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Au Ghana, une campagne présidentielle sous la menace d’une reprise de la pandémie de Covid-19

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Des partisans du New Patriotic Party (NPP), la formation au pouvoir, à Accra, le 6 octobre 2020.

Cela ressemble à un meeting comme les autres, à l’approche du scrutin présidentiel du 7 décembre au Ghana. Le rappeur superstar Samini livre une performance live. Ministres, hommes d’affaires et artistes se succèdent au micro pour inciter les spectateurs à voter pour le président sortant, Nana Akufo-Addo.

Mais, cette fois, aucun public de militants n’est là pour applaudir : les partisans du New Patriotic Party (NPP), la formation au pouvoir, ont pu assister depuis leur canapé à ce rassemblement virtuel, diffusé dimanche 22 novembre via Facebook Live.

C’est la deuxième fois que le NPP tient un meeting dématérialisé depuis le mois de septembre, une initiative qui vise à contenir la propagation du Covid-19. Mais un tel effort reste anecdotique dans les derniers jours d’une campagne qui s’est presque déroulée comme les précédentes. Les partis ont certes évité d’organiser de grands raouts à Accra, la capitale, mais pas dans le reste du pays.

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Pourtant, le doute n’est plus permis : les signes d’une reprise de la pandémie se multiplient au Ghana. Le pays n’a enregistré aucun décès dû au Covid-19 en octobre, mais le nombre de nouveaux cas a grimpé de 25 à 130 contaminations par jour au cours des deux premières semaines de novembre.

Le 3 novembre déjà, les autorités sanitaires avertissaient que cette nouvelle hausse des contaminations pourrait être plus meurtrière que la première si les Ghanéens renonçaient aux protocoles de sécurité mis en place depuis le mois de mars.

Multiples rassemblements électoraux

Dacosta Aboagye, le directeur de la promotion de la santé du Ghana Health Service (GHS), avait alors directement relié l’augmentation du nombre de cas à la campagne présidentielle, avec ses multiples rassemblements électoraux. Autant de potentiels clusters, selon M. Aboagye, qui a déploré : « Les gens ont renoncé à toute prudence, ne portent plus de masque, ne se lavent pas les mains ni ne se désinfectent aussi souvent qu’ils le devraient, et cela met en danger tout le pays. »

Le GHS a donc appelé « tous les Ghanéens à prendre conscience de leurs responsabilités » et les partis politiques à adopter les mesures nécessaires pour ne pas réduire à néant les bénéfices d’une gestion jugée jusque-là exemplaire dans la lutte contre le Covid-19.

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« Le Ghana a été l’un des premiers pays africains à apporter une réponse à la crise, et sa stratégie s’est montrée efficace à tous les niveaux », salue ainsi John Nkengasong, virologue camerounais et directeur du Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC).

Dans les jours qui ont suivi la détection des premiers cas positifs sur le sol ghanéen, le 12 mars, le gouvernement a annoncé des mesures drastiques : interdiction des rassemblements, fermeture des écoles et universités, restrictions d’entrée sur le territoire, et même un confinement de deux semaines dans les plus grandes villes du pays.

Une campagne massive de dépistage

Surtout, le Ghana a pratiqué une campagne massive de dépistage : fin juin, six semaines après le début de la pandémie, près de 300 000 tests avaient déjà été effectués. Nana Akufo-Addo ne s’est d’ailleurs pas privé de faire campagne sur cette thématique. « Le leadership décisif du président Akufo-Addo dans la gestion de la crise du Covid-19 a sauvé la vie de nombreux Ghanéens », peut-on lire ainsi sur le compte Instagram du candidat, qui souligne que le taux de létalité au Ghana n’est que de 0,6 %, contre 3,3 % dans le reste du monde. Au 24 novembre, le pays a recensé officiellement 50 941 cas et déploré 323 décès, selon les chiffres de l’université américaine Johns-Hopkins.

Une rigueur qu’il s’agit de conserver, même en période électorale, souligne John Nkengasong : « Nous ne pouvons pas nous lasser de la prévention, nous ne pouvons pas estimer en avoir fait assez. Cela gâcherait tous les efforts des six derniers mois et les ressources économiques déployées pour lutter contre l’épidémie. »

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Yap Boum, représentant régional pour Epicenter Africa, la branche recherche de Médecins sans frontières (MSF), partage le même avis. « Le Ghana a compris que la résolution d’une pandémie se fait essentiellement avec l’engagement de la communauté. Même s’il a fait beaucoup d’efforts en ce sens, le pays pourrait en faire davantage. Par exemple, cette campagne électorale pourrait être une opportunité pour tester les militants avant les meetings ! » Une majorité de militants y assistent sans masque, un signe, selon le virologue, que la sensibilisation n’a que partiellement fonctionné.

Reste à savoir à quoi ressembleront les bureaux de vote le 7 décembre, alors que 17 millions d’électeurs devraient se rendre aux urnes. « Il faudrait aller voter masqué, bien sûr, mais aussi se laver les mains à l’entrée, se faire prendre sa température et être dépisté systématiquement avec des tests rapides, détaille M. Boum. Si le Ghana parvient à le faire, ce sera un bel exemple pour la plupart des pays africains, comme il l’a souvent été sur le plan démocratique. »



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importantes manœuvres algériennes à la frontière marocaine

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David T. Fischer, ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, devant une carte du pays reconnaissant le territoire du Sahara occidental comme faisant partie du royaume chérifien, à Rabat, le 12 décembre 2020.

L’armée algérienne a procédé à d’importantes et spectaculaires manœuvres aéroterrestres à Tindouf (sud), province frontalière du Sahara occidental et du Maroc, selon des images de la télévision publique algérienne diffusées lundi soir 18 janvier.

Cet exercice, baptisé Al-Hazm 2021 (« Résolution » 2021), s’est déroulé dimanche 17 et lundi 18 janvier sous la supervision du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Saïd Chanegriha. Il survient au moment où l’Algérie s’inquiète des risques potentiels de conflit à ses frontières, en particulier depuis la reprise des hostilités au Sahara occidental.

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Pendant près d’un quart d’heure, la télévision a montré un exercice tactique à tirs réels de missiles, dont la dernière version du missile antichar russe Kornet. Al-Hazm 2021 a mobilisé des chars, des véhicules tout-terrain, des hélicoptères Mi28, des avions de combat Soukhoï SU-30 MKA et des appareils ravitailleurs Illiouchine IL-78 Midas. Seul armement non russe en démonstration, l’armée algérienne a pour la première fois exhibé un avion américain de reconnaissance électronique Beechcraft 1900 MMSA-Hissar.

Ces exercices « s’inscrivent dans le cadre de l’évaluation de la première phase du programme de préparation au combat au titre de l’année 2020-2021 », selon un communiqué du ministère de la défense. Ils ont « pour objectif de développer l’expérience au combat », a déclaré le général Chanegriha dans un discours.

« Menaces imminentes »

Evoquant l’instabilité régionale, le chef d’état-major a souligné que l’Algérie « mérite que son armée soit constamment à la hauteur des enjeux auxquels elle fait face aujourd’hui, et qu’elle demeure éternellement libre, souveraine et tenace face aux ennemis d’hier et d’aujourd’hui », sans citer ces ennemis. Equipée de matériel russe, l’armée algérienne est de loin la première puissance militaire du Maghreb.

Dans son numéro de décembre, l’influente revue de l’ANP, El-Djeïch, avait appelé les Algériens à se « tenir prêts à faire face à des “menaces imminentes” ». Son éditorial faisait état de « la détérioration de la situation régionale le long de notre bande frontalière et [de] la menace que font peser certaines parties ennemies sur la sécurité de la région ces derniers temps ».

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Plus grand pays d’Afrique, l’Algérie partage plus de 6 500 kilomètres de frontières avec sept pays, dont certains sont en proie à des conflits. Alger a récemment dénoncé des « manœuvres étrangères » visant à la déstabiliser et a pointé du doigt Israël, après la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en contrepartie d’une normalisation des relations de Rabat avec Tel-Aviv.

Le Maroc contrôle une grande partie du Sahara occidental qu’il considère comme partie intégrante de son territoire. Les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger, réclament un référendum d’autodétermination prévu par l’ONU.

Par ailleurs, un groupe de navires de guerre russes – composé d’une frégate, d’un remorqueur et d’un pétrolier ravitailleur – a accosté lundi au port d’Alger dans le cadre d’une « escale technique » de trois jours, selon un communiqué du ministère algérien de la défense. Cette escale s’inscrit dans le cadre des « activités de coopération militaire » entre les deux pays, alliés de longue date, précise le communiqué.

Le Monde avec AFP



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En Egypte, les féministes poursuivent le combat contre le harcèlement

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En s’envolant vers l’Espagne pour y poursuivre ses études, Ahmed Bassem Zaki a sans doute éprouvé du soulagement. Il s’éloignait des accusations de harcèlement sexuel qui s’étaient multipliées en 2018 – à voix feutrée – à son encontre, à l’Université américaine du Caire, établissement de la jeunesse dorée égyptienne. Deux ans plus tard, pourtant, le passé le rattrape. En quelques jours, son visage et son nom déferlent sur les réseaux sociaux, dans un flot de témoignages accablants. Des jeunes femmes l’accusent de chantage et de harcèlement. D’autres d’agression sexuelle ou de viol. Puis le scandale s’étale sur les écrans de télévision égyptiens.

Zeina Amr Al-Dessoky, 20 ans, dénonce le harcèlement de rue sur son compte Instagram Catcalls in Cairo. Ici au Caire, le 12 janvier.

« Le harcèlement et la violence sexuels sont soudain devenus un sujet de conversation publique », résume Zeina Amr Al-Dessoky, étudiante de 20 ans, qui anime un compte Instagram dénonçant le harcèlement de rue. Ce fléau est endémique en Egypte, où presque toutes les femmes disent avoir été victimes d’agressions verbales ou de gestes déplacés. Si l’écho est cette fois aussi fort, c’est en grande partie parce qu’Ahmed Bassem Zaki, 21 ans, appartient à « l’élite, tout comme ses accusatrices », estime Aida El-Kashef, cinéaste et féministe engagée. D’ordinaire, divers motifs, telles que les frustrations engendrées par le manque de perspectives d’avenir ou l’incapacité financière à se marier, sont avancés pour expliquer le harcèlement sexuel. « Ces prétendus arguments s’écroulent », note Shady Nour, l’un des lanceurs d’alerte dans cette affaire.

Ahmed Bassem Zaki (« ABZ ») est arrêté début juillet 2020. Six mois plus tard, il est condamné à trois ans de prison pour harcèlement sexuel envers deux jeunes femmes. Ce délit fait l’objet d’une loi spécifique, adoptée en 2014, mais la définition du viol reste très restrictive. Le procès en appel a été repoussé à début février, ainsi qu’une autre affaire le visant pour « agression » contre trois mineures. « Il ne s’agit pas du premier procès pour harcèlement », souligne Mozn Hassan, chargée de l’ONG féministe Nazra (« regard ») qui a soutenu des dizaines de plaignantes devant les tribunaux. Le cas d’« ABZ » est cependant novateur par le vaste soutien qu’il a suscité et parce que ceux qui ont mené la mobilisation ne sont pas les victimes directes, avec ce message implicite : endiguer le harcèlement, le taharoch en arabe, est l’affaire de tous.

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Un mouvement enraciné de longue date

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le variant sud-africain n’est pas plus mortel mais 1,5 fois plus contagieux

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Des agents de santé transportent un patient présentant des symptômes du Covid-19, à Pretoria, le 15 janvier 2021.

Le nouveau variant du coronavirus identifié en Afrique du Sud en octobre – et désormais prédominant dans le pays – n’est pas plus mortel mais il est 1,5 fois plus contagieux, a affirmé lundi 18 janvier un panel d’experts sud-africains. Baptisée 510Y.V2, cette mutation « est 50 % plus transmissible », mais « rien n’indique que le nouveau variant est plus sévère », a déclaré le professeur Salim Abdool Karim, épidémiologiste et coprésident du comité scientifique au ministère sud-africain de la santé. Ces conclusions sont notamment tirées de données collectées dans les principaux foyers de contamination du pays.

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Pays le plus touché du continent, l’Afrique du Sud compte plus de 1,3 million de cas de coronavirus, dont quelque 37 000 morts. Durement frappé par la seconde vague, le pays a toutefois enregistré lundi une diminution de 23 % du nombre de cas, a annoncé lundi le ministre de la santé, Zweli Mkhize. L’Afrique du Sud a sans doute atteint le « point d’inflexion » de cette seconde vague, a-t-il déclaré, « mais il est trop tôt pour célébrer » car dans le même temps, les admissions dans les hôpitaux ont augmenté de 18,3 % par rapport à la semaine précédente.

20 millions de vaccins

La seconde vague exerce une pression énorme sur le système de santé du pays, à bout de souffle. « Si les patients sont plus nombreux, la mortalité hospitalière n’a pas changé » entre la première et la seconde vague, a toutefois souligné une spécialiste du panel, la docteure Waasila Jassat. La découverte d’un nouveau variant a forcé les autorités sud-africaines à mettre en place de nouvelles restrictions en décembre. « Le monde a sous-estimé ce virus : ce virus peut évoluer et s’adapter », a reconnu un autre scientifique du panel, le professeur Alex Sigal, de l’Institut de recherche sur la santé en Afrique.

Les craintes liées au nouveau variant ont également isolé la première puissance industrielle d’Afrique, plusieurs compagnies aériennes réduisant leurs liaisons.

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Le président Cyril Ramaphosa a récemment annoncé l’arrivée de 20 millions de vaccins dans les six prochains mois, pour une population de 59 millions de personnes, sans donner de détails. « Des vœux pieux et de la manipulation malhonnête », a dénoncé lundi, dans un communiqué, l’Alliance démocratique (DA), le principal parti d’opposition, qui exige des clarifications sur le programme de vaccination du gouvernement. « Aucune preuve de l’efficacité des vaccins actuels contre le variant du coronavirus n’a encore été apportée », a par ailleurs reconnu le professeur Abdool Karim, soulignant que « de nombreuses études sont en cours ».

Le Monde avec AFP



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