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« Africa 21e siècle » : quelques photos des deux dernières décennies

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Avec plus de 300 images de 51 artistes, l’ouvrage publié aux éditions Textuel dresse le portrait de la photographie africaine de ce début de siècle. En voici quelques-unes.



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En Côte d’Ivoire, le casse-tête de la surveillance du scrutin

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Un militant montre un bulletin de vote en faveur du président ivoirien Alassane Ouattara, sur lequel figurent aussi les candidats de l’opposition, lors d’un rassemblement à Anyama, dans la banlieue d’Abidjan, le 28 octobre 2020.

Mariam a longtemps hésité avant d’aller retirer sa carte d’électrice. A l’aube d’un scrutin dont les derniers préparatifs ont été marqués par des violences dans plusieurs localités du sud-est ivoirien, l’Abidjanaise a fait son choix. « Je n’ai pas été chercher ma carte, je n’irai pas voter. L’opposition nous a dit de ne pas y aller. Et moi j’ai peur qu’on m’agresse si je ne respecte pas les consignes », exprime, émue, celle qui assure que le 31 octobre, jour du premier tour de l’élection présidentielle, elle s’enfermera chez elle.

Combien seront-ils, comme Mariam, à rester à la maison par crainte ou militantisme ? Nul ne peut réellement le prédire. La Commission électorale indépendante (CEI) a tout de même révélé dans un communiqué, lundi 26 octobre, qu’un peu plus de 3 millions de personnes (et même 3,5 millions selon les dernières données obtenues par Le Monde Afrique) sur les 7,5 millions d’inscrits, avaient récupéré leur carte pour accomplir leur devoir citoyen.

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« C’est un très bon chiffre », se félicite Antoine Adou, conseiller spécial auprès du président de la CEI. « D’autant plus que ceux qui ne l’ont pas fait pourront les retirer le jour du vote », rappelle-t-il.

Mais pour d’autres, ce chiffre est à prendre avec des pincettes et l’emphase de l’organe électoral est à nuancer. « Est-ce que retrait de la carte d’électeur vaut vote ? », s’interroge un observateur ivoirien membre d’une organisation internationale, rappelant que ce document « sert aussi de pièce justificative dans la vie de tous les jours ainsi que pour les prochaines élections ».

Plus de 35 000 forces de sécurité déployées

La question du retrait des cartes et donc de la participation au scrutin est devenue un sujet particulièrement sensible depuis que l’opposition ivoirienne a annoncé le « boycott du scrutin » et appelé les Ivoiriens à la « désobéissance civile ». Ces dernières semaines, des partisans de l’opposition ont répondu à l’appel de leurs responsables politiques et brûlé ou volé près de 235 000 cartes d’électeurs, soit environ 3 % du total.

Dans le même temps, des centres de retrait ont été saccagés dans la moitié sud du pays. « Vous tracez un trait de Danané [extrême-ouest] à Koun Fao [extrême-est] : en dessous de cette ligne, on a eu des problèmes partout », note une source qui a participé au processus de déploiement de matériel électoral. Rapidement, « toutes les cartes détruites ont été reproduites et envoyées dans les lieux de vote concernés », assure Antoine Adou de la CEI.

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Et depuis dimanche 25 octobre, le matériel électoral « sensible » a été acheminé vers des sites sécurisés. Aujourd’hui, plus de 60 % des départements ont déjà reçu le matériel, sans qu’aucun incident ne soit signalé. « Il ne sera déployé au niveau des bureaux de vote qu’au dernier moment pour éviter les saccages », indique une source bien informée.

Pour assurer la sécurité du scrutin et des quelque 22 000 bureaux de vote répartis sur le territoire ivoirien – et 246 à l’étranger –, plus de 35 000 représentants des forces de sécurité seront déployés. Outre les services de police et de gendarmerie habitués aux opérations de maintien de l’ordre, les forces paramilitaires rattachées aux douanes et au ministère des eaux et forêts viendront renforcer l’imposant dispositif sécuritaire prévu samedi. Pour autant, il n’y aura pas de membres de force de l’ordre devant chaque bureau.

Opération « Barrissement de l’éléphant »

« On sera surtout mobilisé en pays agni et bété, c’est-à-dire dans le sud-est [région la plus touchée par les récentes violences et considérée comme un bastion de l’opposition] et à Gagnoa [ville de l’ouest favorable à l’ancien président Laurent Gbagbo] », précise un proche du gouvernement.

Le déploiement de l’opération sécuritaire baptisée « Barrissement de l’éléphant » répondra à la « cartographie actuelle des risques », confirme Arthur Banga, enseignant-chercheur à l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan. Pour cet analyste sécuritaire, il s’agira de « montrer les muscles » d’entrée de jeu dans les zones sensibles « pour éviter de les utiliser ensuite ».

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Dans ce contexte tendu, près de 10 000 observateurs ivoiriens et internationaux seront présents dans les bureaux de vote pour faire remonter les potentielles anomalies, irrégularités et incidents qui pourraient entacher la crédibilité du scrutin, qui se déroulera de 8 heures à 18 heures.

Quelques centaines de membres des institutions internationales et régionales – Union africaine, Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Union européenne, Organisation internationale de la francophonie, ambassades et Centre Carter – viendront épauler les nombreux membres de la société civile ivoirienne formés pour l’occasion.

Rejeter « les conclusions des observateurs »

L’ONG ivoirienne Indigo, qui prône le dialogue et les actions de paix, sera la plus représentée avec près de 1 000 observateurs. Des citoyens « sans chapelle partisane mais passionnés par la chose politique » vivant dans les hameaux ou les localités des bureaux de vote afin de « mieux maîtriser les dynamiques et mettre en exergue les principales tendances », explique Arsène Konan, coordinateur des programmes chez Indigo.

Une centaine d’autres observateurs de l’ONG sont quant à eux chargés d’analyser l’environnement sociopolitique sur une durée de deux ans pour mieux comprendre l’impact de cette élection sur la vie des Ivoiriens, avant et après le scrutin.

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Malgré son engagement, Arsène Konan reste lucide sur l’utilité et l’efficacité de l’observation électorale : « Nous n’avons pas la prétention de changer quoi que ce soit. Il s’agit de capitaliser sur tous les éléments que l’on va observer, améliorer notre analyse et apporter des recommandations qui pourront servir plus tard à tirer les leçons du vote. » De son côté, pour renforcer la crédibilité du scrutin, la CEI a prévu de publier sur son site, cinq jours après l’annonce des résultats nationaux, le détail bureau par bureau.

L’opposition continue de se dire guère convaincue par toutes ces précautions. Lors d’une conférence de presse, l’opposant Pascal Affi N’Guessan a déclaré rejeter « par avance les conclusions que de tels observateurs tireront de leur mission, qui n’a aucun sens ». Et d’ajouter dans une interview au Monde Afrique : « Ouattara n’a pas assez de militaires pour les déployer dans tous les bureaux de vote. Dans au moins deux tiers des localités, il n’y aura pas de bureaux ouverts le samedi 31 octobre. »

Une prédiction qui ne fait pas trembler le gouvernement. « De toute façon, une élection se valide au ratio, balaie un membre du camp Ouattara. Si quelques bureaux sont brûlés ou fermés, cela n’empiétera pas sur le résultat. »



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La Turquie cherche à assurer la formation des gardes-côtes libyens

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Des garde-côtes libyens patrouillent lors d’une opération de sauvetage de migrants en Méditerranée, en 2016.

La Turquie a peut-être trouvé un nouveau moyen d’embarrasser l’Union européenne et, en même temps, de jouer un rôle accru dans ce voisinage proche où, de la Syrie à Chypre et à la Libye, elle ambitionne d’imprimer sa marque. Dernier épisode en date : la tentative turque de prise de contrôle de la formation et de l’entraînement des gardes-côtes libyens, censés empêcher les flux de migrants vers l’Europe.

Cette formation était jusqu’ici un élément essentiel de la politique migratoire définie par l’Union européenne en 2016, à côté de l’accord signé avec Ankara pour la prise en charge de migrants et de réfugiés – avec, à la clé, la promesse de 6 milliards d’euros à des organisations humanitaires. Depuis une semaine, des messages émanant du ministère turc de la défense affirment qu’une formation est désormais dispensée aux soldats de la marine libyenne. Elle résulterait d’un accord conclu entre Ankara et le gouvernement d’accord national (GAN) de Faïez Sarraj, appuyé par le régime turc.

La nouvelle reste sujette à caution – seules quelques images des débuts de l’opération ont été diffusées –, et elle n’est pas confirmée officiellement à Bruxelles, où l’embarras est toutefois évident. La formation européenne a d’abord été menée par l’opération militaire « Sophia » – ou Eunavfor Med – qui, de mai 2015 à mars 2020, visait à refouler les migrants tentant de gagner le sol européen. L’opération « Irini » lui a succédé, avec la mission principale de faire respecter l’embargo sur les armes à destination de la Libye, mais aussi de combattre les réseaux de trafic de migrants.

Un nouveau levier pour Erdogan

Lancée à grand-peine, avec des moyens très limités, Irini devait aussi reprendre la formation des gardes-côtes libyens. A condition, toutefois, d’obtenir l’accord du gouvernement de Tripoli. Celui-ci a renâclé, invoquant, selon la Commission de Bruxelles, « des questions logistiques et opérationnelles ».

Le site d’information Bruxelles2, spécialisé dans les questions de sécurité, relevait en tout cas, le 25 octobre, que la coopération entre les gardes-côtes libyens et les Européens a été suspendue « de façon quasi simultanée », avec la signature des accords sur le plan maritime entre Tripoli et la Turquie.

Celle-ci s’assurerait ainsi un nouveau levier : en contrôlant les gardes-côtes, elle pourrait jouer sur les flux migratoires en Méditerranée et embarrasser une nouvelle fois les Européens, toujours à la merci d’un revirement du président Recep Tayyip Erdogan. En février, mécontent et désireux de renégocier son accord avec l’UE, il avait ouvert les frontières de son pays, entraînant l’afflux de quelque 20 000 demandeurs d’asile sur les côtes grecques.

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Après un naufrage, le Sénégal s’inquiète de la « recrudescence » des tentatives d’émigration

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Bateau de pêche à Ndiebene-Gandiol, près de Saint-Louis, en 2018.

Le Sénégal s’inquiète de la « recrudescence » des tentatives d’émigration clandestine vers l’Europe, après un nouveau naufrage qui a fait au moins dix morts et suscité une vive émotion dans le pays. Entre le 7 et le 25 octobre, la marine sénégalaise, appuyée par la garde civile espagnole, a intercepté cinq pirogues en partance pour l’Europe, secourant au total 388 personnes, selon le gouvernement.

L’une d’elles a connu une avarie grave, lorsqu’un incendie s’est déclaré à bord le 23 octobre au large de Mbour, à plus de 80 km au sud de Dakar, provoqué par « une explosion du moteur et des fûts de carburant à bord », selon le gouvernement. « Les opérations de surveillance en mer sont en train d’être menées avec des moyens aériens et navals renforcés » et « 28 présumés convoyeurs » ont été interpellés, ont déclaré les autorités. La marine sénégalaise a affirmé avoir secouru 51 passagers de la pirogue, sans préciser le nombre initial d’occupants.

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Le président sénégalais, Macky Sall, a déploré sur Twitter « la perte de plus d’une dizaine de jeunes », mais les médias du pays ont évoqué, en se fondant sur des témoignages de rescapés, un bilan se montant à plusieurs dizaines de disparus. Plusieurs familles de Saint-Louis (nord) ont dit être sans nouvelle de 14 de leurs proches. Elles observaient mardi les rituels du deuil musulman, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Retenez-les par l’emploi et l’espoir »

Ce naufrage a suscité un vif émoi au Sénégal, où il a été largement débattu dans les médias et sur les réseaux sociaux, où ont été publiées des photos de jeunes présumés disparus.

Le président Macky Sall a lancé « un appel aux populations à plus de vigilance et à la collaboration avec les forces de défense et de sécurité pour préserver la vie des jeunes tentés par l’émigration ». « Il n’est pas acceptable que des passeurs et des convoyeurs mettent en péril la vie des jeunes pour s’enrichir », a dit, en appelant à la « rigueur » de la justice, le ministre de l’équité sociale et maire de Saint-Louis, Mansour Faye.

Les causes de cette « recrudescence » des départs n’ont pas été précisées, mais le Sénégal subit les conséquences de la pandémie de coronavirus, qui a entraîné la fermeture des frontières alors que le tourisme est l’un des principaux revenus du pays.

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Le secteur de la pêche a lui aussi vu ses débouchés se tarir. « Il ne restait qu’un seul choix à mon grand frère, émigrer pour gagner sa vie, d’autant que certains [de ses amis] arrivés en Espagne lui avaient envoyé des photos et vidéos affichant leur mieux-être », a déclaré à Saint-Louis Ousmane Djigo, sans nouvelles de son frère de 35 ans.

La polémique a rapidement pris une tournure politique. Un ancien premier ministre, Abdoul Mbaye, a mis en cause Macky Sall. « De grâce, ne les laissez pas partir vers le mirage et souvent la mort. De grâce, retenez-les par l’emploi et l’espoir. De grâce, cessez de désespérer nos jeunesses [par] la “mal-gouvernance”, la corruption et l’injustice », a-t-il écrit sur Twitter.

Itinéraires privilégiés

Plus de 60 migrants africains étaient morts noyés au large de la Mauritanie en décembre 2019, dans le pire naufrage que cette année a connu sur la route des migrations longeant la côte atlantique, et 27 autres en août. Parmi les voies de migration pour gagner l’Europe, la route de l’Afrique de l’Ouest, par mer ou par terre, fut l’un des itinéraires privilégiés, emprunté par des dizaines de milliers de migrants au milieu des années 2000.

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Les Canaries (Espagne), à une centaine de kilomètres des côtes marocaines, offraient l’une des principales portes d’entrée à l’Union européenne. Les mesures prises par Madrid ont réduit le flux, alors qu’au même moment les migrants empruntaient en nombre les trajets méditerranéens vers l’Espagne, la Grèce ou l’Italie.

Mais la route occidentale connaît ces dernières années un relatif regain en raison des mesures prises contre la migration transitant par la Libye, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Le Monde avec AFP



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