Alors que le débat sur le pétrole était rendu insoutenable à cause des révélations burlesques de la BBC, et l’ouvrage tonitruant d’Ousmane Sonko, qui auront contribué à réveiller les Sénégalais de leur torpeur ;le Macky a prestement trouvé une parade pour le moins stratégique. Museler les activistes les plus chevronnés et brandir la grâce présidentielle sur Khalifa Sall. De quoi occuper l’arrière-boutique des Sénégalais.

L’ouvrage d’Ousmane Sonko portant sur la gestion du pétrole avait fait tilt sans pour autant caporaliser l’attention de tous les Sénégalais. Certains de nos compatriotes en minimisaient la portée car considérant le leader des Pastefs comme un politicien qui lorgne le fauteuil du président de l’Apr. Mais il a fallu que la chaine publique anglaise BBC mette sur l’international les terribles révélations relatives aux pots de vin attribués à Aliou Sall pour voir les Sénégalais s’intéresser intensément à notre pétrole. Un faisceau de mouvement citoyens dont « Aar Li Nu Bokk » en a profité pour sensibiliser les Sénégalais sur la nécessité de se réapproprier la gestion de notre pétrole supposément vendangé par nos décideurs. Ce mouvement dont fait partie Guy Maruis Sagna multipliait ses manifestations sur l’ensemble du territoire national. D’ou le concept très cadré de : « donnes -moi mes 400.000 FCFA » déduit de la somme faramineuse présumée détournée par Franck Timis par l’entregent du frère du président de la République. Les sénégalais apprenaient quotidiennement les hauts et les bas qu’engendrait la gestion des contrats pétroliers. Ils en mesuraient l’étendue des dégâts causés par nos décideurs. Ainsi, il fallait bien au pouvoir une stratégie de musellement des « théoriciens du pétrole » pour clore ce débat trop gênant. Eh bien, l’arrestation de Guy Maruis Sagna accusé de fausse alerte au terrorisme a été le premier jalon posé par le pouvoir pour détourner « Aar Li Nu Bokk » de son combat. Et comme si cela ne suffisait guère, la grâce présidentielle de Khalifa Sall accompagnée par d’intenses lobbying occupa de facto tous les esprits. En effet, le débat tournait désormais sur la libération de Guy Maruis Sagna et celle de Khalifa Sall. Le premier par décision de justice probablement et le second par grâce présidentielle traditionnellement accordée à des tiers. Et le « tour de magie » est ainsi joué. Le Macky aura réussi avec brio à neutraliser le tollé soulevé par le pétrole. A présent, loin de s’estomper ce « débat est aujourd’hui assimilable à des braises dormantes. Il suffit de les souffler pour les rendre incandescentes. Mais pour l’heure ,il est recouvré de cendres. C’est donc l’accalmie tant recherché par le Macky. Le compte est pour le, moment bon.
Assane SEYE-Senegal7

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