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Au Mali, la junte sous pression cherche la voie de l’après-putsch

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Des partisans du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) participent à un rassemblement sur la place de l’Indépendance à Bamako, le 8 septembre 2020.

Les militaires qui dirigent le Mali réunissent à nouveau ce jeudi 10 septembre des centaines d’acteurs nationaux pour tenter de baliser la voie de l’après-putsch, sous la double pression de forces intérieures et d’une communauté internationale aux vues divergentes.

Quelque 500 participants, responsables de partis, de syndicats, d’organisations de la société civile, sont attendus à partir de jeudi matin (9 h 30 locales et GMT) et jusqu’à samedi à ces « journées de concertation nationale » au Centre international de conférence de Bamako.

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Immédiatement après avoir renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (« IBK »), les militaires réunis autour du très taiseux colonel Assimi Goita ont promis de rendre les commandes aux civils à l’issue d’une transition d’une durée, d’une nature (civile ou militaire) et d’une organisation encore à déterminer. Il s’agit à présent de s’entendre sur cette transition.

Un mois après le quatrième coup d’Etat depuis l’indépendance en 1960, et malgré une première séance de consultations samedi, la transition peine à se dessiner.

Les dissensions se font jour

Après l’accueil plutôt favorable fait aux putschistes par des Maliens exaspérés de voir leur vaste pays sombrer sous l’effet de la guerre contre les djihadistes, des violences intercommunautaires, du marasme économique et de l’impuissance étatique, les dissensions se font jour.

Les colonels ont la tâche ardue de faire converger leur vision et leur agenda avec ceux du Mouvement du 5 juin (M5) qui a mené pendant des mois la contestation contre l’ancien président et qui réclame la même voix au chapitre que la junte, ou encore ceux des anciens groupes rebelles qui font désirer leur participation aux discussions.

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Les uns et les autres sont attendus sur la durée de la transition et le profil de ceux qui la conduiront. La junte a initialement parlé de trois ans (correspondant au reste du mandat présidentiel entamé) sous la conduite d’un militaire. Pour nombre de ses interlocuteurs, une direction de la transition autre que civile est inacceptable. Mais ces interlocuteurs, à commencer par le M5, passent eux-mêmes pour être divisés.

Les partisans d’une transition longue confiée aux militaires arguent du temps et de l’autorité nécessaires pour créer les conditions d’un redressement dans un pays au bord du gouffre. Les autres invoquent au contraire le risque d’une instabilité encore accrue dans un Sahel déjà gagné par les attaques djihadistes et le mauvais exemple régional donné par une junte maintenue durablement au pouvoir.

Jusqu’au 15 septembre

La junte est soumise à la pression des acteurs locaux avec leurs intérêts propres, mais aussi de la communauté internationale. Les voisins du Mali au sein de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) réclament un retour des civils au bout de douze mois maximum. La France, principal allié du Mali contre les djihadistes avec les 5 100 hommes de l’opération « Barkhane » déployés au Sahel, pousse aussi à aller vite. Quatre soldats maliens ont encore été tués dans une attaque mercredi.

La Cédéao impose un embargo sur les flux commerciaux et financiers avec le Mali, dont les effets inquiètent un pays pauvre et enclavé. Lundi, elle a donné jusqu’au 15 septembre aux militaires pour désigner un président et un premier ministre civils de la transition, ne laissant donc que quelques jours à la junte pour surmonter les divergences maliennes.

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Ce qui ressortira de ces trois jours de concertation n’est pas clair. Après le premier round de samedi partagé entre la capitale et les régions, un comité d’une vingtaine de juristes, chercheurs et universitaires a été chargé de faire la synthèse.

« Depuis lundi soir, nous avons fini avec les termes de référence et nous peaufinons une feuille de route. Ces documents ont pris en compte les recommandations des cinq ateliers de Bamako et les rapports des ateliers venant des dix régions. La feuille de route et les termes de référence seront présentés à la plénière de demain [jeudi] pour amendement, amélioration et enrichissement », a dit à l’AFP la présidente de ce comité, Diarra Fatoumata Dembélé.

Le Monde avec AFP



Via LeMonde Afrique

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le premier ministre et le gouvernement ont démissionné

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Un changement politique était attendu au Togo depuis que Faure Gnassingbé a été réélu en février à la présidence pour un quatrième mandat, mais ce changement a été retardé par la pandémie due au nouveau coronavirus.

Le président togolais a accepté la démission du premier ministre, Komi Sélom Klassou, et de son gouvernement, annonce, vendredi 25 septembre au soir, un communiqué publié sur le site officiel de la présidence. « Le chef de l’Etat a félicité le premier ministre et toute l’équipe gouvernementale pour les efforts engagés sur le plan économique, politique et social ainsi que les résultats encourageants obtenus malgré le contexte difficile marqué par la crise sanitaire que traverse actuellement le monde entier », déclare le communiqué.

M. Klassou était premier ministre depuis 2015. Faure Gnassingbé « a remercié le chef du gouvernement pour son sens élevé du devoir et l’a chargé d’expédier les affaires courantes », précise le communiqué de la présidence.

Economie frappée par la pandémie

La victoire de Faure Gnassingbé à l’élection présidentielle a été acquise après un amendement de la Constitution qui lui a permis d’être de nouveau candidat. Faure Gnassingbé a été déclaré vainqueur au premier tour du scrutin du 22 février avec 70,78 % des suffrages devant Agbéyomé Kodjo (19,46 %). L’opposition a dénoncé des bourrages d’urnes, des procès-verbaux présignés et des reports de résultats falsifiés.

La famille Gnassingbé dirige depuis plus d’un demi-siècle ce pays d’Afrique occidentale. Faure Gnassingbé préside le Togo, un pays de huit millions d’habitants, depuis 2005, date à laquelle il a succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, décédé, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant trente-huit ans.

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L’économie du Togo a été frappée par la pandémie de Covid-19, les autorités ayant imposé des restrictions pour limiter la propagation du coronavirus. A ce jour, 1 722 cas de contamination et 44 décès dus au virus ont été enregistrés au Togo.

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Le Monde avec AFP



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le Soudan dit avoir réuni les indemnités

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Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, à Khartoum, le 21 août 2020.

Le Soudan a affirmé avoir réuni le montant des indemnités réclamées par Washington dans le cadre d’un accord sur l’indemnisation des familles des victimes américaines d’attentats perpétrés en 1998 contre des ambassades des Etats-Unis en Afrique.

« La promulgation par le Congrès américain de la loi immunisant le Soudan de toutes poursuites ultérieures est le seul point encore en suspens avant la mise en application de l’accord sur le paiement des indemnités » aux familles des victimes, a indiqué mercredi 23 septembre le premier ministre, Abdallah Hamdok, cité par l’agence officielle Suna. Des médias américains ont évoqué le montant total de 335 millions de dollars d’indemnités (environ 287 millions d’euros).

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Avec cet accord, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie soudanaise, Omer Gamareldin Ismail, en déplacement à Genève, le Soudan pourra plus facilement dire aux Etats-Unis : « Retirez-nous de la liste des Etats soutenant le terrorisme et allons de l’avant. » Cette sanction, synonyme d’entrave aux investissements pour le Soudan, remonte à 1993 : le pays dirigé par Omar al-Bachir était alors devenu un paria pour avoir accueilli le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden.

Course contre la montre

La crise s’est envenimée quand deux attentats revendiqués par Al-Qaïda ont été perpétrés en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, faisant plus de 200 morts. Washington avait alors accusé le Soudan d’avoir appuyé les responsables des attaques et avait exigé des compensations pour les familles des victimes américaines, compensations qui sont un préalable au retrait du pays de la liste noire.

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Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est aujourd’hui engagé dans une course contre la montre pour dénouer le contentieux de son pays avec le Soudan avant l’élection présidentielle aux Etats-Unis, le 3 novembre, et se rapprocher d’un éventuel accord de normalisation avec Israël, le Soudan étant vu comme le prochain pays arabe à pouvoir reconnaître l’Etat hébreu. Son « plan » prévoit le versement par Khartoum, sur un compte bloqué, de fonds qui ne seront versés que sous conditions aux Etats-Unis pour indemniser les plaignants.

Parmi les conditions du Soudan figurent le retrait du pays de la liste noire antiterroriste et l’adoption d’un texte de loi proclamant la « paix légale » avec Khartoum pour écarter le risque de nouvelles poursuites.

Le Monde avec AFP



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à l’approche de la présidentielle, la crainte de « graves menaces sur la paix »

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Des supporteurs du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara (« ADO »), à Abidjan, le 19 septembre 2020.

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), organisme public de Côte d’Ivoire, s’est inquiété jeudi 24 septembre de « graves menaces sur la paix sociale » à l’approche de l’élection présidentielle du 31 octobre et a appelé à un « dialogue inclusif », dans un communiqué.

Précisant avoir rencontré ces derniers jours les responsables des principaux partis d’opposition ainsi que du parti au pouvoir, le CNDH exprime sa « vive préoccupation » face à une situation sociopolitique « qui crée assurément les conditions de graves violations des droits de l’homme et fait peser de graves menaces sur la paix sociale » en Côte d’Ivoire.

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Alors que de nombreux militants d’opposition et d’ONG ont été arrêtés ces derniers mois, le CNDH, qui est un organe consultatif pour le gouvernement, demande des « mesures pour garantir (…) l’exercice des libertés publiques par l’ensemble des forces politiques de la nation » et appelle à « l’ouverture d’un dialogue pressant et inclusif » pour « trouver des solutions consensuelles durables ». Le CNDH demande aussi « l’ouverture d’enquêtes sur les allégations de violences constitutives de violations des droits de l’homme ».

Quelque 3 000 morts en 2010

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait quelque 3 000 morts. Des violences, dans le sillage de l’annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.

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Une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, qui avait appelé en août à des manifestations contre un troisième mandat du président Ouattara, est incarcérée depuis un mois. Justin Koua, président de la jeunesse de l’opposition FPI (pro-Gbagbo) a été arrêté il y a une semaine sur son lieu de travail à Korhogo (Nord) et transféré quelques jours après dans une prison à Bouaké (centre), a déploré son parti.

Mercredi, une dizaine de proches de l’ancien chef rebelle et ex-premier ministre Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle du 31 octobre n’a pas été retenue par le Conseil constitutionnel, ont été libérés après neuf mois de prison.

Le Monde avec AFP



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