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Deuil périnatal : « avec la mort d’un bébé, on doit faire le deuil de l’avenir « 

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A l’occasion de la journée mondiale du deuil périnatal, Lucie Roger, psychologue clinicienne spécialisée en périnatalité, revient sur la difficulté de traverser le traumatisme de la perte d’un nourrisson.

Lucie Roger est psychologue clinicienne à Paris. Elle a travaillé douze ans à l’hôpital Robert Debré, dont huit années sur le pôle périnatalité, entre la maternité et la réanimation néonatale. Sur cette longue période, il lui est arrivé de nombreuses fois de suivre des familles meurtries par le décès d’un nourrisson. Une tragédie qui touche 2 millions de bébés chaque année dans le monde, selon les derniers chiffres de l’OMS. La mortalité périnatale se définit par la perte d’un bébé, qui peut intervenir avant la naissance. Le décès se situe entre la 22ème semaine de gestation (ou un foetus de 500 grammes) et jusqu’au 7ème jour de vie du nourrisson. Il peut s’agir d’une fausse couche spontanée, d’une mort foetale in utero, d’une réduction embryonnaire ou encore d’une interruption médicale de grossesse en cas de graves malformations ou pathologies (IMG).
Que signifie devenir parent dans notre société actuelle ?

En psychologie, le fantasme de l’enfant imaginaire commence très tôt dans la pensée du petit enfant, et tout particulièrement du côté des filles. Lorsque l’enfant joue avec sa poupée, elle est dans une forme d’identification à la mère, idéalisée à ce moment-là. Elle s’imagine être la maman de ce bébé. En grandissant, l’enfant s’éloigne de ce rapport, avant de le voir davantage réactivé à l’adolescence. Le corps de l’enfant se transforme en jeune fille, et s’opère alors une possibilité d’imaginer la maternité. Donc depuis l’enfance, avoir un enfant est quelque chose de fantasmé, et parfois d’idéalisé.
Lors de la grossesse, cet idéal s’évanouit ?

La société nous met dans une forme de toute puissance face au désir de grossesse. Comme cette idée que dès l’arrêt de la pilule, la femme va tomber enceinte, et que le couple imagine pouvoir contrôler le moment où va arriver cette grossesse. D’ailleurs on peut rapprocher cela du fait que les femmes arrivent avec une grande joie de voir leur bébé lors des échographies, sans forcément avoir conscience du but de cet acte médical. Rappelons que l’échographie anténatale est en partie dédiée à la recherche d’une malformation éventuelle. Lorsque l’annonce d’un grave problème ou d’un décès tombe, tout s’effondre. C’est d’une violence extrême pour les parents, et c’est très difficile à annoncer pour les personnels médicaux, qui ne sont pas toujours formés à la question.
Le deuil périnatal est-il particulier ?

Lorsqu’un bébé décède, on fait le deuil de quelque chose qui appartient à l’avenir, et non au passé. Le deuil périnatal pleure un enfant qui n’a pour l’instant existé que dans l’imaginaire, qui n’a rien vécu dans la réalité. Mais la « parentalisation » se fait dès le début de la grossesse. Lorsqu’on attend un bébé, on est déjà parent. Et l’annonce de la perte du bébé vient interrompre, de façon extrêmement brutale et contre nature, ce processus de parentalisation. Cela demande donc de renoncer à cet enfant rêvé, cet enfant réparateur dont on a imaginé qu’il aurait une meilleure vie que nous, qu’il accomplirait tout ce que l’on n’a pas fait… Tout cela est rompu par le deuil périnatal.
Qu’en est-il de la reconnaissance des parents endeuillés ?

Quelque chose de particulièrement difficile s’ajoute à ce deuil : le manque de reconnaissance de l’entourage. On entend souvent des phrases telles que « tu es jeune tu auras d’autres enfants, tu ne l’as même pas connu, tu peux l’oublier… » Et bien souvent, les parents endeuillés témoignent d’une impossibilité d’en parler avec leur entourage, qui nie l’existence de cet enfant. Il y a quelque chose d’insupportable dans l’idée de perdre un bébé sur le point de naître, qui rend ce sujet encore extrêmement tabou. Les parents font souvent face à un déni de la part de leurs proches, et peuvent le vivre comme un abandon. Cette mort fait peur et fait fuir, elle est insurmontable et le nier permet de se protéger soi-même d’une réalité indicible. Les parents ressentent par ailleurs un immense sentiment de solitude et de vide laissé par cet enfant à naître, absent.
A l’échelle de la société aussi, le deuil périnatal est tabou ?

La société a du mal à reconnaître ce type de deuil. D’ailleurs, il n’existe pas de nom pour les parents endeuillés. Lorsqu’on perd ses parents, on est orphelin, lorsqu’on perd son épouse, on est veuf, pour les parents qui perdent un bébé… rien. La perte d’un nourrisson est indicible. Une grossesse a pour but de donner la vie, non l’inverse. Il y a un déni énorme autour de la mort du bébé, c’est inimaginable. Il n’y a rien de plus illogique, tant pour les parents que pour la société toute entière. Perdre un bébé, c’est faire face à un grand vide : physique, psychologique mais aussi juridique : c’est une page barrée sur le livret de famille.
Quelle approche avez-vous avec des parents qui traversent un deuil périnatal ?

La première chose à savoir en cas de deuil périnatal, c’est que celui-ci commence toujours par un traumatisme, dès l’annonce des malformations ou de la mort du bébé. Il est essentiel de commencer par reconnaître la parentalité de la mère et du père, et de légitimer leur douleur, pour les aider à dépasser la sidération traumatique. Lorsqu’il y a un choc traumatique, les parents vivent une sorte d’arrêt de la pensée, c’est-à-dire une incapacité à élaborer. Le psy est là comme un contenant et un étayage pour permettre aux parents de vivre leur souffrance (étape essentielle du deuil), d’exprimer leur colère et leur sentiment d’injustice, et les aider à retrouver leurs ressources. Il est aussi important de rappeler aux deux parents qu’ils ne vivront peut-être pas le deuil de la même manière et ne se comprendront pas toujours. Mais que chacune de leur douleur a sa place. On accompagne les parents dans l’inscription de cet enfant au sein de la filiation.

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Bonjour DAkar

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« Ismaïla Madior Fall…première victime du débat sur le 3e mandat » (Moussa Tine)

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La question du 3e mandat est toujours présente dans les débats au Sénégal. Moussa Tine, invité du Grand Jury de ce Dimanche, estime que «le Professeur Ismaïla Madior Fall, constitutionnaliste est la première victime de Macky Sall sur le débat de son éventuel troisième mandat».

«Le Pr Ismaïla Madior Fall, constitutionnaliste est la première victime de Macky Sall sur le débat de son éventuel troisième mandat. Le constitutionnel avait une position très tranchée sur cette question. D’ailleurs, il avait laissé entendre que tous ceux qui parlent d’un 3e mandat de Macky Sall, n’ont pas bien lu la Constitution», a soutenu le Président de l’Alliance Démocratique PÉNCÓO sur les ondes de la RFM.

Moussa Tine ajoute : « c’est suite à cette sortie que le professeur Ismaila Madior Fall n’a pas été reconduit dans le gouvernement. C’est-à-dire limogé de son poste de ministre de la Justice, Garde des Sceaux ».



Via Xibaaru

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Goji, cranberry, mulberry… 6 petites baies pour la vitalité

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Baies de Goji, mulberry, cranberry… les baies des quatre coins du monde arrivent en force au rayon des fruits secs. Des alliées pour les sportifs mais pas que ! Découvrez tous les bienfaits de ces super mini « super-fruits » avec Florence Foucaut, diététicienne.

Plus ou moins rondes, colorées, sucrées, toutes ces petites baies ont un point commun : leur richesse en antioxydants, ces fameuses substances (vitamine C, caroténoïdes, polyphénols…) qui protègent des radicaux libres. Ceux-ci, produits en plus grande quantité lors d’un effort physique, endommagent les cellules, accélèrent le vieillissement et favorisent certaines maladies.
Bref, autant s’en prémunir en mangeant 5 fruits et légumes par jour et, mieux, en enrichissant ses repas et ses collations de petites baies souvent proposées séchées (ce qui concentre leurs bienfaits) ou sous forme de jus, plus facile à consommer.
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Ces petites baies ont beau se ressembler, elles ne viennent pas du même arbre.

La mûre est le fruit de la ronce commune, buisson épineux bien connu des promeneurs européens.

La mulberry est le fruit du mûrier blanc, originaire de Chine, réputé pour ses feuilles : c’est l’aliment du ver à soie! Présente depuis peu au rayon fruits secs, elle est très agréable en bouche. Elle est la fois ferme et moelleuse, délicatement sucrée avec des notes de vanille. Mais elle est aussi appréciée pour sa richesse en vitamine C et en fer, deux éléments qui se complètent et qui lui valent sa réputation de fruit antifatigue. Elle renferme enfin du resvératrol, puissant antioxydant, le même qui fait tant parler de lui dans le vin rouge !
8 façons de déguster les petites baies

Dans un bol de fromage blanc avec du muesli.
Sur un yaourt avec du miel.
Mixées dans un smoothie avec du lait et de la banane.
Mixées avec du sucre (compter 50 g pour 150 g de mûres), passées au tamis pour éliminer les grains puis réduites sur feu doux pour obtenir un coulis.
En mélange avec les pommes dans un crumble.
Dans un clafoutis à la place des cerises.
Dans un yaourt pour faire un gâteau au yaourt.
Sur une glace à la vanille ou une mousse au chocolat.

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Bonjour DAkar

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Se fait-on vraiment des cheveux blancs quand on stresse ?

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L’anxiété pourrait-elle vraiment provoquer une dépigmentation de nos cheveux ? Ou s’agit-il d’une simple légende urbaine ? Eléments de réponse.

La chevelure de l’épouse de Louis XVI a-t-elle intégralement blanchi la nuit précédant son exécution le 16 octobre 1793 ? Près de 130 ans après les faits, le mystère demeure, et le doute concernant l’existence du « syndrome de Marie-Antoinette » aussi.
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Cheveux blancs
Cheveux blancs on ose!

Il faut dire que la croyance en ce phénomène dit de « canitie subite » jamais avéré scientifiquement est largement nourrie par une autre théorie : celle qui voudrait que nos cheveux blanchissent sous l’effet du stress. Mais une question subsiste : n’y aurait-il pas un fond de vérité là-dedans ?
Oui, mais peut-être uniquement chez les souris…

Avant toute chose, il est important de noter que l’apparition des cheveux gris (puis blancs) est due à la raréfaction de cellules pigmentaires baptisées mélanocytes. « C’est un problème génétique qui survient avec l’âge, dont l’hérédité peut être l’une des causes », explique Jean-Louis Briançon, médecin spécialiste du cuir chevelu à Lyon.

Pourtant, selon les auteurs d’une étude publiée dans la revue Nature en janvier 2020, le stress pourrait bel et bien être responsable de la disparition de ces mélanocytes. Après avoir soumis des souris de laboratoires à des formes de stress « chronique et imprévisible », les scientifiques ont ainsi observé qu’une surproduction de noradrénaline relâchée pour lutter contre les effets de ces agressions entraînait un épuisement permanent des réserves de mélanocytes des rongeurs et un blanchiment de leurs poils.

Mais est-ce également vrai pour les humains ? « Ça n’a jamais été prouvé », assène le docteur Briançon. « C’est possible, mais cela reste de l’ordre de la suspicion. »
La théorie de la pelade

Pierre Bouhanna, médecin spécialiste du cuir chevelu à Paris et consultant à l’hôpital Saint-Louis, est quant à lui encore plus catégorique : « Non, on ne peut pas dire que le stress provoque directement ce blanchiment », répond-il d’emblée.

« En revanche, il peut être à l’origine d’une pelade », poursuit l’expert. « Nos anticorps provoquent alors une chute de cheveux, des plaques et parfois une repousse de cheveux blancs. Mais dans certains cas, c’est transitoire. Et c’est certainement ce qui est arrivé à Marie-Antoinette. »

Bref, vous l’aurez compris, les blouses blanches sont encore en quête de consensus sur la question. En attendant, une certitude demeure : qu’il blanchisse ou non nos toisons, le stress doit être évité autant que possible !

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