Selon notre reporter Aline Leclerc, les « gilets jaunes » sont partis en petites grappes à travers les rues de Paris, entravant la circulation, et renouant, en ça, avec leurs habitudes de l’hiver et du printemps. A la différence qu’ils ne portent plus leur gilet, ce qui les rend beaucoup moins visibles et identifiables et donne de fait moins de portée à leur présence.

Les passants les reconnaissaient seulement à leurs chants. Mais les forces de l’ordre n’ont jusqu’ici laissé aucun cortège se former durablement. Dès qu’une centaine de personnes marchent ensemble, ou chantent, policiers et gendarmes, en tenue de maintien de l’ordre, chargent et lancent des gaz lacrymogènes.

Les profils de ceux qui sont là restent les mêmes : des travailleurs peinant à boucler leurs fins de mois qui dénoncent notamment la nouvelle hausse du prix du carburant, et des profils plus militants, notamment des étudiants. La plupart se disent désormais anticapitalistes. Et favorables au référendum d’initiative citoyenne.

« Moi c’est l’injustice surtout qui me fait manifester : encore cette semaine, Isabelle Balkany qui est reconnue coupable par la justice mais ne va pas en prison, succède à son mari, et mange du homard ? Mais c’est incroyable ! » expliquait Mickaël Jourdain, ambulancier de 46 ans. Il s’inquiétait cependant de la mauvaise image des « gilets jaunes » chez ses patients. « Je suis pas un casseur moi. »

Ni les black blocs, ni les « ultra jaunes », comme on les appelle désormais, ne semblaient présents ce matin. Les « gilets jaunes » qui arpentaient le 8e arrondissement pourraient rejoindre la marche climat, qui part elle du Luxembourg, et a bien été autorisée par la préfecture de police.

LeMonde.fr

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