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Ancien premier ministre du Soudan, Sadeq Al-Mahdi est mort

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L’ancien premier ministre du Soudan, Sadeq Al-Mahdi , le 1er mai 2019, à Omdourman.

Sera-t-il le dernier imam du mahdisme ? Sadeq Al-Mahdi, qui fut premier ministre du Soudan à deux reprises et chef politico-spirituel du mouvement mahdiste, est décédé jeudi 26 novembre aux Emirats arabes unis. Il était hospitalisé à Abou Dhabi depuis quelques jours après avoir contracté le coronavirus.

Cet homme de 84 ans, né en 1935, était le dernier dirigeant de la classe politique soudanaise à incarner la génération de l’indépendance du pays, acquise en 1956. Arrière-petit-fils de Mohammed Ahmed, le chef religieux et Mahdi (le Bien-Guidé) autoproclamé qui avait pris la tête d’une révolte fondatrice dans l’histoire du Soudan contemporain en chassant les occupants égyptiens et britanniques du pays en 1885, petit-fils d’Abdel Rahman Al-Mahdi, fondateur du parti Oumma, qui incarne l’héritage politique du mahdisme, Sadeq Al-Mahdi arborait la barbe rousse des pieux, à la manière du Prophète. Parallèlement à ses fonctions à la tête du parti Oumma, Sadeq Al-Mahdi exerçait la charge d’imam des Ansar (les partisans), la confrérie qui suit la voie du Mahdi, dont les membres se reconnaissent à leur jibba (tunique de coton) aux empiècements multicolores.

Des centaines de milliers d’Ansar se sont rassemblés jeudi dès l’aube, à peine connue la nouvelle de la mort de Sadeq Al-Mahdi, à Oumderman, là où se trouve le mausolée du Mahdi. Le gouvernement soudanais a décrété trois jours de deuil national, une mesure exceptionnelle qui révèle l’importance du personnage dans la vie religieuse, sociale et politique au Soudan.

Une éducation moderne

Mais, parallèlement à ses fonctions traditionnelles, Sadeq Al-Mahdi a reçu une éducation tout ce qu’il y a de plus moderne. Formé en droit à l’université d’Oxford, il rentre dans son pays un peu après la mort de son grand-père, Abdel Rahman, en 1959. En conflit avec son oncle Al-Hadi, qui avait pris la tête du parti, Sadeq, qui incarne une ligne plus moderniste et urbaine, opère une scission en 1965. L’année suivante, il devient premier ministre, à 31 ans seulement, mais est renversé dès 1967 par des manœuvres d’appareil au Parlement.

Après le coup d’Etat du général Nimeiry, qui met fin à la vie démocratique, en 1969, Sadeq Al-Mahdi est emprisonné, tandis que son oncle est tué dans des combats en 1970, ainsi que plusieurs milliers de ses partisans sur l’île d’Aba, berceau du mahdisme sur le Nil Blanc. Libéré en 1974, Sadeq Al-Mahdi part en exil dans la Libye du colonel Kadhafi. Il rentre au Soudan en 1977 à l’invitation de Jaafar Nimeiry, qui tente un rapprochement avec l’opposition. Mais l’orientation de plus en plus islamiste du régime, sous l’influence d’Hassan Al-Tourabi, chef des Frères musulmans locaux, le convainc d’entrer à nouveau en opposition. Il est une nouvelle fois incarcéré. Lorsque Nimeiry est renversé en 1985 par un soulèvement populaire, Sadeq Al-Mahdi sort grand gagnant de sa traversée du désert.

Vainqueur des élections libres de 1986 à la tête du parti Oumma, il est proclamé premier ministre. Mais son mandat est entaché de rapides désillusions. Il est incapable de mettre fin à la guerre civile qui a repris avec le Sud, animiste et chrétien. Au contraire, il arme, pour suppléer l’armée, des milices tribales qui y commettent des exactions terribles.

Revirements

De même, il n’abolit pas la charia, se contentant de mettre fin aux exécutions et aux châtiments corporels. Sadeq Al-Mahdi est constamment tiraillé entre ses ambitions modernistes et son statut de leader religieux traditionnel. Au nom de leurs liens passés, Mouammar Kadhafi se croit autorisé à s’ingérer au Darfour, dont il exige le rattachement à la Libye, déstabilisant durablement cette immense région déshéritée. Enfin, les inondations de 1988 ruinent le pays.

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C’est donc un gouvernement épuisé et fragile qui est renversé le 30 juin 1989 par le coup d’Etat du général Omar Al-Bachir, ourdi en sous-main par l’islamiste Tourabi, pourtant gendre de Sadeq Al-Mahdi. A nouveau emprisonné puis en exil, Sadeq Al-Mahdi milite dès lors pour un retour à la démocratie au Soudan. Il alterne les périodes d’opposition radicale, en se rapprochant des groupes armés, puis de tentatives de conciliation avec le pouvoir. Ces revirements érodent sa base politique et favorisent les scissions du parti Oumma, de plus en plus fracturé et contesté.

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Dans la deuxième moitié des années 2010, Sadeq Al-Mahdi accepte de participer à un dialogue national avec le régime, qui promet une transition, mais ne cède rien sur le fond. La révolution du printemps 2019 prend le vieux chef de l’Oumma par surprise et le rejette dans le camp de ceux qui ont, sinon collaboré, du moins été tentés de transiger avec Omar Al-Bachir, renversé par son armée le 11 avril. Depuis, il n’a cessé de plaider pour un compromis entre civils et militaires dans la gestion du pays, s’attirant de vives critiques des jeunes activistes à l’origine de la révolution de 2019 et du Parti communiste.

Pour l’heure, nul ne sait qui lui succédera comme imam des Ansar, ni comme chef du parti Oumma.

Sadeq Al-Mahdi en quelques dates

25 décembre 1935 Naissance à Oumderman (Soudan)

1966-1967 Premier mandat de premier ministre

1969 Arrestation, puis départ en exil en 1974, avant un retour au pays en 1977

1986 Vainqueur d’élections libres, il est proclamé premier ministre

1989 Renversé par un putsch d’Omar Al-Bachir, emprisonné, puis en exil

26 novembre 2020 Mort à Abou Dhabi (Emirats arabes unis)



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En Tunisie, le renouveau des espaces culturels

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A côté de l’exposition consacrée aux œuvres calligraphiques d’un jeune artiste tunisien, Mohamed Ben Dhia, des étudiants savourent un café ou feuillettent des ouvrages dans le coin lecture de l’espace culturel Préface. Niché dans la rue principale et commerçante de la ville touristique de Sousse, à 140 kilomètres de Tunis, il a ouvert ses portes en pleine pandémie de Covid-19, en septembre 2020. « Excepté le théâtre municipal, il existe peu d’endroits de ce genre. Nous voulions permettre à la jeunesse de s’évader, malgré la situation sanitaire », souligne Rami Ben Rejab, cofondateur de ces lieux, âgé de 29 ans.

Avec Anissa Lamiri, ils ont fait le pari d’ouvrir ce centre en dépit d’une rentabilité financière incertaine, qui le rend peu éligible à des prêts bancaires. Des salles de projection, de coworking et de conférences ont été aménagées afin de diversifier les activités. Issu de la diaspora tunisienne qui était partie étudier à l’étranger avant 2011, Rami est revenu pour lancer son projet en 2018. « Quand j’étais adolescent, les loisirs se résumaient aux sorties dans les salons de thé ou au sport entre amis, il n’y avait pas vraiment d’offre. »

Amel Laouini, danseuse et chorégraphe, en répétition pour la pièce « Couleur pourpre », de Nawfel Azara, qui traite de la migration clandestine chez de jeunes tunisiens. Tunis, le 13 janvier 2021.

Depuis la révolution, ils ne sont pas les seuls à s’être lancés dans ce type d’aventure, à contre-courant de la tradition du pays. La culture représente moins de 1 % du budget de l’Etat, quand 69 % sont consacrés à la masse salariale des fonctionnaires. Avant la révolution, la politique culturelle, très centralisée, était axée sur le divertissement et la consommation. En témoignent l’ouverture des hypermarchés Carrefour et Géant ou encore l’invitation de stars internationales telles que Michael Jackson, en 1996, et Mariah Carey, en 2006.

Malgré l’ouverture en grande pompe de la Cité de la culture, dans le centre de Tunis, en mars 2018, un édifice dont la construction avait commencé sous la présidence de Zine El-Abidine Ben Ali, le manque de lieux adaptés se fait sentir, tout comme l’absence de politique culturelle dynamique. Les 226 maisons de la culture qui existaient sous le régime de Ben Ali (1987-2011) ont été progressivement délaissées, voire fermées. Aujourd’hui, une partie de la jeunesse les assimile davantage à archaïsme qu’à des centres d’émulation créative.

« Avant la révolution, les espaces culturels étaient soit des lieux de résistance, pour ceux qui étaient indépendants, soit, pour les lieux publics, des espaces consacrés au discours propagandiste de la dictature », insiste Shiran Ben Abderrazak, directeur exécutif de la Fondation Rambourg, l’une des principales organisations philanthropiques culturelles privées tunisiennes, qui consacre près de 600 000 euros par an à divers projets depuis 2015. Il souligne que ce genre d’investissement privé n’aurait jamais pu exister de façon indépendante sous Ben Ali : « Sur le plan culturel, une nouvelle liberté s’est installée après la révolution. »

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L’Afrique du Sud confrontée à une deuxième vague brutale

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Dans une unité Covid de l’hôpital Steve Biko, à Pretoria (Afrique du Sud), le 11 janvier 2021.

Des soignants, les pieds dans l’eau après des pluies intenses, s’occupant de malades du Covid-19 abrités par une simple structure métallique sur un parking. Publiées sur un compte Instagram supprimé depuis, les images sont devenues le symbole de la nouvelle crise sanitaire qui frappe l’Afrique du Sud. Submergé par un nombre record de patients gravement atteints, l’hôpital Steve-Biko, à Pretoria, n’a d’autre choix que de prendre en charge les nouveaux cas dans des tentes initialement destinées au triage des arrivées.

Lire aussi Covid-19 : l’Afrique se lance dans la bataille pour l’accès aux vaccins

« L’augmentation du nombre de patients sérieusement malades, qui ont besoin de soins intensifs et arrivent parfois en groupe, met une sérieuse pression sur l’établissement », a reconnu le département de la santé de la province du Gauteng dans un communiqué annonçant l’installation de deux tentes supplémentaires. Comme (lui) l’hôpital Steve-Biko, de plus en plus d’établissements atteignent leur capacité maximale dans les provinces les plus touchées par la deuxième vague de Covid-19 qui frappe l’Afrique du Sud, ravivant la crainte d’un manque de lits, d’oxygène et d’équipements de protection.

« Quand elle est arrivée, c’était la folie, nous avons été pris de court » Une soignante de l’hôpital Chris-Hani-Baragwanath, à Soweto

L’ampleur de la nouvelle déferlante a déjà largement dépassé celle de la première vague. Alors que le pic des nouvelles contaminations quotidiennes s’établissait à 13 900 en juillet 2020, l’Afrique du Sud, pays le plus touché par la pandémie sur le continent, a régulièrement dépassé le seuil des 20 000 nouvelles infections par jour depuis le début de l’année.

Le 13 janvier, les autorités ont annoncé la mort de 800 malades, un autre triste record. Officiellement, 36 000 personnes sont décédées du Covid-19 en Afrique du Sud depuis le début de la pandémie, mais la courbe de l’évolution du nombre de morts naturelles montre, elle, un excédent de 80 000 décès en comparaison des années précédentes. Fin décembre, elle indiquait que le nombre de morts naturelles a pratiquement doublé.

« Hôpitaux pleins à craquer »

Emmenée par un nouveau variant du virus, plus contagieux, la deuxième vague s’est abattue sur le pays à une vitesse inattendue. « Quand elle est arrivée, c’était la folie, nous avons été pris de court », raconte une soignante de l’hôpital Chris-Hani-Baragwanath, à Soweto. S’il reste des lits disponibles dans cet établissement, la peur, elle, s’empare de nouveau des soignants. « Ceux qui travaillent dans les unités Covid-19 sont protégés mais nous avons des patients atteints du virus dans d’autres services où le personnel ne possède pas l’équipement adapté », confie-t-elle sous couvert d’anonymat alors que le personnel hospitalier a interdiction de s’exprimer dans la presse.

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réélu président pour la sixième fois, Museveni veut éviter toute contestation

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Des partisans du président ougandais Yoweri Museveni, le 16 janvier à Kampala.

L’espoir de changement voulu par une grande partie de la jeunesse ougandaise a été douché. Le président sortant, Yoweri Museveni, 76 ans, dont trente-cinq à la tête de l’Etat, s’apprête à démarrer un sixième mandat. Samedi 16 janvier, la commission électorale, étroitement contrôlée par son régime politico-militaire, l’a proclamé vainqueur de l’élection présidentielle avec 58,6 % des voix. Des résultats contestés par son principal opposant, le chanteur et député de 38 ans Bobi Wine (Robert Kyagulanyi Ssentamu de son vrai nom), qui s’est vu attribuer 34,8 % des votes et dénonce « l’élection la plus frauduleuse de l’histoire de l’Ouganda ».

Le « président du ghetto », ainsi qu’il est surnommé, a appelé les électeurs à « rejeter » ces résultats, tout en exhortant ses partisans à « renoncer à toute forme de violence ». Le régime redoute plus que tout des émeutes urbaines dans les grandes villes du pays, où 80 % de la population a moins de 30 ans et n’a connu qu’un unique dirigeant. Après avoir pris note de sa victoire, le président Museveni a tenu à rappeler que « la seule chose à éviter est la violence ».

Ses forces de sécurité continuent toutefois de réprimer brutalement les militants et les leaders de l’opposition, tandis que les réseaux sociaux ont été suspendus et que l’Internet est très fortement perturbé. Depuis vendredi dans la soirée, Bobi Wine se retrouve en quelque sorte assigné à résidence. Sa maison, en banlieue de Kampala, est encerclée par des militaires qui lui interdisent d’en sortir et de recevoir. « Nous n’avons plus de nourriture », déclarait-il dimanche. Le gouvernement a expliqué, avec sérieux, que ce dispositif a été mis en place pour garantir la sécurité de l’opposant dont la popularité inquiète.

« Intimidation » et « peur »

D’autant que M. Wine prétend disposer des preuves de sa victoire. « Des militaires ont commis des fraudes électorales, mais nous ne pouvons pas publier ces vidéos car l’Internet est coupé et parce que les militaires poursuivent nos agents électoraux », a-t-il précisé. Sa plate-forme politique avait déployé son propre réseau d’agents électoraux et mis en place un système de récolte des résultats indépendant de l’Internet local. L’opposant a annoncé qu’il comptait saisir la justice. Toutefois, face à la détermination du régime, qui exerce une mainmise sur toutes les institutions, les chances de voir aboutir une procédure impartiale sont infimes.

Lire aussi « Si tu fais un mètre de plus, ils t’ouvrent la tête » : un scrutin présidentiel sous haute surveillance en Ouganda

Les Etats-Unis, qui avaient fini par annuler la mission de leurs observateurs dont la majorité n’avait pu obtenir l’accréditation, se sont dits « profondément troublés » par les soupçons d’irrégularités. Washington dénonce un « environnement d’intimidation et de peur ». L’Union européenne n’avait pas non plus d’agents électoraux sur place. L’Union africaine, qui avait déployé une équipe d’observateurs, est restée silencieuse sur la répression exercée par l’armée et la police tout au long de la campagne. Au moins 54 personnes ont été tuées en novembre 2020, après que Bobi Wine a été arrêté, selon les Nations unies, qui dénoncent « des violences, des arrestations, des détentions arbitraires et, dans certains cas, des rapports de torture et de mauvais traitements par les forces de sécurité ».

Des panneaux en faveur de l’opposant Bobi Wine, le 16 janvier à Kampala.

Accusé d’être un « agent de l’étranger » par le régime, Bobi Wine a été plusieurs fois arrêté et incarcéré, de même que des membres de son équipe, dont certains ont été tués durant cette campagne. Autocrate brutal, M. Museveni s’est révélé indifférent aux critiques de la communauté internationale. « Il va désormais devoir gérer une inéluctable montée des violences politiques et des tensions internes qu’il a lui-même créées et instrumentalisées, au risque de précipiter le pays dans un cycle d’instabilité progressive », analyse un diplomate occidental en poste à Kampala.

Du marxisme au libéralisme

Dans cette région de l’Afrique des Grands Lacs, encore en convalescence des guerres meurtrières en République démocratique du Congo, du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 et des violences des mouvements politico-militaires, M. Museveni a pris part à la plupart des conflits, tout en préservant une certaine stabilité dans son pays, où il a militairement écrasé les rébellions. Il a su habilement s’attirer le soutien des partenaires occidentaux et des institutions multilatérales, séduits par cet ancien « combattant de la liberté » arrivé au pouvoir par la force en 1986 et passé du marxisme au libéralisme.

Lire aussi Présidentielle en Ouganda : le fief de l’opposant Bobi Wine sous haute surveillance après l’annonce des résultats

Son engagement militaire dans la guerre contre le terrorisme, comme en Somalie ou encore en Irak, lui a valu d’être soutenu par Washington, qui a cru voir en lui un représentant de la « nouvelle génération » de présidents africains. Après les présidents du Cameroun, Paul Biya (87 ans), de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang (78 ans), du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso (77 ans), l’Ougandais est aujourd’hui le plus âgé du continent. Ces quatre autocrates cumulent plus de cent cinquante ans de pouvoir.



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