paternel. Moi je n’ai pas eu mon bac, dans la famille nous n’avons pas tous terminé nos études, mais elle l’a fait à notre place et elle nous représente. » Lui aussi assure que l’étudiante communiquait en permanence avec sa mère et le reste de la famille grâce à WhatsApp et aux réseaux sociaux. Un contact encore plus resserré depuis que son père, pâtissier de métier et dont elle était très proche, est décédé, en avril 2020.

Dans le quartier, tout le monde connaît Diary Sow et sa famille. Au coin de la rue sablonneuse, sa voisine Kadhy Diop la décrit comme une jeune fille timide, gentille et intelligente. « Ça nous a touchés car c’est une bonne famille, des gens simples avec qui on partage beaucoup de choses. Au-delà d’être la meilleure élève du Sénégal, c’est une jeune femme exemplaire. Elle est très sérieuse, pas comme ces filles qui déambulent en faisant tout et rien », décrit la mère de famille, qui ne croit pas en la piste d’une fugue.

Si la jeune fille est très scientifique, avec pour objectif de passer les concours de Polytechnique, de Supélec ou des Mines-Ponts, elle est aussi connue pour avoir publié en 2020 son premier roman, Sous le visage d’un ange, aux éditions L’Harmattan. Son éditeur s’entretenait régulièrement par e-mail avec elle sur la finalisation de son deuxième livre. « Je l’avais vue l’été dernier au moment de la promotion de son premier roman, nous avons beaucoup parlé de son avenir. Nous avions aussi des échanges permanents pour travailler sur son prochain ouvrage », raconte Abdoulaye Diallo, administrateur général des éditions L’Harmattan au Sénégal.

« Ce qui frappe d’emblée, c’est la maturité de l’écriture d’une jeune fille de son âge, sa cohérence et sa capacité à argumenter son propos, continue M. Diallo, encore sous le choc de sa disparition. Elle a la tête sur les épaules et fait partie de ces esprits brillants, littéraires comme scientifiques, qui ont un rôle à jouer au Sénégal comme ailleurs. »



Via LeMonde Afrique

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les coulisses agitées de la campagne pour la présidence du football africain

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Ahmed Yahya, Ahmad Ahmad, Augustin Senghor, Jacques Anouma et Patrice Motsepe

Qui succédera à Ahmad Ahmad à la présidence de la Confédération africaine de football (CAF) ? Soupçonné de détournement de fonds, abus de pouvoir et distribution de cadeaux aux frais de la CAF, le dirigeant malgache, qui avait mis fin au long règne du Camerounais Issa Hayatou, a été suspendu par la commission d’éthique de la FIFA en novembre 2020 et empêché d’exercer pour une durée de cinq ans toute activité liée au football. Son remplaçant doit être désigné le 12 mars à Rabat. Mais, si les candidats sont nombreux, le processus électoral s’annonce d’ores et déjà passablement agité.

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La CAF, à laquelle sont affiliées les cinquante-quatre fédérations de football du continent, organise l’ensemble des compétitions se déroulant sur le sol africain, notamment la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) et la Ligue des champions. Son président, élu pour un mandat quatre ans renouvelable, a quasiment rang de chef d’Etat. Il gère surtout un budget de plusieurs dizaines de millions d’euros. Avec plus ou moins de succès… Pour la saison 2020-2021, le bilan financier laisse apparaître un déficit structurel de près de 13 millions d’euros.

Malgré sa suspension et sa condamnation à payer une amende de 185 000 euros, Ahmad Ahmad n’exclut pas de se succéder à lui-même. Le Malgache de 61 ans a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester son éviction. Si ce dernier lui donne raison, « Ahmad a promis de redemander l’examen de sa candidature par la commission de gouvernance de la CAF. Il voudra être auditionné », assure un de membres de sa garde rapprochée.

Candidatures validées

S’il est miraculeusement repêché, le président sortant devra affronter quatre autres candidats : l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sénégalais Augustin Senghor, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sud-Africain Patrice Motsepe. Pour les deux premiers, la route est dégagée. L’Ivoirien âgé de 69 ans a un riche CV : ancien cadre chez Air France et Renault, puis chef du service financier de la présidence de la République entre 2000 et 2010 sous les ordres de Laurent Gbagbo, il a dirigé la Fédération ivoirienne de football (FIF) de 2002 à 2011 et a également été membre du Comité exécutif de la FIFA de 2006 à 2015. Augustin Senghor, avocat de formation, préside quant à lui la Fédération sénégalaise de football (FSF) depuis 2009. Neveu de Léopold Sédar Senghor, premier président de la République du Sénégal, le quinquagénaire est aussi maire de Gorée depuis novembre 2002.

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Jacques Anouma et Augustin Senghor ont vu sans problème leur candidature validée. Ce qui n’est pas encore le cas de Patrice Motsepe et Ahmed Yayha, qui doivent être auditionnés le 28 janvier au siège de la CAF, au Caire. L’organisation, épinglée pour plusieurs scandales par le passé, compte se livrer à quelques vérifications.

S’il veut l’emporter à la tête de la CAF, Patrice Motsepe devra en effet répondre de l’invitation qu’il a lancée aux présidents des fédérations africaines à venir célébrer le cinquantième anniversaire de son club, Mamelodi Sundows, à Pretoria fin décembre 2020. Il existe « un courrier signé de sa secrétaire, dans lequel il était précisé que les billets d’avion et l’hébergement, entre autres, seraient intégralement pris en charge », précise une source qui a pu avoir accès à cette correspondance. Selon nos informations, une dizaine de dirigeants auraient accepté l’invitation du milliardaire sud-africain.

« Vice de forme »

Ce dernier ne sera pas le seul à devoir s’expliquer jeudi devant ses pairs. Ahmed Yahya, 44 ans, devra lui aussi se justifier : le président de la Fédération de football de la République islamique de Mauritanie (FFRIM) est notamment soupçonné d’avoir accompagné Ahmad Ahmad, un collaborateur de ce dernier et de quinze autres présidents de fédérations africaines en juin 2018, à La Mecque et à Médine, pour un pèlerinage organisé et payé avec les fonds de la CAF, pour un montant de 82 000 euros, selon des informations recueillies par Le Monde Afrique.

M. Yaya sera sans doute également interrogé sur le litige qui a opposé la fédération mauritanienne au club de l’ASAC Concorde, basé à Nouakchott. Ce club avait en effet attaqué en justice, en septembre 2016, le président de la FFRIM à propos des transferts de deux joueurs, Aly Abeid et El Hacen Id, à Levante, un club espagnol. Accusée d’avoir détourné 75 000 euros sur ces transferts, la fédération a été reconnue coupable en février 2017 par la chambre civile du tribunal de Nouakchott Ouest et condamnée à rembourser cette somme. Une décision confirmée en novembre 2020 par la Cour suprême, après que l’appel de la FFRIM a été rejeté.

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Comme si cela ne suffisait pas, des dissensions sont récemment apparues au sein même de la CAF, sur des questions de procédure. Les statuts de l’organisation précisent en effet que la liste des candidats et les convocations écrites pour le scrutin doivent être envoyées soixante jours avant l’élection. Celle du président étant prévue le 12 mars, tout aurait dû être prêt le 11 janvier à minuit. « Comme cela n’a pas été fait dans les délais, on ne peut pas exclure que l’assemblée générale élective soit annulée pour vice de forme », prévient le dirigeant d’une fédération africaine. Le feuilleton ne fait visiblement que débuter.



Via LeMonde Afrique

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Au Mali, première visite ministérielle à Kidal depuis le coup d’Etat

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Dans le nord du Mali, Kidal, fief de la COordination des mouvements de l’Azawad.

Six membres du gouvernement malien de transition ont débuté, lundi 25 janvier, une visite de deux jours à Kidal, la première au niveau ministériel dans ce bastion des ex-rebelles indépendantistes touareg depuis le coup d’Etat militaire d’août dernier.

La délégation « est arrivée vers 13 h 00 pour une visite de quarante-huit heures », a déclaré à l’AFP un fonctionnaire du gouvernorat de Kidal, Oumar Kily.

Kidal est le fief de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), principale coalition d’anciens rebelles indépendantistes qui ont combattu les forces maliennes dans le nord à partir de 2012.

Lire l’entretien « La crise que traverse le Mali signe aussi l’échec de décennies d’intervention internationale »

La CMA a signé en 2015 avec Bamako et des groupes armés pro-gouvernementaux un accord de paix, dit d’Alger, dont la mise en œuvre accuse de nombreux retards.

C’est la première fois qu’une délégation ministérielle se rend à Kidal depuis le putsch qui a renversé le 18 août le président Ibrahim Boubacar Keïta.

Composée notamment de ministres ex-militaires et ex-rebelles, la délégation devait participer mardi à la première réunion du Comité de suivi de l’accord de paix, organisée à Kidal plutôt qu’à Bamako, une décision chargée de symboles par de nombreux Maliens.

Faire « avancer le processus de paix »

Mais l’Algérie, acteur clé dans la crise qui secoue son voisin du sud, a « demandé un report », a indiqué à l’AFP une source diplomatique à Bamako, sans en préciser les raisons.

Malgré cet ajournement, la visite ministérielle à Kidal a été maintenue et son objectif reste de faire « avancer le processus de paix », a déclaré à l’AFP un membre de la délégation s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

La ville de Kidal illustre les difficultés que rencontrent les signataires de l’accord à le mettre en place. Un bataillon de l’armée dite reconstituée, c’est-à-dire comprenant des éléments de l’ex-rebellion, y est certes déployé depuis un an.

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Mais la décentralisation et une gouvernance partagée restent à mettre en place, tandis que flottent à chaque fête touareg dans la ville des drapeaux de l’Azawad, du nom de l’Etat réclamé par les indépendantistes de 2012 avant la signature de l’accord de paix.

Leur mise en œuvre serait un facteur essentiel d’un retour à la stabilité au Mali, en proie depuis 2012 aux attaques djihadistes et aux violences communautaires qui ont fait des milliers de victimes.

Les militaires qui ont fait chuter le président Keïta et promis de rendre le pouvoir aux civils à l’issue d’une transition de dix-huit mois ont indiqué qu’ils restaient attachés au processus d’Alger.

Le Monde avec AFP



Via LeMonde Afrique

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le Front Polisario menace le Maroc d’une « escalade »

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A Guerguerat, poste-frontière entre le Sahara occidental et la Mauritanie, le 25 novembre 2020.

Les indépendantistes du Front Polisario ont menacé, dimanche 24 janvier, le Maroc d’une « escalade » militaire, après avoir bombardé le poste frontalier de Guerguerat sous contrôle marocain dans le territoire disputé du Sahara occidental. « La guerre va continuer et aller vers l’escalade. Toutes les positions de l’armée marocaine sont des cibles », a déclaré à l’AFP Sidi Ould Oukal, un haut responsable de la sécurité et porte-parole du ministère de la défense de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976 par les indépendantistes.

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Le Polisario se dit « en état de guerre de légitime défense » depuis que le Maroc a envoyé, le 13 novembre 2020, des troupes à l’extrême sud du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole, pour chasser un groupe de militants sahraouis qui bloquaient la seule route vers la Mauritanie voisine.

Depuis, ces troupes marocaines sont restées déployées dans cette zone démilitarisée placée sous la tutelle d’une force d’interposition des Nations unies, afin de « sécuriser le trafic routier » sur cet axe commercial menant vers l’Afrique de l’Ouest.

Les indépendantistes contestent la légalité de cet axe, qualifié de « brèche illégale », contraire, selon eux, à l’accord de cessez-le-feu de 1991 signé sous l’égide de l’ONU.

« Situation normale »

Samedi soir, les forces du Polisario ont annoncé avoir lancé quatre missiles en direction de Guerguerat, localité située sur l’axe routier. Elles ont aussi revendiqué des attaques le long du mur de sable érigé par le Maroc qui sépare les combattants sahraouis des forces marocaines dans ce vaste territoire désertique disputé depuis le départ des colons espagnols.

Selon M. Ould Oukal, le passage de Guerguerat a été « fermé » et la situation est « chaotique ». Ces affirmations n’ont toutefois pas pu être confirmées par des sources indépendantes.

« Ce n’est que le début. C’est un avertissement aux usagers de cette route et de cette terre. Tout le territoire du Sahara occidental est une zone de guerre », a-t-il mis en garde, avertissant que « ni Guerguerat ni aucun point du territoire sahraoui ne sont à l’abri des missiles et obus des combattants sahraouis ».

Un haut responsable marocain joint par l’AFP à Rabat a minimisé, en faisant état de « tirs de harcèlement à proximité de la zone de Guerguerat », qui n’ont « pas touché l’axe routier, dont le trafic n’a pas été perturbé ».

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« Cela s’inscrit dans un cycle de harcèlement depuis plus de trois mois » et « il y a une volonté de créer une guerre de propagande, une guerre de médias, sur l’existence d’une guerre au Sahara », mais « la situation est normale », a-t-il assuré.

La télévision marocaine 2M a diffusé un reportage avec des images et témoignages de routiers recueillis dimanche dans la zone de Guerguerat. « Ce matin, la circulation au niveau de l’axe routier entre le Maroc et la Mauritanie est normale. Le trafic commercial ne s’est pas arrêté » depuis l’intervention marocaine en novembre, est-il affirmé dans le reportage.

Tergiversations

La question du statut du Sahara occidental, considéré comme un « territoire non autonome » par l’ONU en l’absence d’un règlement définitif du conflit, oppose depuis des décennies le Maroc au Polisario. Celui-ci réclame un référendum d’autodétermination prévu par les Nations unies, tandis que le Maroc, qui contrôle plus des deux tiers du territoire, propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté.

Les négociations, menées par l’ONU et impliquant le Maroc et le Polisario avec l’Algérie et la Mauritanie en tant qu’observateurs, sont suspendues depuis 2019.

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Le Polisario se dit prêt à reprendre les pourparlers mais exclut de déposer les armes, échaudé par trente ans de statu quo. « Par le passé, nous avons accordé toute notre confiance à la communauté internationale et avons arrêté le combat armé de manière définitive. Nous avons attendu trente ans. Trente ans de promesses non tenues, de tergiversations et d’attente intenable », a déploré plus tôt cette semaine Sidi Ould Oukal.

La position du Maroc a, elle, été confortée par la reconnaissance d’une souveraineté marocaine par l’ex-président américain Donald Trump sur la totalité du territoire disputé.

Cette reconnaissance liée à une normalisation entre le Maroc et Israël est assortie d’une enveloppe de trois milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) pour le « soutien financier et technique de projets d’investissements privés » au Maroc et en Afrique subsaharienne.

Le Monde avec AFP



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